Rapport des séances de discussion sur le secteur des produits biologiques

À la fin de novembre et au début de décembre 2017, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), dans le but de mieux comprendre les besoins du secteur des produits biologiques et d'identifier comment le secteur et le gouvernement peuvent faire progresser ce marché en Ontario, a tenu des séances de discussion avec des producteurs, des transformateurs, des distributeurs, des détaillants, des commissions de commercialisation et des organismes agricoles. Le présent document résume la teneur des débats qui ont eu lieu à cette occasion1.

Format des séances

On a tenu quatre séances sous trois différents formats (table ronde en personne, dans les bureaux régionaux du MAAARO reliés par webdiffusion, et par webdiffusion en ligne (une en anglais et une en français)) pour assurer une large participation et une réponse en provenance de l'ensemble de la chaîne de valeur du secteur des produits biologiques. Avant les séances, on a envoyé aux participants un document d'information dans le but d'amorcer et d'éclairer les discussions. Le MAAARO a ouvert chacune de ces séances par un bref exposé, puis il a invité les personnes présentes à formuler leurs commentaires.

L'exposé contenait un survol du secteur, des formes actuelles de soutien apporté par le gouvernement et des obstacles possibles au maintien de la croissance du secteur. Dans tous les formats, on a posé cinq questions pour amorcer le débat :

  1. Quelles sont les opportunités de maintien de la croissance du secteur des produits biologiques?
  2. Quels segments du secteur sont les plus prometteurs?
  3. Quels sont les obstacles à la croissance du secteur et comment l'Ontario peut-il les surmonter pour permettre le maintien de cette croissance?
  4. Quelles sont les meilleures pratiques ou approches adoptées par d'autres juridictions et qui pourraient être bénéfiques au secteur des produits biologiques en Ontario?
  5. Comment le secteur et le gouvernement pourraient-ils collaborer pour positionner le secteur le mieux possible en vue du maintien de sa croissance?

La première séance était une table ronde en personne à laquelle ont assisté 13 chefs de file du secteur; elle a eu lieu le 28 novembre 2017 à Guelph. La chaîne de valeurs des produits biologiques était bien représentée puisque les participants étaient issus d'entreprises de production et de vente au détail, d'organismes agro-alimentaires et du secteur des produits biologiques, et d'organismes de certification.

La deuxième séance a eu lieu le 5 décembre 2017, et elle regroupait huit bureaux régionaux du MAAARO reliés par webdiffusion et téléconférence. Quarante-neuf participants ont assisté aux séances de discussion en personne qui ont eu lieu dans les bureaux régionaux de Ridgeton, Woodstock, Vineland, Brighton, Kemptville, Verner, Guelph et Toronto2. Deux séances de webdiffusion en ligne ont eu lieu le 7 décembre 2017, une en anglais et une en français, avec un total de 38 participants (36 en anglais et 2 en français).

Les participants ont aussi été invités à envoyer leurs autres commentaires avant le 15 décembre 2017, et ils nous ont fait parvenir neuf documents écrits. Au total, ces séances de discussion ont réuni 100 participants représentant l'ensemble de la chaîne de valeurs.

Ce que nous avons appris

Ces séances ont suscité une vaste gamme de discussions constructives sur les questions posées dans le document d'information. Au cours du suivi, le MAAARO s'est engagé à prendre connaissance des commentaires et à en envoyer un résumé aux participants. Voici quels sont les points saillants des réponses apportées à chacune des questions. De façon générale, les conversations ont porté sur cinq principaux volets concernant le soutien qui devrait être apporté au secteur :

  • Réglementation de l'appellation biologique
  • Soutien à la transition
  • Recherche et éducation
  • Expertise technique
  • Collecte de données

Questions 1 et 2 : Opportunités et potentiel du secteur des produits biologiques

Aux fins de la discussion, on a regroupé les deux premières questions (« Quelles sont les opportunités de maintien de la croissance du secteur des produits biologiques? » et « Quels segments du secteur sont les plus prometteurs? ») Globalement, les participants ont fait état d'une large gamme d'opportunités de maintien de la croissance.

Le MAAARO a appris qu'il existait de nombreuses possibilités de remplacement des importations de produits biologiques, dont le volume s'accroît chaque année. Pour pouvoir répondre à cette demande, il serait bon que le secteur élargisse sa base d'approvisionnement du marché des produits primaires, et qu'il trouve des occasions de se centrer sur les activités à valeur ajoutée pour desservir les marchés intérieurs et d'exportation. Il existe également un potentiel d'activités à valeur ajoutés au-delà des produits alimentaires primaires. Les produits spécifiques qui ont été identifiés comme ayant le plus de potentiel sont les fruits et légumes, la viande rouge et les volailles, les produits laitiers et les œufs, les raisins de cuve, le vin, le cannabis, les cultures commerciales et les légumineuses.

Le MAAARO a également appris qu'il existait des possibilités de mise en marché de produits biologiques destinés aux consommateurs qui doivent éviter les denrées contenant certains intrants conventionnels. De même, la mise en marché pourrait être améliorée à l'intention des « milléniaux » qui semblent très intéressés par ce type d'achats. Il existe aussi un marché en croissance pour les repas prêts à consommer, que le secteur des produits biologiques pourrait exploiter.

Question 3 : Obstacles à la croissance

La troisième question portait sur les obstacles auxquels le secteur des produits biologiques est confronté. La question posée était la suivante : quels sont les obstacles à la croissance du secteur et comment l'Ontario peut-il les surmonter pour permettre le maintien de cette croissance? Selon les réponses reçues par le MAAARO, pour pouvoir miser sur les possibilités de croissance du secteur en Ontario, on devra consacrer plus d'efforts aux volets suivants :

  • collecte de données et accès à ces données pour permettre au secteur de définir les niveaux d'activité de base et de mieux évaluer la portée des opportunités en question, parce qu'il n'existe pas de source exhaustive de données sur le secteur des produits biologiques. Depuis ces séances, en janvier 2018, l'Organic Council of Ontario a lancé son répertoire des entreprises du secteur biologique, une première étape en vue de mettre en contact les entreprises du secteur biologique de la province et d'en faire la promotion.
  • ressources supplémentaires et soutien technique dédié à la fourniture de conseils aux intervenants de l'ensemble de la chaîne de valeur (p. ex. sur les pratiques de production, la lutte contre les maladies, la préparation à la transition, etc.). Il serait utile d'élargir le programme d'enseignement sur les produits biologiques, notamment dans les établissements post-secondaires.
  • réglementation de l'appellation biologique pour ajouter de la cohérence et de la crédibilité à la mise en marché des aliments biologiques, pour protéger les consommateurs contre la fausse publicité, et pour réduire la confusion chez les consommateurs. Simultanément, il y avait un appui en faveur d'un autre modèle formel de certification qui conviendrait mieux aux petits producteurs (p. ex. système de mise en gage).
  • augmentation de l'infrastructure de transformation des produits biologiques de l'Ontario et de sa capacité; par exemple, on perçoit un manque d'abattoirs, d'installations de congélation instantanée et de capacité de stockage.
  • création de formes de soutien visant à compenser le coût reporté de la transition de la production conventionnelle à la production biologique.
  • recherche dans une gamme de domaines liés à l'agriculture biologique, notamment les meilleures pratiques de production, les variétés de cultures et la lutte contre les mauvaises herbes.

Question 4 : Meilleures pratiques adoptées par les autres juridictions

La quatrième question adressée aux participants portait sur les meilleures pratiques mises en œuvre dans d'autres juridictions et que l'Ontario pourrait adopter. La question était la suivante : quelles sont les meilleures pratiques ou approches adoptées par d'autres juridictions et qui pourraient être bénéfiques au secteur des produits biologiques en Ontario?

Les personnes présentes ont cité des exemples en provenance d'autres provinces, des États-Unis et d'Europe.

Au Canada, le Québec, la Colombie-Britannique et le Manitoba sont vus comme des chefs de file en matière de meilleures pratiques. Par exemple, les gouvernements du Québec et du Manitoba recueillent des données sur le secteur des produits biologiques et offrent des services de diffusion, et la Colombie-Britannique offre un modèle de mise en gage comme autre voie de certification à l'intention des petits producteurs. Aux États-Unis, les activités de promotion et de recherche des organismes du secteur biologique sont financées par la réaffectation optionnelle d'une petite partie (0,1 %) des ventes de produits biologiques des producteurs, des transformateurs et des manutentionnaires. Le ministère de l'Agriculture du pays finance également les lots de démonstration des fermes biologiques pour certains produits. Toujours aux États-Unis, on effectue des recherches sur les meilleurs pratiques et les technologies utiles au secteur des produits biologiques, et on en diffuse largement les résultats dans un forum de communication accessible à tous. De plus, les États-Unis accordent des points de mérite en fonction de la contribution de la production biologique à d'autres objectifs du gouvernement tels que l'atténuation des changements climatiques et la santé des sols.

Plusieurs meilleures pratiques et méthodes innovatrices ont également été identifiées chez d'autres organismes agricoles ontariens. Par exemple, l'Ecological Farmers Association of Ontario met en œuvre des programmes de recherche gérés par les agriculteurs. Récemment, Chicken Farmers of Ontario a lancé un programme artisanal sur les poulets qui prévoit la formation et l'accompagnement et qui vise à amener les producteurs à petite échelle à entrer dans le système tout en desservant les marchés de niche et en croissance. Et ProCert, un organisme de certification de production biologique, permet la certification de petites fermes à un coût raisonnable.

Question 5 : Collaboration gouvernement-secteur

La cinquième et dernière question adressée aux participants était la suivante : comment le secteur et le gouvernement pourraient-ils collaborer pour positionner le secteur le mieux possible en vue du maintien de sa croissance? Les participants ont suggéré l'élaboration d'une stratégie sectorielle, l'accès du secteur aux programmes du gouvernement et l'examen d'une reconnaissance des services écologiques fournis par la production biologique.

Les personnes présentes ont dit souhaiter une expertise technique supplémentaire dédiée au secteur de la production biologique, ainsi que la création d'un plus grand nombre de possibilités d'apprentissage et d'information sur les meilleures pratiques, y compris la définition de valeurs-repères. Il serait également utile d'ajouter une forme de promotion au moyen du logo Ontario, terre nourricière sur les produits biologiques, qui existe déjà.

Conclusion

Le MAAARO examine et étudie les très nombreuses informations qui ressortent de ces commentaires, et il remercie les participants de leur précieuse contribution.


1 Ceci est un résumé des séances de discussion et non un compte rendu de de celles-ci. Par conséquent on n'a pas identifié les participants individuels auteurs de ces commentaires ou les organismes ou entreprises qu'ils représentaient.

2 On a proposé un neuvième emplacement, soit Sault Ste Marie, mais aucun participant ne s'est inscrit à cet endroit.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca
Auteur : Jill Melo-Graydon - Senior Policy Advisor (EDPB/OMAFRA)
Date de création : 03 avril 2018
Dernière révision : 03 avril 2018