Des véhicules moins polluants
Des chercheurs mettent au point des plastiques composites à
partir de matériaux agricoles
|l'Ontario renouvelle
son partenariat avec l'Université de Guelph |
Par Lindsay Brown
Un véhicule contient plus de 200 kilogrammes de plastique. Mais
ce plastique, habituellement constitué à partir de matières
premières et d'énergie provenant du pétrole ou du
gaz naturel, n'est pas biodégradable. Les retombées sur
l'environnement sont considérables. Un nouveau projet auquel participent
quatre grandes universités pourrait permettre de fabriquer des
pièces automobiles en plastique composé en partie de matériel
végétal.
Selon le professeur Larry Erickson, généticien végétal
enseignant à l'université de Guelph, ce projet de "
biovoiture " rassemble pour la première fois les deux principaux
secteurs industriels de la province - l'automobile et l'agriculture- dans
une entreprise à grande échelle. Un tel duo pourrait bien
signaler le début d'une nouvelle ère, celle de la fabrication
de matériaux de construction moins dépendants de plastiques
dérivés du pétrole.
"Nous ne voyons pas encore de voitures comportant des pièces
en plastique composite comportant du matérielvégétal
sur les routes de la province, de dire monsieur Erickson, mais le potentiel
d'utilisation des cultures locales dansla fabrication de voitures en Ontario
est certes intéressant."
De concert avec de nombreux phytogénéticiens, des ingénieurs
de la transformation et des ingénieurs chimistes, ainsique des
concepteurs, monsieur Erickson étudie la meilleure façon
de produire des pièces d'automobiles en plastiques composites -
c'est-à-dire du plastique composé de deux matières
végétales ou plus. Actuellement, les chercheurs sontparvenus
à utiliser des plastiques composites pour fabriquer des revêtements
extérieurs, ainsi que des matériaux pourla construction
de clôtures, patios et ponts de petite taille.
Le projet de biovoiture est un programme de recherche réalisé
conjointement par les universités de Guelph, Toronto,Waterloo et
Windsor. C'est à Guelph que sont réalisées les premières
étapes de la recherche, car c'est là que se situe lepartenaire
du volet agricole.
Monsieur Erickson précise que cette initiative offre à
l'industrie agricole de l'Ontario une très importante occasion
dese faire connaître et de jouer un rôle encore plus important
au sein de l'économie. Disposant d'un plus grand nombrede débouchés
pour leurs produits, les producteurs locaux verront s'accroître
la valeur de leurs cultures.
"Cette recherche sur les bioproduits garantira un approvisionnement
stable de plastiques renouvelables et plus fiablesprovenant de sources
agricoles locales. De tels plastiques seront d'une grande valeur, comparativement
aux plastiques provenant du pétrole qui doivent être importés
et qui rendent l'économie vulnérable en temps de pénurie",
a précisé monsieur Erickson.
Le projet compte également sur la participation des chercheurs
de l'université de Guelph suivants : les professeurs Istvan Rajcan
et Peter Pauls du département d'agriculture végétale,
le professeur Gary Ablett du campus de Ridgetown, le professeur Ian Tetlow
du département de biologie moléculaire et cellulaire, ainsi
que le professeur Michael Eames du collège des sciences biologiques.
Larry Erickson, 519
824-4120, poste 53398, erickson@uoguelph.ca
Lindsay Brown écrit pour ÉCLATS (Étudiants
communiquant les liens et les avancées technologiques et scientifiques)
à luniversité de Guelph.