La rénovation d'une pelouse


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 273
Date de publication : novembre 2008
Commande no. 08-022w
Dernière révision : Imprimé en janvier 2010
Situation : En remplacement de la fiche technique no 93-052 du MAAARO, intitulée Rénovation des pelouses
Rédacteur : P. Charbonneau - spécialiste des gazons, Phytotechnie/MAAARO, Guelph

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Table des matières

  1. Dix bonnes raisons pour rénover
  2. Restauration de petites surfaces
  3. Compactage du sol
  4. Méthodes de rénovation
  5. Choix des espèces à gazon
  6. Réinstallation complète de la pelouse

On entend par rénovation la reconstitution ou l'amélioration d'un gazon déjà en place sans une réinstallation complète de la couverture végétale. Le plus souvent, la rénovation est à préférer à la reconstitution générale de la pelouse. En plus de coûter moins cher et de demander moins de travail, elle réduit au minimum l'érosion du sol et la formation de boue. En outre, la surface regarnie tolère un certain degré de piétinement et, en général, les résultats se voient plus rapidement.

Dix bonnes raisons pour rénover

Avant d'entreprendre les travaux de rénovation, il faut d'abord évaluer la condition du gazon et établir les causes de son mauvais état. Celles-ci peuvent comprendre :

  • L'accumulation de feutre (figure 1);
  • L'envahissement par les mauvaises herbes;
  • Les maladies (figure 2);
  • Les attaques des insectes;
  • L'usage excessif;
  • Le mauvais entretien;
  • Les dégâts par l'hiver ou par la sécheresse;
  • Le compactage du sol;
  • Le mauvais drainage;
  • L'emploi de graminées à gazon non adaptées aux conditions de végétation locale.

Restauration de petites surfaces

Des parties d'une pelouse peuvent être fréquemment abîmées par les maladies et par les insectes. Lorsque le degré d'endommagement est peu important et qu'il reste encore assez de bonnes herbes dans la couverture végétale atteinte, relever la hauteur de tonte à 5 cm, accroître le nombre d'apports d'engrais (on peut aller jusqu'à quatre entre la fin mai et la mi-septembre), ainsi que la fréquence des arrosages, de façon à stimuler la croissance des espèces installées et à couvrir rapidement les endroits endommagés.

Un feutrage excessif peut favoriser les attaques des insectes et des maladies, et entraîner des problèmes de sécheresse

Figure 1. Un feutrage excessif peut favoriser les attaques des insectes et des maladies, et entraîner des problèmes de sécheresse.

Une pelouse gravement abîmée par les maladies est une bonne candidate à la rénovation; c'est le moment idéal d'introduire des cultivars améliorés

Figure 2. Une pelouse gravement abîmée par les maladies est une bonne candidate à la rénovation; c'est le moment idéal d'introduire des cultivars améliorés.

Une fois que la partie atteinte s'est refournie, les programmes d'irrigation et de tonte peuvent revenir à la normale.

Si on désire des résultats immédiats, on peut aussi faire du replaquage pour restaurer les parties abîmées. Dans ce cas, on prépare le sol comme pour un ressemis complet, tout en veillant à ce que le gazon nouveau arrive à niveau avec la pelouse en place. Maintenir un bon degré d'humidité jusqu'à ce que le gazon soit bien enraciné. Le replaquage peut se faire en tout temps de la saison, pour autant qu'on ait les possibilités d'irrigation.

À l'occasion, il peut se former ici et là des touffes grossières de dactyle pelotonné ou de fétuque élevée (figure 3). Ces plantes peuvent être enlevées par simple arrachage. Dans les pelouses soumises à un programme d'entretien intensif, il peut apparaître des plaques d'agrostide stolonifère. Un bon ratissage et des arrosages moins fréquents peuvent aider à empêcher la croissance de l'agrostide. Le chiendent ne devient généralement un problème que dans les pelouses mal entretenues.

L'accroissement de la fertilisation et de la fréquence de tonte suffit généralement à éliminer le chiendent.

Certaines espèces de graminées peuvent être incompatibles avec le gazon désiré. On peut les éliminer à la main ou par un traitement chimique

Figure 3. Certaines espèces de graminées peuvent être incompatibles avec le gazon désiré. On peut les éliminer à la main ou par un traitement chimique.

Compactage du sol

Phénomène peu fréquent dans les gazons privés ordinaires, le tassement du sol peut se produire dans des conditions de piétinement fréquent. Le piétinement provoque le compactage des deux à trois premiers centimètres de la rhizosphère, ce qui entrave la pénétration de l'eau et de l'oxygène dans la couche durcie. Quant le sol est tassé, le système racinaire du gazon devient très superficiel et le gazon ne supporte plus aussi bien les agressions de la sécheresse ou des maladies. Si la pelouse est éclaircie par un piétinement modéré, on peut la revitaliser à l'aide d'équipements spécialisés comme un aérateur (carotteur). Les petits louchets tubulaires (1-2 cm de diamètre et 10-15 cm d'écartement) dont sont munies ces machines prélèvent dans le sol compacté des carottes (figure 4) qui peuvent ensuite être ramassées et remplacées par du sol meuble ou du compost.

Si le piétinement est intense, il peut être nécessaire d'aérer le sol deux fois au cours de la saison, de préférence au printemps et au début de l'automne. Le meilleur moment pour aérer est quand le sol est suffisamment humide. S'il est sec, l'aérateur ne pourra pas pénétrer aussi profondément et le travail ne sera pas aussi efficace. À l'inverse, si le sol est trop mouillé, le compactage du sol pourrait encore empirer.

Une pelouse après le passage de l'aérateur. Le carottage aide à contrer le feutrage et le compactage

Figure 4. Une pelouse après le passage de l'aérateur. Le carottage aide à contrer le feutrage et le compactage.

Méthodes de rénovation

Le sursemis est un bon moyen d'installer des nouvelles plantes à gazon en dérangeant le moins possible le gazon en place. L'important est de déposer la graine en contact intime avec le sol et, d'arroser ou d'irriguer assez souvent pour empêcher le dessèchement des plantules.

Plusieurs techniques de sursemis (semis sous gazon) sont possibles :

  • Pour améliorer les chances de l'opération, tondre la pelouse assez ras. À l'aide d'un râteau de jardin ou d'un scarificateur à lames verticales, enlever le feutre et les débris végétaux sur le terrain à restaurer. Épandre également le mélange de semence désiré à approximativement le double de la dose de semis recommandée pour l'installation d'une nouvelle pelouse. Épandre la moitié des semences dans un sens et le restant dans le sens perpendiculaire au premier. Il faut que les graines viennent bien en contact ave le lit de semence. Épandre une bonne terre de surface ou du compost sur la partie ressemée, à raison de 0,5 m3 de terre par 100 m2 de surface de pelouse. Tasser au rouleau pour obtenir un bon contact entre les graines et le sol. Le lit de semence doit être arrosé assez souvent pour demeurer humide. L'utilisation préalable d'un aérateur ou d'un scarificateur donne de meilleurs résultats parce qu'elle améliore les chances de contact des semences avec le sol.
  • Une autre bonne méthode utilise un semoir sous gazon à coutres ou à disques. Ce type de semoir est pourvu de lames verticales rotatives qui pratiquent une fente dans le feutre racinaire (il n'est pas nécessaire d'enlever le feutrage et les débris comme dans la méthode précédente jusqu'au sol sous-jacent). Le disque garde la fente ouverte pour recevoir les graines. C'est une méthode rapide qui peut se pratiquer dans les périodes normales de semis (printemps et automne). Les chances de réussite sont excellentes (figure 5).

Surface nouvellement sursemée au moyen d'un semoir sous gazon. Il est préférable de semer dans plusieurs sens

Figure 5. Surface nouvellement sursemée au moyen d'un semoir sous gazon. Il est préférable de semer dans plusieurs sens.

Il reste que si l'on ne respecte pas les bonnes pratiques d'entretien après la restauration de la pelouse, celle-ci se dégradera au bout de quelques années. Pour en savoir plus long, lire la fiche technique no 08-018 du MAAARO, L'entretien d'une pelouse.

Choix des espèces à gazon

La restauration du gazon offre l'occasion d'introduire des espèces et des variétés plus performantes et mieux adaptées. De nouveaux cultivars améliorés de pâturin des prés, de fétuque chevelue et de ray-grass vivace ont été créés. Leur performance et leur qualité sont supérieures à celles des anciennes variétés qui ont probablement servi à l'installation initiale de la pelouse. Lorsqu'on restaure de petites parties de la pelouse, il faut penser à utiliser un mélange de semence qui donnera un gazon de couleur, de texture et de port semblables à ceux du gazon en place. Sinon on risque d'avoir un effet de plaques. Pour le sursemis, le ray-grass vivace à gazon est très utile en raison de sa rapidité de germination et d'installation.

Si les dégâts causés à la pelouse sont dus à une maladie comme la tache annulaire nécrotique, on devrait utiliser le ray-grass vivace à gazon car cette espèce est plus résistante à la maladie que le pâturin des prés. Le ray-grass vivace à gazon a un port plus semblable à celui des autres graminées à gazon et est plus résistant à l'hiver que le ray-grass vivace ordinaire.

Réinstallation complète de la pelouse

Si la pelouse s'est détériorée à cause du mauvais état physique du sol, par exemple du mauvais drainage, ou que le terrain a besoin d'être reprofilé, il faudra corriger tous ces défauts avant de rénover la pelouse, sinon les résultats seront de courte durée. En pareilles circonstances un ressemis général de la pelouse s'impose. À ce sujet, se référer à la fiche technique no 08-026w du MAAARO, intitulée L'établissement d'une pelouse.

 

Cette fiche a été rédigée à l'origine par J.L. Eggens. La version anglaise a été révisée par Pam Charbonneau, spécialiste des gazons, MAAARO, Guelph.