Le gel et le maïs à ensilage non parvenu à maturité

Table des matières

  1. Introduction
  2. Qualité de l'ensilage
  3. Importance de la teneur en eau de la plante entière
  4. Teneurs en eau recommandées
  5. Assèchement
  6. Rendement à l'ensilage
  7. Nitrates et hauteur de coupe
  8. Établissement du prix du maïs à ensilage endommagé par le gel
  9. Bonnes pratiques de gestion des ensilages
  10. Liens connexes

Introduction

Par suite de dates de semis tardives, de faibles accumulations de degré jour de croissance et d'épisodes de gel précoces, il arrive que le maïs meure avant d'avoir atteint le stade de maturité normal pour l'ensilage ou que des cultures de maïs grain n'atteignent pas une maturité suffisante pour fournir un rendement maximal ni une qualité optimale. Les producteurs peuvent alors envisager de récolter ou de vendre une partie de ce maïs sous forme de maïs à ensilage.

Le maïs à ensilage constitue une bonne source de fourrage de fin de saison pour les producteurs de bétail qui ont besoin d'un supplément d'aliments pour animaux. S'ils sont bien gérés, des piles d'ensilage et des silos boudins peuvent offrir plus de souplesse en l'absence de silos tour et de silos couloir. Lorsque le producteur récolte un champ de maïs endommagé par le gel dans le but de l'ensiler, il doit songer à l'importance des bonnes pratiques de récolte et d'entreposage pour obtenir du maïs de qualité. La qualité du maïs à ensilage non parvenu à maturité sera adéquate pour le bétail dont les exigences énergétiques vont de faibles à élevées, comme pour les bovins de boucherie et les bovins de long engraissement. Les années où la qualité de l'ensilage mi-fané est moins bonne, il est très important de s'assurer d'un ensilage de maïs de haute qualité, surtout pour les vaches laitières à forte production.

Qualité de l'ensilage

Du maïs qui n'est pas encore tout à fait parvenu à maturité et qui est endommagé par le gel après le stade de l'apparition de la dent peut faire du bon maïs à ensilage. Le profil énergétique n'est pas le même dans le cas du maïs à ensilage non parvenu à maturité que dans celui du maïs normal. Le maïs non parvenu à maturité a des grains moins riches en amidon, mais des tiges qui renferment davantage de sucres par suite de l'arrêt par le gel de la translocation des sucres vers les grains. Ces sucres sont rapidement disponibles et doivent être pris en considération dans la formulation de la ration. Par ailleurs, la texture des grains est plus douce et l'amidon plus digestible que dans l'ensilage fait de maïs plus avancé. La teneur en fibres est plus élevée, mais les fibres sont moins lignifiées et plus digestibles que dans l'ensilage de maïs à maturité. Ces différences rendent difficile la prévision de la valeur énergétique à partir des analyses de laboratoire habituelles. Les teneurs en fibres ne disent pas tout. En général, le maïs à ensilage qui n'est pas tout à fait parvenu à maturité a des teneurs en fibres et en protéines brutes légèrement plus grandes et des teneurs en énergie légèrement plus faibles que le maïs à ensilage normal.

Pour obtenir un ensilage de maïs de haute qualité, le maïs doit avoir dépassé le stade pâteux dur ou celui du début de la formation de la dent. Du maïs très peu avancé, au stade laiteux ou au début du stade pâteux, donnera un ensilage renfermant une plus faible proportion de grains. Selon des recherches menées à l'Université Cornell, la digestibilité in vitro de la matière sèche du maïs à ensilage au stade pâteux est de 4 % inférieure à celle du maïs d'ensilage parvenu au stade où la ligne de maturité est descendue à 50 % de la hauteur du grain, et les teneurs en fibres au détergent neutre (NDF) sont de 14 % supérieures à la normale. Des recherches menées au Wisconsin indiquent que la récolte avant le stade pâteux dur ou le début de la formation de la dent donne une teneur en fibres plus élevée et une production réduite de lait par tonne d'ensilage. L'ensilage obtenu à partir de maïs très peu avancé et d'une qualité moins qu'idéale peut être servi aux animaux ayant de moins grands besoins nutritifs. L'entreposage de l'ensilage de moins bonne qualité dans un silo distinct, comme dans un silo boudin, est une solution à envisager.

Importance de la teneur en eau de la plante entière

La récolte doit absolument se faire au moment où la plante entière a atteint la bonne teneur en eau si l'on veut obtenir de l'ensilage de maïs de bonne qualité. Mais si le maïs a été endommagé par le gel, il est difficile de savoir quand le récolter étant donné que l'on ne peut alors se fier à la " ligne de maturité " ou " ligne de lait " pour juger de sa teneur en eau comme on le fait pour le maïs à ensilage normal.

Dans le cas du maïs à ensilage, c'est à une teneur en eau de 65-70 % que le maïs subit une fermentation optimale, qu'il se conserve le mieux, que sa valeur énergétique est la plus élevée et que sa consommation est la plus grande.

Dès que la teneur en eau dépasse 70 %, il faut s'attendre à du suintement, lequel entraîne une perte d'éléments nutritifs et une réduction de la teneur en matière sèche digestible. L'eau s'écoulant par suintement est par ailleurs dommageable pour l'environnement. De l'ensilage mouillé est propice à la production d'acide butyrique (odeur rance " de poisson " avec des pertes de fermentation élevées). Or, ces deux produits diminuent la consommation d'ensilage et la productivité des vaches. De l'ensilage très mouillé peut par ailleurs être difficile à décharger l'hiver lorsqu'il est gelé.

Teneurs en eau recommandées

Voici les teneurs en eau recommandées pour le maïs à ensilage :

Silos couloirs horizontaux : 65-70 %

Silos boudins : 60-70 %

Silos verticaux en plaques de béton : 62-67 %

Silos verticaux à limitation d'oxygène : 50-60 %

Pour éviter les suintements, plus la structure est de haute taille, plus la teneur en eau doit se rapprocher de la limite inférieure de la fourchette indiquée.

Assèchement

Même si le feuillage semble s'assécher rapidement lorsqu'il est mort ou a gelé, le gros de l'humidité se trouve dans la tige et le grain. Du maïs ayant été exposé au gel paraît souvent plus sec qu'il ne l'est en réalité. Le maïs soumis au gel avant d'être parvenu à maturité ne s'assèche pas beaucoup plus vite que le maïs qui n'a pas gelé (la teneur en eau de la plante entière diminue d'environ 0,5 % par jour), et il faut parfois prévoir bien des jours de séchage pour en corriger la teneur en eau. Ce faisant, les plants qui sont morts perdent des feuilles et les sucres s'échappent des feuilles gelées. Les pertes de rendement et les moisissures augmentent avec le temps, mais les producteurs doivent aussi prendre en considération les pertes par fermentation et les problèmes de qualité auxquels ils s'exposent si l'ensilage est mouillé. Le plus souvent malheureusement, quelques jours après un gel meurtrier, tout le monde veut récolter en même temps.

En cas de doute quant à la teneur en eau de la plante entière, hacher un échantillon et utiliser un testeur Koster ou un four à micro-ondes pour déterminer le pourcentage de matière sèche. Il faut noter que les testeurs Koster et les fours à micro-ondes tendent à surestimer la teneur en eau d'environ 3 %. Surveiller la variabilité de l'humidité dans les champs. S'assurer de permettre une fermentation complète (environ 3 semaines) avant de le donner aux animaux.

Rendement à l'ensilage

Le maïs non parvenu à maturité risque de donner moins d'ensilage. Le maïs au stade pâteux donne un rendement à l'ensilage qui correspond à environ 65-85 % du rendement à l'ensilage normal. D'autres facteurs agronomiques négatifs influencent également le nombre d'acres nécessaires pour répondre aux besoins en fourrages.

Nitrates et hauteur de coupe

Après le gel, si le feuillage est mort mais que les tiges et les racines sont vivantes, les nitrates risquent de s'accumuler à la base des tiges. Cette hausse de la teneur en nitrates augmente les risques de toxicité par les nitrates et les risques de formation de gaz des silos. En faisant passer la hauteur de coupe de 15 à 45 cm (6 à 18 po), on réduit le rendement en matière sèche d'environ 15 %. Toutefois, cette mesure augmente la qualité de l'ensilage de maïs étant donné que la portion inférieure de la tige est la partie de la plante qui affiche la digestibilité la plus faible et la plus forte teneur en nitrates. Il n'est pas recommandé d'ajouter de l'azote non protéique (ANP) à du maïs à ensilage très peu avancé, sous peine de voir les suintements concentrer l'ANP dans la partie basse du silo, ou de nuire à la fermentation. Le maïs non parvenu à maturité renferme déjà souvent une teneur accrue en azote soluble. Pour plus de détails sur la gestion des teneurs élevées en nitrates dans l'ensilage de maïs, voir l'article du MAAARO intitulé " Ensilage de maïs endommagé par la sécheresse ".

Établissement du prix du maïs à ensilage endommagé par le gel

Pour savoir comment établir le prix du maïs à ensilage endommagé par le gel.

Bonnes pratiques de gestion des ensilages

Bien qu'il soit envisageable de destiner à l'ensilage le maïs endommagé par le gel qui n'est pas encore parvenu à maturité, il est important de mettre en place des pratiques de gestion convenables des ensilages pour éviter de compromettre la qualité du fourrage et le gain de poids des animaux.

Liens connexes

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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca

Auteur : Joel Bagg - spécialiste des fourrages/MAAARO
Date de création : 13 octobre 2004
Dernière révision : 13 octobre 2004

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