Sommaire de la saison 2017 pour le soya

Table des matières

  1. Sommaire
  2. Rotation des cultures
  3. Moisissure blanche
  4. Sélection des variétés
  5. Fertilité

Vous pourrez également trouver des renseignements techniques sur la page Grandes cultures du site Web du MAAARO. Les publications du MAAARO mentionnées sont la publication 811F Guide agronomique des grandes cultures, la publication 812F Guide de protection des grandes cultures, la publication 75F Guide de lutte contre les mauvaises herbes et la publication 505 Ontario Weeds. Ces publications sont disponibles à votre centre de ressources locales du MAAARO, ou par téléphone au 1 888 466 - 2372.

Rendement

Le soya est au premier rang des grandes cultures de la province chaque année. La superficie en culture en 2017 en Ontario était la plus vaste de tous les temps, à 1,3 million d'acres. Le printemps humide, suivi par un été relativement frais, a donné lieu à des conditions difficiles pour les semis et réduit les peuplements, provoquant une croissance lente et des pressions considérables de la moisissure blanche particulièrement dans l'Est de l'Ontario. Fort heureusement, à l'automne, les températures ont été supérieures à la moyenne, permettant à la récolte de mûrir juste à temps pour ouvrir un créneau optimal de semis pour le blé d'hiver. Les rendements étaient variables dans l'ensemble de la province, allant d'aussi peu que 9 boisseaux/acre à plus de 70 boisseaux/acre. Dans certaines régions, la saison a commencé dans des conditions d'humidité, mais le temps est devenu sec en août et septembre, aboutissant à de piètres rendements. Malgré ces difficultés, le rendement global a été supérieur aux prévisions dans nombre de cas. Avec 57 % des producteurs assurés qui ont fait leur rapport jusqu'à maintenant, la moyenne provinciale pour 2017 est de 44,1 boisseaux/acre. La moyenne décennale pour ces superficies déclarées est de 44,8 boisseaux/acre. La moyenne quinquennale pour la province est de 46,2 boisseaux/acre, en ne comptant pas 2017.

L'énorme succès de la production de soya dans l'Ouest canadien aura probablement pour effet qu'on y cultivera l'an prochain davantage de soya que dans l'ensemble de l'Ontario, du Québec et des Maritimes combinés. Le Manitoba a donné sa sixième année consécutive de production record et augmenté la superficie à 2,2 millions d'acres en 2017. La Saskatchewan a triplé sa superficie en acres en 2017 pour atteindre 846 000 acres. Le soya devient la troisième grande culture au Canada en termes de recettes monétaires agricoles.

Rotation des cultures

L'une des difficultés qui entravent le rendement le soya en Ontario est l'énorme superficie ensemencée chaque année. Un excès de soya dans la rotation des cultures peut provoquer une baisse de la santé du sol et une augmentation des pressions des insectes et des maladies, ce qui en définitive, affecte les rendements. Dans certains secteurs, on cultive du soya une année sur deux ou deux années sur trois. La culture continue du soya est relativement rare, mais on en trouve quand même dans le Sud-Ouest de la province. La culture continue du soya est extrêmement nuisible en matière de rendement et de santé du sol et les chercheurs ont constaté une diminution de 8 boisseaux/acre, même en l'absence d'éclosion d'une maladie. En cas d'éclosion de la moisissure blanche ou du nématode du soya, il est possible qu'il y ait une baisse de rendement de 30 boisseaux/acre. La valeur agronomique et le rendement supplémentaire d'une bonne rotation des cultures doivent toujours être pris en considération lors de la planification de la culture de l'année suivante. Les cultures-abris sont un important de gestion pour maintenir la santé du sol, mais ne peuvent remplacer une bonne rotation des cultures. On considère encore que la rotation optimale en Ontario met en présence successivement le maïs, le soya et le blé. L'ajout de cultures-abris à une rotation agricole moins diversifiée ne compensera pas une piètre rotation des cultures.

Moisissure blanche

La plus grande partie du Sud-Ouest de la province ne subit pas constamment de graves pressions de la moisissure blanche. C'était le cas encore une fois en 2017, tandis que de graves éclosions de moisissure blanche ont été isolées dans certains champs. Toutefois, il y a des producteurs qui doivent affronter presque chaque année de fortes pressions de la moisissure blanche, particulièrement dans l'Est de l'Ontario (Figure 1). Il y a 20 ans, il était inhabituel de procéder à l'épandage d'un fongicide foliaire sur le soya pour lutter contre la moisissure blanche. De nos jours, les fongicides deviennent un outil important pour la suppression de la moisissure blanche. Les essais de recherche sur cultures irriguées menés par Chris Gillard à l'Université de Guelph ont fait ressortir qu'un épandage précoce de fongicide foliaire peut favoriser une augmentation de rendement allant jusqu'à 15 boisseaux/acre en présence de la moisissure blanche. Le moment le plus économique pour procéder à une pulvérisation afin de supprimer la moisissure blanche semble se situer relativement tôt au cours de la période de floraison. Si la moisissure blanche n'est pas la maladie à cibler, il peut être plus efficace de procéder à un épandage plus tard pour augmenter les rendements, tout dépendant de la maladie. La pulvérisation au cours des stades végétatifs est trop précoce et n'offre que peu d'avantages. Il faut noter soigneusement quels sont les champs qui ont été affectés cette année et planifier en conséquence en ce qui a trait à la prochaine culture vulnérable. Semer par exemple du maïs et du blé afin d'offrir une pause de deux ans à une culture vulnérable sera un très bon moyen de réduire la pression de la maladie. Il existe de fortes différences de la tolérance des variétés à la moisissure blanche : il est donc important de choisir soigneusement la variété. Les taux de semi doivent être bas dans les champs où la maladie a déjà apparu par le passé et l'utilisation de rangs plus larges aidera à réduire les niveaux d'humidité sous le couvert. Le soya sans travail du sol est habituellement beaucoup moins touché par la moisissure blanche que les champs où le sol a été retourné.

Figure 1: Plant de soya infecté par la moisissure blanche

Figure 1: Plant de soya infecté par la moisissure blanche

Texte équivalent au graphique

Sélection des variétés

Le choix des variétés de soya demeure l'une des décisions de gestion les plus importantes qu'un producteur peut prendre pour atteindre des rendements élevés. Chaque année, des douzaines de variétés nouvelles sont commercialisées. L'Ontario Soybean and Canola Committee effectue des essais de rendement indépendants dans l'ensemble de la province. Les résultats de ces essais peuvent être consultés à l'adresse gosoy.ca. À l'intérieur d'un même essai, les différences de rendement de plus de 10 boisseaux/acre entre variétés ne sont pas rares. En règle générale, les variétés à période de maturation plus longue ont un rendement supérieur d'environ 0,5 boisseau/acre pour chaque jour supplémentaire qu'elles prennent pour arriver à maturité à l'automne, particulièrement dans les régions où la saison est courte. Consultez les graphiques rendement/maturité à gosoy.ca. Dans les champs où on ne compte pas semer de blé d'hiver, choisir une variété à saison plus longue est un moyen rentable d'augmenter les rendements.

Fertilité

Depuis 1981, les rendements du maïs ont augmenté de 80 %, ceux du soya de 35 % et ceux du blé d'hiver de 65 %. Des rendements plus élevés se traduisent par un prélèvement supplémentaire d'éléments nutritifs. Il est à craindre qu'il y ait épandage insuffisant d'éléments nutritifs pour maintenir des rendements élevés, particulièrement dans le cas du soya. Maintenir les taux de phosphore et de potassium est une dépense importante pour les producteurs et peut devenir un risque économique (c.-à-d. location de terres) et environnemental (ruissellement du phosphore) si les valeurs des analyses de sol sont excessivement élevées. Par contre, à défaut de procéder à un épandage suffisant d'engrais il y aura une baisse du rendement et de la durabilité économique. Les analyses de sol périodiques sont la seule façon de gérer adéquatement les éléments nutritifs du sol. D'après les recherches menées en Ontario, les champs possédant de faibles taux de P et de K donneront 8 boisseaux/acre de moins que les champs où la fertilité du sol est adéquate. Par conséquent, la stratégie de gestion la plus économique à long terme et la plus logique sur le plan de l'environnement est de maintenir les valeurs des analyses de sol à un niveau raisonnable.


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