La résistance au froid et les arbres fruitiers

Les récents froids extrêmes ont été préoccupants pour les producteurs fruitiers qui se sont interrogés sur quel degré de froid peut endommager les cultures fruitières. La résistance au froid est un processus étonnant et si on en comprend le pourquoi et le comment on peut mieux expliquer les raisons de sa grande variabilité.

Qu'est-ce que c'est : c'est la capacité des tissus végétaux de supporter des froids extrêmes. Il s'agit d'un processus physiologique complexe qui commence en début d'automne et se poursuit jusqu'au débourrement au printemps.

Comment ça se déroule : les températures progressivement plus froides à l'automne signalent aux tissus végétaux de faire migrer l'eau de l'intérieur des cellules aux espaces entre celles-ci. Une partie de cette eau est perdue par la transpiration, mais ce qui reste dans l'espace intercellulaire gèle finalement en cristaux de glace. Cependant, les cristaux formés dans cet espace n'endommagent pas les cellules, mais ceux qui sont à l'intérieur de ces dernières en détruisent les membranes.

À quelle vitesse le phénomène se produit : la résistance au froid est un processus lent et à mesure que la température refroidit, les tissus deviennent plus résistants au froid. La résistance au froid est à son maximum à la mi-janvier. Les températures des semaines précédentes sont garantes du niveau maximal de résistance atteint. En 2009, le temps froid qui a précédé ce coup de froid a permis aux arbres de se préparer à atteindre leurs niveaux maximaux.

Comment le phénomène s'inverse-t-il : les arbres entrent en dormance au cours de l'automne, mais ils respirent encore à un rythme beaucoup plus lent. La première phase s'appelle la quiescence, quand des facteurs extérieurs peuvent " les réveiller ", ce qui réduit leur niveau de résistance. C'est pourquoi il vaut mieux éviter à l'automne la taille, la fertilisation ou le travail du sol. En janvier, les arbres sont en phase de dormance, il leur faut encore de nombreux jours de temps froid avant de revenir à la quiescence au printemps. Les températures plus clémentes signalent aux cellules de se réhydrater, les rendant plus vulnérables à des coups de froid tardifs.

Quelles températures causent des dommages : de nombreux facteurs sont en cause, ça varie aussi selon les espèces et les cultivars. La mi-janvier est le moment pour les grands froids, idéalement précédés d'une période de froid continu. Les arbres ne souffrent heureusement pas du facteur éolien, les arbres sains issus des meilleures pratiques de gestion ont une résistance maximale. De plus, le couvert de neige aide à protéger le bas du tronc et les racines qui n'ont pas la même résistance au froid. C'est trop tôt pour évaluer les dommages, l'hiver n'est pas encore fini, pour l'instant tentons de simplement comprendre le processus de la résistance au froid.

 


Auteur : Leslie Huffman - spécialiste de la pomiculture/MAAARO
Date de création : 18 février 2009
Dernière révision : 18 février 2009

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