Gestion du sol, fertilisation, nutrition des cultures et cultures de couverture

Pour un guide complet sur la fertilité du sol, consulter la publication 611F du MAAARO, Manuel sur la fertilité du sol.

La nutrition des cultures joue pour beaucoup dans l'obtention de bons rendements et la production de fruits de la plus haute qualité qui soit. Pour assurer l'utilisation efficiente des engrais organiques et inorganiques par les cultures, il importe d'avoir recours à de bonnes pratiques de gestion du sol et de l'eau. En effet, pour que les éléments nutritifs puissent être assimilés par les racines, ils doivent d'abord se dissoudre dans l'eau du sol. L'élaboration d'un bon programme de fertilité du sol commence par une évaluation des besoins en éléments nutritifs.

Table des matières

  1. Évaluation des besoins en éléments nutritifs
  2. Teneur du sol en matière organique
  3. Acidité du sol et chaulage
  4. Azote
  5. Phosphore
  6. Potassium
  7. Calcium
  8. Magnésium
  9. Oligoéléments
  10. Cultures de couverture et constitution d'un sol sain
  11. Nutrition des pommiers
  12. Nutrition des petits fruits
  13. Nutrition de la vigne
  14. Nutrition des fruits tendres

Évaluation des besoins en éléments nutritifs

Il y a trois façons d'évaluer la fertilité du sol et la nutrition des cultures :

  • l'analyse du sol;
  • analyse des tissus végétaux;
  • l'observation des symptômes de carence.

Dans le cas des cultures vivaces, il est indispensable de recourir à chacune d'elles pour évaluer et surveiller les besoins en éléments nutritifs d'une culture.


Analyse du sol

Une analyse de sol réalisée à l'aide d'une méthode convenant aux sols de la région est le meilleur moyen de doser les éléments nutritifs biodisponibles. Le MAAARO reconnaît certaines méthodes d'analyse de laboratoire adaptées aux conditions de sol de l'Ontario (voir le tableau 1, Analyses de sol reconnues par le MAAARO). Les laboratoires accrédités par le MAAARO participent au North American Proficiency Testing Program et doivent démontrer la précision de leurs analyses.

Il arrive que des laboratoires d'analyse de sol offrent d'effectuer des analyses de sol qui ne figurent pas dans le tableau 1 ainsi que d'analyser des substrats destinés à la culture en serre, des solutions fertilisantes et l'eau. L'analyse de la teneur du sol en matière organique peut être utile, mais il ne s'agit pas d'une analyse reconnue. Il n'y a pas non plus d'analyses de sol reconnues par le MAAARO pour le dosage du bore, du cuivre, du fer ni du molybdène. Une analyse des tissus végétaux donne en général une meilleure idée des besoins en ces oligoéléments. Pour d'autres services d'analyse, communiquer avec un des laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario.

Tableau 1. Analyses de sol reconnues par le MAAARO
Élément nutritif analysé Test
phosphore extraction au bicarbonate de sodium
potassium et magnésium extraction à l'acétate d'ammonium
manganèse indice de pH du sol et manganèse extractible à l'acide phosphorique
zinc indice de pH du sol et zinc extractible au DTPA
pH méthode des extraits boueux
besoins en chaux pH tampon dans une solution tampon Shoemaker-McLean-Pratt
nitrate du sol extraction au chlorure de potassium
Moment de l'échantillonnage

Toujours prélever les échantillons de sol avant la mise en place des cultures fruitières. S'il faut corriger le pH, échantillonner le sol deux ans avant la mise en place de la culture, afin d'avoir le temps d'apporter les correctifs. Après l'établissement, échantillonner chaque champ une fois tous les deux ou trois ans. Dans les sols sableux, vérifier plus souvent les teneurs du sol en potassium.

Dans les champs destinés à être plantés au printemps, l'idéal est de faire l'échantillonnage à la fin de l'été ou à l'automne. Dans le cas des plantations établies, on peut prélever des échantillons de sol l'été ou l'automne. Pour faciliter l'interprétation et la comparaison des résultats d'un rapport d'analyse à l'autre, faire l'échantillonnage à la même période chaque année. Indépendamment du moment de l'échantillonnage, prévoir le délai d'envoi des échantillons et de réception du rapport ainsi que le temps nécessaire pour déterminer les besoins en fertilisation.

Prélèvement d'un échantillon de sol

L'exactitude d'un rapport d'analyse de sol et la pertinence des recommandations qui en résultent reposent sur les méthodes de prélèvement, de préparation et de présentation de l'échantillon. Voici le matériel nécessaire à l'échantillonnage du sol :

  • une tarière ou une pelle;
  • un seau de plastique propre (ne pas utiliser des seaux de métal galvanisé, qui contamineront l'échantillon et fausseront le dosage des oligoéléments, surtout du zinc);
  • des sacs et des boîtes, habituellement obtenus du laboratoire d'analyse de sol;
  • un stylo ou un marqueur.

Échantillonner séparément chaque champ ou chaque unité faisant l'objet d'une gestion distincte. Subdiviser les champs qui sont vastes ou ceux qui présentent des variations marquées en sections plus petites. Échantillonner ces zones séparément même si leur superficie est trop petite pour qu'on puisse les traiter à part. Chaque échantillon doit représenter un champ ou une section de champ uniforme sur les plans de la texture du sol, de la topographie, de la teneur en matière organique et des antécédents de cultures. Éviter de prélever des échantillons dans les bandes récemment fertilisées, les dérayures ou refentes, les abords de chemins en gravier et les endroits où l'on a entassé du fumier, du compost, de la chaux ou des résidus de culture.

Prélever les échantillons à l'aide d'un tube de prélèvement ou d'une pelle. Pour obtenir une répartition uniforme des points de prélèvement, parcourir la zone échantillonnée en suivant un tracé en zigzag. Prélever au moins 20 carottes de sol de 15 cm de profondeur par champ ou par superficie échantillonnée allant jusqu'à 5 ha. Pour les superficies supérieures à 5 ha, augmenter proportionnellement le nombre de carottes. Plus on prélève de carottes, plus les probabilités sont grandes que l'analyse fournisse une mesure fiable de la fertilité du champ. Aucun échantillon ne devrait représenter plus de 10 ha.

Recueillir le sol dans un seau en plastique propre. Briser les mottes et bien mélanger le sol étant donné que seulement 2 mL de sol environ serviront à chaque dosage. Recueillir le sol dans un seau en plastique propre, briser les mottes et bien mélanger le sol étant donné que seulement 2 mL de sol environ serviront à chaque dosage. Remplir un sac de plastique propre d'environ 500 g de terre, déposer le sac dans la boîte et l'expédier au laboratoire. Prendre soin de bien indiquer sur l'échantillon toute l'information nécessaire (numéro d'échantillon, nom de la ferme, date, etc.).

Les carences en oligoéléments se rencontrent le plus souvent par petites plaques dans les champs. Les zones à problème devraient donc être échantillonnées séparément. Au moment d'échantillonner de telles zones, s'assurer de prélever, aux fins de comparaison, un échantillon d'une zone asymptomatique adjacente.

Pour le dosage de l'azote, on suit la même méthode d'échantillonnage, sauf qu'on prélève des carottes de 30 cm. Si l'on ne soumet pas les échantillons immédiatement, on doit les garder à moins de 4 °C ou encore les congeler.

Interprétation des résultats d'analyse de sol

Le programme d'analyses de sol reconnues par le MAAARO fournit des recommandations visant les apports d'azote, de phosphate, de potasse, de magnésium, de zinc et de manganèse. Au besoin, le programme fournit également des recommandations quant à la quantité et au type de chaux qui doit être appliqué. Ces recommandations sont fonction de la culture qui est prévue et qui aura été indiquée sur le formulaire de demande d'analyse. On peut trouver des recommandations visant les cultures suivantes :

Ces recommandations peuvent produire des rendements économiques optimaux lorsqu'elles s'assortissent d'une gestion des cultures allant de bonne à supérieure à la moyenne.

Dans un rapport d'analyse de sol, le laboratoire donne à chaque élément analysé une valeur exprimée en parties par million (ppm) ou en milligrammes par litre de sol (mg/L) ou représentée par une cote. Le laboratoire y formule également des recommandations quant aux apports d'engrais, qui sont normalement indiquées en kilogrammes par hectare (kg/ha) ou en livres par acre (lb/ac). La cote (c.-à-d., efficacité élevée (EÉ), moyenne (EM), faible (EF), très faible (ETF) ou nulle (EN)) renseigne sur la probabilité d'une réaction favorable de la culture à la fertilisation.

Les recommandations quant aux apports d'engrais tiennent compte du type de culture. Les doses d'azote, de phosphore et de potassium doivent être rajustées s'il y a épandage de fumier ou enfouissement d'une culture de légumineuses comme engrais vert. Il est impossible de faire une utilisation optimale des engrais sans cette information.

Analyses de sol effectuées par d'autres laboratoires

Les analyses de sol reconnues par le MAAARO débouchent sur des recommandations justes quant aux apports d'engrais. S'assurer de faire affaire avec un laboratoire accrédité. Pour obtenir l'accréditation chaque laboratoire doit utiliser des methods d'analyse reconnues par le MAAARO, faire la prevue que ses analyses sont d'une precision et d'une justesse acceptables et formuler ses recommandations quant aux apports d'engrais conformément aux norms fixées par le MAAARO. S'assurer de demander des recommandations qui sont conformes aux norms du MAAARO. Les analyses de soil exigées par les plans de gestion des éléments nutritifs doivent être confiées à des laboratoires accrédités par le MAAARO. Un certain nombre de laboratoires offrent des analyses de soil qui mesurent aussi la capacité d'échange cationique et les teneurs en aluminium et en cuivre. Le MAAARO ne reconnaît pas le validité de ces analyses, parce que rien n'indique qu'elles contribuent à l'amélioration des recommandations quant aux apports d'engrais.


Analyse des tissus végétaux

Les analyses de tissus végétaux déterminent les concentrations d'éléments nutritifs dans les tissus des plantes. Elles sont très utiles lorsque combinées à des observations recueillies sur le terrain et aux données sur les conditions du sol, aux données sur les antécédents culturaux et à une analyse de sol récente révélant les concentrations d'éléments nutritifs dans le sol et le pH du sol.

Dans le cas des cultures vivaces, ces analyses sont un complément important aux analyses de sol. Elles permettent d'établir des comparaisons avec les normes établies pour les cultures et de déterminer si les plantes bénéficient des éléments nutritifs nécessaires à leur croissance optimale. Si les concentrations d'éléments nutritifs du sol sont suffisantes, le fait que des tissus analysés affichent de faibles concentrations d'éléments nutritifs peut pointer vers d'autres causes possibles de la carence. Les analyses de tissus sont particulièrement utiles pour le dosage du phosphore, du potassium, du magnésium et du manganèse. Elles sont le principal moyen d'évaluer les concentrations de bore, de cuivre, de fer et de molybdène, aucune analyse de sol ne permettant de déterminer avec précision la teneur du sol en ces oligoéléments.

Échantillonnage

Pour déceler des tendances, effectuer une analyse foliaire chaque année. Prélever des échantillons sur les mêmes arbres et à la même période chaque année, afin de faciliter l'interprétation des résultats d'analyses foliaires d'une année à l'autre.

La date d'échantillonnage et le stade de croissance au moment où l'on effectue le prélèvement peuvent avoir une grande incidence sur les résultats d'analyse des tissus. Les concentrations de certains éléments nutritifs dans les tissus végétaux peuvent en effet varier considérablement selon l'âge de la plante et la date d'échantillonnage. Les résultats seront difficiles à interpréter si les échantillons sont prélevés en dehors des moments considérés comme étant optimaux pour la culture. Voir le tableau 2, Échantillonnage pour l'analyse des tissus des cultures fruitières.

  • Placer les échantillons de tissus dans des sacs de papier étiquetés. Les tissus pourrissent s'ils sont entreposés dans des sacs de plastique.
  • Éviter de prélever des feuilles endommagées ou provenant de plants qui semblent anormaux.
  • Prélever les tissus de végétaux séparément s'ils proviennent de zones d'aspect différent suffisamment grandes pour que le sol puisse être traité et échantillonné séparément.
  • Éviter de contaminer l'échantillon avec de la terre. Même une infime quantité de terre invaliderait les résultats, surtout dans le cas du dosage des oligoéléments.
  • Échantillonner les plants le plus tôt possible suivant l'apparition d'un symptôme de carence nutritive. Prélever des échantillons de tissus d'une zone à problème et les soumettre accompagné d'un échantillon distinct prélevé d'une partie saine du champ adjacente à cette zone. De plus, pour faciliter le diagnostic, prélever et soumettre un échantillon de sol provenant à la fois de la zone touchée et d'une zone saine.
Tableau 2. Échantillonnage pour l'analyse des tissus des cultures fruiti�res
Culture Stade de croissance/moment Organe échantillonné Quantité approximative à prélever
Pomme Deux dernières semaines de juillet Feuilles développées prises à hauteur d'épaule dans la partie moyenne de rameaux de l'année Dix feuilles par arbre sur dix arbres représentatifs du verger
Bleuet en corymbe Fin juillet début août Feuilles développées prises dans la partie moyenne de pousses de l'année Cent feuilles provenant de toute la zone d'échantillonnage
Cerise Montmorency Deux dernières semaines de juillet Feuilles développées prises à hauteur d'épaule dans la partie moyenne de rameaux de l'année Dix feuilles par arbre sur dix arbres représentatifs du verger
Raisin Début septembre Pétioles de feuilles développées de sarments fructifères - les détacher immédiatement des feuilles Selon la taille inhérente au cultivar, de 75 à 200 pétioles
Pêche Deux dernières semaines de juillet Feuilles développées prises à hauteur d'épaule dans la partie moyenne de rameaux de l'année Dix feuilles par arbre sur dix arbres représentatifs du verger
Pear Deux dernières semaines de juillet Feuilles développées prises à hauteur d'épaule dans la partie moyenne de rameaux de l'année Dix feuilles par arbre sur dix arbres représentatifs du verger
Framboise Fin juillet Feuilles entièrement déployées de tiges fructifères Cent feuilles provenant de toute la zone d'échantillonnage
Fraise Fructifère - juin
Non fructifère - début août
Feuilles entièrement déployées depuis peu; les détacher immédiatement du pétiole Cinquante feuilles provenant de toute la zone d'échantillonnage
Préparation des échantillons

Expédier sans tarder au laboratoire les échantillons de tissus fraîchement cueillis. S'il n'est pas possible de le faire immédiatement, faire sécher les tissus végétaux afin d'en empêcher la détérioration. Le séchage peut se faire au soleil ou dans un four réglé à 65 °C ou moins.

Prendre garde de ne pas contaminer les échantillons avec des particules de poussière ou de sol. Éviter tout contact des tissus avec des métaux galvanisés (plaqués de zinc) ou avec du cuivre ou du laiton.

En Ontario, plusieurs laboratoires font des analyses de tissus végétaux; consulter la liste des laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario. L'analyse des tissus n'entre pas dans le programme d'accréditation du MAAARO. Il reste que les laboratoires accrédités par le MAAARO disposent des compétences et du matériel nécessaires pour effectuer ces analyses avec précision.

Interprétation

L'analyse des tissus comporte ses limites, de sorte que l'aide d'un expert est parfois nécessaire pour en interpréter les résultats. Ce type d'analyse ne révèle pas l'apport d'engrais nécessaire pour corriger une carence ni si une carence est liée à un problème de fertilité du sol. Si les résultats d'une analyse de tissus se situent dans une fourchette apparentée à une carence, il se peut que cette situation soit attribuable à des facteurs comme le climat, la pression exercée par les ravageurs ou les maladies et nécessite l'utilisation conjointe d'un programme d'analyse de sol. Le tableau 3, Fourchettes acceptables de concentrations d'éléments nutritifs pour les cultures fruitières, indique les fourchettes de concentrations d'éléments nutritifs dans les tissus qui correspondent à une productivité optimale des cultures fruitières.

Tableau 3. Fourchettes acceptables de concentrations d'éléments nutritifs pour les cultures fruitières

Pomme1
Culture Azote
%
Phos-phore
%
Potass-ium
%
Cal-cium
%
Magné-sium
%
Fer
(ppm)
Bore
(ppm)
Zinc
(ppm)
Man-ganèse
(ppm)
Delicious, Crispin 2,2-2,7 0,15-0,4 1,4-2,2 0,8-1.5 0.25-0,4 25-200 20-60 15-100 20-200
Empire, Spy 2,1-2,6 0,15-0,4 1,3-2,1 0,7-1.5 0.25-0,4 25-200 20-60 15-100 20-200
McIntosh, autres 2-2,5 0,15-0,4 1,2-2 0,8-1.5 0.25-0,4 25-200 20-60 15-100 20-200
Petits fruits
Culture Azote
%
Phos-phore
%
Potass-ium
%
Cal-cium
%
Magné-sium
%
Fer
(ppm)
Bore
(ppm)
Zinc
(ppm)
Man-ganèse
(ppm)
Bleuet en corymbe 1,7-2,3 0,15-0,4 0,36-0,7 0,3-0,8 0,12-0,3 30-100 15-50 10-100 150-500
Fram-boise 2-3,5 0,20-0,5 1-2 0,8-2,5 0,25-0,5 25-200 20-60 15-100 20-200
Fraise 2-3 0,20-0,5 1,5-2,5 0,5-1,5 0,25-0,5 25-200 20-60 15-100 20-200
Raisin (pétioles)
Culture Azote
%
Phos-phore
%
Potass-ium
%
Cal-cium
%
Magné-sium
%
Fer
(ppm)
Bore
(ppm)
Zinc
(ppm)
Man-ganèse
(ppm)
Vinifera 0,8-1,4 0,15-0,4 1,2-2,3 1-3 0,6-1,5 15-100 20-60 15-100 20-200
Fredonia 0,6-1,2 0,15-0,4 0,8-1,8 1-3 0,6-1,5 15-100 20-60 15-100 20-200
Autres 0,7-1,3 0,15-0,4 1-2 1-3 0,6-1,5 15-100 20-60 15-100 20-200
Fruits tendres
Culture Azote
%
Phos-phore
%
Potass-ium
%
Cal-cium
%
Magné-sium
%
Fer
(ppm)
Bore
(ppm)
Zinc
(ppm)
Man-ganèse
(ppm)
Pêche 3,4-4,1 0,15-0,4 2,3-3,5 1-2,5 0,35-0,6 25-200 20-60 15-100 20-200
Poire 2-2,6 0,15-0,4 1,2-2 1-2 0,25-0,5 25-200 20-60 15-100 20-200
Prune 2,4-3,2 0,15-0,4 1,5-3 1-2,5 0,35-0,65 25-200 20-60 15-100 20-200
Cerise Montmo-rency 2,2-3 0,15-0,4 1,3-2,5 1-2,5 0,35-0,65 25-200 20-60 15-100 20-200

1 Dans le cas des arbres non fructifères et des pommiers sur porte-greffes M.9 ou M.26, la teneur en azote des feuilles devrait être de 0,2 % plus élevée.


Observation des symptômes de carence

Les symptômes foliaires sont utiles à la détection de certaines carences. Malheureusement, au moment où les symptômes sont observables, les rendements peuvent être déjà compromis. Sans compter que les symptômes de carence sont faciles à confondre avec d'autres problèmes occasionnés par des pesticides, des maladies foliaires ou racinaires, des nématodes, des insectes, la compaction du sol ou la pollution de l'air. Toujours faire confirmer par une analyse de tissus si une carence est effectivement présente. Voir les descriptions des symptômes de carence précis aux chapitres suivants : Nutrition des fruits tendres, Nutrition des petits fruits, Nutrition des pommiers, Nutrition de la vigne.


Teneur du sol en matière organique

La matière organique contenue dans le sol aide à garder la structure de sol, améliore la capacité de rétention d'eau du sol, aide le sol à retenir les éléments nutritifs et améliore le drainage. Une concentration suffisante de matière organique dans le sol préserve les rendements des cultures, la santé des végétaux à long terme, surtout pendant les périodes où les conditions météorologiques sont inclémentes. Bien des sols destinés à l'horticulture ont une texture légère et font l'objet d'un travail fréquent. Bien que difficile, le maintien de la teneur de ces sols en matière organique n'en est pas moins essentiel à la productivité des cultures.

Pour garantir la productivité à long terme des cultures fruitières, évaluer la qualité du sol de chaque champ avant la mise en place de la culture et faire le nécessaire pour maintenir cette qualité ou l'améliorer. Pour plus d'information, voir la publication 611F du MAAARO, Manuel sur la fertilité du sol, et le tableau 4, Concentrations optimales de matière organique dans le sol selon le type de sol. Voir également la rubrique Cultures de couverture et constitution d'un sol sain.

Tableau 4. Concentrations optimales de matière organique dans le sol selon le type de sol
Type de sol Concentration optimale (%)
Sols sableux 2-4 et plus
Loams sableux 3-4 et plus
Sols loameux 4-5 et plus
Loams argileux 4-5 et plus
Sols argileux 4-6 et plus

Source: Traduction libre d'un tableau tiré de The Canada-Ontario Environmental Farm Plan Program workbook, 3e édition, 2004.


Acidité du sol et chaulage

Le pH, qui est une mesure de la concentration d'ions hydrogène, se situe entre 0 et 14. Un pH de 7,0 indique un sol neutre, un pH inférieur à 7,0 indique un sol acide, alors qu'un pH supérieur à 7,0 signifie que le sol est alcalin (on dit aussi basique). Dans les sols minéraux, la plupart des cultures fruitières poussent bien lorsque le pH du sol se situe entre 6,0 et 7,5. La culture du bleuet réclame une fourchette de pH allant de 4,2 à 5,0. Il est important de maintenir le sol à la fourchette de pH appropriée. Bien des éléments nutritifs, surtout les oligoéléments, sont moins facilement assimilables à des pH qui se situent en dehors de la fourchette idéale. Lorsque le pH du sol est inférieur à 5,0, les concentrations d'aluminium et de manganèse peuvent se révéler toxiques pour des cultures sensibles.

Élévation du pH

L'augmentation du pH d'un sol se fait par un épandage de pleine surface et par l'incorporation au sol de pierre à chaux broyée. La quantité de chaux nécessaire est déterminée par les résultats d'analyse de sol. Le tableau 5, Valeurs de pH et recommandations relatives au chaulage des cultures fruitières, indique les valeurs de pH au-dessous desquelles le chaulage est requis et le pH optimal qu'il faut chercher à atteindre par le chaulage (le pH cible). En Ontario, la plupart des cultures poussent assez bien dans les sols dont le pH est plus élevé que le pH cible recommandé. Si un apport de chaux est requis, le fournir au moins un an avant la mise en place de la culture.

Tableau 5. Valeurs de pH et recommandations relatives au chaulage des cultures fruitières

Sols minéraux à texture grossière et moyenne (sables, loams sableux, loams et loams limoneux)
Cultures fruitières pH au-dessous duquel le chaulage est suggéré pH cible du sol
Toutes les cultures fruitières autres que celles qui sont mentionnées ci-dessous 6,1 6,5
Arbres fruitiers établis, vigne 5,6 6,0
Bleuet, canneberge Aucun apport de chaux n'est requis Aucun apport de chaux n'est requis

Sols minéraux à texture fine (argiles et loams argileux)
Cultures fruitières pH au-dessous duquel le chaulage est suggéré pH cible du sol
Toutes les cultures fruitières autres que celles qui sont mentionnées ci-dessous 5,6 6,0
Arbres fruitiers établis, vigne 5,1 5,5
Bleuet, canneberge Aucun apport de chaux n'est requis Aucun apport de chaux n'est requis

Sols organiques (tourbes, terres noires)
Cultures fruitières pH au-dessous duquel le chaulage est suggéré pH cible du sol
Toutes les cultures fruitières autres que celles qui sont mentionnées ci-dessous 5,1 5,5
Bleuet, canneberge Aucun apport de chaux n'est requis Aucun apport de chaux n'est requis
pH tampon

Le pH du sol indique le degré d'acidité d'une solution de sol et, du coup, si un apport de chaux sera nécessaire aux cultures. Il ne renseigne pas sur les acides en réserve qui se trouvent fixés sur les particules d'argile et de matière organique dans le sol, qui, eux, indiquent la quantité de chaux à appliquer. Différents niveaux d'acidité en réserve signifient que deux sols différents ayant la même valeur de pH auront besoin de quantités de chaux différentes pour relever le pH au niveau voulu. Les acides en réserve sont mesurés par un test distinct qui mesure le pH tampon. Si le sol renferme une forte réserve d'acides, il affichera un pH tampon faible et il faudra des apports massifs de chaux pour en relever le pH.

Pour calculer la quantité de chaux qui sera nécessaire à l'atteinte du pH cible, utiliser le tableau 6, Quantité de chaux nécessaire pour corriger l'acidité du sol.

Tableau 6. Quantit� de chaux nécessaire pour corriger l'acidité du sol
pH tampon Quantité (t/ha) de chaux moulue nécessaire*
pH cible du sol = 7,01
Quantité (t/ha) de chaux moulue nécessaire*
pH cible du sol = 6,52
Quantité (t/ha) de chaux moulue nécessaire*
pH cible du sol = 6,03
Quantité (t/ha) de chaux moulue nécessaire*
pH cible du sol = 5,54
7,0 2 2 1 1
6,9 3 2 1 1
6,8 3 2 1 1
6,7 4 2 2 1
6,6 5 3 2 1
6,5 6 3 2 1
6,4 7 4 3 2
6,3 8 5 3 2
6,2 10 6 4 2
6,1 11 7 5 2
6,0 13 9 6 3
5,9 14 10 7 4
5,8 16 12 8 4
5,7 18 13 9 5
5,6 20 15 11 6
5,5 20 17 12 8
5,4 20 19 14 9
5,3 20 20 15 10
5,2 20 20 17 11
5,1 20 20 19 13
5,0 20 20 20 15
4,9 20 20 20 16
4,8 20 20 20 18
4,7 20 20 20 20
4,6 20 20 20 20

* Chaux d'indice agricole 75.
1 Un chaulage visant un pH de 7,0 n'est recommandé que pour la prévention de la hernie du chou.
2  Chauler si le pH est inférieur à 6,1.
3  Chauler si le pH est inférieur à 5,6.
4  Chauler si le pH est inférieur à 5,1.

Les besoins en chaux indiqués dans le tableau 6 se fondent sur les équations du tableau 7, Équations de calcul des besoins en chaux, les valeurs étant arrondies à la tonne/ha la plus proche. À partir des équations du tableau 7, on peut faire un calcul plus précis des quantités de chaux nécessaires pour ramener le pH du sol à 7,0.

Tableau 7. Équations de calcul des besoins en chaux
pH cible du sol Équation*
7,0 Chaux (t/ha) = 334,5 - 90,79 pHT** + 6,19 pHT2
6,5 Chaux (t/ha) = 291,6 - 80,99 pHT + 5,64 pHT2
6,0 Chaux (t/ha) = 255,4 - 73,15 pHT + 5,26 pHT2
5,5 Chaux (t/ha) = 37,7 - 5,75 pHT

* Calculs effectués pour une chaux ayant un indice agricole de 75.
** pHT : pH tampon.

Élévation du pH du sol avec de la chaux

On peut relever le pH du sol en épandant de la chaux calcique ou de la chaux dolomitique. La chaux calcique est surtout constituée de carbonate de calcium, tandis que la chaux dolomitique est un mélange de carbonate de calcium et de carbonate de magnésium. Ce sont les carbonates contenus dans la chaux qui neutralisent l'acidité du sol.

Sur les sols dont la teneur en magnésium est de 100 ppm ou moins, épandre de la chaux dolomitique. Il est particulièrement important d'utiliser de la chaux dolomitique lorsque les concentrations de potassium dans le sol sont élevées, car les cultures peuvent alors être plus susceptibles de souffrir de carences en magnésium. Les deux types de chaux peuvent être utilisés sur les sols dont la teneur en magnésium est supérieure à 100 ppm et dont la teneur en potassium est inférieure à 250 ppm.

L'efficacité de la chaux dans la correction du pH du sol dépend de sa valeur neutralisante et de son indice granulométrique.

La valeur neutralisante de la chaux correspond à la quantité d'acide qu'une quantité donnée de chaux parvient à neutraliser lorsqu'elle est complètement dissoute; on l'exprime en pourcentage de la valeur neutralisante du carbonate de calcium pur. Ainsi, de la chaux ayant une valeur neutralisante de 90 peut neutraliser 90 % de la quantité d'acide neutralisée par le carbonate de calcium pur. En général, plus la teneur en calcium et magnésium de la chaux en question est haute, plus sa valeur neutralisante est élevée.

L'indice granulométrique influe lui aussi sur la valeur neutralisante de la chaux. Plus les particules de chaux sont fines, plus l'élévation du pH sera rapide.

Indice agricole de la chaux

L'indice agricole combine la valeur neutralisante et l'indice granulométrique de la chaux. Il permet de comparer différentes sources de chaux. Si on utilise de la chaux à fort indice agricole, on en utilise une moins grande quantité que si l'on utilise une chaux à faible indice agricole. Voici la formule qui permet de déterminer l'indice agricole de la chaux :

Indice agricole de la chaux = (valeur neutralisante × indice granulométrique)
100

Les recommandations établies à partir des analyses de sol reconnues par le MAAARO sont exprimées en fonction d'une chaux d'indice agricole de 75. Si l'on achète de la chaux dont l'indice agricole n'est pas de 75, on peut calculer la quantité à épandre à l'aide de l'équation suivante :

Quantité de chaux recommandée selon l'analyse de sol x (75/Indice agricole de cette chaux) = Taux d'application de cette chaux à épandre

Par exemple, si l'analyse du sol indique qu'il faut apporter 9 tonnes de chaux/ha et que la source de chaux a un indice agricole de 90, il faut épandre 7,5 tonnes de cette chaux/ha (9 × 75/90 = 7,5 tonnes/ha).

L'indice agricole ne renseigne pas sur la teneur en magnésium.

Effet de la profondeur de travail du sol

Les quantités de chaux présentées dans le tableau 6, Quantité de chaux nécessaire pour corriger l'acidité du sol, devraient permettre d'élever le pH dans les 15 premiers cm de sol au pH voulu.

Selon que le sol est labouré à une profondeur supérieure ou inférieure à 15 cm, il faut proportionnellement plus ou moins de chaux pour atteindre le même pH cible. Lorsque le travail du sol est superficiel, il est suggéré d'épandre de la chaux plus souvent, mais moins à la fois.

Diminution du pH du sol

Lorsque le pH du sol est inférieur à 6,5, il est possible d'abaisser le pH (de rendre le sol plus acide) en faisant des apports de soufre ou de sulfate d'ammonium. Cette intervention peut être souhaitable pour certaines cultures (p. ex., bleuet), mais n'est habituellement pas indiquée pour les cultures soumises à des rotations. On ne peut en effet corriger le pH du sol à la hausse ou à la baisse d'une année à l'autre. Ne pas appliquer le sulfate d'ammonium à des doses d'azote supérieures à celles qui sont recommandées pour la culture en cours. Le tableau 8, Quantité de soufre nécessaire à l'acidification du sol, indique la quantité de soufre élémentaire nécessaire pour abaisser le pH de différents sols.

Si le pH du sol est supérieur à 6,5, il est déconseillé et habituellement assez difficile d'abaisser le pH en raison des grandes quantités de soufre ou de sulfate d'ammonium nécessaires. Pour plus d'information, voir la publication 611F du MAAARO, Manuel sur la fertilité du sol.

Tableau 8. Quantité de soufre nécessaire à l'acidification du sol
Type de sol Besoins en soufre en kg/ha
Pour chaque 1,0 unité de pH
Besoins en soufre en kg/ha
Pour chaque 0,1 unité de pH
Sable 350 35
Loam sableux 750 75
Loam 1,100 110

Azote

L'azote est un élément important pour la croissance et le développement de toutes les plantes, et il est naturellement présent dans tous les sols. En s'alimentant de résidus de culture et de matière organique, les microorganismes terricoles libèrent de l'azote dans le sol. Ainsi, plus le sol est riche en matière organique, plus les concentrations d'azote naturellement biodisponibles augmentent. Les pratiques de gestion qui visent à maintenir et à accroître les teneurs en matière organique du sol contribuent également à accroître la fertilité du sol et la productivité des cultures. Des légumineuses, comme la luzerne et le trèfle rouge, peuvent accroître les concentrations d'azote dans le sol en prélevant l'azote dans l'atmosphère et en le libérant lentement dans le sol.

Observation des symptômes de carence en azote

Habituellement, les premiers signes de carence en azote se manifestent sur les vieilles feuilles. Celles-ci pâlissent puis jaunissent au fur et à mesure que l'azote est relocalisé des vieilles feuilles moins productives vers les nouvelles pousses. Le temps froid de début de saison provoque souvent des carences en azote temporaires. Ces carences sont alors davantage attribuables aux mauvaises conditions de croissance qu'à un manque d'azote dans le sol.

Azote et environnement

La teneur du sol en azote change constamment. Des procédés comme le lessivage et la dénitrification appauvrissent le sol en azote. La dénitrification survient quand le sol est gorgé d'eau. Les microorganismes anaérobies convertissent les nitrates et l'ammoniac en oxyde de diazote. Ce gaz peut engendrer la pollution de l'air; il est environ 300 fois plus dangereux que le dioxyde de carbone comme gaz à effet de serre.

L'azote des nitrates, bien qu'il soit facilement assimilable par les végétaux, est facilement emporté par l'eau du sol. Par conséquent, il risque de polluer les eaux souterraines et les eaux de surface.

Appliquer juste ce qu'il faut d'azote pour répondre aux besoins des cultures permet de réduire considérablement les risques de contamination de l'environnement. C'est à la fin de l'automne et au début du printemps que les risques de pertes d'azote sont les plus grands. Calculer les apports d'azote en fonction des besoins des cultures laisse moins d'azote résiduel dans le sol à la fin de la saison de croissance et réduit les pertes dans l'environnement.

Il est important de tenir compte des apports d'engrais, de fumier et d'autres sources d'azote quand on évalue les besoins d'une culture en fertilisants. Voici d'autres pratiques de gestion qui réduisent les risques de pertes des nitrates :

  • utiliser des plantes couvre-sol;
  • faire les épandages d'azote au moment le plus rapproché de celui où les cultures prélèveront cet azote;
  • réduire la quantité totale d'azote épandu.

Sources d'azote

Engrais synthétiques

Les sources les plus courantes d'engrais azoté sont décrites dans le tableau 9, Engrais - Éléments nutritifs primaires. En général, toutes les sources d'azote se valent. Ce sont davantage les coûts, la conduite des cultures et la facilité d'application qui font porter le choix sur une source plutôt qu'une autre.

S'il faut épandre de l'azote au printemps quand la température du sol est encore inférieure à 10 °C, l'utilisation d'urée peut contribuer à prévenir les pertes par lessivage. Dans de telles conditions, l'urée met de trois à six semaines environ pour se convertir en azote assimilable par les végétaux, soit en azote ammoniacal et en azote des nitrates. Étant donné que seul l'azote des nitrates est sujet au lessivage, les pluies du début du printemps ne provoqueront pas de lessivage de l'azote lorsqu'on utilise de l'urée comme source d'azote. Au moment où se produit la conversion de l'azote, la culture amorce une phase de croissance rapide qui réduit au minimum la percolation de l'eau dans le sol et par le fait même les risques de lessivage.

Tableau 9. Engrais - Élements nutritifs primaires
Engrais azotés Forme Azote (% de N)
Nitrate d'ammonium sèche 34
Sulfate d'ammonium sèche 20
Nitrate d'ammonium et de calcium sèche 27
Nitrate de calcium dsèchery 15.5
Urée sèche 46
Ammoniac anhydre liquide1 82
Nitrate d'ammonium et urée liquide 28-32

1 Liquide sous pression.

Engrais phosphatés Forme Phosphate (% de P2O5)
Phosphate diammonique (18-46-0) sèche 46
Phosphate monoammonique (11-52-0) sèche 50-52
Superphosphate simple sèche 20
Superphosphate triple sèche 46
Superphosphate triple (10-34-0) liquide 34

Engrais potassiques Forme Potash (% de K2O)
Engrais potassiques sèche 60-62
Nitrate de potassium (13-0-44) sèche 44
Sulfate de potassium sèche 50
Sulfate de potasse et de magnésie (11% de Mg) sèche 22
Produits modifiant la libération d'azote

Les engrais à libération lente sont faits de granulés qui ont été enduits de soufre ou d'un polymère qui assure une libération graduelle de l'azote. Des inhibiteurs de la nitrification sont ajoutés à ces engrais azotés pour retarder la conversion chimique de l'urée en des formes biodisponibles. Selon les conditions météorologiques, il peut arriver que le moment de la libération de l'azote ne coïncide pas avec la période où les végétaux en ont le plus besoin.

Azote contenu dans le fumier

En plus de constituer une source d'éléments nutritifs et d'oligoéléments, le fumier est aussi une source appréciable de matière organique qui contribue à bâtir et à maintenir la structure du sol. Ajuster les doses d'engrais en fonction des éléments nutritifs contenus dans le fumier.

Au cours de la première saison de croissance suivant l'épandage, de 50 à 60 % de l'azote assimilable contenu dans le fumier est assimilable. L'azote organique restant devient assimilable en petites quantités qui diminuent graduellement au cours des années subséquentes. Jusqu'à 10 % de l'azote total contenu dans le fumier peut être assimilable par la culture l'année suivante. Lorsque du fumier est appliqué régulièrement sur un champ, la concentration d'azote résiduel assimilable par une culture peut être appréciable.

Les quantités d'éléments nutritifs contenus dans le fumier peuvent varier considérablement. Le type d'élevage, la ration, la litière, les liquides ajoutés et le système de stockage sont autant de facteurs qui influencent la composition du fumier. Le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants des fumiers, montre la teneur approximative des fumiers en azote assimilable. Une analyse du fumier, offerte par plusieurs laboratoires en Ontario, donne un portrait plus précis de la composition d'un fumier en particulier. Consulter la liste des laboratoires accrédités pour les analyses de sol de l'Ontario pour connaître les laboratoires qui offrent ce service.

Utiliser le fumier de manière responsable
  • Éviter d'épandre du fumier sur un sol gelé ou enneigé.
  • Éviter d'épandre du fumier quand le risque de ruissellement est élevé (sol détrempé, pluie imminente, etc.)
  • Travailler le sol avant d'épandre du fumier liquide de manière à briser les fissures du sol et macropores et à empêcher le fumier d'être emporté vers les drains souterrains et les nappes d'eaux souterraines peu profondes.
  • Injecter le fumier dans le sol ou l'incorporer au sol de manière à réduire au minimum les pertes d'ammoniac dans l'atmosphère.
  • Pour le stockage du fumier, respecter les recommandations qui sont faites dans la fiche technique du MAAARO, Entreposage temporaire au champ de fumiers solides ou d'autres matières de source agricole.
Fumier et salubrité des aliments

Les fruits peuvent devenir contaminés au champ s'ils entrent en contact avec des agents pathogènes responsables de maladies chez l'être humain. Ces agents pathogènes peuvent provenir du fumier et des composts à base de fumier. Après l'épandage de fumier frais dans un champ, les agents pathogènes présents dans ce fumier peuvent survivre sur une période allant d'une journée à plus de 300 jours selon les conditions auxquelles ils sont soumis. Pour réduire le nombre de ces agents pathogènes à des niveaux acceptables, il suffit de bien conduire le compostage du fumier (c'est-à-dire en maintenant toutes les parties du tas de fumier à une température de 55 °C pendant trois jours. Éviter d'épandre du fumier frais ou non composté sur cultures de légumes ou de fruits dans les 120 jours qui précèdent la récolte.

Tableau 10. Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants des fumiers*
Type de fumier Moyenne de matière sèche (%) Azote assimilable2
au printemps (N)
Phosphate
assimilable3
(P205)
Potassium assimilable4  (K2O)
Fumier liquide
kg/1,000 L (lb/1,000 gal)
Liquide - bovins laitiers
8,6
1,8 (18)
0,8 (8.3)
2,7 (27)
Liquide - porcs
3,6
2,5 (25)
1,1 (11)
2,1 (21)
Liquide - volaille
10,0
4,7 (47)
2,6 (26)
3,2 (32)
Fumier sec
kg/tonne (lb/ton)
Solide - volaille
60,6
15,9 (32)
12,1 (24)
15,7 (31,4)
Solide - bovins laitiers
25,9
2,6 (5.2)
1,8 (3.7)
6,6 (13,2)
Composté - bovins laitiers
38,3
2,2 (4.5)
2,6 (5.2)
11,1 (23,8)
Solide - bovins de boucherie
31,4
3,6 (7.3)
3,0 (6.1)
7,1 (14,3)
Moutons
32,2
2,8 (5.5)
3,1 (6.3)
8,2 (16,4)
Chevaux
37,4
0 (0)
1,4 (2.8)
 4,6 (9,3)

*Données fondées sur une moyenne des résultats d'analyse de plus de 3 000 échantillons1. Les données varient considérablement d'un fumier à l'autre, si bien que l'analyse du fumier reste la meilleure indication des éléments nutritifs assimilables.
1 Données tirées des analyses de fumier fournies par les laboratoires de l'Ontario entre 1992 et 2012.
2 En supposant un épandage au printemps avec enfouissement dans les 24 heures qui suivent. Le fumier non incorporé au sol apporte moins de N en raison des pertes d'ammoniac.
3 On estime que, l'année de l'application, la biodisponibilité du phosphate provenant du fumier ou de biosolides est égale à environ 40 % de celle du phosphate contenu dans les engrais commerciaux (une autre tranche de 40 % du phosphore sera biodisponible l'année suivante).
4 On estime que, l'année de l'application, la biodisponibilité du potassium provenant du fumier est égale à environ 90 % de celle du potassium contenu dans les engrais commerciaux.

Légumineuses

La bactérie Rhizobium infecte les racines des légumineuses. Elle convertit l'azote atmosphérique en azote inorganique. Lors de la décomposition des résidus d'une culture de légumineuses, l'azote devient assimilable par les cultures subséquentes. Quand une culture fruitière suit une culture de luzerne fourragère ou une culture de couverture de légumineuses comme le trèfle rouge, il faut réduire la dose d'engrais azoté tel qu'il est indiqué dans le tableau 11, Apport azoté des légumineuses enfouies comme engrais vert.

Tableau 11. Apport azot� des l'gumineuses enfouies comme engrais vert
Composition de l'engrais vert Pour toutes les cultures, réduction du besoin en azote (kg de N/ha)
Moins du 1/3 en légumineuses
0
De 1/3 à ½ en légumineuses
55
½ ou plus en légumineuses
100
Légumineuses vivaces semées et enfouies la même année
451
Résidus de soya et de haricots de grande culture
0

1 En supposant une forte densité du peuplement et une hauteur des plants de légumineuses supérieure à 40 cm.

Autres sources organiques d'éléments nutritifs

Certains producteurs épandent des matières sèches biologiques (biosolides) provenant de fibres à papier dans leurs vergers et leurs vignobles pour maintenir les concentrations de matière organique dans le sol. Au préalable, il leur faut absolument obtenir une approbation environnementale du ministère de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique (MEACC) relativement au site. Les doses, qui dépendent de la teneur du produit en azote, peuvent osciller entre 25 et 30 tonnes sèches/ha. C'est le MEACC qui décide en dernière analyse si la matière peut être épandue et à quel taux. Toutes les restrictions touchant cette opération sont stipulées sur l'approbation environnementale.

Les biosolides produits par les usines d'épuration des eaux ou obtenus à partir de résidus de papetières peuvent être une source importante d'éléments nutritifs et de matière organique. L'utilisation de ces biosolides est régie par des lignes directrices dont on peut obtenir copie en s'adressant au MAAARO ou au MEACC. Le producteur qui veut épandre ces biosolides sur ses terres agricoles doit obtenir au préalable une approbation environnementale du MEACC. L'entreprise d'épandage doit normalement fournir aux propriétaires des terres un rapport d'analyse des éléments nutritifs présents dans les biosolides épandus. Avant l'épandage de biosolides provenant de systèmes d'épuration municipaux sur une terre où la rotation culturale inclut des légumes, un producteur de légumes doit toujours consulter l'usine de transformation, la conserverie ou l'entreprise de courtage à laquelle il vend ses produits.


Dans les trois mois qui précèdent la cueillette ou les vendanges, il est interdit d'épandre des biosolides d'épuration municipaux dans les vergers ou les vignobles. Dans les plantations de petits fruits (fraises, framboises et bleuets), ce délai est de quinze mois.


Évitez de brûler les cultures!

Les engrais minéraux, y compris l'azote et la potasse, sont tous des sels. Un éventuel contact entre les plantules en germination ou les jeunes plants et une bande de fertilisant concentré risque d'endommager gravement les racines fragiles. Il est donc important, à chaque application, de veiller à choisir le bon fertilisant et à utiliser la bonne dose.

L'urée est une source d'azote efficace et économique pour les épandages de pleine surface, mais sa teneur en sels est relativement élevée. L'urée ne convient donc pas aux engrais de démarrage ni aux applications en bandes latérales. Si le sol est sec au moment des plantations, l'urée risque de provoquer des brûlures dans les loams sableux à texture grossière, ce qui devrait inciter les producteurs à opter pour une autre source d'azote. L'ammoniac anhydre renferme aussi passablement de sels. C'est une bonne source d'azote pour les épandages en bandes latérales, pourvu que le produit soit injecté dans le sol.

Veiller à ce que les engrais utilisés au départ d'une culture ou au moment de sa mise en place renferment tout juste la quantité d'azote nécessaire pour assurer le démarrage de la culture. Les engrais qui ont une teneur en azote correspondant à plus de la moitié de leur teneur en phosphate renferment souvent de l'urée et risquent d'endommager la culture.


Phosphore

Comme l'azote, le phosphore joue un rôle majeur dans la photosynthèse et le développement des enzymes et des protéines. Il intervient aussi de façon importante dans la division cellulaire de même que dans la synthèse et le transport des glucides et des amidons.

Les concentrations de phosphore dans le sol sont assez variables d'un point à un autre de l'Ontario. Comme le phosphore, sous forme orthophosphate, a tendance à se lier aux particules de sol, il est peu emporté par lessivage. Bien des loams sableux grossiers renferment souvent de grandes quantités de phosphore. Étant donné que les terres qui ont déjà reçu de nombreux épandages de fumier renferment des concentrations élevées de phosphore, les cultures fruitières réagissent rarement à des apports de phosphore. Des teneurs excessives en phosphore peuvent induire des carences en zinc et en fer.

Observation des symptômes de carence en phosphore

Les symptômes de carence en phosphore apparaissent habituellement en premier sur les vieilles feuilles. Les feuilles prennent une teinte rouge pourpre. Cette coloration peut être plus visible sur le revers des feuilles. Des carences graves peuvent aussi causer le dépérissement de la pointe des feuilles. Les sols frais et détrempés induisent souvent des carences en phosphore. Pendant l'établissement des cultures fruitières mises en place tôt au printemps, utiliser un engrais de démarrage qui fournit la dose requise de phosphore directement dans la zone racinaire.

Phosphore et environnement

Les eaux de ruissellement sont les principales responsables de la contamination de l'environnement par le phosphore épandu sur les champs. Celles-ci emportent en effet le phosphore qui est en solution dans l'eau ou qui se trouve lié aux particules de sol détachées par l'érosion. La pollution des cours d'eau est à craindre quand les eaux de ruissellement ainsi contaminées atteignent une eau de surface.

Éviter de faire des apports de phosphore sur des sols dans lesquels la cote d'efficacité du phosphore est très faible (ETF) ou nulle (EN). S'il faut apporter du phosphore pour soutenir la croissance en début de saison, on peut l'épandre à faible dose, en bandes à proximité des racines ou le mélanger à la solution fertilisante de démarrage.

Avant tout épandage d'éléments nutritifs, les producteurs qui sont tenus de se doter d'un plan de gestion des éléments nutritifs doivent obligatoirement aménager une bande tampon de végétation permanente d'une largeur d'au moins 3 m aux abords de toute eau de surface. Il est fortement recommandé d'aménager une telle bande tampon même dans les cas où la loi n'en fait pas une obligation. L'herbe contribue à réduire l'érosion et filtre de façon naturelle les eaux de ruissellement qui gagnent le cours d'eau.

Quand l'analyse de sol révèle une teneur en phosphore supérieure à 30 ppm, utiliser l'indice-phosphore pour déterminer les distances de retrait à respecter par rapport aux eaux de surface. L'indice-phosphore utilise des facteurs, qui comprennent la pente du champ, la longueur de la pente, la classe de drainage du sol et la texture du sol, pour déterminer une dose approximative et des distances de retrait à respecter par rapport aux eaux de surface lors des épandages de phosphore. Pour des détails, voir la fiche technique du MAAARO, Détermination de l'indice-phosphore dans un champ.

On trouve de l'information sur les pratiques de gestion optimales permettant de réduire la pollution par le phosphore de source agricole dans le fascicule Notions élémentaires sur le phosphore diffusé par ServiceOntario à www.publications.serviceontario.ca.

Sources de phosphore

Engrais minéraux

Les sources les plus courantes d'engrais phosphaté sont décrites dans le tableau 9, Engrais - Éléments nutritifs primaires.

Fumier

Si l'épandage est bien fait, le fumier constitue une source de phosphore qui est à la fois excellente et économique. Il enrichit en même temps le sol de matière organique et d'oligoéléments. Le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants des fumiers, montre la teneur approximative des fumiers en phosphore assimilable par les végétaux.

Contrairement à l'azote, le phosphore contenu dans le fumier devient assimilable par les cultures sur une très longue période. Des épandages périodiques de fumier peuvent faire grimper les concentrations de phosphore dans le sol. La meilleure façon d'évaluer les répercussions à long terme des épandages de fumier est de faire analyser le sol.

Dans le cas de nombreuses cultures fruitières, les épandages de fumier peuvent constituer un risque pour la salubrité des aliments. Après un épandage de fumier, veiller à respecter un délai d'attente avant récolte d'au moins 120 jours.

Méthodes d'application du phosphore

Comme le phosphore est relativement immobile dans le sol, il est primordial de l'épandre en pleine surface et de l'incorporer au sol avant la plantation des cultures fruitières vivaces. Une partie du phosphore est souvent appliquée en bandes ou dans la solution d'engrais de démarrage au moment des plantations afin d'assurer une croissance vigoureuse des nouvelles plantations. Dans les cultures fruitières vivaces établies, le phosphore peut être épandu en pleine surface ou en bandes près des racines. Ne pas compter sur la fertirrigation pour enrichir le sol de phosphore.

Besoins en phosphore

Se fier aux résultats d'une analyse de sol effectuée par un laboratoire accrédité par le MAAARO, ainsi qu'aux données du tableau 12, Besoins en phosphore des cultures fruitières. Pour plus de précisions sur les différentes cultures, voir les chapitres Nutrition des fruits tendres, Nutrition des petits fruits, Nutrition des pommiers, et Nutrition de la vigne.

Tableau 12. Besoins en phosphore des cultures fruiti�res
Phosphore du sol (ppm)* Nouvelles plantations de bleuets, cassis, fraises, framboises, groseilles à grappe et à maquereau, matériel de pépinière Plantations établies de bleuets, cassis, fraises, framboises, groseilles à grappe et à maquereau, matériel de pépinière Nouvelles plantations¹ de cerisiers, pêchers, poiriers, pommiers, pruniers et vignes
Besoins en phosphate (P205) en kg/ha [cotes d'efficacité]
0-3
140 [EÉ]
100 [EÉ]
80 [EÉ]
4-5
130 [EÉ]
90 [EÉ]
60 [EÉ]
6-7
120 [EÉ]
80 [EÉ]
50 [EÉ]
8-9
110 [EÉ]
70 [EÉ]
40 [EM]
10-12
100 [EÉ]
70 [EÉ]
20 [EM]
13-15
90 [EÉ]
60 [EÉ]
0 [EF]
16-20
70 [EM]
50 [EM]
0 [EF]
21-25
60 [EM]
40 [EM]
0 [ETF]
26-30
50 [EM]
30 [EM]
0 [ETF]
31-40
40 [EMR]
20 [EM]
0 [ETF]
41-50
0 [EF]
0 [ETF]
0 [ETF]
51-60
0 [ETF]
0 [ETF]
0 [ETF]
61-80
0 [EN]
0 [EN]
0 [EN]
plus de 80
0 [EN]
0 [EN]
0 [EN]

Les cotes d'efficacité EÉ (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne), EF (efficacité faible), ETF (efficacité très faible) et EN (efficacité nulle) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.
* Mesuré par la méthode au bicarbonate de soude 0,5 M.
¹ Dans le cas des vergers et vignobles établis, les besoins sont évalués par l'analyse des tissus végétaux.


Potassium

Le potassium est un élément important des cellules végétales. Il influence aussi l'assimilation de l'eau par les racines en plus de jouer un rôle dans la respiration et la photosynthèse. Les teneurs en glucides et en amidon de cultures comme la pomme de terre et la tomate peuvent être influencées par les concentrations de potassium. La plupart des cultures ont besoin de parts égales de potassium et d'azote.

Observation des symptômes de carence en potassium

Habituellement, les carences en potassium se manifestent d'abord sur les vieilles feuilles. Elles peuvent provoquer le jaunissement ou le brunissement des pourtours des feuilles.

Sources de potassium

Engrais minéraux

Les sources les plus courantes de potassium sont décrites dans le tableau 9, Engrais - Éléments nutritifs primaires.

Fumier

Le fumier est une source de potassium excellente et peu coûteuse. Il enrichit en même temps le sol de matière organique et d'oligoéléments. Le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants des fumiers, montre la teneur approximative des fumiers en potasse assimilable.

Contrairement à l'azote, le potassium contenu dans le fumier a une très longue rémanence dans le sol. Les épandages périodiques de fumier peuvent avec le temps amener des accumulations de potassium dans le sol qu'on doit surveiller en faisant analyser le sol.

Dans le cas de nombreuses cultures fruitières, les épandages de fumier peuvent constituer un risque pour la salubrité des aliments. Après un épandage de fumier, veiller à respecter un délai d'attente avant récolte d'au moins 120 jours.

Méthodes d'application du potassium

La mobilité des engrais potassiques est limitée, se situant entre celles de l'azote et du phosphore. Le potassium n'est pas sujet aux pertes par lessivage, sauf peut-être dans les sols très sableux pauvres en matière organique. Il faut épandre la potasse en pleine surface et l'incorporer au sol avant les plantations. Si l'on utilise un système d'irrigation au goutte-à-goutte, jusqu'à la moitié des besoins en potassium peuvent être comblés par fertirrigation une fois la culture établie. Au moins la moitié du potassium doit être appliqué au printemps en pleine surface ou en bandes à l'aplomb du pourtour du feuillage ou dans la bande d'herbicide. Le potassium et l'azote peuvent être mélangés et appliqués en un seul passage.

Des applications foliaires sont possibles dans les vignobles; elles sont recommandées les années de sécheresse lorsque les pieds de vigne parviennent mal à prélever les nutriments dans le sol. Les applications foliaires effectuées à la véraison peuvent améliorer le rendement en raisin.

Besoins en potassium

Se fier aux résultats d'une analyse de sol effectuée par un laboratoire accrédité par le MAAARO, ainsi qu'aux données du tableau 13, Besoins en potassium des cultures fruitières. Pour plus de précisions sur les différentes cultures, voir les chapitres Nutrition des fruits tendres, Nutrition des petits fruits, Nutrition des pommiers et Nutrition de la vigne.

Des apports excessifs de potassium risquent de nuire à la capacité de la culture d'extraire le magnésium du sol. Là où les concentrations de potassium sont fortes, il y a lieu de craindre les carences en magnésium si les concentrations de cet élément sont déjà faibles.

Le potassium est important pour la coloration des fruits, la rusticité hivernale, la croissance des plants et la résistance aux maladies des arbres fruitiers. Chez le pommier et les arbres à fruits tendres, ne pas dépasser 3 kg de potasse par arbre, même dans les cas de carence grave.

Sur les plants de bleuets, les cassissiers et les groseilliers à grappe et à maquereau, ne pas utiliser de chlorure de potassium (0-0-60) en raison de leur sensibilité au chlorure.

Tableau 13. Besoins en potassium des cultures fruiti�res
Potassium du sol (ppm)* Plantations nouvelles ou établies de bleuets, cassis, fraises, framboises, groseilles à grappe et à maquereau, matériel de pépinière Nouvelles plantations de cerisiers, pêchers, poiriers, pommiers et pruniers1 Nouveaux vignobles1,2
Besoins en potasse (K20) en kg/ha [cotes d'efficacité]
 0-15
130 [EÉ]
180 [EÉ]
270
16-30
120 [EÉ]
170 [EÉ]
270
31-45
110 [EÉ]
160 [EÉ]
270
46-60
100 [EÉ]
140 [EÉ]
270
61-80
90 [EÉ]
110 [EÉ]
270
81-100
80 [EÉ]
70 [EM]
270
101-120
70 [EM]
40 [EM]
270
121-150
60 [EM]
20 [EM]
270
151-180
40 [EM]
0 [EF]
270
181-210
0 [EF]
0 [EF]
270
211-250
0 [ETF]
0 [ETF]
270
plus de 250
0 [EN]
0 [EN]
270

* Mesuré à l'aide d'un extrait d'acétate d'ammonium 1 M.
¹ Dans le cas des vergers et vignobles établis, les besoins sont évalués par l'analyse des tissus végétaux.
² N'appliquer qu'une fois tous les deux ans.


Calcium

Le calcium est un élément indispensable des parois cellulaires. Il intervient dans le métabolisme et la formation du noyau cellulaire. Le pectinate de calcium dans les parois cellulaires fait obstacle à l'envahissement des cellules par les agents pathogènes. Le calcium est peu mobile à l'intérieur de la plante.

Des carences en calcium peuvent faire mourir les points végétatifs. Elles peuvent aussi provoquer la chute prématurée des fleurs et des bourgeons. Cependant, les carences en calcium sont rares dans les cultures fruitières pratiquées dans des sols au pH entre 6,0 et 7,5. Dans les loams sableux à texture grossière ayant un pH acide ou faible, des applications au sol ou foliaires de calcium peuvent être nécessaires. Voir le tableau 14, Sources de magnésium, de calcium et d'oligoéléments.

Certaines cultures peuvent souffrir de désordres liés au calcium, par exemple, la brûlure de la pointe chez le fraisier, la gommose chez le prunier et les taches amères chez certains cultivars de pommier. Plusieurs pratiques de gestion réduisent l'incidence des désordres liés au calcium. En évitant tout apport excessif d'azote, on contribue à prévenir une croissance végétative excessive et à éviter ainsi une dilution du calcium dans le végétal. De bonnes pratiques de gestion du sol garantissent une bonne croissance racinaire qui, à son tour, favorise une bonne assimilation de l'eau et des éléments nutritifs. Des arrosages effectués au bon moment favorisent la circulation du calcium dans les plants.

Des applications foliaires de calcium peuvent permettre de réduire l'incidence des taches amères chez les pommiers, de la gommose chez les pruniers européens, de la pourriture de la tige et de la rafle chez certains cépages et de divers problèmes chez les poiriers. N'appliquer qu'en cas de problèmes appréhendés pour éviter les risques de brûlure des feuilles et de mûrissement prématuré associés aux applications foliaires de calcium. Pour plus de précisions sur les différentes cultures, voir Nutrition des fruits tendres, Nutrition des pommiers et Nutrition de la vigne. Ne pas utiliser de bouillie concentrée pour les pulvérisations, sous peine de causer la brûlure du feuillage. Pour éviter de nuire à la qualité et à l'aptitude au stockage des fruits, s'abstenir d'appliquer des préparations renfermant de l'azote au-delà de la fin juillet, à moins qu'il ne faille corriger une carence en azote. Consulter la fiche technique du MAAARO, La lutte contre la tache amère des pommes.

Tableau 14. Sources de magn�sium, de calcium et d'oligo�l'ments*
Élément Source Teneur en l'élément Other Nutrients Traitement
au sol foliaire
Calcium (Ca) chaux calcique
22-40
-
?
-
chlorure de calcium
36
64% de chlorure
?
?
nitrate de calcium
19
15.5% d'azote
?
?
sulfate de calcium (gypse)
23
19% sulfate de calcium (gypse)
?
-
chaux dolomitique
16-22
6%-13% de de magnésium
?
-
chaux granulaire
16-40
0%-13% de magnésium
?
-
Magnésium (Mg) chaux dolomitique
6-13
16%-22% chaux dolomitique
?
-
sels d'Epsom
9
13% de soufre
?
?
sulfate de potasse et de magnésie
11
22 % de potasse (K2O)
20% de soufre
?
-
Bore (B) borate de sodium
12-21
-
?
?
Solubor
20
-
-
?
divers matériaux granulaires
12-15
-
?
-
Cuivre (Cu) cuivre chélaté
5-13
-
-
?
sulfate de cuivre
13-25
6.5-12.5% de soufre
?
-
Fer (Fe) sulfate de fer
20
11% de soufre
-
?
chélates de fer
3-13
-
-
?
Manganèse (Mn) manganèse chélaté
5-12
-
-
?
sulfate de manganèse
28-32
16%-18% de soufre
-
?
Molybdène (Mo) molybdate de sodium
39
-
-
?
Zinc (Zn) zinc chélaté
9-14
-
-
?
zinc chélaté
8-36
-
?
-
zinc chélaté
36
17% de soufre
?
?

*Un certain nombre d'oligoéléments sont offerts sous forme chélatée, sous différentes formulations et avec différentes teneurs en éléments nutritifs. Voir sur l'étiquette du produit les recommandations relatives à des cultures en particulier. La dose efficace est la même pour les produits chélatés que pour les autres formulations. Le crochet (?) indique que l'apport peut se faire au sol ou par pulvérisation foliaire.


Magnésium

Le magnésium est une composante indispensable de la chlorophylle. Il aide à la formation des glucides, des huiles et des gras.

Comme le magnésium est mobile à l'intérieur des végétaux et se diffuse vers les tissus en croissance, les carences en magnésium se manifestent habituellement d'abord sur les feuilles les plus vieilles, puis par translocation sur les plus jeunes feuilles. Les tissus des feuilles entre les nervures jaunissent, tandis que les nervures restent vertes. Les carences graves provoquent l'enroulement du pourtour des feuilles. Chez les pommiers, une carence en magnésium peut causer une chute prématurée des fruits, surtout s'il s'agit de McIntosh. Une application foliaire permet de corriger une carence en magnésium dans l'année de l'application seulement, ce qui oblige à la doubler d'une application au sol pour corriger le problème à plus long terme.

Se fier au dosage du magnésium dans le sol effectué par un laboratoire accrédité par le MAAARO ainsi qu'aux données du tableau 15, Gestion du magnésium dans les sols servant aux cultures fruitières.

Comme des épandages excessifs de potassium peuvent entraîner une carence en magnésium, éviter les fortes doses de potasse dans les sols qui sont pauvres en magnésium.

Tableau 15. Gestion du magn�sium dans les sols servant aux cultures fruiti�res
Teneur du sol en magnésium* (ppm de Mg) Cote d'efficacité Recommandation
Inférieure à 20
EE
Un apport de magnésium (Mg) est nécessaire pour toutes les cultures. Si le pH est inférieur à 6,5, épandre de la chaux dolomitique. Si le pH est plus élevé, appliquer 30 kg de Mg soluble/ha. Des applications de potasse en excédent des doses recommandées sur le rapport d'analyse de sol augmentent les risques de carences en magnésium.
De 20 à 39
EM
Aucun apport de magnésium n'est nécessaire, à moins que l'analyse de sol ne révèle une teneur en potassium (K) supérieure à 250 ppm. Si le dosage du K est supérieur à 250 ppm et que le pH est inférieur à 6,5, appliquer de la chaux dolomitique. Si le pH est plus élevé et que la teneur en K est supérieure à 250 ppm, appliquer 30 kg de Mg soluble/ha.
De 40 à 100
EF
S'il faut chauler, utiliser de la chaux dolomitique.
De plus de 100
EN
S'il faut chauler, utiliser indifféremment de la chaux dolomitique ou de la chaux calcique.

EE = efficacité élevée; EM = efficacité moyenne; EF = efficacité faible; et EN = efficacité nulle.
* Titré à l'acétate d'ammonium 1 Mt.


Oligoéléments

Les oligoéléments comprennent le bore, le cuivre, le fer, le manganèse, le molybdène et le zinc. Les végétaux utilisent ces éléments en beaucoup plus petites quantités que les macroéléments (azote, phosphore, potassium, calcium et magnésium). Les quantités nécessaires étant tellement petites, il est en général inutile de faire des apports systématiques d'oligoéléments. Il reste que les carences doivent absolument être corrigées, car les oligoéléments sont indispensables à la croissance des végétaux.

Les concentrations d'oligoéléments dans le sol sont habituellement beaucoup plus faibles que celles des macroéléments. Le pH du sol ainsi que ses teneurs en matière organique, en argile et en minéraux peuvent influencer considérablement la biodisponibilité des oligoéléments. En conséquence, l'analyse de sol donne une idée moins précise de la biodisponibilité des oligoéléments que de celle des macroéléments.

Fertiliser le sol ou les feuilles?

Les deux types de fertilisation jouent un rôle dans la culture des fruits. Les cultures ont besoin pour leur croissance de quantités passablement importantes de macroéléments. La fertilisation du sol est par conséquent le moyen le plus efficace et le plus économique de fournir ces éléments aux végétaux. L'absorption foliaire des éléments nutritifs se fait par les cuticules et les stomates. La quantité d'éléments nutritifs assimilables par ces voies est par contre assez limitée. De forts taux d'application risquent d'endommager les cultures.

Comme les besoins en oligoéléments sont beaucoup plus faibles, ils sont souvent comblés par des applications foliaires, surtout quand les conditions de sol limitent la biodisponibilité des oligoéléments. Les applications foliaires sont le moyen le plus rapide de corriger une éventuelle carence en un oligoélément. Selon l'oligoélément en cause et le pH du sol, l'application foliaire peut être suivie d'une application au sol dans le but d'éviter que la carence ne se manifeste à nouveau.

Ne pas appliquer d'oligoéléments sur des cultures fruitières à moins qu'une carence ne soit observée. N'apporter que la quantité de l'oligoélément nécessaire pour corriger la carence. L'écart est parfois mince entre la concentration qui provoque une carence et celle qui provoque la phytotoxicité.

Au moment d'appliquer des mélanges de plusieurs oligoéléments, faire preuve de prudence pour éviter d'endommager les cultures. Toujours se conformer au mode d'emploi prévu sur l'étiquette du produit. Ne pas combiner d'oligoéléments avec des insecticides, des fongicides ou des herbicides, à moins que des données publiées par les fabricants ne précisent que les produits sont compatibles. Bien des oligoéléments chélatés épaississent s'ils sont mélangés avec des pesticides. Se montrer vigilant lorsque des oligoéléments sont appliqués au moyen d'un réseau de fertirrigation. Certains mélanges d'oligoéléments peuvent obstruer les goutteurs.

L'absorption foliaire des éléments nutritifs peut être améliorée par le choix du bon moment de la fertilisation et par l'utilisation de surfactants. Les cuticules des feuilles tendres sont habituellement moins épaisses, ce qui facilite l'absorption des éléments nutritifs. L'absorption foliaire est aussi facilitée par les pulvérisations faites tôt le matin. L'épaississement de la cuticule causé par un stress hydrique peut nuire à l'absorption. Éviter d'effectuer des pulvérisations foliaires pendant le gros du soleil au moment où les feuilles s'assèchent rapidement. Veiller à ce que le produit recouvre bien tout le feuillage, surtout le revers des feuilles.

S'il faut appliquer un oligoélément, se reporter au tableau 14, Sources de calcium, de magnésium et d'oligoéléments, et consulter l'étiquette du produit pour de l'information sur les doses, le moment des applications et les recommandations à suivre pour limiter les dommages.

Bore

Le bore joue un rôle important dans la structure des parois cellulaires, la nouaison et la formation des graines ainsi que dans le métabolisme des protéines et des glucides.

Les carences en bore s'observent surtout dans les sols alcalins ou sur les collines sablonneuses. Les symptômes de carence en bore varient énormément d'une culture à l'autre. Chez le pommier, les symptômes se manifestent par la pourriture interne et la chute prématurée de fruits très colorés. Le bore peut être toxique pour certaines cultures qui y sont sensibles si celles-ci sont mises en place dans un sol qui a été enrichi de bore ou qui a fait l'objet d'une application excessive de bore.

Il n'existe pas d'analyse reconnue par le MAAARO pour le dosage du bore dans le sol. Certains rapports d'analyse de sol indiqueront toutefois une valeur pour le bore présent dans le sol. Comme les teneurs dans le sol sont souvent inférieures à 1 ppm, il est très difficile d'obtenir une mesure précise. S'il s'agit de corriger une carence, les fabricants de fertilisants peuvent mélanger des sources de bore avec les engrais à appliquer. Pour des résultats plus rapides, les apports de bore peuvent aussi se faire par application foliaire.

Certaines cultures sont très sensibles aux carences en bore. Un pH du sol qui se situe entre 5,0 et 7,0 offre les conditions optimales pour l'assimilation du bore. Les carences en bore risquent davantage de se manifester dans des sols pauvres en matière organique et dans des zones où le sous-sol est exposé ou érodé. La disponibilité du bore décroît en périodes de sécheresse.

Cuivre

Le cuivre joue un rôle dans la production de chlorophylle. Il peut aussi intervenir dans la maîtrise partielle de certaines maladies.

Les carences en cuivre sont rares en sols minéraux, sauf peut-être dans les sols très sableux.

Il n'existe pas d'analyse reconnue par le MAAARO pour le dosage du cuivre dans le sol, car les teneurs en cuivre fournies par les analyses de sol sont peu fiables. Les analyses des tissus végétaux se révèlent plus utiles.

Le sulfate de cuivre peut endommager les feuilles.

Fer

Le fer est nécessaire à la formation de chlorophylle, à la respiration végétale et à la formation de certaines protéines.

Bien qu'elle soit rarement observée en Ontario, la carence en fer, aussi appelée chlorose ferrique induite par la chaux, se manifeste d'abord sur les nouvelles feuilles. Celles-ci jaunissent entre les nervures, qui, elles, restent vertes sauf dans les cas extrêmes. Souvent, les symptômes ne sont observables que dans une partie du plant. Les facteurs liés aux carences en fer comprennent de fortes concentrations de chaux (et par conséquent des pH élevés) et des déséquilibres extrêmes avec d'autres oligoéléments comme le molybdène, le cuivre ou le manganèse.

En Ontario, il est difficile d'établir un lien entre le dosage du fer révélé par une analyse de sol et l'absorption du fer par les plantes ou la réaction à la fertilisation, ce qui explique qu'il n'y ait pas d'analyse reconnue par le MAAARO pour le dosage du fer dans le sol. L'analyse des tissus végétaux est une mesure beaucoup plus fiable de la disponibilité du fer. Les carences en fer sont faciles à corriger par des applications foliaires de chélates de fer, tandis que les applications au sol de fer ne sont généralement pas efficaces.

Manganèse

Le manganèse intervient dans la photosynthèse et la production de chlorophylle. Il contribue à activer les enzymes participant à la distribution des régulateurs de croissance dans le végétal.

Les carences en manganèse provoquent le jaunissement des tissus entre les nervures des nouvelles feuilles. Le vert des feuilles pâlit graduellement, sauf près des nervures où il reste foncé. Des cas de toxicité du manganèse peuvent se manifester dans les sols ayant un pH faible. Des taches brunes ou des zones marbrées de jaune apparaissent alors près de la pointe et sur le pourtour des feuilles, les plus vieilles étant habituellement les plus atteintes. Des taches brunes peuvent aussi apparaître sur les nervures, les pétioles et les tiges.

L'analyse de sol reconnue par le MAAARO pour le dosage du manganèse s'utilise avec un indice de la biodisponibilité du manganèse. Cet indice révèle la biodisponibilité du manganèse en fonction de la concentration de manganèse dans le sol et du pH du sol.

Les applications au sol de manganèse peuvent être utiles dans les sols acides et sableux. Dans les sols affichant un pH supérieur à 6,5, le manganèse appliqué au sol ne sera pas biodisponible. Dans les sols alcalins, les applications en bandes latérales sont souvent plus efficaces que les applications en pleine surface. Une application foliaire de manganèse est généralement plus efficace si une carence est confirmée. Si une carence est confirmée, faire les pulvérisations foliaires quand les plants ont atteint environ le tiers de leur taille ou avant. Deux pulvérisations ou plus peuvent être nécessaires à intervalles de 10 jours.

La biodisponibilité du manganèse est optimale lorsque le pH du sol se situe entre 5,0 et 6,5. Il est important de ne pas ajouter plus de chaux qu'il n'en faut pour corriger l'acidité du sol. Des teneurs élevées en matière organique réduisent la biodisponibilité du manganèse. Des applications foliaires peuvent être nécessaires aux cultures produites sur des terres noires.

Zinc

Le zinc est important dans les premiers stades de croissance et dans la formation des graines. Il joue aussi un rôle dans la production de la chlorophylle et des glucides.

Le zinc est relativement immobile à l'intérieur du plant. Les symptômes de carence apparaissent d'abord sur les nouvelles feuilles et prennent la forme de marbrures, d'une chlorose internervaire, de rayures ou de bandes de couleur différente. Aux stades de croissance avancés des arbres fruitiers, les petites feuilles étroites des pousses terminales sont disposées en rosettes. Ces dernières sont caractéristiques des carences en zinc. Les analyses des feuilles et du sol permettent de déceler les carences en zinc.

L'analyse de sol reconnue par le MAAARO pour le dosage du zinc exprime les résultats au moyen d'un indice de zinc, lequel évalue la biodisponibilité du zinc en fonction de la concentration de zinc dans le sol et du pH du sol. Il est possible de prévenir une carence en zinc par l'application d'un engrais renfermant du zinc selon une dose de 4 kg de zinc/ha. Une application en pleine surface allant jusqu'à 14 kg de zinc/ha corrigera une carence pendant trois ans. Ne pas épandre en bandes latérales plus de 4 kg de zinc/ha. Au début de la saison de croissance, les pulvérisations foliaires peuvent servir à corriger une carence une fois les symptômes apparus.

Les carences en zinc sont surtout observées dans les sols sableux aux pH élevés. Les monticules fortement érodés peuvent présenter des problèmes de carence. Des apports importants de phosphore peuvent aggraver les carences en zinc. Le fumier d'élevage est souvent une excellente source de zinc.


Cultures de couverture et constitution d'un sol sain

Pour une culture fruitière saine, il faut d'abord et avant tout un sol sain. Une gestion efficace de la matière organique du sol est la clé du succès dans la constitution d'un sol sain. La matière organique contenue dans le sol contribue à maintenir la structure du sol, améliore la capacité de rétention d'eau du sol, accroit la capacité du sol à retenir les éléments nutritifs et améliore le drainage. Conserver des teneurs en matière organique convenables dans le sol contribue à maintenir les rendements des cultures, particulièrement les années marquées par du mauvais temps.

La matière organique renferme des composantes de trois types : actives, modérément stables et très stables. C'est sur la fraction active que les producteurs peuvent intervenir le plus. La réserve de matière organique fluctue constamment. Si les apports de matière organique dans le sol dépassent les pertes, les teneurs en matière organique s'accroissent. Si les pertes dépassent les gains, les teneurs diminuent. L'enrichissement du sol en matière organique est un processus lent, car une petite partie seulement des apports de matière organique dans le sol produit un humus stable. Il est donc important de préserver autant que possible la matière organique qui se trouve dans le sol en combattant l'érosion du sol et en éliminant les passages de machinerie superflus. Les apports de matière organique constituent le moyen le plus fiable d'augmenter la teneur totale du sol en matière organique. Ces apports peuvent être sous forme de fumier d'élevage, de compost, de cultures fourragères ou de cultures de couverture. La rotation des cultures avant l'établissement d'une culture fruitière pérenne est primordiale pour la conservation de la matière organique dans le sol.

Les cultures de couverture jouent un rôle clé dans la gestion des sols. Elles offrent une couverture végétale qui réduit l'emprise de l'érosion et enrichissent le sol de matière organique, ce qui contribue à maintenir ou à améliorer la structure du sol. On s'intéresse de plus en plus aux plantes couvre-sol utilisées en remplacement ou en complément de produits chimiques pour freiner les infections et infestations. On peut les semer à des dates très variées. Le bon choix de cette date fera en sorte que l'investissement dans la culture de couverture sera le plus profitable possible sur le plan de l'amélioration du sol. Même si les semis à la volée des cultures de couverture, suivis d'une incorporation au sol permettent à ces cultures de bien s'établir, la méthode du semis direct ou l'utilisation d'un semoir à grains donne des résultats plus rapides et un peuplement plus uniforme.

Le choix de la culture de couverture doit reposer sur les objectifs poursuivis. Voir le tableau 16, Choix d'une culture de couverture, et le tableau 17, Caractéristiques des cultures de couverture. Les cultures de couverture entrent dans trois grandes catégories selon le type de végétaux : les graminées, les légumineuses et les espèces dicotylédones non légumineuses.

Graminées

Les graminées ont des systèmes racinaires fins et fasciculés qui en font des plantes bien adaptées pour fixer le sol et en améliorer la structure. Les espèces de graminées à privilégier comme cultures de couverture sont celles qui poussent rapidement et qui sont relativement faciles à détruire (soit chimiquement, soit mécaniquement ou par le froid hivernal). Les graminées ne fixent pas l'azote de l'atmosphère, mais elles peuvent absorber en grandes quantités l'azote résiduel (qui reste dans le sol après une culture). Les bandes de graminées brise-vent sont habituellement créées à partir des cultures de couverture ayant résisté à l'hiver.

Céréales de printemps

Les céréales de printemps conviennent bien aux semis de fin d'été et de début d'automne. Sous de bonnes conditions de culture, les céréales de printemps, dont l'avoine et l'orge, sont les cultures qui produisent la biomasse la plus importante en plus de bien couvrir le sol. Une fois bien établies, les céréales de printemps sont relativement tolérantes au gel. Toutefois, ne pas chercher à établir des céréales de printemps plus tard qu'à la mi-septembre, car leur croissance sera limitée.

Céréales d'automne

Les céréales d'automne sont des cultures très polyvalentes. Semées durant l'été, elles produiront des talles et deviendront fournies, car elles ont besoin de froid pour amorcer leur floraison. On peut également semer des céréales, comme le blé d'automne et le seigle, à l'automne comme cultures de couverture. En général, les céréales d'automne résistent bien à l'hiver tout en procurant une protection contre l'érosion tout au long de l'hiver et du printemps. On peut utiliser ces graminées pour créer des barrières brise-vent ou pour les résidus de chaume qu'elles laissent. On peut aussi les détruire tôt par un traitement herbicide afin qu'il reste le moins de résidus possible au moment des semis.

Graminées de saison chaude

Les graminées de saison chaude, comme le sorgho et le millet, se prêtent surtout aux semis effectués à la fin de juin, en juillet et au début d'août. Elles sont très sensibles au gel. Elles produisent des racines étendues et des parties aériennes luxuriantes. Ces graminées ont besoin d'être tondues fréquemment si l'on veut maintenir leurs tiges souples et éviter l'épiaison. Ne pas les faucher à moins de 15 cm de hauteur pour leur assurer une bonne repousse. Pour une croissance optimale, un apport d'azote peut être nécessaire.

Légumineuses

Les cultures de couverture de légumineuses peuvent fixer l'azote de l'atmosphère et le rendre biodisponible aux cultures qui les suivent. Elles protègent aussi le sol contre l'érosion et l'enrichissent de matière organique. La quantité d'azote fixée par ces cultures varie selon l'espèce, la densité du peuplement et la durée de la croissance. En général, plus les parties aériennes sont développées, plus les plants fixent l'azote. Des recherches menées en Ontario suggèrent que les légumineuses utilisées comme cultures de couverture, notamment le trèfle rouge, sont aussi utiles pour le piégeage de l'azote du sol.

La libération d'azote par les légumineuses n'est pas uniforme. Il faut en tenir compte dans la détermination des apports de fertilisant nécessaires. Trop d'azote libéré tard dans la saison peut mener à un excès de croissance végétative dans les cultures fruitières.

Certaines espèces de légumineuses, comme la luzerne ou le trèfle rouge, ont une racine pivotante très puissante capable de s'enfoncer jusque dans le sous-sol compacté, mais il faut pour cela que la plante reste en place pendant plus d'un an.

Espèces dicotylédones non légumineuses

Ces espèces n'ont pas la faculté de fixer l'azote de l'air, mais elles peuvent en absorber de grandes quantités qu'elles puisent dans le sol. La croissance sera faible si le sol est pauvre en azote ou s'il est très compacté. La plupart de ces espèces ne résistent pas à l'hiver, aussi n'est-il pas nécessaire, normalement, de les détruire, mais il ne faut pas les laisser monter à graines, si l'on veut éviter un problème de repousses spontanées dans la plantation fruitière.

Mélanges de cultures de couverture

Il existe un intérêt grandissant à l'égard des mélanges de cultures de couverture. On trouve des mélanges simples de deux espèces, comme l'avoine et le radis, et des mélanges plus complexes. Les mélanges accroissent la diversité, et leur synergie semble favoriser la croissance des plantes.

Cultures de couverture nouvelles et émergentes

Chaque année, de nouvelles cultures sont évaluées comme cultures de couverture. Souvent, ces espèces viennent d'ailleurs dans le monde et ne sont pas très bien adaptées aux conditions de croissance de l'Ontario. Pour plus d'information sur les nouvelles espèces de plantes couvre-sol et celles qui sont bien connues, consulter la page Web du MAAARO consacrée à la gestion des sols, à ontario.ca/cultures, ou consulter les pages régionales et l'outil de sélection des cultures de couverture (Cover Crop Decision Tool) du Midwest Cover Crop Council, à www.mccc.msu.edu (cliquer d'abord sur Cover crops selector).

Tableau 16. Choix d'une culture de couverture
Fonction de la culture de couverture Culture la plus indiquée
Production d'azote Légumineuses : trèfle rouge, pois ou vesce
Piégeage de l'azote Assimilation à l'automne : radis et autres brassicacées (crucifères), avoine
Assimilation durant l'hiver ou le printemps : blé d'automne, seigle
Maîtrise partielle des mauvaises herbes Radis et autres brassicacées (crucifères)
Seigle d'automne, hybrides de sorgho et d'herbes du Soudan
Sarrasin
Maîtrise partielle des nématodes1 Moutarde - Caliente, Cutlass, Forge
Hybrides de sorgho et d'herbe du Soudan - Sordan 79, Trudan 8
Millet perlé - CFPM 101
Tagète - Crackerjack, Creole
Radis oléagineux - Adagio, Colonel
Amélioration de la structure du sol Graminées telles qu'avoine, orge, seigle, blé, triticale, raygrass
Plantes à racines fibreuses telles que trèfle rouge
Mélange de cultures de couverture diverses
Ameublissement d'un sol compacté Plantes à puissante racine pivotante qui s'allonge avec le temps : luzerne, mélilot
Retour au sol de biomasse Automne : avoine, radis oléagineux, mélange de cultures de couverture diverses
Été : millets, hybrides de sorgho et d'herbes du Soudan
Protection contre les érosions (éolienne ou hydrique) Seigle d'automne, blé d'automne
Toute culture de couverture bien établie (p. ex., raygrass)

1 La maîtrise partielle des nématodes dépend spécifiquement de la culture de couverture employée, de l'espèce de nématode à combattre et de la gestion de la culture de couverture.

Tableau 17. Caractéristiques des cultures de couverture

Gramin�es
Espèce Taux de semis
(kg/ha)
1
Moment du semis Temp. de germination min. en °C (°F) Azote fixé (F) ou
piégé (P)2
Rusticité
céréales de printemps
50-125
mi-août-sept.
9 (48)
P
détruit par une forte gelée
blé d'automne
100-130
Sept-Oct
3 (38)
P
overwinters very well
seigle d'automne
100-125
Sept-Oct
1 (34)
P
overwinters very well
hybrides de sorgho et d'herbe du Soudan
30-50
Jun-Aug
18 (65)
P
killed by frost
millet perlé
4-9
Jun-Aug
18 (65)
P
killed by frost
Raygrass
12-18
Apr-May or Aug-early Sept
4.5 (40)
P
annual, Italian often survive; perennial overwinters
Gramin�es
Espèce Amélioration de la structure du sol Maîtrise partielle des mauvaises herbes Hospitalité3 à l'égard des nématodes des racines ou cédidogènes Croissance /établissement Type de racine
céréales de printemps
bonne
bonne
+/-
très rapide
fibreuse
blé d'automne
bonne
bonne
+/nh
rapide
fibreuse
seigle d'automne
very good
très bonne
+4/nh
très rapide
fibreuse
hybrides de sorgho et d'herbe du Soudan
bonne
bonne ou passable
nh/-
très rapide
fibreuse grossière
millet perlé
bonne
bonne ou passable
nh/nh
rapide
fibreuse grossière
Raygrass
very good
passable ou mé-diocre
-/-
établissement lent
dense fibreuse

 

Dicotyl�dones - L�gumineuses5
Espèce Taux de semis
(kg/ha)
1
Moment du semis Temp. de germination min. en °C (°F) Azote fixé (F) ou
piégé (P)2
Rusticité
vesce velue
20-30
août
15.6 (60)
F ou P
survit à l'hiver
trèfle rouge
8-10
mars-avril
5 (41)
F ou P
survit à l'hiver
mélilot
8-10
mars-avril
5.5 (42)
F ou P
survit à l'hiver
pois de grande culture
40-100
juil.-début sept.
5 (41)
F ou P
détruit par une forte gelée
Dicotyl�dones - L�gumineuses5
Espèce Amélioration de la structure du sol Maîtrise partielle des mauvaises herbes Hospitalité3 à l'égard des nématodes des racines ou cédidogènes
Croissance /établissement Type de racine
vesce velue
bonne
passable ou mé-diocre
++/+
établissement lent
pivotante avec racines secon-daires fibreuses
trèfle rouge
bonne
passable
++/+++
établissement lent
pivotante faible ou fibreuse
mélilot
bonne
passable
-/-
établissement lent
pivotante forte
pois de grande culture
médiocre
bonne ou passable
-/-
rapide
pivotante faible ou fibreuse

 

Dicotyl�dones - Non-l�gumineuses
Espèce Taux de semis
(kg/ha)
1
Moment du semis Temp. de germination min. en °C (°F) Azote fixé (F) ou
piégé (P)2
Rusticité
sarrasin
50-60
juin-août
10 (50)
S
détruit par la première gelée
radis oléagi-neux6
6-14
mi-août-début sept.
7 (45)
S
détruit par une forte gelée
Other Brassicas6, i.e., mustard, forage radish
varies with species
mi-août-début sept.
5-7 (41-45)
S
selon l'espèce; bon nombre dé-truites par une forte gelée
Dicotyl�dones - Non-l�gumineuses
Espèce Amélioration de la structure du sol
Maîtrise partielle des mauvaises herbes Hospitalité3 à l'égard des nématodes des racines ou cédidogènes
Croissance /établissement Type de racine
sarrasin
médiocre
très bonne
+++/nh
rapide
pivotante faible ou fibreuse
radis oléagi-neux6
passable
très bonne
-/-
rapide
pivotante moyenne
autres brassica-cées6 c.-à-d., moutarde, radis fourrager
passable
très bonne
-/-
rapide
pivotante moyenne

Hospitalité à l'égard des nématodes :?- = peu hospitalière; + = hospitalière; nh = non hospitalière.
La densité de semis peut varier énormément selon le but de la culture de couverture, le type de sol et le besoin en résidus de cultures ou la tolérance envers ceux-ci.
1 100 kg/ha = 90 lb/ac.
2 Le radis oléagineux, le sarrasin et les graminées ne fixent pas l'azote atmosphérique, mais piègent l'azote contenu dans le sol et les fumiers.
3 Des différences variétales au sein des espèces peuvent modifier la réaction des nématodes. Il importe de choisir la variété appropriée pour s'assurer que la culture de couverture n'est pas une culture hospitalière.
4 Le classement du seigle de pleine saison à l'égard des nématodes serait plus élevé.
5 Certaines maladies causées par Pythium et Phytophthora peuvent être plus graves après une culture de couverture de légumineuses.
6 Les radis oléagineux et les autres brassicacées peuvent être utilisés en tant que biofumigants s'ils sont gérés d'une manière appropriée. Leurs résidus peuvent être toxiques ou allélopathiques pour la culture suivante si celle-ci suit de trop près la date d'enfouissement de l'engrais vert. Laisser la chance aux résidus de la culture de couverture de se décomposer ou de s'assécher avant la mise en place de la culture suivante.


Nutrition des pommiers

Faire analyser le sol deux ans avant les plantations pour voir si le pH doit être corrigé. Une année avant les plantations, demander une autre analyse de sol visant à déterminer le pH du sol et ses teneurs en macroéléments et en oligoéléments. La période qui précède les plantations est le meilleur moment pour bien incorporer au sol matière organique, phosphore, potassium et chaux, des matières qui sont nécessaires si l'on veut optimiser la productivité du verger.


Le fumier dans les vergers

Dans bien des cultures fruitières, le fumier constitue un risque sur le plan de la salubrité des aliments. Laisser s'écouler au moins 120 jours entre un épandage de fumier et la cueillette.

Le fumier renferme de la matière organique utile et de nombreux macroéléments et oligoéléments. Il enrichit le sol d'azote pendant plusieurs années, quoique dans une mesure qui diminue progressivement, puisque l'azote organique qu'il contient se minéralise avec le temps. Il faut donc équilibrer en conséquence les apports supplémentaires d'azote organique et d'azote inorganique.

Épandre au plus, à l'hectare, 7 tonnes de fumier de volaille (20 m³ de fumier liquide), 40 tonnes de fumier de bovins (100 m³ de fumier liquide) ou 35 tonnes de fumier de porc (65 m³ de fumier liquide). Comme la teneur en éléments nutritifs du fumier varie considérablement, le faire analyser avant l'épandage. Épandre le fumier en pleine surface à des doses modérées et l'incorporer au sol à la fin de l'automne ou au début du printemps avant la plantation. Pour éviter les blessures causées par l'hiver, ne pas épandre de fumier autour d'arbres nouvellement plantés.

Réduire les doses d'azote, de phosphore et de potassium provenant d'engrais commerciaux et visant à compléter les apports d'éléments nutritifs fournis par le fumier. Le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants des fumiers, montre la composition moyenne de certains fumiers et les réductions des apports d'engrais suggérées après un épandage de fumier. Un apport excessif d'azote, surtout dans la seconde moitié de la saison de croissance, peut provoquer des défauts de coloration du fruit, des problèmes de conservation en entrepôt, une croissance excessive et un retard dans l'aoûtement des tissus ligneux, ce qui rend les arbres plus vulnérables à l'hiver.
Pour plus d'information sur les répercussions que peuvent avoir les épandages de fumier sur la salubrité des aliments et l'environnement, voir Azote contenu dans le fumier et Utiliser le fumier de manière responsable.


Exigences quant au pH

Le pH d'un sol est la mesure de son acidité ou de son alcalinité. Il peut influencer la biodisponibilité et l'absorption des éléments nutritifs ainsi que le rendement des cultures. Si le rapport d'analyse de sol recommande un apport de chaux dans le but d'élever le pH du sol, faire cet apport, à la dose suggérée, un an avant les plantations. Pour des précisions sur les doses et les types de chaux à utiliser, voir Acidité du sol et chaulage.

En ce qui concerne les vergers déjà établis, demander tous les trois ans une analyse du sol sur un échantillon prélevé dans les rangs, pour s'assurer que le pH est à un niveau satisfaisant. Si le pH est inférieur à 5,1 dans un loam argileux ou à 5,6 dans un sol sableux, épandre de la chaux sur la surface enherbée du verger à l'automne ou avant de travailler le sol au printemps. Le changement de pH ne sera pas immédiat parce que la chaux réagit lentement dans le sol.


Analyse foliaire

Dans les plantations établies, l'analyse foliaire est le meilleur moyen de déterminer les concentrations d'éléments nutritifs biodisponibles dans le verger. Quand on y ajoute les résultats des analyses du sol, on obtient une bonne base pour corriger la fertilisation. Pour plus d'information sur ces analyses, voir Analyse des tissus végétaux.

De nombreuses conditions de croissance et conditions de sol influent sur l'absorption des éléments nutritifs dans les vergers. C'est pourquoi les concentrations d'éléments nutritifs varient légèrement chaque année selon la saison de croissance. Pour que la croissance et la qualité du fruit soient optimales, les concentrations de tous les éléments nutritifs doivent être suffisantes; celles-ci sont indiquées dans le tableau 18, Concentrations convenables d'éléments nutritifs dans les feuilles de pommiers.

Tableau 18. Concentrations convenables d'�l�ments nutritifs dans les feuilles de pommiers*
Cultivar Azote1
%
Phosphore
%
Potassium
%
Calcium
%
Delicious, Mutsu/Crispin
2,2-2,7
0,15-0,4
1,4-2,2
0,8-1,5
Empire, Spy
2,1-2,6
0,15-0,4
1,3-2,1
0,7-1,5
McIntosh, autres
2-2,5
0,15-0,4
1,2-2
0,8-1,5
 
Cultivar Magnésium
%
Fer
(ppm)
Bore
(ppm)
Zinc
(ppm)
Manganèse
(ppm)
Delicious, Mutsu/Crispin
0,25-0,4
25-200
20-60
15-100
20-200
Empire, Spy
0,25-0,4
25-200
20-60
15-100
20-200
McIntosh, others
0,25-0,4
25-200
20-60
15-100
20-200

* Dans les feuilles prélevées pendant les deux dernières semaines de juillet de la partie centrale des rameaux de pommiers à maturité.
1 Chez les arbres non fructifères de même que chez les arbres élevés sur porte-greffes M.9 ou M.26, la teneur en azote foliaire devrait être de 0,2 % plus élevée.

Pour surveiller les tendances, effectuer une analyse foliaire chaque année. Prélever les échantillons sur les mêmes arbres à la même période de l'année facilite l'interprétation des résultats des analyses foliaires d'une année à l'autre. Se fier aux résultats des analyses foliaires et des analyses de sol pour corriger le programme de fertilisation. Les recommandations de fertilisation tiennent compte des résultats de l'analyse foliaire, des pratiques de gestion du sol, de l'âge de l'arbre, du porte-greffe, du type de sol et des fertilisations précédentes. Elles doivent aussi tenir compte de la croissance des arbres ainsi que du calibre des fruits, de leur couleur et de leur aptitude à la conservation.


Engrais pour pommiers

Engrais pour pommiers non fructifères

La période qui précède la plantation est le meilleur moment pour incorporer efficacement au sol des éléments nutritifs comme le potassium, le phosphore, le bore et la chaux. Les concentrations optimales d'éléments nutritifs dans le sol sont de 12-20 ppm pour le phosphore, de 120-150 ppm pour le potassium, de 100-250 ppm pour le magnésium et de 1 000-5 000 ppm pour le calcium. Le tableau 19, Besoins du sol en phosphore et en potassium avant la plantation de pommiers, renseigne sur les doses d'engrais à utiliser avant la plantation.

Un apport annuel d'azote et de potasse, au début du printemps, est habituellement nécessaire pendant les premières années de croissance où les arbres ne sont pas encore en production. Pour les doses suggérées, voir le tableau 20, Besoins en azote élémentaire selon la densité de peuplement et l'âge des arbres, et le tableau 21, Besoins en chlorure de potassium (0-0-60) selon la densité de peuplement et l'âge des arbres.

Dans le cas des jeunes arbres, épandre le fertilisant à la volée sous la couronne des arbres, mais pas à moins de 15 cm du tronc, sous peine d'endommager l'arbre. Dans la mesure où le sol a été bien préparé, notamment par un travail en profondeur et un apport de matière organique, comme du fumier, les autres éléments nutritifs devraient s'y trouver en quantités suffisantes pour subvenir aux besoins des jeunes arbres durant leurs premières années.

Sur des sols peu fertiles à texture grossière, l'utilisation d'une solution de démarrage (p. ex., 10-52-10 ou 20-20-20) au moment de la mise en culture peut être bénéfique.

De fortes doses d'azote et des concentrations élevées d'azote ans le sol peuvent causer une croissance excessive et retarder la dormance. On recommande fortement de semer des cultures de couverture entre les arbres pour ralentir la croissance en fin de saison dans les vergers sarclés, en particulier s'ils sont jeunes. Les cultures de couverture comme le ray-grass d'Italie, semées vers le 1er juillet, puisent dans le sol une bonne partie de l'azote assimilable et, de ce fait, présentent l'avantage de freiner la croissance des arbres.

Tableau 19. Besoins du sol en phosphore et en potassium avant la plantation de pommiers*

Phosphore
Analyse du sol (ppm de P)1 Besoins en phosphate (P2O5) (kg/ha)
[cote d'efficacité]
0-3
80 [EÉ]
4-5
60 [EÉ]
6-7
50 [EÉ]
8-9
40 [EM]
10-12
20 [EM]
13-15
0 [EF]
16-20
0 [EF]
21-25
0 [ETF]
26-30
0 [ETF]
31-40
0 [ETF]
41-50
0 [ETF]
51-60
0 [ETF]
61-80
0 [EN]
plus de 80
0 [EN]

 

Potassium
Analyse du sol (ppm de K)2 Besoins en potasse (K2O) required kg/ha
[cote d'efficacité]
0-15
180 [EÉ]
16-30
170 [EÉ]
31-45
160 [EÉ]
46-60
140 [EÉ]
61-80
110 [EÉ]
81-100
70 [EM]
101-120
40 [EM]
121-150
20 [EM]
151-180
0 [EF]
181-210
0 [EF]
211-250
0 [ETF]
plus de 250
0 [EN]

* Pour les plantations établies de pommiers, se fier à l'analyse foliaire pour estimer les besoins en azote, en phosphore et en potassium.
1 Mesuré par la méthode au bicarbonate de soude 0,5 M (Olsen).
2 Mesuré par la méthode de l'acétate d'ammonium 1,0 N.
Les cotes d'efficacité EÉ (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne), EF (efficacité faible), ETF (efficacité très faible) et EN (efficacité nulle) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.

Engrais pour pommiers fructifères

La plupart des vergers en production ont besoin d'un apport annuel d'azote. Recourir à une analyse de sol pour déterminer leurs besoins en potassium. Ces deux éléments ont un effet très marqué sur la croissance et la productivité.

Azote (N)

L'azote est indispensable pour nombre de fonctions vitales de l'arbre, y compris la croissance, la formation des boutons, la nouaison et le grossissement des fruits. En raison de la complexité des interactions entre l'azote, la qualité et la production, l'analyse foliaire est le meilleur guide pour les taux d'azote à épandre.

Les besoins en azote diffèrent d'un cultivar à l'autre. Par ailleurs, les cultivars destinés à la transformation peuvent recevoir plus d'azote que ceux qui sont destinés au marché frais. Dans certains cas, il faudra augmenter l'apport d'azote lorsque les fruits ont tendance à rester trop petits. Le type de porte-greffe, l'espacement des arbres et les opérations de taille ont aussi une influence sur les besoins en azote.

Afin de préciser les doses d'azote, il faut aussi tenir compte des facteurs suivants : la croissance des arbres; la couleur du feuillage; la qualité des fruits, notamment leur couleur et leur qualité et l'aptitude à la conservation; et l'équilibre des éléments nutritifs dans le sol et dans les feuilles. L'azote se présente sous plusieurs formes, mais le nitrate d'ammonium (34-0-0) et le nitrate d'ammonium et de calcium (27-0-0) sont les formes d'azote les plus économiques. Si l'on opte pour un engrais composé, on doit veiller à ce que l'élément azoté du mélange soit le nitrate d'ammonium. Ne pas épandre d'urée (46-0-0) dans les vergers dont les entrerangs sont gazonnés, car si l'urée n'est pas incorporée au sol, l'azote ammoniacal qu'elle contient se perd par volatilisation dans l'atmosphère.

Tableau 20. Besoins en azote élémentaire (grammes par arbre) selon la densité de peuplement et l'âge des arbres

Réduire la quantité d'azote de moitié si les entrerangs ne sont pas gazonnés. Ne pas dépasser 200 kg d'azote élémentaire/ha/saison de croissance, quel que soit le nombre de pommiers/ha. Les quantités indiquées sont approximatives. La quantité exacte d'azote à épandre varie en fonction de la teneur du sol en azote, du cultivar, du porte-greffe, de l'humidité du sol, etc. Le meilleur moyen de déterminer les besoins en azote consiste à demander périodiquement une analyse foliaire.

  Âge des arbres (en années)
Nombre d'arbres par ha
(par acre)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
ou plus
600
(240)
30
60
90
120
150
180
206
232
258
284
310
336
*
800
(320
30
60
90
120
150
170
190
210
230
250
*
*
*
1000
(400)
30
60
90
120
150
168
186
204
*
*
*
*
1200
(480)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
1400
(560)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
1600
(640)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
1800
(720)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
2000
(800)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
2200
(880
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
2400
(960)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
2600
(1040)
30
60
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*

* Dans les zones * (ombrées), déterminer les besoins en azote à partir des résultats d'une analyse foliaire.

Doses d'azote

Il est difficile de déterminer la quantité exacte d'azote à apporter dans les vergers de pommiers, parce que la dose varie selon les systèmes de conduite du verger, les porte-greffes, les cultivars et les types de sols. Pour une plantation donnée, se fonder sur les résultats de l'analyse foliaire pour évaluer les besoins en azote. Le tableau 20, Besoins en azote élémentaire selon la densité de peuplement et l'âge des arbres, donne une estimation des besoins possibles en azote. À partir du moment où la couronne des arbres couvre tout l'espace disponible, les besoins en engrais azotés ne varient plus beaucoup d'une année à l'autre ni n'augmentent indéfiniment avec l'âge des pommiers. Les vergers dont on sarcle intégralement le sol n'ont besoin que de la moitié environ de l'azote nécessaire aux vergers gazonnés.

  • Réduire l'apport d'azote ou même le supprimer au cours des années où l'on prévoit de faire une taille sévère des arbres à la fin de l'hiver ou au début du printemps.
  • Proscrire tout apport d'azote excessif ou tardif, sous peine de nuire à la coloration et à la qualité des fruits. L'azote biodisponible en fin de saison risque de nuire à l'endurcissement des arbres et d'accroître le risque de dommages causés par l'hiver.
  • Dans un verger sarclé, semer des cultures de couverture pour contribuer à abaisser la teneur du sol en azote en fin de saison. Les cultures de couverture, telles que le ray-grass d'Italie, semées vers le 1er juillet, absorbent une bonne part de l'azote biodisponible dans le sol et ralentissent la croissance des arbres.
  • Dans les vergers où une bande est traitée avec un herbicide sous les arbres, laisser un peu pousser les mauvaises herbes vers la fin de la saison, afin qu'elles assimilent les surplus d'azote, ce qui contribue à l'endurcissement des arbres et à l'amélioration de la qualité des fruits.
  • Quel que soit le cultivar de pommier, ne pas dépasser la dose maximale de 200 kg d'azote élémentaire/ha/an, même dans le cas d'une carence prononcée.
Localisation de l'azote et moment de l'épandage

Épandre les engrais azotés tôt en avril. Dans les vergers sarclés à sol nu, épandre l'azote à la volée sous la couronne des arbres. Dans les vergers dont les entrerangs sont gazonnés, épandre l'azote en bandes dans la zone traitée avec des herbicides.

Tableau 21. Besoins en chlorure de potassium (0-0-60) ((g) par 2,5 cm de diamètre de tronc) selon la densité de peuplement et l'âge des arbres

Ne pas dépasser 800 kg de 0-0-60/ha/saison de croissance, quel que soit le nombre de pommiers/ha. Ces quantités sont approximatives. La quantité exacte de chlorure de potassium à épandre varie en fonction de la teneur du sol en potassium, du cultivar, du porte-greffe, de l'humidité du sol, etc. Le meilleur moyen de déterminer les besoins en chlorure de potassium consiste à demander une analyse foliaire.

Nombre d'arbres par ha
(par acre)
Âge des arbres (en années)
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
<500
(<200)
80
80
80
80
80
80
80
80
80
80
600
(240)
80
80
80
80
80
80
70
70
70
70
800
(320
80
80
80
80
80
80
63
63
63
63
1000
(400)
80
80
80
80
80
80
52
52
52
52
1200
(480)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
1400
(560)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
1600
(640)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
1800
(720)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
2000
(800)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
2200
(880
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
2400
(960)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*
2600
(1040)
80
80
*
*
*
*
*
*
*
*

Dans les zones * (ombrées), déterminer les besoins à partir des résultats d'une analyse foliaire.

Pulvérisation foliaire d'azote

Les pulvérisations foliaires d'urée (46 % d'azote) donnent de bons résultats lorsque des conditions météorologiques ou culturales font en sorte que les pommiers ont un besoin accru d'azote à un moment critique.

Sur les pommiers, utiliser au plus 2,7 kg de N/1 000 L d'eau (6 kg d'urée) et pulvériser au moins 2 000 L/ha en commençant 7-10 jours après la chute des pétales. Espacer les traitements d'environ 10 jours et ne pas faire plus de trois traitements. Ne pas faire de traitement après la fin de juillet, car la qualité des fruits et la survie hivernale pourraient en souffrir.

Phosphore (P)

Les pommiers ne requièrent pas de grandes quantités de phosphore. À quelques exceptions près, les sols de l'Ontario sont suffisamment riches en phosphore. Le phosphore joue toutefois un rôle pour ce qui est de l'entretien du gazon ou des cultures de couverture. L'analyse du sol est la meilleure façon de déceler si ces plantes en ont besoin. Si un apport de phosphore est indiqué, le faire avant l'installation du verger, seul moment où il est possible de l'incorporer soigneusement. Des concentrations de phosphore dans le sol entre 12 et 20 ppm sont considérées comme suffisantes pour assurer l'établissement des arbres, puis la production des fruits. Si une analyse de sol révèle qu'un apport de phosphore est nécessaire, il vaut mieux faire cet apport avant l'établissement du verger.

Potassium (K)

Le potassium joue un rôle important dans la coloration du fruit, la rusticité hivernale, la croissance de l'arbre ainsi que la résistance aux maladies. Il faut évaluer correctement l'apport en potassium nécessaire, car, en excès, le potassium peut entraîner une carence en magnésium (Mg). Toute teneur du sol en potassium qui se situe entre 120 et 150 ppm est considérée comme suffisante au moment de la plantation d'arbres fruitiers. Le chlorure de potassium (0-0-60) est la source la plus courante de potassium. En l'absence d'analyse foliaire, on peut se guider sur les indications données dans le tableau 21, Besoins en chlorure de potassium (0-0-60) selon la densité de peuplement et l'âge des arbres.

Ne jamais épandre plus de 3 kg de K2O (5 kg de chlorure de potassium) par pommier de haute tige adulte et par année, quelle que soit la gravité de la carence. En ce qui concerne les arbres élevés sur un porte-greffe nanifiant, voir le tableau 21, Besoins en chlorure de potassium (0-0-60) selon la densité de peuplement et l'âge des arbres, afin de connaître les quantités approximatives de chlorure de potassium à utiliser. À partir du moment où la couronne des arbres occupe tout l'espace disponible, les besoins en fertilisants potassiques ne varient plus beaucoup d'une année à l'autre ni n'augmentent indéfiniment avec l'âge des arbres. Encore une fois, les analyses foliaires sont le meilleur indicateur des besoins.

Localisation de l'engrais et moment de l'épandage

Le printemps est le meilleur moment pour épandre du potassium, soit seul, soit combiné à de l'azote. Même si certains producteurs préfèrent l'épandre en automne, car ils ont alors plus de temps, il faut savoir qu'une partie du potassium peut se perdre par lessivage au cours de l'hiver. C'est la raison pour laquelle on recommande habituellement l'apport au printemps.

Dans les vergers dont les entrerangs sont gazonnés, épandre la potasse en bandes entre le tronc et la limite de la zone traitée avec les herbicides.

Calcium (Ca)

On associe à un manque de calcium certaines affections du fruit comme la tache amère de la pomme.

Les pulvérisations foliaires de calcium sur les pommiers réduisent l'incidence de la tache amère et de la tache liégeuse. Dans les vergers où ces affections se sont déjà produites, faire une série de quatre pulvérisations foliaires à deux semaines d'intervalle à partir de la mi-juillet. Voir le tableau 22, Pulvérisations foliaires de calcium. Dans les cas où une plus grande quantité de calcium est nécessaire, faire des pulvérisations supplémentaires en commençant plus tôt (mi-juin) ou en les poursuivant plus tard jusqu'à la cueillette.

Tableau 22. Pulv�risations foliaires de calcium
Moment Produit Dose Remarques
Quatre pulvérisations à intervalles de 2 semaines à compter de la mi-juillet. Pulvérisations supplémentaires possibles jusqu'à la cueillette. Chlorure de calcium*
(paillettes à 77 %)
5 kg/1,000 L d'eau
Non recommandé sur les McIntosh et Idared. Pulvériser sur l'arbre jusqu'au point de ruissellement. Pour connaître la compatibilité avec les pesticides, consulter les étiquettes.
Nitrate de calcium
9 kg/1,000 L d'eau
N'utiliser que si le taux d'azote foliaire est faible. Ne pas appliquer après la fin de juillet. Pour connaître la compatibilité avec les pesticides, consulter les étiquettes.
Autres formulations, y compris les chélates
-
Consulter les étiquettes.

*Pour préparer une solution de chlorure de calcium, mélanger d'abord la quantité de calcium nécessaire dans un seau d'eau et s'assurer que tout le produit est dissous avant de verser la solution dans la cuve du pulvérisateur.

Comme le calcium accélère la maturation des fruits, se tenir prêt à modifier la date de cueillette prévue s'il y a eu des pulvérisations foliaires de calcium.

Le calcium pulvérisé doit entrer en contact avec les fruits pour être absorbé par ceux-ci. Il faut donc utiliser de grandes quantités d'eau de manière à mouiller à fond toutes les parties de l'arbre. De fortes concentrations de calcium peuvent causer la brûlure du feuillage. Certaines formulations de chlorure de calcium (CaCl2) nuisent à la qualité des fruits lorsqu'on les applique trop près de la cueillette.

Ne pas dépasser 5 kg de CaCl2 (paillettes à 77 %)/1 000 L d'eau à la mi-juillet ni 7 kg/1 000 L d'eau à la mi-août ou plus tard. Les pulvérisations de formulations de Ca contenant de l'azote après la fin de juillet risquent de diminuer la qualité des fruits et leur aptitude à la conservation. Quelle que soit la formulation, toujours consulter le mode d'emploi afin d'en connaître la dose à employer et la compatibilité avec les pesticides. Ce n'est pas tant le produit utilisé qui compte que la quantité totale du calcium élémentaire effectivement appliquée. Par exemple, le chlorure de calcium (paillettes à 77 %) contient 28 % de calcium élémentaire. Pour obtenir des résultats acceptables, il faut souvent appliquer jusqu'à 12 kg de Ca élémentaire/ha fractionnés en quatre pulvérisations ou plus.

Les pulvérisations de calcium risquent de brûler le feuillage et/ou les fruits quand du temps froid et humide ralentit le ressuyage. Des dommages sont aussi à craindre quand le calcium est pulvérisé par temps très chaud (plus de 25 °C) ou humide.

Des études récentes portant sur les pulvérisations de calcium sur les McIntosh n'ont pas permis de montrer une amélioration de la fermeté des pommes ni de leur aptitude à la conservation quand elles restaient entreposées dans des chambres à atmosphère contrôlée ordinaires pendant cinq mois et demi. Il convient de limiter les pulvérisations de calcium aux fruits dont on sait qu'ils souffrent d'une carence et/ou qu'ils sont sujets à la tache amère et à la tache liégeuse. Pour en savoir plus sur les troubles physiologiques liés au calcium, consulter la fiche technique du MAAARO, La lutte contre la tache amère des pommes.

Magnésium (Mg)

Au moment de la plantation d'arbres fruitiers, on considère qu'une teneur du sol en magnésium entre 100 et 250 ppm est tout à fait suffisante. On observe de plus en plus de carences en magnésium dans les vergers, particulièrement dans ceux qui ont reçu beaucoup de potasse. Une carence en magnésium peut provoquer la chute prématurée des fruits à la cueillette, surtout pour la McIntosh. Les feuilles les plus vieilles des arbres carencés sont pâles, puisque le magnésium fait partie intégrante de la molécule de chlorophylle. L'analyse foliaire est le meilleur moyen de révéler les besoins en magnésium.

Les pulvérisations foliaires de magnésium se sont révélées efficaces pour corriger une carence, mais seulement pour la durée de l'année même. Voir le tableau 23, Pulvérisations foliaires de magnésium.

La pulvérisation d'une bouillie de pesticides additionnée de sulfate de magnésium peut endommager les fruits ou le feuillage; il faut donc appliquer le sulfate de magnésium séparément. Vérifier l'étiquette du produit pour connaître la compatibilité des chélates de magnésium et des pesticides. Utiliser des chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.

Pour les corrections à long terme, on doit faire des épandages de Mg au sol, mais la réaction est rarement immédiate. Sur certains types de sol, un seul épandage au sol de Mg réalisé tôt au printemps ne donne aucun résultat. Le printemps suivant, un deuxième épandage et parfois un troisième sont parfois nécessaires avant que les teneurs en Mg de l'arbre se rétablissent. Durant ce temps, pour éviter la chute prématurée des fruits, faire des pulvérisations foliaires au cours des deux premières années en plus des épandages au sol.

Dans les sols acides, utiliser la chaux dolomitique pour élever le pH du sol et fournir du Mg.

Dans les endroits qui ne requièrent pas de chaux, épandre du sulfate de potasse et de magnésie (0-0-22, 11 % de Mg, 22 % de S) à raison de 5-7 kg par arbre de haute tige adulte ou de 3-4 kg par arbre nain adulte. Il s'agit d'un fertilisant granulé qui contient environ 22 % de potasse et 11 % de magnésium. L'épandre au début du printemps en bandes entre le tronc et la limite de la zone traitée avec les herbicides. Comme il contient du potassium (K), la dose à utiliser dépend des besoins en potasse. D'autres sources de Mg donnent aussi de bons résultats sous forme d'épandages au sol. Si l'on épand un engrais additionné de Mg, il faut s'assurer que celui-ci apportera au moins 80 kg de Mg biodisponible/ha.


Attention : Lors des pulvérisations de matières fertilisantes, respecter les doses recommandées sur les étiquettes des produits. Ne faire aucune pulvérisation lorsque la température dépasse 25 °C.


Tableau 23. Pulv�risations foliaires de magn�sium
Moment Produit Dose Remarques
Trois pulvérisations à intervalles de 2 semaines à partir de la chute des pétales (calice) Sulfate de magnésium (sels d'Epsom) 20 kg/1,000 L d'eau Pulvériser sur l'arbre jusqu'au point de ruissellement. Ne pas dépasser la concentration de 40 kg/1 000 L d'eau.
Formulations liquides, y compris les chélates* Consulter l'étiquette du produit. Peut être compatible avec certains pesticides. Consulter l'étiquette du produit.

* Utiliser des chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.


Oligoéléments pour les pommiers

Les carences en oligoéléments (éléments indispensables en quantités infimes) ne sont pas très fréquentes dans les vergers de pommiers de l'Ontario. La carence la plus commune est sans doute celle du bore, bien que certaines carences en zinc, en manganèse et en fer puissent aussi se manifester à l'occasion, surtout dans les sols alcalins (sols à pH élevé).
La variation acceptable des concentrations en oligoéléments n'est pas très grande. Les excès sont plus dommageables que les carences. C'est pourquoi il ne faut pas donner d'oligoéléments aux pommiers tant que la carence n'a pas été confirmée par une analyse foliaire ou que les symptômes ne sont pas flagrants. En d'autres mots, il faut se borner à corriger la carence confirmée en apportant tout juste la dose nécessaire. Pour plus d'information sur les oligoéléments pour les pommiers, voir Oligoéléments.

Figure 1 - Illustration de la formation des pommes aux stades suivants: dormance, pointe argent, pointe verte, débourrement avancé, prébouton rose, bouton rose, bouton rose avancé, pleine floraison, chute des pétales, nouaison, bourgeon terminal et recroissance.

Figure 1. Stades repères du pommier


Nutrition des petits fruits

Bleuets en corymbe

Les plants de bleuet prospèrent sur un sol acide bien drainé et bien pourvu en matière organique.

  • Faire analyser le sol deux ans avant les plantations pour voir si une correction du pH est nécessaire. Une année avant les plantations, demander une autre analyse de sol pour en déterminer le pH et les teneurs en macroéléments et en oligoéléments.
  • Incorporer de la mousse de tourbe acide au sol dans les trous de plantation pour faciliter de beaucoup la reprise et le développement des plants. S'assurer de bien mouiller la mousse de tourbe avant de la mettre en terre, sans quoi elle pourrait accaparer l'eau du sol et en priver les racines.
Exigences quant au pH

La croissance et la production optimale des bleuets exigent un sol dont le pH est situé entre 4,2 et 5,0. Il est peu rentable d'acidifier un sol dont le pH est supérieur à 6,5 par incorporation de soufre ou de mousse de tourbe. Il vaut donc mieux choisir dès le départ un terrain qui se prête à la culture des bleuets.
o Si le pH du sol se situe entre 5,1 et 6,5, acidifier le sol en y incorporant du soufre élémentaire et/ou de la mousse de tourbe acide avant la mise en culture. Voir le tableau 24, Quantité de soufre élémentaire requise pour abaisser le pH du sol.

  • Enfouir le soufre élémentaire au moins un an avant la mise en culture pour lui laisser amplement de temps d'acidifier le sol. Les engrais sulfatés n'abaissent pas le pH du sol.
  • Vérifier le pH du sol dans le rang tous les ans et ajouter du soufre élémentaire au besoin.
Engrais pour les bleuets
Azote (N)

Les plants de bleuet en corymbe assimilent le mieux les formes ammoniacales d'azote. Épandre du sulfate d'ammonium (21 % de N) si le pH du sol est supérieur à 5,0 et de l'urée (46 % de N) si le pH est inférieur à 5,0. Éviter d'utiliser de l'engrais à base d'azote des nitrates. Épandre au total 12 g d'azote élémentaire par arbuste en application fractionnée au printemps après la plantation. Faire l'amendement d'azote juste avant la sortie des boutons, au stade chute des corolles et dans les premiers jours de juillet. Épandre l'azote au sol sur une bande circulaire dont le diamètre intérieur est à 30 cm du plant et le diamètre extérieur à l'extrémité des rameaux. Augmenter la dose d'azote chaque année jusqu'à ce qu'un total de 36-48 g par arbuste soit atteint. Pour les plants âgés, épandre la majeure partie du fertilisant à l'aplomb des rameaux les plus longs. Voir le tableau 25, Quantité d'azote nécessaire par arbuste de bleuets en corymbe. Éviter d'employer des engrais qui ont comme support de la chaux, sous peine d'élever le pH du sol.

Tableau 24. Quantit� de soufre �l�mentaire requise pour abaisser le pH du sol
Type de sol Par unité (1,0)
de pH
Par dixième d'unité (0,1) de pH
sable
350
35
loam sableux
750
75
loam
1,100
110

Exemple : Le pH initial d'un loam sableux est de 6,2. Le pH recherché pour les bleuets est de 4,8. On doit abaisser le pH de 1,4 unité, soit 6,2-4,8. En consé-quence, 1050 kg de soufre (soit 1,4 × 750 kg/ha) seront requis à l'hectare.

Tableau 25. Quantit� d'azote n�cessaire par arbuste de bleuets en corymbe
Âge de la plantation 1er-15 avril 15 mai 1er juillet
Nouvelle plantation
0
6
6
1 ans
3
6
6
2 ans
6
6-12
6-12
3 ans
9
6-12
6-12
4 ans
12
12-18
6-12
5 ans
15
12-18
6-12
6 ans ou plus
18
12-18
6-12
Phosphore (P) et potassium (K)

Épandre les doses de phosphore et de potassium recommandées en fonction de l'analyse de sol. Pour l'interprétation des analyses de sol, consulter le tableau 26, Besoins en phosphore et en potassium des bleuets en corymbe, des fraises, des framboises, des cassis et des groseilles à grappe et à maquereau. Un seul épandage de phosphore au moment de la préparation du sol est habituellement suffisant. Il est primordial de corriger les carences en phosphore avant la plantation.

Tout le potassium nécessaire doit être épandu tôt le printemps à l'aplomb des ramifications les plus longues de l'arbuste tel qu'il est prescrit pour l'azote. Le potassium peut être mélangé à l'azote et épandu en même temps, au printemps. Utiliser le sulfate de potasse et de magnésie (0-0-22, 11 % de magnésium) ou le sulfate de potassium (0-0-50, 17 % de S). Éviter le chlorure de potassium (0-0-60) à cause du chlorure auquel les bleuets sont sensibles.

Tableau 26. Besoins en phosphore et en potassium des bleuets en corymbe, des fraises, des framboises, des cassis et des groseilles à grappe et à maquereau

Phosphore
Analyse de sol
(ppm de P)*
Cote Besoins en phosphate (kg P2O5 per ha)
Nouvelles plantations Plantations établies
0-3
EE
140
100
4-5
EE
130
90
6-7
EE
120
80
8-9
EE
110
70
10-12
EE
100
70
13-15
EE
90
60
16-20
EM
70
50
21-25
EM
60
40
26-30
EM
50
30
31-40
EM
40
20
Plus de 40
EF
0
0

 

Potassium
Analyse de sol
(ppm de K)**
Cote Besoins en potasse
(kg K2O per ha)
0-15
EE
130
16-30
EE
120
31-45
EE
110
46-60
EE
100
61-80
EE
90
81-100
EE
80
101-120
EM
70
121-150
EM
60
151-180
EM
40
EM
Plus de 180
EF
0

Les cotes d'efficacité EE (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne) et EF (efficacité faible) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.
*  Mesuré par la méthode au bicarbonate de soude 0,5 M.
** Mesuré par la méthode de l'acétate d'ammonium 1,0 N.

Autres besoins en éléments nutritifs

Une carence en magnésium (Mg) se manifeste parfois chez les bleuets. Un épandage au sol ou une pulvérisation foliaire de magnésium permet de la corriger. Lorsque la carence est confirmée, il faut épandre au sol 80 kg de Mg/ha. Utiliser le sulfate de magnésium (sels d'Epsom, 9,5 % de Mg) ou le sulfate de potasse et de magnésie (0-0-22, 11 % de Mg). Étant donné que le sulfate de potasse et de magnésie contient de la potasse, la dose à apporter est fonction des besoins des bleuets en potasse. En pulvérisations foliaires, une dose de 1,9 kg de Mg/1 000 litres d'eau (20 kg de sulfate de magnésium, sels d'Epsom), à raison de 2 000 litres de bouillie à l'hectare, permet normalement de corriger la carence. Des pulvérisations foliaires peuvent se révéler nécessaires tous les ans.

Analyse foliaire

L'analyse foliaire sert à déterminer la teneur en éléments nutritifs des tissus végétaux et à mieux évaluer les besoins de fertilisation. Pour déceler des tendances, effectuer une analyse foliaire chaque année. Le fait de prélever des échantillons sur les mêmes plants et à la même période chaque année facilite l'interprétation des résultats d'analyses foliaires d'une année à l'autre. Utiliser les résultats de l'analyse foliaire et ceux de l'analyse de sol pour apporter des corrections au programme de fertilisation.

Prélever les échantillons foliaires à la fin de juillet, en choisissant des feuilles insérées sur la portion centrale des rameaux de l'année. Recueillir au moins 100 feuilles choisies un peu partout dans la surface étudiée pour que l'échantillon soit représentatif. Échantillonner séparément les endroits où le type de sol, l'âge des plants et le programme de fertilisation actuel sont différents. Voir le tableau 27, Concentrations optimales des éléments nutritifs dans les feuilles de bleuetiers en corymbe.

Tableau 27. Concentrations optimales des �l�ments nutritifs dans les feuilles de bleuetiers en corymbe
Élément Fourchette optimale
azote (N)
1,7%-2,3%
phosphore (P)
0,15%-0,4%
potassium (K)
0,36%-0,7%
calcium (Ca)
0,3%-0,8%
magnésium (Mg)
0,12%-0,3%
manganèse (Mn)
150-500 ppm
fer (Fe)
30-100 ppm
zinc (Zn)
10-100 ppm
bore (B)
15-50 ppm

Voir Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario, la liste des laboratoires qui effectuent des analyses foliaires.


Cassis et groseilles à grappe et à maquereau

Avant la mise en culture des groseilliers et des cassissiers, il est indispensable d'apporter et d'incorporer au sol la matière organique, le phosphore, le potassium, la chaux et autres matières nécessaires. Faire analyser le sol deux ans avant les plantations pour voir si une correction du pH est nécessaire. Une année avant les plantations, demander une autre analyse de sol pour en déterminer le pH et les teneurs en macroéléments et en oligoéléments. Cette façon de procéder permet aux plants de prospérer et de maintenir leur productivité au même endroit pendant de nombreuses années.

Les cassissiers et les groseilliers se développent le mieux dans les sols loameux profonds, bien drainés et frais. La teneur du sol en matière organique doit être d'au moins 2-3 % pour améliorer le drainage, l'aération et la rétention de l'eau.

Épandre du fumier bien composté à raison de 45 t/ha ou de 4,5 kg/m2, à la fin de l'été ou l'automne précédant la plantation. On peut utiliser d'autres matières organiques telles que de la paille exempte de mauvaises herbes, mais il faut que la décomposition de ces matières soit bien avancée quand les plants sont mis en place. Pour plus d'information sur la matière organique, voir Préparation du sol pour la production des baies.

Exigences quant au pH

Pour la culture des cassissiers et des groseilliers, un pH situé entre 5,5 et 7,0 est acceptable. Mais un sol légèrement acide (pH de 6,1-6,6) est préférable. Il peut être nécessaire de chauler le sol pour en élever le pH à 6,1.
S'il faut chauler, épandre la chaux au moins 6-12 mois avant la plantation. Pour plus d'information sur le chaulage, voir Acidité du sol et chaulage. L'assimilabilité des oligoéléments peut devenir un facteur limitant quand le pH du sol se situe hors de la fourchette recommandée.

Fertilisation préalable à la plantation

Incorporer au sol les engrais contenant du phosphore et du potassium au début du printemps, quelques jours avant la plantation. Incorporer l'azote avant la plantation ou l'épandre en bandes latérales autour des pieds des arbustes plusieurs semaines après la plantation. L'engrais doit être déposé à une distance d'au moins 30 cm du pied des arbustes pour éviter que l'azote ne brûle les racines. Incorporer au sol la quantité requise de phosphore avant la plantation, quand celle-ci a lieu à l'automne, mais différer alors l'épandage d'azote et de potassium jusqu'au printemps suivant.

Azote (N)

Incorporer au sol ou épandre en bandes latérales 5 g d'azote élémentaire par arbuste, au cours de l'année de plantation.

Phosphore (P)

Faire une analyse de sol avant la plantation et incorporer la quantité de phosphore qui est requise en fonction des résultats. Pour plus d'information, voir le tableau 26, Besoins en phosphore et en potassium des bleuets en corymbe, des fraises, des framboises, des cassis et des groseilles à grappe et à maquereau. Il est difficile d'incorporer efficacement du phosphore au sol une fois que la culture est en place. Des teneurs excessives en phosphore peuvent induire chez les plantes des carences en oligoéléments indispensables tels que le zinc.

Potassium (K)

Faire une analyse de sol avant la plantation et incorporer la quantité de potassium qui est requise en fonction des résultats. Pour plus d'information, voir le tableau 26, Besoins en phosphore et en potassium des bleuets en corymbe, des fraises, des framboises, des cassis et des groseilles à grappe et à maquereau. Les groseilliers et les cassissiers sont sensibles au chlore contenu dans le chlorure de potassium (0-0-60). Choisir plutôt le sulfate de potassium (0-0-50) ou le sulfate de potasse et de magnésie (0-0-22).

Fertilisation des plantations établies

Appliquer chaque année au début du printemps les quantités d'engrais déterminées en fonction des résultats d'analyse du sol. Si l'on n'épand pas le phosphore et le potassium à la volée sur toute la surface, on doit réduire les doses en proportion de la surface recevant effectivement l'engrais. Si l'engrais est épandu en bandes, on ne doit pas l'appliquer à moins de 30 cm du pied des plants.

Azote (N)

L'année de la plantation, apporter 10 g d'azote par arbuste. Les années suivantes, apporter 20 g par arbuste.

Potassium (K)

Appliquer la quantité de potassium déterminée en fonction de l'analyse de sol. S'il n'y a pas eu d'analyse, supposer que le sol est moyennement pourvu en potassium et apporter la quantité correspondante indiquée au tableau 26, Besoins en phosphore et en potassium des bleuets en corymbe, des fraises, des framboises, des cassis et des groseilles à grappe et à maquereau.


Framboises

Les framboisiers ont de fines racines fasciculées. Ils poussent mieux dans un sol profond et bien drainé. Le sol devrait avoir une bonne capacité de rétention d'eau et une teneur en matière organique élevée, soit d'environ 3 %. Pour plus d'information sur la matière organique, voir Préparation du sol pour la production des baies.

Un an avant la plantation des framboisiers, faire une analyse de sol pour en mesurer le pH et ses teneurs en phosphore, en potassium et en magnésium. Corriger au besoin le pH du sol et sa teneur en matière organique. Semer une culture de couverture qui étouffera les mauvaises herbes et qu'on labourera ensuite pour enrichir le sol de matière organique. Épandre et enfouir dans le sol du fumier bien composté (45 tonnes de fumier de bovins par hectare) l'année précédant la plantation.

Exigences quant au pH

Les framboisiers se développent le mieux dans un sol dont le pH se situe entre 5,5 et 6,5, bien qu'ils tolèrent également des pH plus élevés. Il peut être nécessaire de chauler le sol pour en élever le pH à 6,1. S'il faut chauler, épandre la chaux au moins 12 mois avant la plantation. Pour plus d'information sur le chaulage, voir Acidité du sol et chaulage. L'assimilabilité des oligoéléments peut devenir un facteur limitant quand le pH du sol se situe hors de la fourchette appropriée.

Engrais pour les framboisiers
Azote (N)

Les doses d'azote suggérées se trouvent dans le tableau 28, Apports d'azote (N) dans les framboiseraies. Éviter la surfertilisation azotée (N); elle peut avoir pour effet de réduire la quantité de fruits par tige et de provoquer une croissance végétative excessive. Pour connaître les sources d'azote et les équivalences en azote, consulter le tableau 9, Engrais - Éléments nutritifs primaires.

Pour les variétés fructifiant l'été et les variétés fructifiant l'automne, épandre l'azote au début du printemps (de la fin mars au début avril). Passé ce stade, l'azote risque de rendre les framboisiers moins résistants aux rigueurs de l'hiver. Pour ce qui est des variétés fructifiant l'automne, les dégâts dus à l'hiver ne sont pas un problème, puisque les cannes sont fauchées tous les ans au printemps. Toutefois, les fruits risquent de mûrir en retard là où l'apport d'azote est excessif.

Tableau 28. Apports d'azote (N) dans les framboiseraies
Année Azote (kg/ha/saison
de croissance)
Année de plantation
30-40
2e année
40-60
3e année et années suivantes
45-75

Opter pour la dose inférieure sur les cultures non irriguées et dans les sols plus lourds.
Appliquer la dose supérieure sur les cultures irriguées et les sols sableux.

Phosphore (P) et potassium (K)

Avant la mise en culture, faire une analyse de sol pour déterminer les besoins en phosphore et en potassium. Appliquer les quantités de phosphore et de potassium déterminées en fonction des résultats de l'analyse de sol.

Incorporer le phosphore dans le sol avant la plantation pour corriger les carences en phosphore, car celui-ci ne migre pas facilement dans le sol. Ne pas épandre plus de phosphore qu'il n'en faut. Des teneurs excessives en phosphore peuvent induire chez les plantes des carences en oligoéléments indispensables tels que le zinc.

Si l'analyse de sol recommande des apports élevés de potasse, utiliser du sulfate de potassium (0-0-50) ou du sulfate de potasse et de magnésie (0-0-22). Les framboisiers sont sensibles aux concentrations de chlorures. On a signalé des lésions sur les racines de framboisiers cultivés dans des sols sableux qui avaient reçu de grandes quantités de chlorure de potassium (0-0-60). Pour connaître les sources de phosphore et de potasse, consulter le tableau 9, Engrais - Éléments nutritifs primaires.

Une fois que la reprise des plants est assurée, prélever des échantillons de sol dans la zone explorée par les racines, et non dans les entrerangs. Échantillonner le sol tous les deux ou trois ans.

Analyse foliaire

Fin juillet, prélever des feuilles entièrement déployées sur des tiges fructifères de framboisiers à maturité. Voir le tableau 29, Concentrations optimales d'éléments nutritifs dans les feuilles de framboisiers. Ces fourchettes constituent un guide pour l'interprétation des résultats. Elles peuvent varier selon les cultivars, les types de sol et les pratiques culturales.

Tableau 29. Concentrations optimales d'�l�ments nutritifs dans les feuilles de framboisiers1
Élément Fourchette optimale
Azote (N)
2%-3,5%
Phosphore (P)
0,2%-0,5%
Potassium (K)
1%-2%
Calcium (Ca)
0,8%-2,5%
Magnésium (Mg)
0,25%-0,5%
Manganèse (Mn)
20-200 ppm
Fer (Fe)
25-200 ppm
Zinc (Zn)
15-100 ppm
Cuivre (Cu)
5-20 ppm
Bore (B)
20-60 ppm

Voir Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario, la liste des laboratoires qui effectuent des analyses foliaires.


Fraises

Les fraisiers sont des plantes vivaces à système racinaire superficiel. Ce dernier doit pouvoir répondre aux besoins élevés des plants de fraisiers surtout pendant la courte période où les fruits se développent. Les fraisiers exigent des sols bien drainés, très fertiles, contenant au moins 2 % de matière organique. Une précaution importante pour obtenir une plantation vivace et rentable consiste à fournir des conditions de milieu optimales à la croissance du système racinaire des plants.

Un an avant la mise en place des fraisiers, corriger le pH et la teneur en matière organique du sol. Semer une culture de couverture qui étouffera les mauvaises herbes et qu'on labourera ensuite pour enrichir le sol de matière organique. Épandre et enfouir dans le sol du fumier bien composté (45 tonnes de fumier de bovins par hectare) l'année précédant la plantation. Faire une analyse de sol pour en mesurer le pH et les teneurs en phosphore, en potassium et en magnésium.

Exigences quant au pH

Le pH optimal du sol pour la culture des fraises est de 6,0 à 6,5. Bien qu'une fourchette de pH plus large soit possible pour cette culture, certains oligoéléments deviennent moins facilement assimilables en dehors de cette fourchette, particulièrement quand le pH du sol est supérieur à 7,0. Si le pH est inférieur à 5,6 dans un loam argileux ou inférieur à 6,1 dans un loam sableux, il faudra le hausser par un chaulage l'année précédant la plantation. Pour plus d'information sur le pH, voir Acidité du sol et chaulage.

Apport d'engrais dans les jeunes fraiseraies (plantations de l'année)
Azote (N)

Les fraiseraies ont besoin d'un apport d'azote chaque année. Le moment choisi pour les amendements est aussi important que la dose. Un apport d'azote fait au mauvais moment ou à une mauvaise dose peut diminuer la résistance des plants aux rigueurs de l'hiver et aux maladies et entraîner la formation de fruits manquant de fermeté.

On peut appliquer l'azote avec le phosphore et le potassium, ou encore l'appliquer en bandes 2-3 semaines après les plantations. Épandre 50 kg de N/ha. Voir le tableau 9, Engrais - Éléments nutritifs primaires, pour connaître la teneur en azote des fertilisants. Effectuer un amendement supplémentaire de 25-35 kg de N/ha à la mi-août pour revigorer les plants puisque c'est à ce moment que débute le développement des boutons qui donneront des fraises l'année suivante.

On peut utiliser n'importe quelle formulation économique d'azote. Si l'on épand des formulations granulées, tel le nitrate d'ammonium, débarrasser les feuilles des granulés pour éviter qu'elles ne brûlent. Ne pas épandre d'azote quand les feuilles sont mouillées. Lorsque l'épandage se fait à la surface du sol sans incorporation, l'azote contenu dans l'urée (46-0-0) risque de se volatiliser sous forme d'ammoniac. L'ammoniac volatilisé peut provoquer le noircissement des feuilles de fraisiers. On évite ce problème en incorporant l'urée au sol.

Si le sol a reçu préalablement du fumier, corriger les doses d'azote en conséquence. Voir le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier. Pour plus d'information sur les effets des épandages de fumier sur la salubrité des aliments et l'environnement, voir Utiliser le fumier de manière responsable et Fumier et salubrité des aliments.

Phosphore (P)

Se fonder sur les résultats d'analyse de sol pour déterminer la dose de phosphore à apporter. Le tableau 26, Besoins en phosphore et en potassium des bleuets en corymbe, des fraises, des framboises, des cassis et des groseilles à grappe et à maquereau, indique les besoins en engrais des jeunes fraiseraies selon les différentes valeurs tirées de l'analyse de sol. Incorporer le phosphore au sol avant la plantation. Les sols ne renferment pas tous la même concentration de phosphore biodisponible. En général, les champs cultivés depuis un bon moment ont besoin de moins de phosphore que les champs mis en culture depuis peu.

Solution de démarrage

Pour stimuler la reprise des plants de fraisiers, surtout si le sol est froid, utiliser une solution d'engrais de démarrage. Il arrive en effet que les végétaux prélèvent moins de phosphore du sol quand celui-ci est froid. Utiliser une solution de démarrage à haute teneur en phosphore, comme le 10-52-10, le 6-24-6 ou le 10-24-0. Respecter les doses suggérées par le fabricant.

Potassium (K)

Utiliser les résultats d'analyse de sol pour déterminer la dose optimale de potassium nécessaire. Incorporer le potassium dans le sol avant la plantation. On déconseille généralement d'appliquer le potassium en bandes latérales.

Engrais pour les fraiseraies établies
Azote (N)

Ne pas appliquer d'azote au printemps, particulièrement sur les cultivars vigoureux. De tels amendements peuvent stimuler à l'excès les plants qui, par la suite, produiront des fruits mous et un feuillage trop abondant. Un excès d'azote augmentera aussi les risques de pourriture grise due à Botrytis. Mais si l'apport d'azote au printemps améliore parfois la grosseur du fruit, il en retarde aussi la maturité d'une journée ou deux.

Certains producteurs constatent que les plants de fraisiers qui poussent dans des sols à texture grossière répondent bien à de faibles apports d'azote (10-20 kg de N/ha) au printemps, après l'enlèvement du paillis. Les fraiseraies établies sur un sol sableux ou celles qui semblent avoir souffert de l'hiver peuvent profiter d'un léger amendement d'azote au printemps. On recommande aux producteurs d'épandre de l'azote sur un secteur de leur fraiseraie au printemps à titre d'essai avant d'en faire une pratique générale.

Dans les fraiseraies établies, le moment le plus propice à l'épandage de l'azote est celui du rajeunissement de la fraiseraie. Après avoir fauché le feuillage, on épand 50 kg de N/ha en utilisant la forme d'azote la plus économique. Voir le tableau 30, Apports d'azote (N) dans les fraiseraies. Si l'on épand des formulations granulées, tel le nitrate d'ammonium, débarrasser les feuilles des granulés pour éviter qu'elles ne brûlent. Ne pas épandre d'azote quand les feuilles sont mouillées. Lorsque l'épandage se fait à la surface du sol sans incorporation, l'azote contenu dans l'urée (46-0-0) risque de se volatiliser sous forme d'ammoniac. L'ammoniac volatilisé peut provoquer le noircissement des feuilles de fraisiers. On évite ce problème en incorporant l'urée au sol. Effectuer un amendement supplémentaire de 25-35 kg de N/ha à la mi-août pour revigorer les plants puisque c'est à ce moment que débute le développement des bourgeons qui donneront lieu à une récolte l'année suivante.

Bien arroser le sol après le rajeunissement de la fraiseraie, durant tout l'été et en début d'automne, car l'assimilation de l'azote est optimale lorsque l'humidité du sol est suffisante.

Phosphore (P)

Si l'analyse de sol révèle une carence en phosphore, corriger la carence au moment du rajeunissement de la fraiseraie, en même temps que les apports d'azote et de potassium. Des doses excessives de phosphore risquent de causer une carence en zinc, surtout dans les sols sableux.

Potassium (K)

Appliquer le potassium selon les besoins révélés par l'analyse de sol, au moment du rajeunissement de la fraiseraie, en même temps que l'azote et le phosphore. Un tel amendement à ce moment se prête bien à l'incorporation au sol. Évaluer la dose nécessaire au moyen d'une analyse de sol et recourir à une analyse des tissus végétaux pour corriger les doses. Un excès de potassium peut entraîner une carence en magnésium, surtout dans les sols sableux.

Tableau 30. Apports d'azote (N) dans les fraiseraies
Âge des plants Avant la mise en place ou
2-3 semaines après
Rajeunissement de la fraiseraie
(après la cueillette)
Mi-août
Plants de l'année
50
s.o.
25-30
Plants établis
s.o.
50
25-30
Analyse foliaire

L'analyse des feuilles peut être utile pour faire le bilan des éléments nutritifs dont la plante dispose et établir avec plus de précision ses besoins en fertilisants. Prélever des échantillons de feuilles avant le 1er juillet ou le 20 août, selon qu'il s'agit de plantations fructifères et non fructifères respectivement. Prélever au moins 50 feuilles entièrement déployées, parvenues à maturité depuis peu, et enlever les pétioles. Ne pas mélanger les échantillons provenant de cultivars et de types de sols différents ainsi que de fraiseraies différentes. Voir le tableau 31, Concentrations optimales d'éléments nutritifs dans les feuilles de fraisiers, pour l'interprétation des résultats d'analyse foliaire.

Tableau 31. Concentrations optimales d'�l�ments nutritifs dans les feuilles de fraisiers1
Élément Fourchette optimale
Azote (N)
2%-3%
Phosphore (P)
0,2%-0,5%
Potassium (K)
1,5%-2,5%
Calcium (Ca)
0,5%-1,5%
Magnésium (Mg)
0,25%-0,5%
Manganèse (Mn)
20-200 ppm
Fer (Fe)
25-200 ppm
Zinc (Zn)
15-100 ppm
Bore (B)
20-60 ppm

* Feuilles de fraisiers entièrement déployées, parvenues à maturité depuis peu, débarrassées de leur pétiole et prélevées avant le 1er juillet dans les fraiseraies en production ou avant le 20 août dans les fraiseraies non encore en production.
1 Voir Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario, la liste des laboratoires qui effectuent des analyses foliaires.


Oligoéléments pour les petits fruits

Les carences en oligoéléments ne sont pas très fréquentes dans les plantations fruitières de l'Ontario. La variation acceptable des concentrations en oligoéléments n'est pas très grande. Les excès sont plus dommageables que les carences. C'est pourquoi il ne faut pas donner d'oligoéléments aux cultures fruitières tant que la carence n'a pas été confirmée par une analyse foliaire ou que les symptômes ne sont pas flagrants. Autrement dit, il faut se borner à corriger uniquement la carence confirmée en apportant la dose recommandée. L'analyse foliaire est plus révélatrice que l'analyse de sol des besoins en oligoéléments. Pour plus d'information, voir Oligoéléments.

Figure 2 - Illustration de la formation des bleuets aux stades suivants : dormance, gonflement, pointe verte, boutons serrés, boutons dégagés, floraison, chute des corolles, nouaison, fruits verts, véraison.

Figure 2. Stades repères du bleuets


Nutrition de la vigne

Faire analyser le sol deux ans avant les plantations pour voir si une correction du pH est nécessaire. Une année avant les plantations, demander une autre analyse de sol pour en déterminer le pH et les teneurs en macroéléments et en oligoéléments. Certaines matières, comme de la matière organique, du phosphore, du potassium et de la chaux destinée à modifier le pH, sont nécessaires si l'on veut optimiser la productivité du vignoble. La période qui précède les plantations est la seule occasion de bien incorporer ces matières au sol.


Le fumier dans les vignobles

Dans bien des cultures fruitières, les épandages de fumier peuvent engendrer des problèmes de salubrité des aliments. S'assurer qu'au moins 120 jours s'écoulent entre l'épandage et la récolte.

Le fumier renferme de la matière organique utile et bien des macroéléments et des oligoéléments. L'azote organique contenu dans le fumier se minéralise avec le temps, ce qui donne lieu à une libération graduelle de l'azote en quantités décroissantes pendant plusieurs années suivant l'épandage. Si du fumier a été épandu, corriger les apports d'azote inorganique de manière à éviter une surfertilisation azotée. Voici des consignes à respecter pour tirer parti du fumier tout en réduisant au minimum les problèmes qui peuvent y être associés :

  • Épandre au plus, à l'hectare, 7 tonnes de fumier de volaille (20 m3 de fumier liquide), ou 40 tonnes de fumier de bovins (100 m3 de fumier liquide), ou encore 35 tonnes de fumier de porc (65 m3 de fumier liquide). Comme la teneur en éléments nutritifs du fumier varie considérablement, le faire analyser avant l'épandage. Voir Azote contenu dans le fumier.
  • Éviter tout apport excessif d'azote, surtout dans la seconde moitié de la saison de croissance, sous peine de provoquer des défauts de coloration du raisin, de compromettre la conservation de la récolte et d'amener une croissance excessive et un retard dans l'endurcissement des tissus ligneux. Tous ces effets rendent les pieds de vigne plus vulnérables à l'hiver.
  • Épandre le fumier en pleine surface et l'incorporer au sol à la fin de l'automne ou au début du printemps avant la mise en place des plants de vigne.
  • Pour éviter les blessures, ne pas épandre de fumier autour des pieds de vigne nouvellement plantés.
  • Sur les terres qui ont reçu du fumier, corriger les doses d'azote, de phosphore et de potassium en fonction des concentrations de ces éléments dans le fumier. Voir le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes du fumier.
  • Pour plus d'information sur les répercussions que peuvent avoir les épandages de fumier sur la salubrité des aliments et l'environnement, voir Azote contenu dans le fumier et Utiliser le fumier de manière responsable.

Exigences relatives au pH

Le pH d'un sol est la mesure de son acidité ou de son alcalinité. Il influence la biodisponibilité et l'absorption des éléments nutritifs ainsi que le rendement des cultures. Si le rapport d'analyse de sol suggère un épandage de chaux dans le but de hausser le pH du sol, faire l'apport de chaux à la dose recommandée au moins un an avant les plantations. Pour des précisions sur les doses et les types de chaux préconisés, voir Acidité du sol et chaulage.

En ce qui concerne les vignobles déjà établis, effectuer, au moins tous les trois ans, une analyse du sol sur un échantillon prélevé dans les rangs pour vérifier que le pH est à un niveau satisfaisant. Si le pH est bas (sol acide), épandre de la chaux sur la couverture herbacée à l'automne ou avant de travailler le sol au printemps. Les résultats ne seront pas immédiats parce que la chaux réagit lentement dans le sol. Épandre de la chaux dans un vignoble établi lorsque le pH tombe en deçà de 5,1 dans un loam argileux ou en deçà de 5,6 dans un sol sableux. Le chaulage élève le pH du sol et fournit aussi du calcium. Pour des précisions sur les doses et les types de chaux préconisés, voir Acidité du sol et chaulage.


Analyse des pétioles

Pour ce qui concerne les plantations établies, l'analyse des pétioles des feuilles de vigne est le meilleur moyen de déterminer les besoins en éléments nutritifs. Se fier aux résultats d'une analyse de sol et à ceux d'une analyse des pétioles pour évaluer les besoins en fertilisants. Pour plus d'information sur ces analyses, voir Analyse des tissus végétaux.

De nombreuses conditions influent sur l'absorption des éléments nutritifs dans les vignobles. C'est pourquoi les concentrations d'éléments nutritifs varient légèrement chaque année selon la saison de croissance. Pour que la croissance et la qualité du fruit soient optimales, les pétioles doivent renfermer des concentrations convenables de tous les éléments nutritifs. Voir le tableau 32, Concentrations convenables d'éléments nutritifs dans les pétioles de feuilles de vigne.

Pour déceler des tendances, effectuer une analyse des pétioles au moins une année sur deux. Le fait de prélever des échantillons sur les mêmes vignes et à la même période chaque année facilite l'interprétation des résultats d'analyses des pétioles d'une année à l'autre. Utiliser les résultats de ces tests de même que d'autres données, dont les résultats d'analyse de sol, le porte-greffe, l'âge du plant et la productivité attendue, pour établir le programme de fertilisation.

Tableau 32. Concentrations convenables d'�l�ments nutritifs dans les p�tioles de feuilles de vigne1
Cépage Azote (N) Phos-phore (P) Potass-ium (K)2 Cal-cium (Ca) Magné-sium
(Mg)
Fer (Fe) Bore (B) Zinc (Zn) Manga-nèse (Mn)
% ppm
Vinifera
0,8-1,4
0,15-0,4
1,2-2,3
1-3
0,6-1,5
15-100
20-60
15-100
20-200
Labrusca (Fredonia)
0,6-1,2
0,15-0,4
0,8-1,8
1-3
0,6-1.5
15-100
20-60
15-100
20-200
Autre
0,7-1,3
0,15-0,4
1-2
1-3
0,6-1.5
15-100
20-60
15-100
20-200

1 Prélevés en septembre sur des vignes à maturité.
2 Les concentrations de potassium peuvent être plus élevées dans les vignes cultivées sur loam sableux


Engrais pour les vignobles

Pour enrichir convenablement le sol en potassium, en phosphore, en bore et en chaux, l'idéal est de faire les apports avant les plantations. Dans un sol où l'on prévoit installer un vignoble, on considère comme adéquates des teneurs de 12-20 ppm pour le phosphore, de 120-150 ppm pour le potassium, de 100-250 ppm pour le magnésium et de 1 000-5 000 ppm pour le calcium. Le tableau 33, Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles, renseigne sur les doses d'engrais à incorporer avant la plantation. Si l'on incorpore au sol de la matière organique, notamment par un apport de fumier, ces taux devraient permettre de subvenir aux besoins des vignes durant leurs premières années.

Des concentrations élevées d'azote peuvent causer une croissance excessive et un endurcissement des vignes. Semer des plantes couvre-sol pour réduire les concentrations d'azote en fin de saison dans les vignobles sarclés, en particulier s'ils sont jeunes. Pour qu'elles absorbent une bonne part de l'azote biodisponible dans le sol, semer les plantes couvre-sol telles que le ray-grass d'Italie vers le 1er juillet.

Azote (N)

Procéder à l'analyse des pétioles pour déterminer les besoins en azote. En l'absence d'analyse, n'utiliser qu'une dose de 34 kg d'azote par hectare. Épandre cet azote en pleine surface avant le premier sarclage ou le plus tôt possible au printemps dans les vignobles dont les entrerangs sont gazonnés. Si l'on épand de l'urée (46-0-0), on doit l'incorporer au sol afin de limiter les pertes par volatilisation. S'abstenir d'épandre de l'urée dans les vignobles dont les entrerangs sont gazonnés, car l'incorporation est alors impossible. Réduire ou éliminer les apports d'azote s'il y a eu épandage de fumier ou si la croissance est excessive. Si les boutons sont endommagés par les grands froids, il peut être nécessaire de fractionner les pulvérisations d'azote. Faire la première pulvérisation vers la mi-mai, après le début du débourrement, et la deuxième, si nécessaire, après la floraison vers la fin juin. Pendant les printemps secs, irriguer pour faire descendre l'engrais au niveau des racines, juste avant le début de la floraison ou immédiatement après la chute de la coiffe. Envisager d'apporter de l'azote par des pulvérisations foliaires, selon la performance des vignes et les résultats de l'analyse des pétioles.

Phosphore (P)

Les vignes ne requièrent pas de grandes quantités de phosphore dans le sol. Demander une analyse de sol pour déterminer si un engrais phosphoré est nécessaire. À quelques exceptions près, les sols de l'Ontario sont en général suffisamment riches en phosphore pour la culture du raisin. Des teneurs en phosphore du sol de 12-20 ppm sont suffisantes pour assurer l'établissement des jeunes vignes, puis la production. En vue de l'établissement d'un nouveau vignoble, épandre le phosphore avant les plantations et bien l'incorporer au sol. Voir le tableau 33, Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles. Dans les plantations établies, se fier aux résultats d'une analyse des pétioles et à ceux d'une analyse de sol pour évaluer les besoins en phosphore. Des apports supplémentaires de phosphore peuvent être nécessaires pour l'entretien du gazon ou des plantes couvre-sol.

Tableau 33. Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles

Phosphore
Analyse de sol
(ppm de P)1
Besoins en phosphate (P2O5)
(kg/ha) [réaction]
0-3
80 [EÉ]
4-5
60 [EÉ]
6-7
50 [EÉ]
8-9
40 [EM]
10-12
20 [EM]
13-15
0 [EF]
16-20
0 [EF]
21-25
0 [ETF]
26-30
0 [ETF]
31-40
0 [ETF]
41-50
0 [ETF]
51-60
0 [ETF]
61-80
0 [EN]
80 et plus
0 [EN]

 

Potassium*
Analyse de sol
(ppm de K)2
Besoins en potasse (K2O)
(kg/ha)[réaction]
0-15
270 [EÉ]
16-30
270 [EÉ]
31-45
270 [EÉ]
46-60
270 [EÉ]
61-80
270 [EÉ]
81-100
270 [EÉ]
101-120
270 [EÉ]
121-150
270 [EM]
151-180
270 [EM]
181-210
270 [EM]
211-250
270 [EF]
250 et plus
270 [EF]

* Dans les nouveaux vignobles, appliquer une fois tous les deux ans. Dans les vignobles établis, se fier à l'analyse des tissus végétaux pour estimer les besoins en N, P et K.
1  Mesuré par la méthode au bicarbonate de soude 0,5 M (Olsen).
2  Mesuré par la méthode de l'acétate d'ammonium 1,0 N.
Les cotes d'efficacité EÉ (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne), EF (efficacité faible), ETF (efficacité très faible) et EN (efficacité nulle) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.

 

Potassium (K)

Les vignes requièrent une plus grande quantité de potassium que les arbres fruitiers. Dans les plantations établies, se fier aux résultats d'une analyse des pétioles et à ceux d'une analyse de sol pour évaluer les besoins en potassium. Une quantité excessive de potassium peut causer une carence en magnésium (Mg). Il faut donc se garder d'en apporter trop.

Avant l'établissement, incorporer du potassium au sol suivant les doses indiquées dans le tableau 33, Besoins du sol en phosphore et en potassium dans les nouveaux vignobles. Dans les vignobles établis qui sont sarclés, épandre le potassium en pleine surface avant le premier sarclage au printemps. Dans les vignobles établis dont les entrerangs sont enherbés ainsi que dans les vignobles en sols argileux, épandre le potassium en bandes, afin de réduire la fixation du potassium dans le sol et d'en faciliter l'assimilation par les vignes. S'il est placé trop près des ceps, le chlorure de potassium (0-0-60) peut endommager les racines et les ceps.

Application foliaire de potassium pour les raisins

Au cours des saisons sèches, le potassium n'est pas facilement assimilable par les plantes. En présence d'une carence en potassium, des pulvérisations foliaires de potassium peuvent se révéler bénéfiques. Une pulvérisation de potassium à la véraison (moment où le raisin commence à mûrir) peut améliorer le rendement et la qualité des fruits. Appliquer cet élément sous forme d'application foliaire seulement si une carence est observée. Un excès de potassium peut rendre le jus et le moût problématiques pour la fermentation.

Magnésium (Mg)

Des teneurs du sol en magnésium de 100-250 ppm sont tout à fait convenables dans un vignoble. Dans les sols acides, la chaux dolomitique peut contribuer à élever le pH et à fournir du magnésium. On observe de plus en plus de carences en magnésium dans les vignobles, particulièrement ceux qui ont reçu beaucoup de potassium.
Une carence en magnésium peut provoquer la chute prématurée des fruits. Les feuilles les plus vieilles des pieds de vigne carencés sont pâles, puisque le magnésium fait partie intégrante de la structure moléculaire de la chlorophylle. L'analyse des pétioles est le meilleur moyen de révéler les besoins en magnésium.

Des pulvérisations foliaires peuvent corriger les carences en magnésium, mais seulement pour la durée de l'année même. Pour les corrections à long terme, épandre le magnésium au sol au début du printemps. Sur certains types de sol, un épandage au sol de magnésium, effectué une seule fois au début du printemps, ne suffit pas toujours. Un deuxième ou un troisième traitement le printemps suivant sont parfois nécessaires avant que les teneurs en magnésium de la vigne se rétablissent.

Voir le tableau 34, Pulvérisations foliaires de magnésium.

La pulvérisation d'une bouillie de pesticides additionnée de sulfate de magnésium (sels d'Epsom) peut endommager les fruits ou le feuillage. Il faut donc épandre les pesticides séparément. Voir les étiquettes des produits pour connaître la compatibilité des chélates de magnésium et des pesticides. Utiliser uniquement les chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.

Tableau 34. Pulv�risations foliaires de magn�sium
Moment Produit Dose Remarques
Trois pulvérisations à intervalles de 10 jours à compter de la mi-juillet Sulfate de magnésium (sels d'Epsom)
20 kg/1,000 L d'eau
Pulvériser pratiquement jusqu'au point de ruissellement. Ne pas dépasser une concentration de 40 kg/1 000 L d'eau.
Formulations liquides, y compris les chélates*
Consulter l'étiquette
Peut être compatible avec certains pesticides. Consulter l'étiquette.

* Utiliser des chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.

Calcium (Ca)

On a attribué la pourriture de la tige et de la rafle des raisins Canada Muscat et Himrod à une carence en calcium. Cette carence est habituellement associée à un déséquilibre dans l'absorption de l'eau pendant la floraison et immédiatement après la nouaison. Elle est difficile à corriger au moyen de pulvérisations foliaires de calcium.


Oligoéléments

Les carences en oligoéléments ne sont pas très fréquentes dans les plantations fruitières de l'Ontario. La variation acceptable des concentrations en oligoéléments n'est pas très grande. Les excès sont parfois plus dommageables que les carences. En conséquence, ne pas apporter d'oligoéléments, sauf si on a fait une analyse des pétioles et que celle-ci confirme une carence. Appliquer uniquement l'oligoélément qui est déficitaire et en quantités tout juste suffisantes pour corriger le problème.

La chlorose induite par la chaux est une carence en fer ou en manganèse parfois causée par des sols alcalins riches en bicarbonates ou par des apports excessifs de chaux. Pour plus de détails, voir Oligoéléments.


Respecter les doses d'éléments nutritifs recommandés sur les étiquettes des produits.
S'abstenir de toute pulvérisation lorsque la température dépasse 25 °C.


Nutrition des fruits tendres

Faire analyser le sol deux ans avant les plantations pour voir si une correction du pH est nécessaire. Une année avant les plantations, demander une autre analyse de sol pour en déterminer le pH et les teneurs en macroéléments et en oligoéléments. La période qui précède les plantations est le meilleur moment pour incorporer efficacement au sol de la matière organique, du phosphore, du potassium et de la chaux. Ces matières sont nécessaires pour optimiser la productivité des vergers.


Le fumier dans les vergers

Dans bien des cultures fruitières, les épandages de fumier peuvent engendrer des problèmes de salubrité des aliments. S'assurer qu'au moins 120 jours s'écoulent entre l'épandage et la cueillette.

Le fumier renferme de la matière organique utile et bien des macroéléments et oligoéléments. L'azote organique contenu dans le fumier se minéralise avec le temps, ce qui donne lieu à une libération graduelle de l'azote en quantités décroissantes pendant des années suivant l'épandage. Si du fumier a été épandu, corriger les apports d'azote organique et inorganique de manière à éviter une surfertilisation azotée. Voici des consignes à respecter pour tirer parti du fumier tout en réduisant au minimum les problèmes qui peuvent y être associés :

  • Épandre au plus, à l'hectare, 7 tonnes de fumier de volaille (20 m³ de fumier liquide) ou 40 tonnes de fumier de bovins (100 m³ de fumier liquide) ou encore 35 tonnes de fumier de porc (65 m³ de fumier liquide). Comme la teneur en éléments nutritifs du fumier varie considérablement, le faire analyser avant l'épandage. Voir Azote contenu dans le fumier.
  • Un apport excessif d'azote, surtout dans la seconde moitié de la saison de croissance, peut entraîner des défauts de coloration des fruits, une réduction de la durée de conservation en entrepôt, une croissance terminale excessive et un retard dans l'aoûtement des tissus ligneux, ce qui peut rendre les arbres plus vulnérables à l'hiver.
  • Épandre le fumier en pleine surface et l'incorporer au sol à la fin de l'automne ou au début du printemps avant la plantation. Pour éviter les blessures causées par l'hiver, s'abstenir, à la fin de l'été, d'épandre du fumier autour d'arbres nouvellement plantés.
  • " Sur les terres qui ont reçu du fumier, corriger les doses d'azote, de phosphore et de potassium en fonction des concentrations de ces éléments dans le fumier. Voir le tableau 10, Valeurs de remplacement moyennes en fertilisants de différents types de fumier.
  • Pour plus d'information sur les répercussions que peuvent avoir les épandages de fumier sur la salubrité des aliments et l'environnement, voir Azote contenu dans le fumier, Utiliser le fumier de manière responsable et Fumier et salubrité des aliments.

Exigences quant au pH

Le pH d'un sol est la mesure de son acidité ou de son alcalinité. Il influence la biodisponibilité et l'absorption des éléments nutritifs ainsi que le rendement des cultures. Si le rapport d'analyse de sol recommande un apport de chaux dans le but d'élever le pH du sol, faire cet apport un an avant les plantations. Pour des précisions sur les doses et les types de chaux à utiliser, voir Acidité du sol et chaulage.

Pour ce qui concerne les vergers déjà établis, demander tous les trois ans une analyse du sol sur un échantillon prélevé dans un rang, pour s'assurer que le pH est à un niveau satisfaisant. Si le pH tombe en deçà de 5,1 dans un loam argileux ou en deçà de 5,6 dans un sol sableux, épandre de la chaux sur la surface enherbée du verger à l'automne ou avant de travailler le sol au printemps. Les résultats ne seront pas immédiats parce que la chaux réagit lentement dans le sol.


Analyse foliaire

Pour ce qui concerne les plantations établies, l'analyse foliaire est le meilleur moyen de déterminer les besoins des arbres en éléments nutritifs. Quand on y ajoute les résultats des analyses du sol, on obtient une bonne base pour corriger la fertilisation. Pour tirer le meilleur parti possible des analyses foliaires, faire un échantillonnage une fois tous les trois ans. Pour plus d'information sur ces analyses, voir Analyse des tissus végétaux.

De nombreuses conditions du verger influent sur le prélèvement des éléments nutritifs, lequel varie légèrement chaque année selon la saison de croissance. Pour que la croissance et la qualité du fruit soient optimales, des concentrations convenables de tous les éléments nutritifs sont indispensables. Voir le tableau 35, Fourchettes de concentrations convenables d'éléments nutritifs pour les arbres à fruits tendres.

Pour déceler des tendances, effectuer une analyse foliaire chaque année. Le fait de prélever des échantillons sur les mêmes arbres et à la même période chaque année facilite l'interprétation des résultats d'analyses foliaires d'une année à l'autre. Utiliser les résultats de l'analyse foliaire et ceux de l'analyse de sol pour apporter des corrections au programme de fertilisation. Les besoins en fertilisants sont fonction de cette analyse foliaire, des méthodes culturales, de l'âge de l'arbre, du porte-greffe, du type de sol et des fertilisations précédentes. Pour déterminer le fertilisant requis, il faut aussi tenir compte de la croissance de l'arbre, du calibre des fruits, de leur couleur et de leur aptitude à la conservation.

Tableau 35. Fourchettes de concentrations convenables d'�l�ments nutritifs pour les arbres � fruits tendres (dans les feuilles de la partie centrale des rameaux, fin juillet)
Culture Azote (N)*
%
Phos-phore (P)
%
Potass-ium (K)
%
Cal-cium (Ca)
%
Magné-sium (Mg)
%
Fer
(Fe)
(ppm)
Bore
(B)
(ppm)
Zinc
(Zn)(ppm)
Manga-nèse
(Mn)
(ppm)
Pêcher
3,4-4,1
0,15-0,4
2,3-3,5
1-2,5
0,35-0,6
25-200
20-60
15-100
20-200
Poire
2-2,6
0,15-0,4
1,2-2
1-2
0,25-0,5
25-200
20-60
15-100
20-200
Prunier
2,4-3,2
0,15-0,4
1,5-3
1-2.5
0,35-0,65
25-200
20-60
15-100
20-200
Cerisier Montmorency
2,2-3
0,15-0,4
1,3-2,5
1-2,5
0,35-0,65
25-200
20-60
15-100
20-200

*  Dans le cas des arbres non fructifères, la teneur des feuilles en azote devrait être de 0,2 % plus élevée.


Engrais pour arbres à fruits tendres

Engrais pour arbres à fruits tendres non fructifères

La période qui précède la plantation est le meilleur moment pour incorporer efficacement au sol des éléments nutritifs comme le phosphore, le potassium, le bore et la chaux. Les concentrations optimales d'éléments nutritifs dans la couche arable sont de 12-20 ppm pour le phosphore, de 120-150 ppm pour le potassium, de 100-250 ppm pour le magnésium et de 1 000-5 000 ppm pour le calcium. Voir le tableau 36, Besoins du sol en phosphore et en potassium avant la plantation des cerisiers, pêchers, poiriers et pruniers, pour connaître les doses d'engrais à employer avant la plantation. Si l'on incorpore au sol de la matière organique, ces taux devraient permettre de subvenir aux besoins des arbres durant leurs premières années. Sur des sols peu fertiles à texture grossière, utiliser une solution de démarrage de 10-52-10 ou de 20-20-20 au moment de la mise en culture. Des concentrations trop élevées d'azote peuvent causer une croissance excessive et un aoûtement incomplet. Semer des plantes couvre-sol pour réduire les concentrations d'azote en fin de saison dans les vergers sarclés, en particulier s'ils sont jeunes. Les plantes couvre-sol, telles que le ray-grass d'Italie, qui sont semées vers le 1er juillet prélèvent une bonne part de l'azote biodisponible dans le sol et freinent la croissance des arbres. Dans le cas des jeunes arbres, épandre le fertilisant sous la couronne des arbres, mais pas à moins de 15 cm du tronc, sous peine d'endommager l'arbre.

Fertilisation des arbres à fruits tendres fructifères

La plupart des vergers en production ont besoin d'un apport annuel d'azote et de potassium. Ces deux éléments ont un effet très marqué sur la croissance et la productivité.

Azote (N)

L'azote est indispensable pour nombre de fonctions vitales de l'arbre, y compris la croissance, la formation des boutons, la nouaison et le grossissement des fruits. Les cultivars n'ont pas tous les mêmes besoins en azote. Les cultivars n'ont pas tous les mêmes besoins en azote. Par ailleurs, les cultivars destinés à la transformation peuvent recevoir plus d'azote que ceux qui sont destinés au marché frais. Dans certains cas, il faut augmenter l'apport d'azote lorsque les fruits ont tendance à rester trop petits. Le type de porte-greffe, l'espacement des arbres et les opérations de taille ont aussi une influence sur les besoins en azote. Il faut aussi tenir compte de la croissance des arbres ainsi que de la couleur et de l'aptitude à la conservation des fruits. En raison de la complexité des interactions entre l'azote, la qualité et la production, l'analyse foliaire est le meilleur guide pour décider des doses d'azote.

Dans le cas des poiriers, pêchers, pruniers et cerisiers, à défaut d'une analyse foliaire, on peut se guider sur les doses suivantes, qui sont considérées comme suffisantes. Pour chaque arbre et chaque année (âge) de l'arbre, utiliser 30-40 g d'azote. Par exemple, un arbre de cinq ans établi dans un verger gazonné requiert 150-200 g d'azote. Voir le tableau 37, Taux d'azote élémentaire par arbre dans les vergers gazonnés. La dose à employer dans les vergers sarclés à sol nu peut être réduite de moitié puisque la concurrence pour les éléments nutritifs est alors grandement réduite. En général, les arbres élevés sur un porte-greffe nanifiant nécessitent plus d'azote par hectare (et non par arbre) que ceux qui sont élevés sur un porte-greffe plus vigoureux. Dès que les couronnes des arbres occupent tout l'espace disponible, les besoins en fertilisants azotés atteignent un palier et n'augmentent plus avec l'âge de l'arbre. Encore une fois, les analyses foliaires sont le meilleur indicateur des besoins.

Choisir la formulation d'azote qui convient le mieux. Ne pas épandre d'urée (46-0-0) sur le sol dans les vergers dont les entrerangs sont gazonnés parce que, faute de pouvoir l'incorporer au sol, on perdra une partie de l'azote par volatilisation. Pour tous les arbres fruitiers, ne pas excéder 200 kg d'azote élémentaire par hectare et par année, même en cas de carence grave. Un apport excessif ou tardif d'azote provoque des défauts de coloration du fruit et une diminution de qualité. De plus, l'azote biodisponible en fin de saison favorise la croissance de l'arbre au détriment de son aoûtement, ce qui expose l'arbre à des dommages causés par l'hiver. Le fait de semer en été des plantes couvre-sol dans un verger sarclé contribue à abaisser la teneur en azote en fin de saison. Les plantes couvre-sol telles que le ray-grass d'Italie, semées vers le 1er juillet, prélèvent une bonne part de l'azote biodisponible dans le sol et ralentissent ainsi la croissance des arbres. Les mauvaises herbes qu'on laisse croître en fin de saison dans les bandes traitées à l'herbicide sous les arbres absorbent aussi le surplus d'azote; cela favorise l'aoûtement des arbres et une plus grande qualité du fruit. Réduire l'apport d'azote ou même le supprimer carrément une année si l'on prévoit de faire une taille sévère des arbres. Pendant les printemps secs, irriguer pour faire descendre l'engrais au niveau des racines, juste avant le début de la floraison ou immédiatement après la chute des pétales. Les doses maximales d'azote doivent être réduites pour les cultivars de poiriers sensibles au feu bactérien.

Tableau 36. Besoins du sol en phosphore et en potassium avant la plantation des cerisiers, pêchers, poiriers et pruniers

Phosphore du sol
Analyse de sol
(ppm de P)1
Besoins en phosphate
(P2O5) (kg/ha)[réaction]
0-3
80 [EÉ]
4-5
60 [EÉ]
6-7
50 [EÉ]
8-9
40 [EM]
10-12
20 [EM]
13-15
0 [EF]
16-20
0 [EF]
21-25
0 [ETF]
26-30
0 [ETF]
31-40
0 [ETF]
41-50
0 [ETF]
51-60
0 [ETF]
61-80
0 [EN]
Plus de 80
0 [EN]

 

Potassium du sol
Analyse de sol
(ppm de K)2
Besoins en potasse
(K2O) (kg/ha)[réaction]
0-15
180 [EÉ]
16-30
170 [EÉ]
31-45
160 [EÉ]
46-60
140 [EÉ]
61-80
110 [EÉ]
81-100
70 [EM]
101-120
40 [EM]
121-150
20 [EM]
151-180
0 [EF]
181-210
0 [EF]
211-250
0 [ETF]
Plus de 250
0 [EN]

Les cotes d'efficacité EÉ (efficacité élevée), EM (efficacité moyenne), EF (efficacité faible), ETF (efficacité très faible) et EN (efficacité nulle) indiquent la probabilité que l'apport de l'élément nutritif ait un avantage économique.
1 Mesuré par la méthode au bicarbonate de soude 0,5 M (Olsen).
2 Pour les plantations établies d'arbres fruitiers, recourir à l'analyse des tissus végétaux pour estimer les besoins en azote, en phosphore et en potassium.

Localisation de l'azote et moment de l'épandage

Les engrais azotés doivent être épandus tôt en avril. Dans les vergers sarclés à sol nu, l'azote est épandu à la volée, sous la couronne des arbres.

Dans les vergers gazonnés, l'azote est épandu en bandes à l'aplomb des branches les plus longues ou dans la bande traitée avec des herbicides. Si les boutons floraux ont été endommagés par les grands froids, il peut être nécessaire de fractionner les épandages d'azote. Faire le premier épandage vers la mi-avril et le deuxième, si nécessaire, après la floraison vers la fin de mai.

Pulvérisation foliaire d'azote

Quand, à un moment critique, les conditions météorologiques ou culturales rendent un apport d'azote nécessaire, les applications foliaires d'urée (46-0-0) donnent de bons résultats dans les vergers. Les pulvérisations tardives nuisent à la qualité des fruits et compromettent la survie hivernale des arbres.
Si de l'azote est nécessaire, ne pas compter sur les pulvérisations foliaires pour remplacer tous les apports d'azote au sol. Faire les apports en fonction de la performance des arbres et des résultats de l'analyse des tissus foliaires.

Phosphore (P)

Les arbres fruitiers ne requièrent pas de grandes quantités de phosphore. À quelques exceptions près, les sols de l'Ontario sont suffisamment riches en phosphore. Des apports de phosphore peuvent toutefois être nécessaires pour l'entretien du gazon ou des plantes couvre-sol. L'analyse du sol est la meilleure façon de déceler si le gazon en a besoin.

Tableau 37. Taux d'azote �l�mentaire par arbre dans les vergers gazonn�s
Âge des arbres
(ans)
Nombre d'arbres/ha (arbres/acre)
400 (160) 500 (200) 600 (240)
Âge des arbres (ans)
1
40
40
40
2
80
80
80
3
120
120
120
4
160
160
160
5
200
200
180
6
240
240
240
7
280
280
260
8
320
320
280
9
360
360
300
10
400
400
320
11
440
400
320
12
480
400
320

Si l'analyse révèle un manque de phosphore, en ajouter au sol avant l'installation du verger, seul moment où il est possible de l'incorporer soigneusement. Des teneurs en phosphore du sol de 12-20 ppm sont considérées comme suffisantes pour assurer la reprise des jeunes arbres, puis la production des fruits.

Potassium (K)

Le potassium joue un rôle important dans la coloration des fruits, la rusticité hivernale, la croissance des arbres ainsi que la résistance aux maladies, comme le feu bactérien chez les poiriers. Il faut évaluer correctement l'apport en potassium nécessaire, car, en excès, le potassium peut entraîner une carence en magnésium (Mg). Toute teneur en potassium qui se situe entre 120 et 150 ppm est considérée comme suffisante au moment de la plantation des arbres fruitiers. Le chlorure de potassium (0-0-60) est la source la plus courante de potassium. En l'absence d'analyse foliaire, on peut se guider sur les indications suivantes :

Dans le cas des arbres de 1 à 6 ans, indépendamment de la densité de peuplement, utiliser 50 g de K2O (80 g de chlorure de potassium) par 2,5 cm de diamètre (coupe transversale) du tronc;

Dans le cas des arbres de 7 ans et plus, épandre au plus 3 kg de K2O (5 kg de chlorure de potassium) par arbre de haute tige adulte et par année, quelle que soit la gravité de la carence. Dès que les couronnes des arbres occupent tout l'espace disponible, les besoins en fertilisants potassiques atteignent un palier et n'augmentent plus avec l'âge des arbres. Les analyses foliaires sont le meilleur indicateur des besoins.

Localisation du potassium et moment de l'épandage

Au début du printemps, le potassium peut être épandu seul ou en même temps que l'azote. Certains arboriculteurs fruitiers fertilisent à l'automne à cause des contraintes de temps au printemps. Cependant, une quantité de potassium peut se perdre par lessivage au cours de l'hiver. C'est pourquoi on recommande de faire si possible l'apport au printemps. Dans les vergers dont les entrerangs sont gazonnés, appliquer le potassium en couronne (sur une bande circulaire à l'aplomb des branches les plus longues) ou dans la bande traitée avec des herbicides.

Pulvérisation foliaire de potassium

Durant les années sèches, le potassium n'est pas facilement assimilable par les plantes. Lorsqu'une carence en potassium est confirmée par une analyse des tissus foliaires, des pulvérisations foliaires peuvent être faites.

Magnésium (Mg)

On observe de plus en plus de carences en magnésium dans les vergers, particulièrement ceux qui ont reçu beaucoup de potassium. Une carence en magnésium peut provoquer la chute prématurée des fruits.

Les vieilles feuilles des arbres carencés sont pâles, puisque le magnésium fait partie intégrante de la structure moléculaire de la chlorophylle. L'analyse foliaire est le meilleur moyen de révéler les besoins en magnésium.

Les pulvérisations foliaires de magnésium se révèlent efficaces pour corriger une carence en magnésium, mais seulement pour la durée de l'année même. Pour une correction à plus long terme, il faut épandre le magnésium au sol. Au moment de la plantation des arbres fruitiers, on considère qu'une teneur du sol en magnésium de 100-250 ppm est tout à fait convenable. Voir le tableau 38, Pulvérisations foliaires de magnésium.

Ne pas mélanger de pesticides avec du sulfate de magnésium (sels d'Epsom), sous peine d'endommager le feuillage. Vérifier l'étiquette du produit pour connaître la compatibilité des chélates de magnésium et des pesticides. Utiliser uniquement des chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires. Pour les corrections à long terme, faire des épandages de magnésium au sol. Il faut savoir que la réaction n'est pas immédiate. De plus, on a constaté qu'un épandage au sol de magnésium, effectué une seule fois au printemps, n'est pas suffisant sur certains types de sol. Le printemps suivant, un deuxième traitement et parfois un troisième peuvent être nécessaires avant que les teneurs en magnésium de l'arbre se -rétablissent. Durant ce temps, pour éviter un problème de chute des fruits, faire des pulvérisations foliaires au cours des deux premières années en plus des épandages au sol. Pour corriger la concentration du magnésium dans le sol, épandre du sulfate de potasse et de magnésie à raison de 5-7 kg par arbre de haute tige adulte, et de 3-4 kg par arbre nain adulte. Le sulfate de potasse et de magnésie est un fertilisant granulé qui se vend sous plusieurs marques de commerce. Il contient environ 21 % de potasse et 11 % de magnésium. On l'épand au début du printemps en couronne (sur une bande circulaire à l'aplomb des branches les plus longues). Comme il contient du potassium (K), la dose à utiliser dépend des besoins en potasse. Aucune autre formulation de potasse n'est en principe requise, mais il faut épandre l'azote aux doses recommandées. D'autres sources de magnésium donnent aussi de bons résultats sous forme d'épandages au sol. Si l'on épand un engrais additionné de magnésium, il faut s'assurer que celui-ci apportera au moins 80 kg de magnésium biodisponible par hectare. Dans les sols acides, la chaux dolomitique peut servir à hausser le pH du sol et à fournir du -magnésium.

Calcium (Ca)

On associe à un manque de calcium la gommose des prunes et des pruneaux européens ainsi que certains problèmes touchant la qualité des fruits chez la poire. Le calcium pulvérisé doit entrer en contact avec les fruits pour être absorbé par ceux-ci. Il faut donc utiliser de grandes quantités d'eau de manière à mouiller à fond toutes les parties de l'arbre. Certaines formulations de chlorure de calcium (CaCl2) nuisent au fini des fruits lorsqu'on les applique trop près du moment de la cueillette. Les apports excessifs de calcium peuvent causer la brûlure du feuillage. Ce n'est pas tant le produit utilisé qui importe que la quantité totale du calcium élémentaire effectivement épandue.

Pulvériser le CaCl2 (77 % de paillettes) à raison de 4 kg/1 000 L d'eau, depuis le début juillet jusqu'à la mi-août. Effectuer trois pulvérisations à 10-12 jours d'intervalles. Pour obtenir des résultats acceptables, il faut souvent épandre par hectare jusqu'à 12 kg de calcium élémentaire fractionnés en quatre pulvérisations ou plus. Les pulvérisations foliaires de calcium risquent de brûler le feuillage et les fruits si elles sont faites par temps froid et humide, des conditions qui ralentissent le séchage de la bouillie. Des dommages sont aussi à craindre quand le calcium est pulvérisé par temps très chaud (plus de 25 °C) ou humide. Ne pas pulvériser de formulations de calcium contenant de l'azote après la fin juillet, sous peine de diminuer la qualité des fruits et leur aptitude à la conservation. Quelle que soit la formulation, consulter l'étiquette pour connaître les doses et la compatibilité avec les pesticides.


Oligoéléments pour les arbres à fruits tendres

Les carences en oligoéléments (éléments indispensables en quantités infimes) ne sont pas très fréquentes dans les plantations fruitières de l'Ontario. La variation acceptable des concentrations d'oligoéléments n'est pas très grande. Les excès d'oligoéléments sont plus dommageables que les carences. L'analyse foliaire est plus révélatrice que l'analyse du sol des besoins en oligoéléments des arbres. Pour plus d'information, voir Oligoéléments.

Ne pas donner d'oligoéléments aux cultures fruitières tant que la carence n'a pas été confirmée par une analyse foliaire.

Se borner à corriger la carence confirmée en apportant tout juste la dose nécessaire. Appliquer les éléments nutritifs selon les doses recommandées sur les étiquettes. Ne pas faire de pulvérisations lorsque la température dépasse 25 °C.

Tableau 38. Pulv�risations foliaires de magn�sium
Moment Produit Dose Remarques
Trois pulvérisations à intervalles de 2 semaines en commençant vers la chute des pétales ou la nouaison, ou à l'éclatement des collerettes Sulfate de magnésium (sels d'Epsom)
20 kg/1,000 L d'eau
Pulvériser sur l'arbre jusqu'à ce que la solution ruisselle. Ne pas dépasser la concentration de 40 kg/1 000 L d'eau.
Formulations liquides, y compris les chélates*
Consulter l'étiquette
Peut être compatible avec certains pesticides. Consulter l'étiquette.

*  Utiliser uniquement des chélates recommandés pour les pulvérisations foliaires.

 

Figure 3 - Illustration de la formation des abricots aux stades suivants : dormance, floraison, chute des pétales, nouaison, éclatement des collerettes.
Figure 3. Stades repères de l'abricotier

Figure 4 - Illustration de la formation des cerises aux stades suivants : dormance, fin de dormance, préfloraison, bouton blanc, floraison, chute des pétales, nouaison, éclatement des collerettes.

Figure 4. Stades repères du cerisier à fruits acides et du cerisier à fruits doux

Figure 5 - Illustration de la formation des pêches aux stades suivants : dormance, débourrement - 6mm (1/4 po) de bouton vert, bouton rose avancé, floraison, chute des pétales, nouaison, éclatement des collerettes.

Figure 5. Stades repères du pêcher

Figure 6 - Illustration de la formation des poires aux stades suivants : dormance, pointe verte, apparition des boutons floraux, bouton blanc, floraison, chute des pétales ou calice.

Figure 6. Stades repères du poirier

Figure 7 - Illustration de la formation des prunes aux stades suivants : dormance, pointe verte, bouton blanc, floraison, chute des pétales, chute des collerettes.

Figure 7. Stades repères du prunier

 

 


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca