Déprédateurs des grandes cultures : Ravageurs des céréales
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Tableau de matières
IntroductionLe tableau 13-6, Symptômes d'infestations dans les champs de céréales, indique à quels ravageurs peuvent être attribués les symptômes décrits. Cette section décrit les ravageurs qui ne s'attaquent qu'aux cultures de céréales. Les ravageurs suivants peuvent également s'attaquer à d'autres cultures :
Complexe des pucerons des céréales :Puceron du merisier à grappes (Rhopalosiphum padi)Puceron des épis de céréales (Sitobion avenae)Puceron vert du maïs (Rhopalosiphum maidis)Description : Le puceron du merisier à grappes est le puceron qu'on rencontre le plus communément dans les céréales en Ontario. D'une longueur d'au plus 2 mm (1/12 po), ce puceron est tout petit. L'adulte est vert olive foncé, avec des taches rouge orangé vers l'arrière de l'abdomen entre les tubes pairs appelés « cornicules » (planche 96). Les cornicules et les pattes sont vert pâle et les antennes sont longues et noires. Les pucerons plus jeunes sont vert pâle. Planche 96. Le puceron du merisier à grappes est vert olive terne, avec des taches rouge orangé vers l'arrière de l'abdomen.
Le puceron des épis de céréales est en général le plus répandu des trois espèces. Il est vert pâle ou orangé clair et possède de longues pattes qui peuvent paraître vertes ou noires. Il possède aussi de longues antennes et des cornicules. Le puceron vert du maïs est lui aussi vert olive, mais ses pattes, cornicules et antennes sont noires et son corps est de forme plutôt rectangulaire, tandis que celui du puceron du merisier à grappes est plutôt piriforme. Comme tous les pucerons, les individus des trois espèces ont le corps mou, sont ailés ou non, et ont des pièces buccales de type perceur-suceur qui sucent les sucs (les éléments nutritifs) contenus dans les tissus jeunes. Les pucerons sécrètent une substance collante appelée « miellat », qui peut se couvrir de fumagine. Cycle biologique : Les pucerons qui envahissent les céréales hivernent en Ontario, particulièrement les hivers doux marqués par une épaisse couverture de neige. Les champs ensemencés à la fin de l'été ou au début de l'automne (août/septembre) sont ceux qui risquent le plus de souffrir d'infestations à l'automne. Dommages : En Ontario, ces pucerons sont rarement directement responsables de dommages. Ils s'agglutinent sur le dessus des feuilles près de la base des jeunes plants. Tôt ou tard, ils atteignent le sommet des plants. On les trouve alors dans les verticilles. De fortes populations peuvent donner au champ une coloration bronzée. Ces pucerons sont des vecteurs du virus de la jaunisse nanisante de l'orge. Voir sous Jaunisse nanisante de l'orge. Technique de dépistage : Le dépistage des pucerons qui envahissent les céréales est important à l'automne, car une infection en début de saison par le virus de la jaunisse nanisante de l'orge peut être désastreuse. Au printemps, parcourir le champ chaque semaine avant l'épiaison. Examiner vingt tiges en cinq points du champ. Secouer les plants au-dessus d'une feuille de papier et dénombrer les pucerons présents ou rechercher des colonies spécifiquement à la collerette. Noter également s'il y a des prédateurs présents et si les pucerons sont parasités ou infectés par un champignon. Seuils d'intervention : De 12 à 15 pucerons par tige avant l'épiaison, et jusqu'à 50 pucerons par épi par la suite. Stratégies de lutte :
Mouche de hesse (Mayetiola destructor)Description : Au stade adulte, la mouche de Hesse ressemble à un petit moustique. Elle est gris foncé et frêle. Son abdomen est pointu et d'un rouge terne. Les adultes volent mal et ne vivent que trois jours. Les larves sont des asticots de 2 mm (1/12 po) de long, dépourvus de pattes. Les pupes sont d'un brun tirant sur le rouge, ont la forme de graines de lin et peuvent être observées à la base des plants à la fin de l'automne et au début du printemps. Cycle biologique : On compte deux générations par année. La mouche de Hesse hiverne dans une coque de nymphose qui ressemble à une graine de lin à la base du feuillage des vieux plants. Les adultes émergent au printemps. La pluie déclenche leur apparition. Les femelles pondent leurs longs ufs rougeâtres en rangées qui rappellent une chaîne de saucisses à la face supérieure des feuilles des jeunes plants de blé d'automne ou de blé spontané. Les larves se développent et se nourrissent pendant environ trois semaines avant de former une coque de nymphose au milieu de juin. Une deuxième génération apparaît et l'insecte poursuit son cycle jusqu'à la fin septembre lorsqu'il forme une coque de nymphose qui lui fournira un abri pendant l'hiver. Dommages : Bien que les dommages surviennent à la fois au printemps et à l'automne, c'est la population d'automne qui est le plus à craindre, surtout pour les cultures de blé d'automne. D'autres cultures céréalières, dont l'orge, l'avoine et le seigle, semblent tolérer davantage les pucerons, bien qu'elles en soient quand même parfois infestées. Dommages causés à l'automne : Les cultures parties à l'automne peuvent paraître rabougries et prendre une teinte vert foncé. Sur les jeunes plants, les larves se nourrissent à l'intérieur de la gaine foliaire à la base du plant. Les enzymes qu'elles sécrètent dans le plant provoquent l'épaississement des tiges, le rabougrissement des plants et l'élargissement des feuilles. Les plants peuvent produire de multiples talles. Les plants infestés prennent une teinte d'un bleu-vert foncé. Leur survie à l'hiver est compromise. Dommages causés au printemps : Les dommages causés au printemps par la première population se concentrent au niveau des nuds ou juste au-dessus, là où les larves se nourrissent. Les entre-nuds ne s'allongent pas, ce qui nuit au transport des éléments vers l'épi. À la moindre traction, les tiges cèdent au niveau des nuds infestés. Les épis blanchissent parfois et les plants peuvent verser. Les champs les plus à risque sont ceux où poussent des cultivars sensibles de blé d'automne qui ont été semés tôt, alors que des vols d'adultes étaient encore observés. Technique de dépistage : Au printemps, inspecter les champs au début du remplissage des épis. Rechercher des plants qui ont des entre-nuds courts et des épis blancs. Tirer doucement sur leur tige pour voir si elle cède facilement à la hauteur d'un nud. Rechercher des larves à l'intérieur de l'entre-nud, là où la tige s'est cassée. À l'automne, commencer le dépistage trois semaines après la levée des plants de blé. Examiner vingt plants en cinq points du champ. Écarter les feuilles pour bien voir la naissance des feuilles sur la tige. Rechercher des coques de nymphose en forme de graines de lin afin de déterminer l'ampleur de l'infestation. Seuil d'intervention : Aucun n'a été établi. La lutte repose sur la prévention. Stratégies de lutte :
Criocère des céréales (Oulema melanopus)Description : Le criocère des céréales adulte est
un coléoptère bleu-vert métallique, d'environ 5 mm
(1/5 po) de long, à la tête et aux pattes orange rougeâtre
(planche 98). Les larves mesurent 6 mm (¼
po) de long à leur plein développement. Elles sont de couleur
jaunâtre, mais cette teinte est obscurcie par une couche d'excréments
noire qui leur donne l'aspect des limaces (planche
97). Planche 98. Au stade adulte, le criocère des céréales est bleu-vert métallique, sauf la tête et les pattes qui sont d'un orangé rougeâtre.
Planche 97. Les larves du criocère des céréales sont jaunâtres, mais cette teinte est obscurcie par une couche d'excréments noire qui leur donne l'aspect des limaces.
Cycle biologique : Les criocères des céréales hivernent au stade adulte dans les débris de feuilles situés dans des zones abritées comme les boisés et les épaisses couches de résidus de végétaux. Ces adultes émergent au début du printemps, après quoi les femelles fertilisées pondent leurs ufs dans les champs de blé, sur la face supérieure des feuilles. Les ufs éclosent donnant naissance à des larves dès le milieu de mai. Les larves entament ensuite la pupaison et, vers la mi-juin, les adultes émergent des pupes. Ces derniers se nourrissent brièvement de blé, puis envahissent les champs de maïs où ils se nourrissent pendant un court laps de temps avant d'entrer en dormance jusqu'à l'automne. À l'automne, les adultes s'activent à nouveau et se dirigent vers les sites d'hivernation. On compte une seule génération de cet insecte par année. Dommages : Les criocères des céréales se nourrissent de blé, d'avoine, de maïs, de fourrages et de graminées adventices. Les semis printaniers sont les plus attrayants, particulièrement les semis tardifs, bien que certaines cultures de blé d'automne puissent aussi être infestées au printemps. À la fois les adultes et les larves causent des dommages en dévorant de longues bandes de tissus entre les nervures des feuilles. Comme la couche superficielle de la feuille reste intacte, les dommages font penser à des « carreaux de fenêtre ». Le gros des dommages est causé par les larves en juin. Les champs lourdement endommagés semblent argentés. Technique de dépistage : Commencer le dépistage à la fin avril. Examiner vingt plants en cinq points du champ. Il est important d'inspecter différentes parties du champ, puisque les criocères des céréales ont tendance à y être répartis inégalement. Consigner le nombre de criocères adultes et de larves trouvés sur chaque plant. Faire le dépistage tous les cinq jours, étant donné que les populations peuvent s'accroître considérablement en l'espace de quelques jours. Seuil d'intervention : Un criocère des céréales au stade adulte ou larvaire par tige justifie une intervention, surtout dans les premiers stades de croissance de la culture (avant l'épiaison). Stratégies de lutte :
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| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
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| Date de création : | 20 août 2009 |
| Dernière révision : | 20 août 2009 |