Déprédateurs des grandes cultures : Ravageurs du soya

Publication 811 : Guide agronomique des grandes cultures > Déprédateurs des grandes cultures > Ravageurs du soya

 

Tableau de matières

 

Introduction

Cette section est consacrée aux ravageurs qui ne s'attaquent qu'au soya. Les ravageurs suivants peuvent également s'attaquer à d'autres cultures :


Le tableau 13-2, Symptômes d'infestations dans les champs de soya, indique à quels ravageurs peuvent être attribués les symptômes décrits.

Tableau 13-2. Symptômes d'infestations dans les champs de soya

Symptôme

Asticots (hanneton
commun ou
scarabée japonais)

Larve de la
mouche
des légum-ineuses

Limace

Chrysomèle
du haricot

Peuplement clairsemé

 x
 
 
 

Racines coupées, plants flétris, rabougris ou absents.

 
  x
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Galerie creusée dans le cotylédon, l'embryon ou l'hypocotyle.

  
  
 

Trous dans les feuilles

  
  
x  
  

Trous ronds dans les feuilles.

 
 
 
 

Feuilles dépouillées du limbe.

 
 
 
 

Feuilles déformées ou décolorées

 
 
 
 

Petits points blancs sur la face supérieure des feuilles, feuilles jaunies.

 
 
 
 

Feuilles cloquées, rabougrissement des plants (feuilles parfois collantes).

 
 
 
 

Gousses endommagées

 
 
 
 

Gousses coupées ou portant des perforations ou des traces d'alimentation.

 
 
 
 x

Gousses percées ou frisées et graines ridées ou tachées.

 
  
 
 

 

 
Symptôme Puceron du soya Scarabée
japonais adulte
Tétranyque
à deux points
Pentatomidés Punaise terne

Peuplement clairsemé

 
 
 
 
 

Racines coupées, plants flétris, rabougris ou absents.

 
  
  
 
  

Galerie creusée dans le cotylédon, l'embryon ou l'hypocotyle.

  
  
 
 
 

Trous dans les feuilles

  
 
   
 
  

Trous ronds dans les feuilles.

 
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Feuilles dépouillées du limbe.

 
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Feuilles déformées ou décolorées

 
 
 
 
 

Petits points blancs sur la face supérieure des feuilles, feuilles jaunies.

 
 
 
 
 

Feuilles cloquées, rabougrissement des plants (feuilles parfois collantes).

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Gousses endommagées

 
 
 
 
 

Gousses coupées ou portant des perforations ou des traces d'alimentation.

 
 
 
 
 

Gousses percées ou frisées et graines ridées ou tachées.

 
  
 
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Puceron du soya (Aphis glycines)

Description : Le puceron du soya est un petit puceron (pas plus gros qu'une tête d'épingle) de jaune pâle aux cornicules noires et à la queue jaune pâle (planche 82). Certains adultes sont ailés, d'autres pas. Les nymphes, aptères, sont plus petites que les adultes. Sur le nerprun, les œufs sont petits, en forme de ballon de football américain. Ils sont jaunes au moment de la ponte, puis deviennent brun foncé comme les rameaux du nerprun. Les œufs sont habituellement pondus le long des replis des bourgeons de nerprun.

Planche 82. Les pucerons du soya sont petits, de couleur vert pâle à jaune et peuvent être ailés ou non. On les trouve sur le revers des feuilles et sur les tiges.

Les pucerons du soya sont petits, de couleur vert pâle à jaune et peuvent être ailés ou non. On les trouve sur le revers des feuilles et sur les tiges.

 

Cycle biologique : D'origine asiatique, le puceron du soya a été vu pour la première fois en Amérique du Nord en 2000 et en Ontario en 2001. Pour compléter son cycle biologique, l'insecte doit compter sur deux hôtes. En effet, les pucerons du soya survivent en tant qu'œufs sur les branches de nerprun. Au printemps, les nymphes éclosent, et les pucerons vivent pendant deux générations sur le nerprun, comme femelles aptères. La troisième génération se transforme en adultes ailés qui migrent vers les plants de soya. Les pucerons continuent par la suite de produire des générations aptères jusqu'à ce que les plants de soya soient fortement infestés et que leur qualité diminue. Ils produisent alors des pucerons ailés qui migrent vers des plants moins fortement infestés. On peut compter jusqu'à dix-huit générations de pucerons par an dans le soya. À l'instar de la plupart des espèces de pucerons, les pucerons du soya sont tous des femelles qui donnent naissance à des nymphes vivantes, qu'elles portaient en elles à la naissance. Les mâles ne voient le jour qu'à l'automne pour que les femelles puissent s'accoupler avec eux et pondre des œufs sur le nerprun.

Dommages : Le puceron possède des pièces buccales de type perceur-suceur capables de perforer l'épiderme de la plante et d'en absorber par succion les liquides et les éléments nutritifs. Lorsqu'il est présent en petit nombre dans une culture de soya, le puceron peut vivre et s'alimenter de la plante sans entraîner une baisse de rendement. Par contre, une fois les seuils de nuisibilité dépassés - notamment lors des saisons sèches qui imposent un stress supplémentaire aux plants -, le puceron peut provoquer l'échec de la floraison, ralentir la croissance des plants et entraîner une baisse de la production de gousses et de graines et une réduction de leur qualité. Les pertes de rendement attribuables au puceron sont les plus importantes aux premiers stades R (R1 et R2) du développement des plants, au moment où la floraison risque d'être interrompue, compromettant la formation des gousses. Une infestation importante au stade du remplissage des gousses (R3) et aux stades ultérieurs peut se traduire par une réduction de la taille des graines et de leur qualité. Par ailleurs, le puceron du soya excrète une substance collante, appelée miellat, qui peut servir de substrat à la formation de fumagine grise. Enfin, le puceron du soya peut devenir un vecteur dans la transmission du virus de la mosaïque du soya (voir sous Mosaïque du soya).

Technique de dépistage : En début de saison, les pucerons sont portés à se concentrer sur les nouvelles feuilles et les feuilles trifoliées du haut. Plus tard, après le début des stades reproductifs, les pucerons vont plutôt dans le feuillage de mi-hauteur ou du bas, peut-être pour échapper à la chaleur ou aux prédateurs, plus nombreux au sommet. En raison des déplacements de l'insecte pendant la saison végétative, la meilleure technique de dépistage consiste à compter leur nombre sur des plants complets et à comparer ce nombre au seuil d'intervention.

Inspecter chaque champ tous les sept à dix jours, du début juin jusqu'au début septembre ou jusqu'à ce que les plants soient bien avancés dans le stade R6. Inspecter plus souvent (aux trois à quatre jours) à mesure que la population approche du seuil d'intervention. Compter les pucerons sur vingt à trente plants choisis au hasard dans tout le champ, sauf sur ses pourtours. À partir de l'examen individuel des plants, estimer le nombre moyen de pucerons par plant dans chaque champ. Toute augmentation lors d'au moins deux visites consécutives indique que les populations sont en hausse.

Seuil d'intervention : Le seuil est une population de 250 pucerons par plant, en voie d'augmentation sur 80 % des plants, du stade R1 au stade R5, y compris. L'exploitant dispose alors de sept à dix jours avant que soit atteint le seuil de nuisibilité économique (où le coût des interventions égale celui des pertes). Les ennemis naturels du puceron empêchent l'infestation de s'aggraver quand la population se maintient autour de 250 individus par plant. Au delà du stade R6, le seuil augmente et il est peu probable qu'un traitement insecticide présente un quelconque avantage économique. Les colonies de pucerons du soya se forment normalement sur le revers des feuilles. Quand ils pullulent, les insectes migrent vers les pédoncules et les gousses, ce qui indique habituellement que le seuil d'intervention a été atteint.

Stratégie de lutte :

  • Plusieurs ennemis naturels du puceron, dont la coccinelle (planches 83 et 84), la minuscule punaise anthocoride, la larve du syrphe et des guêpes parasites, jouent un rôle utile dans la lutte contre le puceron du soya. Un agent pathogène peut aussi infecter le puceron du soya, mais il lui faut de la chaleur et de l'humidité pour agir.
  • Tant que les populations ne dépassent pas 250 pucerons par plant, leurs ennemis naturels empêcheront l'infestation de progresser. On n'emploiera pas d'insecticide car le produit aurait pour effet d'éliminer les ennemis naturels et de faire gonfler les populations de pucerons au delà du seuil d'intervention.
  • Avant toute pulvérisation insecticide, voir si les plants sont aussi infestés par des tétranyques. Dans un tel cas, choisir un produit qui éliminera pucerons et tétranyques, sinon ces derniers se multiplieront davantage, tentant de combler le vide laissé par les pucerons.
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Planche 83. Les larves de coccinelles sont des ennemis naturels du puceron du soya.

Les larves de coccinelles sont des ennemis naturels du puceron du soya.



Planche 84. Les momies noires (comme celle à droite) sont des pucerons parasités par des guêpes parasites (encart). Ces dernières comptent parmi les nombreux ennemis du puceron du soya.

Les momies noires (comme celle à droite) sont des pucerons parasités par des guêpes parasites (encart). Ces dernières comptent parmi les nombreux ennemis du puceron du soya.

 

Tétranyque à deux points (Tetranychus uricae)

Description : Adulte, le tétranyque à deux points est pratiquement invisible à l'œil nu. Mesurant entre 0,5 et 1,0 mm (1/25 po) de long, cet insecte brun jaunâtre a le corps rond, huit pattes et deux taches foncées sur les côtés de l'abdomen (planche 85). Les larves ressemblent aux nymphes et aux adultes, sauf qu'elles ont six pattes au lieu de huit. Avec leurs quatre paires de pattes, les nymphes ressemblent aux adultes. Les femelles hivernantes, elles, sont orange ou rouges.

Planche 85. Les tétranyques à deux points sont à peine visibles à l'œil nu. Les adultes ont un corps brun jaunâtre, huit pattes et deux taches sombres sur le dos.

Cycle biologique : En général, les tétranyques à deux points hivernent en tant que femelles adultes en se servant, entre autres, des débris végétaux et des bordures des champs comme abri. Les champs de blé contre-ensemencés de trèfle rouge qui ont été fauchés constituent un autre site d'hivernation important.

En effet, le trèfle rouge peut nourrir le tétranyque jusqu'aux gelées, lui permettant de survivre dans le champ. À la fin avril, quand la température se réchauffe, le tétranyque commence à chercher de la nourriture et des sites de ponte. Les tétranyques se déplacent en rampant; les infestations ont donc tendance à s'étendre lentement depuis les bordures des champs. Les femelles non accouplées se massent sur le faîte des plants et tissent des toiles qui, agissant comme des « montgolfières », se gonflent sous l'effet des grands vents et les amènent à un autre site. Les femelles peuvent se reproduire sans s'accoupler. En fait, une seule femelle peut être le point de départ de toute une colonie. Par temps chaud, sec et venteux, les infestations peuvent se propager très rapidement. Il peut y avoir jusqu'à sept générations par an, leur période de croissance se chevauchant. Des pluies fréquentes et du temps frais réduisent les populations dans les champs de soya.

Dommages : Ce ravageur s'alimente du contenu des cellules végétales sur le revers des feuilles grâce à ses pièces buccales similaires à des stylets. Des points marquent les endroits rongés par le tétranyque. Les pointillés sévères font jaunir, s'enrouler ou brunir les feuilles (planche 86). Tôt ou tard, la feuille s'assèche et tombe. Un examen minutieux révèle une fine toile sur le revers des feuilles. Les dommages les plus graves se produisent par temps chaud et sec, normalement à la mi-juillet, après la récolte du blé d'automne. Habituellement, les dommages par les tétranyques débutent sur les pourtours des champs, mais grâce au vent, les tétranyques sont transportés vers l'intérieur des champs où ils créent des foyers d'infestation isolés. De la route, ces foyers isolés font penser à des zones soumis à un stress hydrique. Parmi les champs les plus à risque, mentionnons les champs avoisinants de chaume de blé d'automne et de foin, ainsi que les talus des fossés et les haies-clôtures qui hébergent les tétranyques hivernants. Sont aussi à risque les champs de soya en semis direct ensemencés immédiatement après une culture de blé d'automne contre-ensemencée de trèfle rouge.

Planche 86. Les infestations par les tétranyques débutent habituellement en périphérie des champs. Les feuilles infestées brunissent, puis tombent du plant.

Les infestations par les tétranyques débutent habituellement en périphérie des champs. Les feuilles infestées brunissent, puis tombent du plant.

Techniques de dépistage : Parcourir les champs chaque semaine à partir de la première semaine de juillet. Les infestations ont tendance à survenir peu après la récolte du blé et lorsque les municipalités tondent le bord des routes. Les infestations, qui vont du bord des champs vers l'intérieur, se présentent sous forme de points névralgiques. Il faut chercher des petits points blancs sur le dessus des feuilles du milieu du feuillage. Retourner ces feuilles et les secouer au-dessus d'une feuille blanche pour observer les tétranyques qui s'agitent. Il faut une loupe grossissant dix fois pour les voir.

Seuils d'intervention : La présence d'au moins quatre tétranyques par foliole ou d'une feuille gravement endommagée par plant avant le stade de remplissage des gousses signale la nécessité d'intervenir.

Stratégies de lutte :

  • Si le nombre de tétranyques dépasse le seuil d'intervention, il peut y avoir lieu de faire un traitement insecticide.
  • Faire des pulvérisations sur les pourtours des champs afin de maîtriser les infestations précoces, de prévenir la propagation des tétranyques dans les autres parties du champ et, éventuellement, de réduire le besoin de traitements ultérieurs.
  • S'il y a risque de pluie, retarder la pulvérisation. Un temps pluvieux prolongé réduit normalement les populations de tétranyques à un nombre insignifiant.
  • Utiliser des cultivars tolérant la sécheresse pour minimiser l'effet des tétranyques. Quand les conditions ne sont pas propices à la croissance des tétranyques, leurs ennemis naturels (p. ex. coccinelle, thrips, acariens prédateurs) contribuent à contenir les populations. Du temps frais et un taux d'humidité élevé peuvent favoriser la propagation d'un agent pathogène susceptible de le maîtriser de façon naturelle.

Insectes défoliateurs

Le soya peut compenser les pertes importantes de feuilles dues à des insectes, et ce, avec très peu d'incidence sur le rendement. Non seulement les plants de soya continuent-ils de produire de nouvelles feuilles au sommet du plant pour compenser les pertes foliaires dues à l'alimentation des insectes, mais les feuilles qui se situent sous la zone infestée, étant davantage exposées au soleil, deviennent plus grosses, ce qui accroît la surface foliaire. Cependant, le stade le plus critique s'étend de la floraison (R1) au remplissage des gousses (R4), moment où la croissance des graines dépend beaucoup de la photosynthèse. S'il devait se produire une défoliation importante pendant cette période, les rendements risqueraient d'en souffrir, surtout les années de sécheresse.
Pour estimer les seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs pour le soya, calculer le pourcentage de défoliation pour chaque champ de soya. En dix points du champ, prélever des feuilles trifoliées dans le milieu du feuillage de cinq plants. Jeter la foliole la moins endommagée et la foliole la plus endommagée de chacune des feuilles trifoliées.

Comparer les folioles restantes à la figure 13-2, Défoliation du soya due aux insectes défoliateurs, et déterminer le pourcentage moyen de défoliation. On a souvent tendance à surestimer l'ampleur de la défoliation, étant donné que la plupart des insectes défoliateurs s'attaquent d'abord à la partie supérieure du feuillage et au pourtour des champs. Au premier coup d'œil, les dommages peuvent ainsi paraître plus lourds qu'ils ne le sont en réalité. Pour se faire une idée juste des dommages, s'assurer d'inspecter les feuilles trifoliées provenant du milieu du feuillage.

Une fois le pourcentage de défoliation établi pour chaque champ, s'aider du tableau 13-3, Seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs pour le soya, pour déterminer, en fonction du stade de la culture, si une intervention est justifiée.

Figure 13-2. Défoliation du soya due aux insectes défoliateurs

Défoliation du soya due aux insectes défoliateurs

 

Chrysomèle du haricot (Certoma trifurcata)

haricots secs comestibles, soya

Description : La chrysomèle adulte mesure environ 5 mm (1/5 po) et possède parfois quatre taches noires (en parallélogramme) sur les couvertures alaires (planche 87). Elle peut-être de diverses couleurs (p. ex. jaune-vert, chamois, rouge).

Elle porte un petit triangle noir à la base des couvertures alaires (derrière la tête) qui sont bordées de noir.


Ne pas confondre la chrysomèle du haricot, la chrysomèle maculée du concombre et les coccinelles. La première porte un petit triangle noir derrière la tête.


Tableau 13-3. Seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs pour le soya
Stade du soy % de défoliation

Préfloraison (stades végétatifs)

30 %

De la floraison (R1) au remplissage des gousses (R4)

15 %

Du remplissage des gousses à la maturité (R5-R6)
(à moins qu'on observe que des gousses ont été dévorées)

25 %

 

Cycle biologique : Il y a deux générations de chrysomèles du haricot par an, sans compter la population hivernante qui envahit le soya après avoir quitté son site d'hivernation au printemps. La chrysomèle adulte hiverne dans les terres à bois, et les feuilles mortes et débris qui jonchent le sol. À la fin avril, les adultes sortent d'hivernation et s'alimentent des champs de luzerne avoisinants, jusqu'à la première coupe de la luzerne ou la levée du soya. Ensuite, les femelles fécondées pondent des oeufs orange en forme de citron par petites grappes dans le sol, à la base des plants de soya. La ponte se termine à la mi-juin. Suit une période bien marquée, entre la fin juin et la mi-juillet, où l'activité des adultes est quasi-inexistante dans le champ, le gros de la population étant alors aux stades d'oeuf ou de larve. Les larves fraîchement écloses consomment des racines et d'autres parties végétales enterrées pendant une trentaine de jours, jusqu'à la pupaison. La première génération d'adultes sort du sol dès la mi-juillet et s'alimente des feuilles et des gousses de soya. Cette génération vit environ un mois, pendant lequel elle pond les oeufs qui produiront les adultes de la seconde génération d'adultes. Celle-ci apparaît entre le milieu et la fin d'août et se nourrit des gousses jusqu'à la sénescence des plants. Les adultes reviennent alors aux champs de luzerne, s'il y en a, ou migrent vers des sites d'hivernation.

Dommages dans le soya : En règle générale, la défoliation du soya causée par la chrysomèle adulte est négligeable en Ontario. Les dommages aux plantules (stades V1 à V2) par les adultes hivernants font exception à la règle. Adulte, la chrysomèle fait de petits trous ronds entre les nervures principales des folioles. En cas de lourdes infestations, il arrive que les cotylédons et les plantules soient coupés. En fin de saison, elle se nourrit également de gousses, ce qui constitue un autre problème. La chrysomèle s'alimente de la surface des gousses, ne laissant qu'une mince couche de tissus pour protéger les graines. Ces lésions accroissent la vulnérabilité des gousses à des maladies secondaires, telles que l'alternariose. Il arrive aussi que les gousses soient coupées du plant, mais il ne s'agit pas là de la principale cause de perte de rendement. La principale préoccupation est que la chrysomèle est un vecteur du virus de la marbrure des gousses du haricot qui rend le plant et les graines ridés et marbrés, avec pour résultat un produit de qualité inférieure.

Dommages dans les haricots secs comestibles : La chrysomèle du haricot préfère le soya, mais elle peut aussi s'attaquer aux haricots secs comestibles, en particulier les années où les populations sont fortes. Il est rare qu'elle envahisse les cultures de haricots avant la mi-saison. En Ontario, la défoliation ne justifie en général pas une intervention. Adulte, la chrysomèle fait de petits trous ronds entre les nervures principales des folioles. En cas de lourdes infestations, il arrive que les cotylédons et les plantules soient coupés. Ce qu'on craint surtout dans les cultures de haricots secs comestibles, ce sont les dommages causés aux gousses en fin de saison. La chrysomèle consomme la surface des gousses, ne laissant qu'une mince couche végétale pour protéger les graines, rendant les gousses vulnérables à des maladies secondaires telles que l'alternariose. Il arrive aussi que les gousses soient sectionnées - une cause secondaire de perte de rendement.

Technique de dépistage :

Stade de plantules du soya : Choisir au hasard au moins cinq sites d'échantillonnage dans le champ. À chaque site, marcher lentement, sur 4,5-6 m (15-20 pi) le long du rang et bien compter toutes les chrysomèles. Sans déranger les plants, les vérifier de près de manière à voir le revers des feuilles. Calculer le nombre moyen par mètre ou pied de rang.

Au delà du stade plantule du soya : En dix points du champ, prélever des feuilles trifoliées entièrement déployées provenant du milieu du feuillage de cinq plants. Jeter la foliole la moins endommagée et la foliole la plus endommagée de chacune des feuilles trifoliées. Établir le pourcentage de défoliation à l'aide de la figure 13-2, Défoliation du soya due aux insectes défoliateurs.

Soya aux stades R5 et R6 : Aucun seuil n'a encore été validé pour l'Ontario. Les seuils reposent sur le pourcentage de gousses attaquées. Évaluer ce pourcentage en inspectant vingt plants en cinq points du champ. Éviter les pourtours du champ. Déterminer le nombre de gousses qui présentent des signes d'alimentation ou qui sont coupées et le nombre d'adultes présents.

Avant le stade du remplissage des gousses de haricots secs comestibles : Évaluer l'ampleur de la défoliation existante. En dix points du champ, prélever des feuilles trifoliées entièrement déployées dans le milieu du feuillage de cinq plants. Jeter la foliole la moins endommagée et la foliole la plus endommagée de chacune des feuilles trifoliées. Déterminer le pourcentage de défoliation à l'aide de la figure 13-2, Défoliation du soya due aux insectes défoliateurs.

Stades de remplissage des gousses de haricots secs comestibles : Les seuils dépendent du pourcentage de dommages observés sur les gousses. Évaluer ce pourcentage en inspectant vingt plants en cinq points du champ. Éviter les pourtours du champ. Déterminer le nombre de gousses qui présentent des signes d'alimentation ou qui sont sectionnées et le nombre d'adultes présents.

Seuils d'intervention :

Stade plantule du soya (VC-V2) : Le seuil d'intervention contre la chrysomèle du haricot et de seize chrysomèles adultes par pied de rang lorsque la culture est au stade de plantule. Si les plants sont sectionnés, intervenir.


Stades V3-R4 du soya : Si la défoliation est supérieure aux seuils indiqués dans le tableau 13-3, Seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs pour le soya, un traitement correctif peut être justifié.

Stades R5-R6 du soya à IP de qualité alimentaire et de semence : Dès que 10 % des gousses sont endommagées ET que les chrysomèles sont encore actives dans le champ, une pulvérisation est justifiée. Veiller toutefois à respecter le délai de non-traitement avant récolte.


La défoliation des cultures de soya peut aussi être attribuable au scarabée japonais. Voir Scarabée japonais. Dans le cas d'autres insectes défoliateurs du soya, notamment l'altise à tête rouge, les adultes de la chrysomèle des racines du maïs, la sauterelle, les chenilles de la belle dame, faire le dépistage tel qu'il est indiqué sous Insectes défoliateurs et dans le tableau 13-3, Seuils de nuisibilité des insectes défoliateurs pour le soya.


Seuil d'intervention dans les haricots secs comestibles : Il n'y a pas lieu de craindre de pertes de rendements notables tant que la défoliation n'atteint pas 35 % avant la floraison et 15 % après la floraison. Aucun seuil d'intervention n'a été validé à ce jour pour l'Ontario relativement à la période de remplissage des gousses. Toutefois, compte tenu de la grande valeur et des normes de qualité rigoureuses exigées des haricots secs comestibles, si 5-8 % des gousses inspectées présentent des cicatrices causées par l'alimentation des chrysomèles, une intervention peut être nécessaire. S'assurer que les adultes sont encore actifs dans le champ avant de faire une pulvérisation.

Stratégies de lutte dans le soya : Dans les champs où la chrysomèle du haricot a déjà sévi en début de saison et dans les champs qui sont les premiers à être ensemencés dans la région, employer de la semence ayant subi un traitement insecticide. Avant de faire un traitement insecticide foliaire, déterminer la pression exercée dans le champ par les populations de pucerons du soya et de tétranyques. Certains insecticides peuvent être plus lourds de conséquences sur les auxiliaires de lutte que sur les ennemis à combattre et provoquer un gonflement des populations de pucerons ou de tétranyques.

Stratégies de lutte dans les haricots secs comestibles : Dans les champs où la chrysomèle du haricot a déjà sévi en début de saison et dans les champs qui sont les premiers à être ensemencés dans la région, employer de la semence traitée. Utiliser des insecticides foliaires quand les seuils d'intervention sont atteints.

Insectes perceurs de gousses

Punaise Verte (du soya) (Nezara viridula)

Punaise Fétide (Euschistus servus)

Description : Deux espèces de pentatomes ou punaises des bois peuvent s'attaquer aux cultures de haricots, soit la punaise verte Nezara viridula, parfois dite punaise verte du soya (Southern green stink bug) et la punaise fétide. La punaise verte adulte est de bonne taille (environ 1,8 cm [3/4 po] de longueur), de couleur vert pâle, en forme de bouclier et possède des ailes pleinement développées. La punaise fétide est plus petite (environ 1 cm [1/3 po] de longueur) et de couleur brun-gris marbré. Les pentatomes adultes ont la forme d'un bouclier (planche 88). Les nymphes (individus juvéniles) peuvent présenter une allure très différente de la forme adulte, avec des ébauches d'ailes très courtes et tronquées et des couleurs souvent très différentes de celles des adultes. En particulier, la punaise verte présente, au stade nymphal, une brillante palette de couleurs où l'on retrouve du noir, du vert, de l'orange et du jaune. Les œufs, déposés en amas compacts, sont de couleur blanc jaunâtre et en forme de barillet.

Planche 88. Adulte de la punaise verte. Les punaises percent les gousses et extraient la substance des graines, entraînant la formation de rides et de fossettes à leur surface.

Adulte de la punaise verte. Les punaises percent les gousses et extraient la substance des graines, entraînant la formation de rides et de fossettes à leur surface.

Cycle biologique : Les punaises vertes n'hivernent pas en Ontario. Chaque année, elles sont portées par les ventes en provenance du sud des États-Unis et parviennent à nos latitudes au milieu de l'été. Les punaises fétides peuvent hiverner en Ontario et envahir d'autres cultures au début de l'été. Les pentatomes envahissent les champs de soya en août et au début septembre.


Il ne faut pas confondre la punaise fétide avec la punaise prédatrice Podisus maculiventris, cette dernière jouant un rôle utile puisqu'elle se nourrit de chenilles et d'autres insectes nuisibles. On peut distinguer l'une de l'autre en examinant de près leur bec ou leurs pièces buccales, en forme d'aiguilles. Le bec de la punaise fétide est effilé : elle s'en sert pour perforer des tissus végétaux délicats. Le bec de la punaise épineuse, plus épais, lui permet de « harponner » ses proies. En plus, la punaise prédatrice possède des épaules plus pointues, qui lui valent en anglais le nom de spined soldier bug, mais la différence peut être difficile à apprécier à moins que les deux insectes soient placés côte à côte.


Dommages : Nymphes et adultes des deux espèces ont des pièces buccales de type perceur-suceur conçues pour percer l'épiderme des plantes et en sucer les liquides qu'elles contiennent. Les pentatomes se nourrissent directement des gousses et des graines. Les dommages sont difficiles à évaluer parce que leurs pièces buccales ne laissent aucune trace évidente à l'extérieur. En outre, elles injectent dans les graines qu'elles piquent des enzymes digestives qui font les rider en surface. Les ouvertures ainsi pratiquées ouvrent la voie à différentes maladies, de sorte que la qualité des graines s'en trouve affectée. À cela s'ajoutent des dommages indirects, comme le retard de la maturation des graines, appelé syndrome de la graine verte (à noter que l'activité des punaises n'est pas la seule cause du phénomène).

Techniques de dépistage : Pour capturer les insectes, utiliser une toile posée sur le sol pour les semis en ligne et un filet fauchoir pour les semis en rangées étroites et les semis faits avec un semoir à grains.


La première méthode consiste à étendre une toile blanche de 90 cm (36 po) de longueur sur le sol, entre deux rangées de plants de soya, puis à secouer vigoureusement les plants des deux rangées contiguës au-dessus de la toile. Il suffira ensuite de compter le nombre de nymphes et d'adultes tombés sur la toile et de diviser ce chiffre par six pour obtenir le nombre moyen de pentatomes dans une longueur de rang de 30 cm (1 pi). Répéter l'opération à au moins quatre autres endroits du champ. Éviter de toucher les plants avant de les secouer.

Pour la deuxième méthode (filet fauchoir), faire vingt balayages du filet (chacun décrivant un arc de 180°) à cinq endroits différents du champ. Compter le nombre total d'insectes capturés (nymphes et adultes), puis diviser le total des prises par cent pour obtenir le nombre moyen d'insectes recueillis par balayage du filet.

Seuil d'intervention : Une intervention peut se justifier dans un champ de soya à IP de qualité alimentaire et de semence si on y trouve en moyenne une punaise par longueur de rang de 30 cm (1 pi) ou 0,2 punaise par balayage du filet fauchoir, aux stades R5 et R6.

Stratégies de lutte :

  • Pulvériser un insecticide foliaire dès que les seuils d'intervention sont atteints.
  • Respecter les délais de non-traitement avant récolte applicables aux produits utilisés.
  • À noter que les œufs des pentatomes peuvent être parasités ou dévorés par divers ennemis naturels.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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