Maladies des grandes cultures : Maladies du canola

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Complexe des maladies des plantules

Incidence : L'établissement du peuplement est une grande source d'inquiétude pour le producteur de canola. Si le peuplement s'établit mal, c'est souvent à cause d'infections par un ou plusieurs champignons qui provoquent différentes maladies faisant partie de ce qu'on appelle le « complexe des maladies des plantules ». Les principaux champignons en cause sont Rhizoctonia, Fusarium et Pythium. Leur incidence est plus grande par temps frais.

Aspect : Une infection se manifeste par de nombreux symptômes, dont la pourriture des semences, la fonte des semis, la brûlure des plantules et la pourriture des racines des plantules. Ces symptômes apparaissent pendant les quatre premières semaines ou avant le stade 4 feuilles. Les semences peuvent ne pas germer ou mourir peu après la levée. Les plantules qui lèvent peuvent paraître normales, mais être envahies d'une pourriture des racines. La fonte des semis se produit quand la pourriture des racines monte le long de la tige (hypocotyle), causant un ceinturage ou un pincement de la tige à la surface du sol ou tout près. La tige est affaiblie et risque de casser ou d'être étêtée à l'endroit où se forment les lésions d'un brun rougeâtre caractéristiques. Souvent et notamment sous des conditions climatiques sèches, les plantules infectées flétrissent ou meurent en réaction au stress causé par un système racinaire réduit (racines coupées), étranglé ou pourri. Les peuplements sont lents à lever, clairsemés ou inégaux. Or, des peuplements non uniformes entraînent des baisses de rendement. Des pertes graves peuvent obliger à reprendre les semis.

Cycle biologique : Les champignons en cause survivent dans le sol, dans des résidus de végétaux en décomposition. Les conditions conduisant à une germination et à une croissance lentes sont propices à leur prolifération. Les parties souterraines se lignifient au stade 2-4 feuilles ou avant dans le cas des plants vigoureux. À ce stade, les plantules peuvent lutter contre la progression de l'infection et arrivent à régénérer des racines plus vite qu'elles n'en perdent. Pythium préfère des sols frais et mouillés, mais Rhizoctonia prospère dans les sols secs et légers.

Stratégies de lutte : Semer des semences de bonne qualité dans un lit de semence ferme et humide quand les conditions sont propices à une germination rapide. Le fait de traiter les semences à l'aide de fongicides réduit l'incidence des infections et facilite l'établissement du peuplement. Maintenir un bon équilibre des éléments nutritifs et éviter un apport excessif d'engrais, qui favorisent les maladies et les phytotoxicités. Éviter d'enfouir la semence profondément.

Jambe noire (Leptosphaeria maculans)

Incidence : La jambe noire est une maladie fongique présente partout au Canada où l'on cultive le canola. Dans l'Ouest canadien, il existe deux souches (de virulence faible et élevée) du champignon qui y entraînent des pertes substantielles. Ces dernières années, plus de cas de jambe noire ont été recensés en Ontario, notamment dans les champs de canola d'automne. Heureusement, la souche virulente, responsable des pertes dans l'Ouest n'a pas, à ce jour, été signalée en Ontario.

Aspect : L'infection se manifeste d'abord sur les cotylédons ou sur les feuilles : il s'y forme des taches blanches ou chamois, de forme circulaire ou irrégulière, faisant 1-2 cm (3/4 po) de diamètre, chacune étant marquée de nombreux points noirs (pycnides) (planche 166). À mesure que la saison avance, le champignon s'étend à la tige et au collet, formant un chancre qui finit par étrangler la tige (planche 167). Les plants gravement atteints mûrissent prématurément et leur collet ou le bas de la tige vire au noir ou au gris. Dans les cas extrêmes, ces plants infectés versent, les graines sont petites et ratatinées et sont probablement elles-mêmes infectées par le champignon.

Planche 166. Chez le canola, la jambe noire occasionne des taches blanches ou chamois, de forme circulaire ou irrégulière, contenant de nombreux points noirs (pycnides).

Chez le canola, la jambe noire occasionne des taches blanches ou chamois, de forme circulaire ou irrégulière, contenant de nombreux points noirs (pycnides).

 

Planche 167. La jambe noire se propage à la tige et y produit un chancre qui ceinture la base de la tige.

La jambe noire se propage à la tige et y produit un chancre qui ceinture la base de la tige.

Cycle biologique : Le champignon de la jambe noire survit sur des résidus (déchets) de canola ainsi que sur des semences et des plants infectés. Le champignon peut se propager d'un champ à l'autre par le transport de résidus ou de plants infectés. Les spores du champignon sont disséminées par la pluie, le vent et la semence infectée.

Stratégies de lutte : Utiliser des cultivars moins sensibles. La plupart des cultivars sont cotés selon une échelle de 1 (résistant) à 5 (extrêmement sensibles). Faire une bonne rotation des cultures, en laissant au moins trois ans entre les cultures de canola. Des traitements antifongiques des semences réduisent les infections transmises par les semences et minimisent le risque d'introduction de la jambe noire dans de nouveaux champs. Cependant, la maladie peut quand même se propager d'un champ à l'autre par des plants infectés et des résidus.

Pourriture à sclérotes (sclérotiniose) (Sclerotinia sclerotiorum)

Cette maladie touche également les haricots secs comestibles, le soya et le tournesol. Voir Pourriture à sclérotes, et les planches 161 à 165.

Planche 161. La pourriture à sclérotes infecte d'abord les vieilles fleurs et les feuilles mortes, et finit par s'étendre aux gousses, aux feuilles et aux tiges saines.

La pourriture à sclérotes infecte d'abord les vieilles fleurs et les feuilles mortes, et finit par s'étendre aux gousses, aux feuilles et aux tiges saines.

 

Planche 165. Chez le tournesol, la pourriture à sclérotes cause la pourriture de la base ou du milieu de la tige et même de l'épi.

Chez le tournesol, la pourriture à sclérotes cause la pourriture de la base ou du milieu de la tige et même de l'épi.

Mosaïque du navet

Incidence : Le virus de la mosaïque du navet est devenu un problème d'importance dans certaines régions où le canola d'automne est cultivé.

Cycle biologique et aspect : L'infection se produit à l'automne et provoque la marbrure des feuilles (régions jaunes ou vert pâle entourées de la couleur verte normale) et le plissement ou le gaufrage du limbe entre les nervures (planche 168). La croissance printanière est lente. Les plants gravement atteints sont rabougris, tordus et généralement de couleur vert pâle ou jaune. Les gousses sont déformées et une proportion importante de graines sont mal remplies. La maladie semble sévir plus durement dans les régions où l'on cultive des crucifères (tel le rutabaga) et dans les champs où la concurrence des mauvaises herbes et des céréales spontanées est forte.

Planche 168. Le virus de la mosaïque du navet provoque la marbrure des feuilles et le plissement ou gaufrage du limbe. Il peut aussi faire jaunir le plant et en freiner la croissance.

Le virus de la mosaïque du navet provoque la marbrure des feuilles et le plissement ou gaufrage du limbe. Il peut aussi faire jaunir le plant et en freiner la croissance.

Stratégies de lutte : Souvent, l'incidence du virus de la mosaïque du navet est forte dans le canola d'automne spontané. Si des semis hâtifs peuvent contribuer à accroître la survie hivernale de la culture dans certaines régions, ils semblent par ailleurs aggraver les infections par le virus de la mosaïque du navet là où cette mosaïque sévit déjà. On n'a signalé que des infections de peu d'importance dans les cultures de canola de printemps.

 


Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 20 août 2009
Dernière révision : 20 août 2009

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