Soya : Semis et croissance de
la culture
| Maïs
| Soya | Cultures
fourragères | |Céréales|
Haricots secs comestibles
|Canola de printemps et canola
d'automne|
|Autres cultures ||Gestion
des sols||Fertilité
et éléments nutritifs|
|Dépistage| |Gestion
des grains stockés à la ferme|
|Lutte contre les mauvaises herbes
l Déprédateurs
des grandes cultures|
|Maladies des grandes cultures|Annexes|
Publication
811F : Guide agronomique des grandes cultures > Soya
> Semis et croissance de la culture
Commander
la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
Qualité des semences
Il est important de connaître la qualité des
semences. Celles qui sont certifiées doivent être conformes
à des normes de pureté et de pouvoir germinatif. Pour connaître
la qualité des semences communes, avant les semis, en faire évaluer
le pouvoir germinatif dans un laboratoire accrédité voir
l'annexe F, Laboratoires
offrant des tests de germination sur demande en Ontario.
Viabilité et détérioration
Le facteur de qualité le plus important dans l'évaluation
des lots de semences est le pouvoir germinatif, c'est-à-dire la
capacité de production de plantules normales dans des conditions
favorables (humidité de 95 à 100 % et température
de 25 °C). Les sources de stress présentes dans les champs
après les semis ont souvent pour effet de faire diminuer la levée
des plantules comparativement à ce qu'on obtient en laboratoire.
Un meilleur outil d'évaluation de la capacité
des semences à lever rapidement et de façon homogène
dans un large éventail de conditions est la mesure de leur cote
de vigueur, que l'on évalue par un test de vigueur, également
appelé test de stress, ce nom étant plus approprié.
Selon les normes visant les semences certifiées, on doit tester
leur pouvoir germinatif. En outre, de nombreux distributeurs testent régulièrement
la vigueur de leurs semences et publient les résultats.
La figure 2-1, Effet de la détérioration
des semences sur leur vigueur et leur pouvoir germinatif, page en regard,
montre la relation entre ces paramètres. À mesure que la
détérioration s'accroît, le pouvoir germinatif diminue
lentement et la vigueur diminue très rapidement.
Dans le cas du lot A, il y a peu de détérioration,
et le pouvoir germinatif et la vigueur sont comparables. Par contre, le
lot B a un excellent pouvoir germinatif, mais peu de vigueur.
Divers facteurs sont susceptibles de faire diminuer la vigueur
des semences, notamment leurs caractéristiques génétiques,
les maladies, les lésions mécaniques, la détérioration
au cours de l'entreposage et les conditions atmosphériques présentes
avant la récolte. Cependant le facteur le plus important semble
être l'environnement. Des études effectuées au moment
de la récolte par l'Université de Guelph suggèrent
que le délai entre la maturation physiologique et la récolte
entraîne une perte de vigueur. Pour la production de semences, il
est important de récolter le soya en temps opportun.
Figure 2-1.Effet de la détérioration
des semences sur leur vigueur et leur pouvoir germinatif
Source : Delouche et Caldwell, 1960.

Inoculation
L'azote gazeux de l'air (N2) est fixé par des organismes
vivants qui le convertissent en une forme que les plantes peuvent utiliser,
soit l'ammonium (NH4+). Dans les légumineuses,
cette fonction est assurée par les bactéries symbiotiques
du type Rhizobium qui colonisent les poils racinaires en formant des nodosités.
On appelle inoculation l'ajout dans le sol des rhizobactéries propres
au soya (Bradyrhizobium japonicum). Grâce à la plante, elles
bénéficient d'un milieu de croissance protégé
et d'un apport en glucides et en minéraux, et elles lui fournissent
de l'azote. Une culture de soya de 3,4 t/ha (50 bo/ac) prélève
210 lb d'azote/acre, en premier lieu à partir des quantités
qui sont déjà disponibles dans le sol, le reste (40 à
75 %) étant produit par les nodosités.
Les inoculants peuvent être appliqués « à la
ferme » au moment des semis ou sous forme de « pré-inoculants
». Les pré-inoculants sont formulés pour permettre
aux bactéries de survivre sur les semences, de sorte qu'on peut
inoculer celles-ci longtemps avant les semis. Ils sont généralement
appliqués par un appareil commercial de traitement des semences
et ils sont compatibles avec de nombreux traitements aux fongicides ou
aux insecticides. Dans des essais effectués par l'Université
de Guelph, les pré-inoculants se sont avérés aussi
efficaces que les inoculants appliqués au moment des semis.
La plupart des produits de ce type disponibles actuellement sont associés
à un porteur stérile (tourbe) ou à une formulation
liquide. La base stérile est une poudre de tourbe qui est stérilisée
avant l'ajout de la souche d'inoculant. Ces produits contiennent une concentration
beaucoup plus élevée de rhizobactéries que l'ancienne
poudre de tourbe non stérile, souvent contaminée par des
microorganismes susceptibles d'être des compétiteurs des
rhizobactéries.
Lorsqu'il est semé pour la première fois dans un champ,
pour donner de bons rendements, le soya doit être inoculé
avec une souche de rhizobactéries. Pour être sûr d'obtenir
une bonne inoculation, employer deux produits différents ou au
moins deux lots différents du même produit.
Quel que soit l'inoculant, il doit bien recouvrir la semence pour avoir
une efficacité maximale. Pour l'application à la ferme,
placer l'inoculant à la base de la vis de chargement au moment
de remplir le semoir. Les fournisseurs vendent également des dispositifs
qu'on accroche sur le côté d'un camion, d'un bac-citerne
ou d'une remorque à décharge par gravité. Il arrive
que des agriculteurs utilisent de trop grandes quantités de liquide
de traitement des semences ou d'inoculant, qui bouche le semoir ou crée
un dépôt dans la vis de chargement. On peut prévenir
ce problème en appliquant une faible dose de tourbe en même
temps.
Certaines formes de traitement des semences et certains engrais liquides
peuvent nuire au rendement de l'inoculant. Avant d'utiliser un inoculant,
vérifier sur l'étiquette la durée de sa viabilité
sur la semence si l'application est effectuée avec une forme de
traitement ou en mélange avec un engrais liquide.
Là où l'on a déjà eu une culture de soya
de teinte vert foncé ayant un bon nombre de nodosités, l'inoculant
n'est pas essentiel, sauf sur les sols acides (pH inférieur à
6,0) ou sableux, et dans les champs mal drainés qui ont été
inondés pendant une longue période. Dans de tels cas, on
recommande l'inoculation pour chaque nouvelle culture de soya. S'il subsiste
une incertitude quant à la formation de nodosités en nombre
suffisant dans les cultures précédentes de soya, inoculer
pour écarter tout risque de mauvaise nodulation. Lors d'essais
menés en Ontario, dans des champs où une récolte
précédente avait produit suffisamment de nodosités,
l'inoculation du soya a donné un accroissement du rendement de
0,1 t/ha (1,5 bo/ac). Même en l'absence de cultures de soya, les
rhizobactéries survivent de 7 à 10 ans dans la plupart des
sols, et même parfois plus de 50 ans.
Des études ont montré qu'il était difficile de remplacer
les souches de bactéries existantes par d'autres plus efficaces.
Lorsqu'une souche est établie dans le sol, elle élimine
toute nouvelle souche qui pourrait être introduite sur les semences.
Le fumier ou les engrais azotés commerciaux épandus sur
les champs de soya constituent un apport d'azote rapidement disponible
que le soya absorbe avant celui produit par les rhizobactéries.
Dans ces champs, la formation de nodosités est parfois retardée,
mais les rendements ne sont aucunement affectés. Là où
l'on cultive du soya pour la première fois et où l'on épand
du fumier ou des engrais azotés commerciaux, les nodosités
peuvent ne pas se former et il y a risque de carence en azote à
la fin de la saison à moins que le sol en contienne de grandes
quantités.
Tableau 2-7.-Effet des dates de semis
sur le rendement et l hauteur des plants
| Date de semis |
Rendement
t/ha (bo/acre) |
% par rapport à un plein
rendement |
Hauteur des plants
cm |
|
mai 10
|
3,23 (48)
|
100
|
104
|
|
mai 24
|
2,96 (44)
|
92
|
93
|
|
juin 7
|
2,75 (41)
|
85
|
89
|
Source: Bohner, MAAARO, 2004-06.
Normalement, les racines du soya sont colonisées par Bradyhizobium
japonicum peu après la levée et les nodosités se
forment de deux à trois semaines après le semis. Vérifier
les champs à ce stade pour pouvoir appliquer de l'azote en cas
d'échec de l'inoculation. Dans les champs où l'on cultive
du soya pour la première fois, les nodosités se forment
sur la racine pivotante. Là où l'on a déjà
cultivé du soya, il y a également des nodosités sur
les radicelles.
La nodulation s'est bien déroulée s'il y a de 7 à
14 nodosités par plante à l'apparition de la première
fleur.
Les feuilles de soya passent souvent par une teinte vert clair ou même
jaune pâle juste avant que les nodosités commencent à
produire des quantités suffisantes d'azote; il s'agit d'une phase
importante du développement d'une culture saine. Une fois que les
nodosités se sont établies et commencent à produire
de l'azote, les feuilles reprennent leur couleur vert foncé. Si
la nodulation se déroule bien et en présence d'humidité
et d'éléments nutritifs en quantité suffisante, la
teinte jaune ne persiste que pendant sept à dix jours.
Date de semis
Le choix de la date de semis est un important outil d'optimisation du
potentiel de rendement, une mise en terre précoce, habituellement
dans les dix premiers jours de mai, donnant les meilleurs résultats.
À cet égard, tout retard a de bonnes chances de s'accompagner
d'une diminution significative du rendement, comme le montre le tableau
2-7, Effet des dates de semis sur le rendement et la hauteur des plants.
Le soya est plus sensible à la température du sol que le
maïs. Cependant, de façon générale, si la température
du sol et les conditions d'humidité permettent de semer du maïs,
elles conviennent aussi aux semis de soya.
Une forte gelée printanière peut tuer le soya semé
tôt parce que le point végétatif des plantules levées
se situe au-dessus de la surface du sol. Toutefois le soya résiste
à des températures pouvant aller jusqu'à -2,8 °C
pendant une courte période, alors que les tissus du maïs sont
endommagés à partir de -2 °C.
Tableau 2-8. Effet de l'espacement des
rangs sur le nombre de jours avant la formation d'un couvert complet (semis
en mai)
|
Espacement des rangs
|
Nbre de jours avant la formation d'un couvert
complet |
| Semis avant le 15 mai |
Semis après le 15 mai |
|
18 cm (7 po)
|
30
|
25
|
|
38 cm (15 po)
|
45
|
40
|
|
51 cm (20 po)
|
55
|
50
|
|
76 cm (30 po)
|
70
|
65
|
Semis retardés
Lorsque les semis sont retardés, le soya prend moins de jours
pour arriver à maturité; par exemple, si les semis sont
différés d'un mois, la maturité ne sera retardée
que de neuf jours. Par ailleurs, le retard dans les semis peut réduire
la période de croissance végétative, de sorte que
les plants sont plus courts et les gousses plus basses. Le fait de semer
tard réduit également la durée de la période
de floraison, ce qui se traduit par une diminution du nombre de gousses
par plant. La date de semis a aussi une certaine influence sur la durée
du stade de remplissage des gousses.
En général, si les semis sont différés de
trois jours, la maturité est retardée d'une journée.
Si les semis ont lieu après le 15 juin, soustraire 100 à
200 unités de l'estimation du nombre d'UTC disponibles. En Ontario,
les semis effectués après le 1er juillet se soldent généralement
par des échecs. Si l'on doit semer après cette date, choisir
des cultivars de pleine saison à hile pâle. En cas de gelée
hâtive, les hiles foncés peuvent « tacher » l'intérieur
des graines. Les cultivars de journées courtes semés tard
en saison donnent des plants extrêmement courts avec peu de gousses.
Pour améliorer la croissance végétative des semis
tardifs, choisir des cultivars qui atteignent une plus grande hauteur
et les semer en rangs plus serrés. Si les semis sont tardifs et
que les rangs sont espacés, le potentiel de rendement diminue.
Ajouter 10 % au taux de semis, pour accroître la hauteur des gousses
les plus basses et le nombre de gousses par acre.
Récoltes successives
De temps à autre, quelques producteurs de l'extrême sud
de l'Ontario tentent de cultiver du soya immédiatement après
la récolte des céréales d'automne ou de pois. Malheureusement,
dans la province, les récoltes successives de ce type se soldent
souvent par un échec. Ne pas enlever un bon peuplement de trèfle
rouge pour semer du soya; étant donné les risques liés
à cette tentative de deuxième récolte, il vaut mieux
s'en tenir aux bénéfices apportés par le trèfle
rouge. Ne pas tenter non plus de produire une deuxième récolte
si le nématode à kyste du soya est présent dans le
champ; en effet, la culture de soya immédiatement après
une céréale d'automne annulerait une partie des effets bénéfiques
de cette dernière culture qui n'est pas un hôte de ce ravageur,
et elle permettrait à celui-ci de se multiplier.
Tableau 2-9. Incidence de l'espacement
des rangs sur le rendement
| Espacement des rangs |
Rendement1 |
|
18 cm (7 po)
|
3,3 t/ha (49 bo/acre)
|
|
36 cm (14 po)
|
3,2 t/ha (47 bo/acre)
|
|
53 cm (21 po)
|
3,0 t/ha (45 bo/acre)
|
|
71 cm (28 po)
|
2,7 t/ha (40 bo/acre)
|
1 Résultats de recherches effectuées sur des
loams argileux dans la zone de 3 250 UTC. La réponse devrait être
plus accentuée dans les régions à saison de croissance
plus courte. La réponse à la réduction de l'espacement
des rangs est moins marquée si la croissance s'effectue en présence
de stress.
Voici quelques conseils de gestion pour améliorer les chances
de réussite d'une seconde récolte :
- À la première récolte, laisser environ 20 cm
(8 po) de chaume pour favoriser l'allongement de la tige du soya et
la formation des gousses plus haut sur le plant;
- Semer le soya immédiatement après une récolte
de céréales ou de pois effectuée en temps opportun;
- Placer les semences de façon à les recouvrir d'une
couche de terre humide de 1 cm (1/2 po) d'épaisseur, sans dépasser
une profondeur de 7,5 cm (3 po);
- Si possible, choisir des cultivars à hile pâle de pleine
saison qui donnent de grands plants;
- Utiliser des taux de semis élevés en semant en rangs
serrés.
Espacement des rangs
La culture du soya se prête bien à une vaste gamme d'espacements
dans les régions ontariennes où la saison de croissance
est longue. Le choix de l'espacement dépend de facteurs tels que
le système de travail du sol employé, l'équipement,
les problèmes de mauvaises herbes, l'état du sol, la présence
de pourriture à sclérotes et la date du semis. En Ontario,
la plupart du temps, on cultive le soya en semis denses (espacement de
19 cm [7,5 po]) ou en rangs à espacement intermédiaire (38
à 56 cm [15 à 22 po]).
Les cultures plus espacées permettent le travail du sol entre
les rangées et sont moins sujettes à l'encroûtement;
par ailleurs, si les rangs sont rapprochés, le couvert peut se
former plus rapidement, ce qui maximise l'interception de la lumière.
Le tableau 2-8, Effet de l'espacement des rangs
sur le nombre de jours avant la formation d'un couvert complet (semis
en mai), montre les différences entre les périodes en question.
La formation rapide du couvert végétal facilite aussi la
maîtrise des mauvaises herbes.
Sur les sols plus lourds, notamment argileux, les espacements plus larges
permettent de semer davantage de graines par mètre de rang, ce
qui peut faciliter la levée. Sur les sols argileux sujets à
l'encroûtement, les espacements de 38 cm (15 po) ou plus ont permis
une meilleure levée que les semis denses. Les rangs plus espacés
laissent aussi mieux circuler l'air, ce qui limite les effets de la pourriture
à sclérotes.
Tableau 2-10. Rendements obtenus avec
un semoir à céréales de 7,5 po
et un semoir de précision
Taux de semis, graines/ha (graines/ac) |
Semoir à céréales, espacement de
19 cm
(7,5 po), t/ha (bo/ac)1
|
Semoir de précision, espacement de 38 cm (15 po),
t/ha (bo/ac)
|
|
370 500 (150 000)
|
2,92 (43,4) b
|
3,03 (45,0) ab
|
|
494 000 (200 000)
|
3,11 (46,2) a
|
3,12 (46,4) a
|
| Least Significant Difference (P = 0,05) = 2,2 bu |
Source: Bohner,MAAARO
1 Les résultats suivis de la même lettre ne présentent
pas d'écart significatif entre eux.
La culture de soya en rangs serrés offre un gain de potentiel
de rendement plus grand dans les régions où la saison de
croissance est courte. Plus on avance vers le sud-ouest de l'Ontario,
plus cet avantage diminue en importance. Dans les régions où
la saison de croissance est courte (moins de 2 800 UTC), on recommande
des espacements de 18 cm (7 po).
Dans les champs sujets à la pourriture à sclérotes,
semer des rangées espacées de 38 cm (15 po) ou plus, même
dans les régions à saison courte. Dans le sud-ouest de l'Ontario,
il se peut également que le rapprochement des rangs à moins
de 53 cm (21 po) s'accompagne d'une certaine amélioration des rendements,
comme l'indique le tableau 2-9, Incidence de l'espacement
des rangs sur le rendement, bien que cet effet soit moins régulièrement
observé que dans les régions plus nordiques. Les espacements
de 38 cm (15 po) sont de plus en plus employés parce qu'ils permettent
d'employer des taux de semis moindres que les espacements de 19 cm (7,5
po) tout en donnant un excellent potentiel de rendement.
Le tableau 2-10, Rendements obtenus avec un semoir
à céréales de 7,5 po et un semoir de précision,
montre les résultats produits par des peuplements ayant des espacements
différents. La baisse de rendement résultant de l'augmentation
de l'espacement des rangées est compensée par la plus grande
précision du semoir de 38 cm (15 po). Pour des taux de semis très
faibles, celui-ci donne de meilleurs résultats que le semoir à
céréales.
Taux de semis
Le soya produit de bons rendements pour une large gamme de taux de semis.
Les plants de soya compensent remarquablement bien les variations de peuplement
de sorte que les rendements restent comparables. Les semis trop denses
représentent un gaspillage d'argent et pourraient même favoriser
la verse et les maladies. On devrait donc calculer les taux de semis du
soya en graines/hectare (graines/acre) et non en kilogrammes/hectare (livres/acre).
Dans la plupart des types de sols, les taux de semis de plus de 494 000
graines/ha (200 000 graines/ac) ne sont aucunement avantageux du point
de vue du rendement, comme le montre la figure 2-2,
Effets des taux de semis sur le rendement du soya. Pour maximiser
le potentiel de rendement sur des sols lourds argileux ou avec des semences
de mauvaise qualité, majorer les taux de semis de 10 %.
Tableau 2-11. Taux de semis recommandés
pour le soya
Graines/kg
|
Graines/lb
|
Largeur des rangs en cm (po) |
| 19 (7,5) |
38 (15) |
56 (22) |
76 (30) |
| Graines/ha (graines/ac) |
| 480 000 (194 000) |
437 000
(177 000) |
425 000 (172 000) |
400 000 (162 000) |
| Nombre de graines par
m (pi) de rang |
| 9 (2.8) |
17 (5.1) |
24 (7.2) |
30 (9.3) |
| Taux de semis
en kg/ha (lb/ac)1 |
|
4 400
|
2 000
|
109 (97)
|
99 (89)
|
98 (86)
|
91 (81)
|
|
4 900
|
2 200
|
98 (88)
|
89 (80)
|
88 (79)
|
82 (74)
|
|
5 300
|
2 400
|
91 (81)
|
82 (74)
|
82 (72)
|
76 (68)
|
|
5 700
|
2 600
|
84 (75)
|
77 (68)
|
76 (66)
|
70 (63)
|
|
6 200
|
2 800
|
77 (69)
|
70 (63)
|
70 (62)
|
65 (58)
|
|
6,600
|
3,000
|
73 (65)
|
66 (59)
|
65 (58)
|
61 (54)
|
|
7 100
|
3 200
|
68 (61)
|
62 (55)
|
61 (54)
|
57 (51)
|
|
7 500
|
3 400
|
64 (57)
|
58 (52)
|
58 (51)
|
53 (48)
|
1 Taux de semis calculés à partir d'un pouvoir
germinatif de 90 % et d'une levée de 85 à 90 % (densité
de peuplement de 76 à 81 % du taux de semis).
Voir les quantités indiquées au
tableau 2-11, Taux de semis recommandés pour le soya. Plus
les rangs sont espacés, plus le taux de semis requis est bas. Ces
chiffres sont valables pour la culture avec travail traditionnel et sans
travail du sol. Lorsqu'on utilise un semoir de précision, on peut
prévoir un taux de semis de 5 % de moins qu'avec un semoir à
céréales. Un taux de levée de 75 à 80 % est
considéré comme normal. En Ontario, on obtient un plein
rendement avec des densités finales de 309 000 à 370 000
plants/ha (125 000 à 150 000 plants/ac), selon l'écartement
des rangs. Augmenter le taux de semis si le pouvoir germinatif ou la vigueur
est faible ou sur les sols sujets à l'encroûtement.
Figure 2-2.Effets des taux de semis sur le rendement
du soya
Valeurs reflétant les résultats de 45 essais effectués
en Ontario, rangs de 38 cm (7,5 po).
Source : Earl, Bohner, Université de Guelph, MAAARO (2005-2007).
Porter une attention particulière aux champs sujets à la
pourriture à sclérotes; les principaux outils de prévention
de cette maladie sont la sélection du cultivar, l'accroissement
de l'espace entre les rangs et la réduction de la densité
des peuplements. Bien que l'augmentation de l'espacement des rangs et
la diminution des taux de semis s'accompagnent d'une certaine perte de
rendement les années où il n'y a pas de pourriture à
sclérotes, cette stratégie permet de limiter de façon
importante la gravité de cette maladie si l'été est
humide. Dans les champs sujets à la pourriture à sclérotes,
semer des rangs espacés de 38 cm (15 po) ou plus à raison
de 370 000 graines/ha (150 000 graines/ac). Dans les champs ayant été
gravement touchés par cette maladie, penser à espacer les
rangs de 76 cm (30 po).
Pour faire des semis tardifs jusqu'à la mi-juin, augmenter le
taux de semis de 10 %. Tous les cultivars réagissent de façon
comparable à la modification du taux de semis. Voici la formule
de calcul de la quantité de semences à employer :
Nbre de graines par m (pi) de rang
= Nbre de plants souhaité par m (pi) de rang
% de pouvoir germinatif x % taux de levée prévu
Les écarts de grosseur des semences se répercutent sur les
taux de semis. Pour chaque cultivar, la taille et la qualité des
semences dépendent du déroulement de la croissance et des
conditions météorologiques de l'année précédente.
En effet, la grosseur des graines d'un même cultivar peut varier
de 20 % d'une année à l'autre.
Le tableau 2-12, Effets du traitement
des semences
sur la densité de peuplement et le rendement du soya
|
Traitement des semences1
|
Plants/ha
(plants/ac)2 |
Rendement3
t/ha (bo/acre)
|
|
Champ témoin
|
345 000 (139 700)
|
3,3 (49,2) b
|
|
Fongicide
|
355 700 (144 000)
|
3,4 (50,4) a
|
|
Fongicide + insecticide
|
369 500 (149 600)
|
3,4 (51,2) a
|
Plus petit écart significatif (P = 0.05) = 1.0 bo
Source : Hooker, Bohner, Université de Guelph, MAAARO.
1 Résultats de 35 essais de traitement des semences
en Ontario.
2 Densité des peuplements mesurée 30 jours après
les semis.
3 Les résultats suivis de la même lettre ne présentent
pas d'écart significatif entre eux.
Traitement des semences
Le traitement des semences permet d'accroître la densité
des peuplements et d'améliorer les rendements dans certaines situations.
Ce peut être un outil important pour l'établissement d'un
peuplement uniforme, notamment dans les cultures sans travail du sol,
sur les sols argileux ou dans les champs semés tôt. L'effet
obtenu sur les densités et sur les rendements dépend des
conditions météorologiques qui suivent les semis et de l'importance
de la pression exercée par la maladie et les insectes. À
cet effet, 35 essais ont été réalisés en Ontario;
dans 23 % des cas, le traitement fongicide-insecticide a permis un accroissement
de la densité de peuplement, avec des gains de rendement dans 17
% des cas. Le tableau 2-12, Effets du traitement
des semences sur la densité de peuplement et le rendement du soya,
montre les moyennes des résultats de ces essais. Là où
les conditions étaient favorables à une levée rapide
et que la pression exercée par la maladie ou les insectes était
faible, le traitement des semences n'a produit aucun gain de rendement.
Pour plus d'information sur des ravageurs spécifiques et sur les
mesures de prévention, voir la
publication 812F du MAAARO, Guide de protection des grandes cultures.
Profondeur de semis
Pour le soya, une profondeur de semis de 3,8 cm (1,5 po) convient généralement.
Dans le système sans travail du sol, si les semis ont lieu à
une date précoce, on peut ramener cette profondeur à 2,5
cm (1 po) à condition que le sol soit assez humide. Cependant,
compte tenu de la quantité d'eau nécessaire à la
germination, placer la semence à 1 cm (environ 1/2 po) de profondeur
dans la terre humide, sans dépasser une profondeur totale de 6,4
cm (3 po). Une semence de soya qui vient d'être mise en terre doit
traverser le sol en puisant uniquement dans ses propres réserves
d'énergie. De façon générale, les graines
plus grosses contiennent plus d'énergie que les graines plus petites,
et elles peuvent être placées à une plus grande profondeur.
Certains semoirs à céréales permettent difficilement
de placer les semences avec précision, surtout dans les champs
qui ont fait l'objet d'un travail minimal ou d'un semis direct. Pour obtenir
la profondeur souhaitée, il peut être utile d'appliquer de
la pression sur le semoir, d'y ajouter du poids ou d'utiliser un système
de coutre. Il est important d'assurer un bon contact entre la semence
et le sol et de bien fermer le sillon. La clé du succès
est de semer dans un sol assez humide à l'aide d'un semoir de précision
ou d'un semoir à céréales bien réglé.
S'il est impossible de semer dans la terre humide à l'aide d'un
semoir à céréales, songer à utiliser un semoir
de précision plutôt que d'attendre la pluie.
Les différents cultivars n'ont pas la même capacité
de lever après avoir été semés à une
profondeur de plus de 5 cm (2 po). Les producteurs de semences communiquent
parfois une « cote de levée » ou cote d'élongation
de l'hypocotyle, qui reflète la capacité de levée
des graines semées plus profondément que d'habitude.
Roulage
Le roulage permet de conserver l'humidité du sol et de le préparer
en vue de la récolte. Cette opération peut contribuer à
aplanir le sol et à enfoncer les cailloux, ce qui facilite le travail
à la moissonneuse-batteuse. Certains producteurs roulent leurs
champs de soya immédiatement après les semis, et d'autres
attendent après la levée. Si le roulage a lieu immédiatement
après les semis, il améliore le contact entre les graines
et le sol, et il a moins de chances d'endommager les plants. Cependant
il accroît les risques d'encroûtement, qui nuit à la
levée. Dans les champs de soya qui n'ont pas été
roulés après une mise en terre effectuée au semoir
à céréales, la levée est souvent plus rapide
et plus uniforme. Les champs roulés sont plus exposés à
l'encroûtement s'il pleut après les semis. Cependant, si
le temps est très sec, le roulage favorise la levée parce
qu'il conserve mieux l'humidité du sol.
Le roulage des champs de soya après la levée ne provoque
pas de diminution des rendements dans les conditions suivantes :
- Si le roulage a lieu pendant les heures chaudes de la journée,
lorsque les plants sont peu gonflés d'eau. Les plants de soya
sont plus turgescents (rigides) le matin, et ils risquent donc davantage
d'être endommagés par le roulage si celui-ci a lieu à
ce moment-là;
- Si on laisse les nouvelles plantules atteindre au moins le stade unifolié,
parce qu'au moment de la levée, elles sont très fragiles.
Encroûtement
Après une pluie battante ou la formation de flaques d'eau, l'encroûtement
du sol peut nuire à la levée du soya et casser l'hypocotyle
(partie du plant qui soutient les cotylédons au-dessus de la surface
du sol). Si une croûte tend à se former, on devrait la briser
avant que les plantules ne commencent à percer la surface.
Pour ce faire, travailler légèrement le sol avec une houe
rotative, une herse, un système de coutre ou même un semoir
de précision ou un semoir à céréales afin
de faciliter la levée des semences. Habituellement, ces opérations
réduisent de 10 % le nombre de plants qui lèvent; cependant
les pertes peuvent être plus importantes lorsque l'hypocotyle perce
la surface. Il peut ne pas être nécessaire de briser la croûte
dans les peuplements clairsemés (p. ex. 60 %), qui ont déjà
un plein potentiel de rendement. Pour déterminer le potentiel de
rendement, voir le tableau 2-13, Rendement prévu
des peuplements de soya optimaux et réduits.
Tableau 2-13. Rendement prévu
des peuplements de soya optimaux et réduits
% par rapport à un peuplement
complet
|
Rendement final prévu
en % du rendement optimal
|
Plants par hectare |
Rangs de 18 cm (7 po)
|
Rangs de 36 cm (14 po)
|
Rangs de 53 cm (21 po)
|
Rangs de 76 cm (30 po)
|
|
100
|
100
|
553 300
|
402 600
|
392 700
|
405 100
|
|
80
|
100
|
442 100
|
323 600
|
313 700
|
323 600
|
|
60
|
100
|
331 000
|
242 100
|
237 100
|
244 500
|
|
40
|
87
|
222 300
|
160 600
|
158 100
|
163 000
|
|
20
|
62
|
111 200
|
81 500
|
79 000
|
81 500
|
Pour calculer le nombre de plants par acre, diviser par 2,47 le nombre
de plants à l'hectare.
Source : Université de Guelph, station de recherches
de Huron et collège de Kemptville
Décisions concernant la reprise des semis
Le soya est plus sujet à un mauvais établissement des semis
que le maïs ou le blé parce que pour pouvoir lever, la plantule
doit tirer les feuilles des cotylédons à travers le sol.
Il peut être difficile de savoir si la reprise des semis d'une culture
mal en point est justifiée. À cet égard, l'une des
principales complications est que la diminution des peuplements est rarement
uniforme, de sorte que plusieurs parties d'un même champ peuvent
devoir être traitées différemment. Ne pas évaluer
trop rapidement un peuplement de soya en mauvais état parce que
d'autres plantules peuvent lever plus tard. Si le nombre de plants est
réduit de 50 %, la reprise des semis n'est pas nécessaire
dans la mesure où les pertes sont uniformes et le peuplement restant
en bonne santé. De nombreuses études, tout comme l'expérience
acquise, ont montré qu'il est souvent beaucoup plus avantageux
de conserver un peuplement existant que d'effectuer une reprise des semis
qui, par ailleurs, ne garantit pas un peuplement parfait.
Chaque décision de reprise des semis doit être prise en
fonction de divers paramètres relatifs au champ en question, notamment
:
- La densité et la santé du peuplement existant : le taux
de semis recommandé comprend une marge de sécurité
visant à assurer la levée d'un peuplement acceptable.
- La cause de la diminution de la densité de peuplement : plusieurs
facteurs peuvent être en cause, notamment l'encroûtement,
les dommages causés par les herbicides, le gel, la grêle,
les insectes et les maladies. Par exemple, lors d'une année pluvieuse,
il y a de fortes chances de fonte des semis due à deux genres
de champignons, Pythium et Phytophthora; dans ce cas, s'il faut reprendre
les semis, choisir un cultivar résistant à Phytophthora
et traiter les semences.
- L'uniformité du peuplement restant.
- Le potentiel de rendement du peuplement existant par rapport à
celui d'un peuplement réensemencé. Ce potentiel commence
à diminuer après la date de semis optimale et il continue
de décroître pendant tout le mois de juin.
- Les coûts de la reprise des semis et éventuellement les
coûts supplémentaires liés à la lutte contre
les mauvaises herbes dans les peuplements clairsemés.
Compensation et espacement des plants (vides)
Les plants de soya ont une remarquable capacité de compensation
dans les peuplements clairsemés. En effet, ils peuvent combler
des vides atteignant 30 cm (12 po) environ, à l'intérieur
des rangs ou entre ceux-ci, sans diminution du rendement, à condition
que les mauvaises herbes n'exercent pas une concurrence pour occuper cet
espace. D'après des études effectuées en Ontario,
une réduction de 33 % des plants d'un peuplement, si elle est uniforme,
n'a aucune incidence significative sur le rendement.
Cependant, dans un peuplement clairsemé, les plants se ramifient
considérablement, ce qui les alourdit et les rend moins résistants
à la verse. Les plants ramifiés tendent à produire
plus de gousses près du sol, ce qui peut accentuer légèrement
les pertes de récolte. Lors d'essais effectués sur des peuplements
clairsemés, la verse n'est apparue que lorsque la densité
avait chuté à moins de 60 % d'un peuplement complet.
Évaluation des réductions de
peuplement
Faire une évaluation précise de la densité de peuplement,
de l'espacement et de la santé des plants qui restent. En ce qui
concerne la densité, voir la méthode qui est présentée
à l'annexe K, Détermination
de la densité de peuplement de la culture et des populations de
ravageurs à l'aide d'un « cerceau ».
Le tableau 2-13, Rendement prévu des peuplements
de soya optimaux et réduits, montre une estimation du potentiel
de rendement par rapport à un peuplement complet, d'après
des recherches effectuées en Ontario. À noter que ces chiffres
reflètent le nombre de plants sains qui restent dans un peuplement
clairsemé de densité uniforme et non soumis à la
concurrence des mauvaises herbes.
Sur la plupart des types de sols, ne pas resemer si la densité
du peuplement est supérieure à 222 000 plants/ha (90 000
plants/ac) avec des rangs espacés de 19 cm (7,5 po). Sur les sols
argileux très lourds, la reprise des semis n'est justifiée
que si la densité est inférieure à 250 000 plants/ha
(100 000 plants/ac).
Calcul des bénéfices après une reprise des semis
Figure 2-3, Champ à peuplement réduit

Exemple
On évalue qu'un champ ensemencé le 12 mai aurait un potentiel
de rendement de 45 bo/ac si le peuplement était complet. Le 6 juin,
un peuplement réduit semé en pleine surface (espacements
de 18 cm [7 po]) a une densité moyenne de 222 220 plants/ha (90
000 plants/ac); son potentiel de rendement est donc de 87 % du peuplement
complet (39 bo/ac) (tableau 2-13). Si on reprend les semis à une
date plus tardive, soit le 6 juin, le rendement prévu sera d'environ
38 bo/ac (45 bo x 85 %, d'après le tableau
2-7). Dans ce cas, la reprise des semis ne serait donc pas justifiée.
Semis ponctuel
Dans le cas d'un établissement médiocre, un nouveau semis
effectué entre les plantules déjà établies
pour compléter ou épaissir le peuplement existant a peu
de chances d'amener une amélioration du rendement, à moins
que le peuplement soit très ténu. Si l'on prévoit
de compléter la culture, employer le même cultivar et ne
pas détruire le peuplement déjà en place. En effet,
cette méthode de réparation entraîne souvent des problèmes
de choix du moment des activités de lutte contre les mauvaises
herbes et de récolte.
Croissance des plants
Le tableau 2-14, Stades végétatifs
du soya, et le tableau 2-15, Stades reproductifs
du soya,, indiquent les stades de croissance des plants, de la levée
à la pleine maturité.
Dans la croissance du soya, on distingue les stades végétatifs
(V) (feuilles et nuds) et stades reproductifs (R) (fleurs, gousses
et graines). On désigne les stades V selon le nombre de nuds
présents sur la tige principale et portant des feuilles pleinement
développées, en commençant par les feuilles unifoliées.
On considère qu'une feuille est pleinement développée
si les folioles portées par le nud suivant sont assez déroulées
pour que leurs bords ne se touchent plus. Par exemple, au stade V1, les
feuilles unifoliées sont entièrement développées,
c'est-à-dire que la feuille située au-dessus (première
feuille trifoliée) est déroulée; c'est pourquoi on
désigne souvent ce stade comme étant celui de la «
première feuille trifoliée ». Le nud est le
point où la feuille est ou était attachée à
la tige. Pour déterminer les stades V, on ne compte pas les feuilles
trifoliées situées sur les branches.
Les deux premières feuilles du plant de soya sont unifoliées
(une seule foliole chacune) et opposées; elles se forment au niveau
du premier nud, au-dessus des cotylédons. Les feuilles suivantes
sont trifoliées (trois folioles chacune) et alternes. Après
l'apparition de deux ou trois feuilles trifoliées, les nodosités,
indispensables à la fixation de l'azote atmosphérique, apparaissent
sur les racines.
Si on sème les plants de soya à la date optimale, ils forment
de cinq à sept feuilles trifoliées avant le début
de la floraison, qui est principalement déclenchée par les
changements de longueur des jours et de température. Cependant
les cultivars très précoces sont presque insensibles à
la longueur des jours et leur floraison dépend essentiellement
du nombre d'unités de chaleur accumulées. Ceux qui sont
plus tardifs sont davantage influencés par la longueur du jour;
les cultivars de pleine saison mettent donc moins de temps à arriver
à maturité s'ils sont semés tard que s'ils sont semés
tôt.
Germination et levée
La germination débute lorsque la graine absorbe l'humidité
du sol et atteint une teneur en eau d'environ 50 %. Le premier signe externe
de germination est l'apparition de la radicule (racine séminale),
qui pousse vers le bas et s'ancre dans le sol. Peu après, l'hypocotyle
(partie de la tige située au-dessus de la radicule) commence à
pousser vers le haut en entraînant les cotylédons (feuilles
séminales). Une fois levé, l'hypocotyle, en forme de crochet,
se redresse, les cotylédons se replient vers le bas et le point
végétatif est exposé au soleil. Normalement, la levée
se produit de 5 à 21 jours après le semis, selon l'humidité
et la température du sol ainsi que la profondeur des semis.
En Ontario, la plupart des cultivars de soya commerciaux sont indéterminés,
c'est-à-dire qu'ils continuent de croître et de produire
de nouvelles feuilles après le début de la floraison. Les
grands cultivars à croissance déterminée atteignent
leur hauteur maximale avant le début de la floraison, qui est de
courte durée. En général, les gousses les plus basses
des grands cultivars déterminés sont plus hautes que celles
des cultivars indéterminés.
Tableau 2-14. Stades reproductifs du
soya
(Les stades V ne sont pas tous représentés.)
| |
|
|
|
|
Symbole1
|
VE
|
VC
|
V1
|
|
Stade
|
Levée
|
Feuille unifoliée
|
Première feuille trifoliée
|
|
Nbre de feuilles trifoliées
|
0
|
0
|
1
|
|
Nbre de jours pour atteindre ce stade2
|
12
|
5
|
Env. 5 jours par feuille trifoliée pleinement
développée
|
|
Durée du stade en jours3
|
5-21
|
3-10
|
3-10
|
|
Remarques
|
- Les plantules sortent de terre et les cotylédons sont
au-dessus de la surface.
- L'encroûtement peut nuire à la levée
|
- L'hypocotyle se redresse et les cotylédons s'ouvrent.
- Les feuilles unifoliées se déroulent et leurs
bords ne se touchent plus.
- Le point végétatif est au-dessus de la surface
du sol.
- La gelée peut tuer le plant.
- Si la tige est sectionnée en dessous des cotylédons,
le plant meurt.
|
- La première feuille trifoliée est apparue et s'est
déroulée (on considère que les feuilles unifoliées
sont pleinement développées.)
- Début de la période critique de lutte contre les
mauvaises herbes.
|
| |
|
|
|
|
Symbole1
|
V3
|
V5
|
Vn
|
|
Stade
|
Troisième feuille trifoliée
|
Cinquième feuille trifoliée
|
Énième feuille trifoliée
|
|
Nbre de feuilles trifoliées
|
3
|
5
|
n
|
|
Nbre de jours pour atteindre ce stade2
|
|
|
Env. 3 jours par feuille trifoliée (V6-Vn)
|
|
Durée du stade en jours3
|
3-10
|
3-10
|
|
|
Remarques
|
- Trois feuilles trifoliées sont apparues et se sont déroulées
(trois nuds de la tige principale portent des feuilles pleinement
développées, y compris les feuilles unifoliées).
- Fin de la période critique de lutte contre les mauvaises
herbes.
- La fixation de l'azote a débuté.
|
- Cinq feuilles trifoliées sont apparues et se sont déroulées
(cinq nuds de la tige principale portent des feuilles pleinement
développées, y compris les feuilles unifoliées).
- La perte de 50 % des feuilles a peu d'incidence sur le rendement
final.
- Les cultivars de soya hâtifs entament le stade R1 vers
le stade V4
|
- n = nombre de nuds présents sur la tige principale
et portant des feuilles pleinement développées,
en commençant par la feuille unifoliée.
- Le nombre de nuds est lié à la cote de maturité,
à la date de semis et aux conditions climatiques.
|
1 Le symbole V désigne les stades végétatifs
du soya. Vn : n est le nombre de nuds présents sur la tige
principale et portant des feuilles pleinement développées,
en commençant par les feuilles unifoliées. On considère
qu'une feuille est pleinement développée si celle qui est
portée par le nud suivant (situé au-dessus) est déroulée.
2 Estimation du nombre de jours requis pour passer d'un stade
au suivant.
3 Estimation du nombre de jours passés à un stade
de croissance donné; il dépend de la date de semis, de la
cote de maturité et des conditions climatiques, et il peut varier
considérablement d'une saison à l'autre et au cours d'une
même saison.
Tableau 2-15. Stades reproductifs du
soya
Chaque stade végétatif (V) ou reproductif (R) est atteint
lorsqu'au moins 50 % des plants d'un même champ sont parvenus à
ce stade ou l'ont dépassé.
| |
|
|
|
|
|
Stade R1
|
R1 -
Début de la floraison
Une fleur épanouie à n'importe quel nud de
la tige principale.
|
R2 -
Pleine floraison
Fleur ouverte à l'un des deux plus hauts
nuds de la tige principale.
|
R3 -
Premières gousses
Gousses courtes visibles sur les quatre nuds
les plus hauts de la tige principale qui portent des feuilles
pleinement développées.
|
R4 -
Remplissage des gousses
Gousses de 2 cm (3/4 po) de long sur les 4 nuds
les plus hauts de la tige principale.
|
|
Événement cible
|
Floraison |
Floraison |
Développement des gousses |
Développement des gousses |
|
Remarques
|
- Floraison déclenchée par le changement de la longueur
des journées et de la température.
- La première fleur apparaît au cinquième
nud (V4), puis les autres ailleurs sur la tige.
- Les racines s'allongent plus rapidement.
- Une chaleur extrême (plus de 32 °C) peut ralentir
la croissance des plants, la floraison et le développement
des gousses.
|
- 50 % de la hauteur et du poids sec accumulé.
- Normalement, le stress n'affecte pas le rendement.
- La fixation de l'azote augmente rapidement.
|
- Deux à trois graines par gousse.
- Pic de floraison.
|
- Entre R4 et R6, l'apparition d'un stress peut entraîner
des pertes de rendement importantes.
|
| |
|
|
|
|
|
Stade R1
|
R5 -
Premières graines
Dans les 4 gousses les plus hautes, graines de 0,3
cm de longueur.
|
R6 -
Grossissement des graines
Dans les quatre gousses les plus hautes, les graines
remplissent la cavité.
|
R7 -
Début de la période de maturité
L'une des gousses de la tige principale est brune.
|
R8 -
Maturité
95 % des gousses sont brunes.
|
|
Événement cible
|
Développement des graines
|
Développement des graines
|
Maturité des plants
|
Maturité des plants
|
|
Remarques
|
- Floraison complète, sauf sur quelques branches.
- Les plants ont atteint leur maximum de hauteur, de nombre de
nuds et de surface foliaire.
- Le taux de fixation de l'azote atteint son maximum et commence
à diminuer.
- Absorption rapide de nutriments et redistribution aux gousses.
|
- Les gousses ont atteint leur longueur maximale.
- La croissance des racines ralentit de façon importante.
- Le gain de poids sec au-dessus du sol ralentit.
- Les feuilles commencent à jaunir rapidement.
- Les feuilles du bas commencent à tomber.
|
- La teneur en eau des graines commence à diminuer.
- Les plants ont atteint leur maturité physiologique et
leur poids sec maximal.
- La teneur en eau des graines est d'environ 60 %.
|
- Teneur en eau pour la récolte atteinte une à deux
semaines après R8.
|
1 Le symbole R désigne les divers stades reproductifs
du soya.