Cultures fourragères : Établissement (semis)
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Table des matières
Lorsqu'on choisit un terrain, déterminer s'il convient au mélange
que l'on envisage de semer. Si le pH est faible, si le sol est mal drainé
ou s'il y a des mauvaises herbes telles que le chiendent, il faut prendre
des mesures correctives avant le semis. Période des semis
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Graminées1 |
Seeding Rate
|
Seeds/kg | Seeds/lb | |
|---|---|---|---|---|
| Kg/ha | lb/acre | |||
| Fléole |
8-10
|
7-9
|
2 706 000
|
1 227 000
|
| Dactyle pelotonné |
8-10
|
7-9
|
1 439 000
|
653 000
|
| Brome |
10-14
|
9-12,5
|
300 000
|
136 000
|
| Fétuques élevée et fétuque des prés |
9-11
|
8-10
|
506 000
|
230 000
|
| Fétuque des prés2 |
10-12
|
9-11
|
506 000
|
230 000
|
| Ray-grass vivace |
10-15
|
9-13,5
|
500 000
|
227 000
|
| Alpiste roseau |
10-12
|
9-13,5
|
1 173 000
|
532 000
|
| Pâturin |
-
|
-
|
4 790 000
|
2 173 000
|
1 Pour un semis précoce dans un lit de semence ferme
et à texture fine, ces taux peuvent être réduits de
25 %, sauf pour les semences enrobées.
2 Utiliser des semences enrobées et semer avec la trémie du semoir.
Comme les repousses de céréales sont parfois denses et
compétitives, elles peuvent poser de sérieuses difficultés
lors des semis d'été. L'avoine et l'orge sont détruites
par l'hiver en novembre, mais le blé d'automne résiste jusqu'à
la première coupe de l'année suivante. On peut travailler
le sol pour réduire les problèmes causés par les
repousses de céréales. Il existe des herbicides efficaces
contre celles-ci, mais ils risquent de provoquer un stress chez les graminées
fourragères du mélange ou de les éliminer également.
Les semis directs d'été peuvent réussir si l'on
prête une attention suffisante à la gestion des résidus,
à la mise en place des semences et à la lutte contre les
mauvaises herbes. Toutefois, il n'est pas recommandé d'employer
le semis direct pour réensemencer un champ de luzerne existant
en août en raison de l'autotoxicité de la luzerne voir Autotoxicité
de la luzerne, des limaces et des maladies qui peuvent être
présentes dans l'ancienne prairie.
Les taux de semis recommandés au tableau
3-3, Mélanges recommandés pour le fourrage entreposé
et le pâturage, et au tableau 3-4, Taux
de semis recommandés pour les peuplements de légumineuses
et les peuplements de graminées purs, et nombre approximatif de
semences par unité de poids pour plusieurs espèces fourragères,
ont été calculés pour des conditions moyennes à
bonnes. On peut réduire ces taux de 25 % lorsque la gestion est
excellente et les conditions favorables à l'établissement.
Cependant, ne pas réduire les taux de semis lorsqu'on utilise des
semences enrobées parce que celles-ci sont moins nombreuses par
unité de poids. Les conditions médiocres (lit de semence
irrégulier, culture-abri dense, etc.) ne peuvent être compensées
par une augmentation des taux de semis.
La taille des semences peut varier entre les cultivars et les lots de
semences d'un même cultivar. Calibrer soigneusement le semoir pour
éviter de semer trop ou pas assez de semences. Voir le tableau
3-4.
En règle générale, on enfouit les semences de la plupart des fourrages à 6 à 12 mm (1/4 à 1/2 po) de profondeur dans les sols argileux et loameux, et à 12 à 18 mm (1/2 à 3/4 po) dans les sols sableux.
Le pourcentage de levée baisse rapidement si les semences fourragères
sont enfouies à plus de 20 mm (3/4 po) de profondeur. Les semences
de légumineuses semées en surface peuvent s'établir
si les conditions d'humidité sont idéales après le
semis. Les semences déposées en surface ont beaucoup plus
de chances de s'établir si les semis ont lieu à la fin mars
ou au début d'avril (y compris les semis sur sol gelé) qu'à
la fin d'avril ou en mai.
Pour les semis de cultures fourragères, le dispositif le plus
employé est le semoir à céréales muni d'une
trémie pour semences de graminées. On peut se servir d'une
trémie à graminées standard pour semer les graines
de légumineuses et les graines de graminées plus petites
comme celles de la fléole et de l'alpiste roseau. Certains semoirs
à céréales sont équipés d'une trémie
supplémentaire conçue pour les graminées, comme le
brome et le dactyle pelotonné, dont les graines plus grosses ne
passent pas bien dans une trémie standard.
La plupart des semoirs sont équipés de tubes de descente
montés sur la trémie à graminées. Pour épandre
un engrais par le semoir à céréales, aligner les
tubes de descente de façon que les semences tombent alignées,
par-dessus l'engrais mis en place par le disque ouvre-sillons. Faire tomber
les semences de 25 à 35 cm (10 à 14 po) derrière
le disque ouvre-sillon de sorte qu'un peu de terre recouvre l'engrais
avant l'arrivée de la semence; cela évite également
d'enfouir les semences trop profondément.
Le tassage du sol après la mise en terre peut favoriser l'uniformité
de la germination, surtout si le printemps est sec. Les roues plombeuses
permettent de mieux recouvrir les semences fourragères et d'affermir
le sol autour d'elles.
Si l'on ne dispose pas de roues plombeuses, on peut obtenir des résultats
satisfaisants en tirant un rouleau ou des roues de recouvrement en caoutchouc
derrière le semoir pour affermir le sol. L'utilisation du rouleau
n'est pas recommandée lorsque le sol est mouillé, surtout
sur les loams argileux où il y a des risques d'encroûtement.
Les semoirs cultitasseurs comme les Brillion peuvent très bien
servir à semer des fourrages; ils sont équipés de
trémies pour les semences de petit et de gros calibre. Le premier
rouleau affermit et nivelle le sol, et il ouvre un sillon à la
surface duquel la semence est ensuite déposée. Le deuxième
rouleau enterre les semences et affermit le sol autour d'elles. Ce type
de semoir permet une excellente maîtrise de la profondeur de semis
et affermit bien le lit de semence. Il n'épand pas l'engrais et,
de ce fait, le démarrage n'est pas stimulé comme après
un épandage d'engrais en bandes réalisés par un semoir
à céréales. C'est un inconvénient, surtout
là où le sol a une teneur en phosphore faible ou moyen.
Les semoirs à la volée permettent aussi de semer des fourrages.
Leur principal avantage est la vitesse. Cependant ils permettent difficilement
de maîtriser la profondeur des semis et il faut un tassage pour
recouvrir les semences.
Il existe deux types de semoirs à la volée :
Ce système peut donner de bons résultats avec les espèces
fourragères, mais il a mené à quelques échecs.
Pour assurer le succès de l'établissement, voir les directives
suivantes :
Une bonne partie de la superficie consacrée aux cultures fourragères
en Ontario est ensemencée avec une culture-abri qui exclut les
mauvaises herbes annuelles et procure une protection relativement rapide
contre l'érosion sur les terrains accidentés. L'inconvénient
de la culture-abri est qu'elle fait concurrence aux fourrages pour l'humidité,
la lumière et les éléments nutritifs. S'il l'un de
ces facteurs fait défaut, la culture fourragère en souffre
avant la culture de graminées.
Ce système de semis fournit une récolte de céréales
et une autre de paille pendant l'établissement de la culture fourragère.
La culture céréalière exerce une concurrence qui
nuit à l'établissement et réduit les rendements subséquents
de la culture fourragère, et elle n'est donc généralement
pas recommandée. La verse de la culture-abri ou le retard de la
mise en balles de la paille peuvent aussi compromettre l'établissement
de la culture fourragère. Il ne faut donc pas perdre de vue que
l'objectif principal du semis est l'établissement de la culture
fourragère, tandis que la production de céréales
et de paille est plutôt secondaire.
La récolte de la culture de céréales sous forme
d'ensilage permet d'éviter certains des problèmes liés
aux semis de fourrages sous une culture-abri de céréales
tout en permettant la lutte contre les mauvaises herbes et contre l'érosion.
La culture-abri est enlevée avant d'être touchée par
la verse éventuelle et d'exercer une concurrence excessive pour
la lumière et l'humidité.
Couper les céréales au stade qui correspond le mieux aux
besoins nutritionnels du bétail. Pour obtenir une qualité
nutritive élevée, récolter les céréales
à la fin de la montaison. Le report de la récolte au moment
de l'épiaison complète augmente le rendement, mais réduit
la qualité du fourrage. Pour augmenter le rendement de l'ensilage,
on peut utiliser le taux de semis des céréales et la dose
d'azote employés normalement. Lorsque le sol demeure raisonnablement
humide après la récolte, on a de bonnes chances de pouvoir
faire une coupe de fourrage à la fin d'août dans les zones
recevant 2 800 unités thermiques de croissance ou plus.
Les semis de cultures fourragères sans culture-abri éliminent
les risques qui en résultent pour l'établissement de l'espèce
fourragère. Bien gérés, les peuplements fourragers
en semis direct sont souvent plus fournis et plus uniformes. Cela est
particulièrement vrai pour les espèces de fourrage comme
le lotier corniculé, la luzerne et l'alpiste roseau, qui ne tolèrent
pas les zones très ombragées. En l'absence d'une culture
de céréales exerçant une concurrence pour l'humidité
du sol, les semis directs sont moins vulnérables aux périodes
de sécheresse de juin et juillet.
Les semis directs effectués au début du printemps peuvent
donner une ou deux coupes de fourrage pendant l'année du semis,
soit de 50 à 60 % du rendement d'un peuplement installé.
Les semis directs de fourrages sont utiles lorsqu'il faut accroître
rapidement la superficie à récolter pour compenser la destruction
d'une culture par l'hiver ou pour combler des besoins accrus en fourrages.
En Ontario, le semis direct se pratique surtout :
Les semis directs ne connaissent pas le succès sur toutes les
fermes. La concurrence des mauvaises herbes est plus intense avec les
semis directs qu'avec les sous-semis; voir le
chapitre 12, Lutte contre les mauvaises herbes.
Pendant l'année du semis, les systèmes racinaires des cultures
fourragères sont peu profonds et plus sensibles à la sécheresse
que ceux des peuplements installés. Le stress dû à
la sécheresse peut réduire la production à une coupe
au lieu de deux, mais il ne réduit généralement pas
la densité de peuplement.
Les semis directs effectués sur des loams argileux lourds obligent
à apporter plus de soins à la préparation du lit
de semence et aux semis. Les sols argileux, surtout lorsque le lit de
semence est grumeleux, sont plus vulnérables à la sécheresse
pendant la germination, ce qui réduit les chances de réussite
de l'établissement. Ils sont également plus vulnérables
à l'encroûtement et aux problèmes de levée
si les semis sont suivis de fortes pluies.
Il est très risqué de semer de la luzerne à la place
d'un ancien peuplement de luzerne parce que celui-ci laisse une toxine
qui inhibe la germination, le développement des racines et la croissance
des nouvelles plantules de la même espèce. C'est ce qu'on
appelle l'autotoxicité de la luzerne. Les racines des plants touchés
sont gonflées, recourbées et décolorées, et
elles n'ont pas de poils absorbants. Les effets ainsi produits sur la
croissance des racines peuvent avoir des répercussions importantes
sur les rendements pendant toute l'existence du peuplement.
Si l'on resème la luzerne dans les deux ou trois semaines après
avoir tué un ancien peuplement, le nouveau peuplement germera mal
et sera clairsemé. Un délai plus prolongé permet
un établissement complet, mais les toxines peuvent persister pendant
six mois et endommager les parties souterraines des nouveaux plants, ce
qui limitera les rendements pendant toute la vie du peuplement. Pour obtenir
un rendement maximal, si la luzerne a deux ans ou plus, il faut semer
un autre type de culture et attendre un an avant de semer à nouveau
de la luzerne.
Les toxines ne sont pas présentes la première année
après les semis; les semis infructueux ou détruits par l'hiver
peuvent donc être resemés sans qu'il y ait risque d'autotoxicité.
Cela est valable pour un semis d'été après l'échec
d'un semis de printemps, ou un semis de printemps après l'échec
d'un semis d'été.
Le semis sous couvert n'est pas recommandé pour augmenter la densité
d'un peuplement de luzerne établi, parce que les chances de succès
sont très minces. Souvent les nouveaux semis germent, semblent
d'abord bien aller, puis meurent au cours de l'été. Il est
parfois préférable de semer du trèfle rouge dans
les zones clairsemées.
Pour croître normalement, toutes les légumineuses doivent
avoir des nodosités productrices d'azote dans leur système
racinaire. Ces nodosités sont formées par la bactérie
Rhizobium.
| Cultures | Quantité d'azote recommandée
(kg/ha) |
|---|---|
|
Semis de légumineuses ou d'un mélange
légumineuse-céréale
|
|
| Sans culture-abri |
0
|
| Avec culture-abri |
15
|
| Pâturage non amélioré |
50
|
| Graminée de semence |
90
|
|
Foin ou pâturage
|
|
| La moitié ou plus de légumineuses |
0
|
| Du tiers à la moitié de légumineuses |
60
|
| Graminées (moins d'un tiers de légumineuses) |
voir le tableau
3-6
|
100 kg/ha = 90 lb/ac
Pour produire une nodulation adéquate, chaque espèce de
légumineuse (luzerne, trèfle, lotier corniculé) a
besoin d'une souche de Rhizobium qui lui est propre. Si on sème
une légumineuse pour la première fois dans un champ, la
semence doit être inoculée avec la souche correspondante
de bactérie Rhizobium avant le semis. L'utilisation de semences
préinoculées donne des résultats satisfaisants, à
condition que l'inoculant soit appliqué pendant la saison en cours.
Comme l'inoculant doit être vivant, vérifier la date d'expiration
et suivre les avertissements relatifs à la manipulation qui figurent
sur l'emballage pour s'assurer d'une fixation adéquate de l'azote.
Lorsqu'une légumineuse fourragère est semée régulièrement
dans un champ comme culture dans la rotation, ces bactéries sont
habituellement présentes dans le sol et elles devraient permettre
une bonne nodulation. Le coût de la bactérie Rhizobium est
peu élevé si on le compare à celui des semences.
En cas de doute sur la présence de la bactérie Rhizobium
dans le sol, inoculer les semences.
| Auteur : | Le personnel du MAAARO |
|---|---|
| Date de création : | 20 août 2009 |
| Dernière révision : | 20 août 2009 |