Fertilité et éléments
nutritifs : Analyse de sol
| Maïs
| Soya | Cultures
fourragès | Céréales
| Haricots secs comestibles
| Canola de printemps et canola
d'automne |
| Autres cultures | Gestion
des sols| Fertilité
et éléments nutritifs | Dépistage
|
| Gestion des grains stockés
à la ferme | Lutte
contre les mauvaises herbes | Déprédatures
des grandes cultures |
| Maladies des grandes cultures
| Annexes |
Publication
811 : Guide agronomique des grandes cultures > Fertilité
et éléments nutritifs > Analyse de sol
Commander
la publication 811F du MAAARO : Guide agronomique des grandes cultures
Table des matières
L'analyse de sol constitue la méthode la plus précise pour
déterminer les besoins en éléments nutritifs d'une
culture et elle comprend en trois étapes :
- Le prélèvement d'un échantillon représentatif
du champ.
- L'analyse de l'échantillon de sol à l'aide des méthodes
reconnues par le MAAARO.
- L'établissement des besoins de la culture en fonction de l'interprétation
des résultats des analyses, afin d'obtenir des rendements optimaux.
Autres méthodes d'évaluation des besoins en éléments
nutritifs
- L'analyse de tissus végétaux est la méthode la
plus utilisée en arboriculture fruitière. Dans le cas
des grandes cultures et des productions légumières, elle
complète l'information fournie par l'analyse de sol.
- Des symptômes de carence nutritionnelle sur les feuilles peuvent
être très utiles dans certains cas; par contre, en ce qui
a trait au phosphore et au potassium, ils ne sont pas si utiles puisque
des pertes de rendement considérables peuvent se produire avant
même que les symptômes ne soient visibles.

Figure 9-1. Évolution
des ventes d'engrais au détail
- Certains maintiennent que le producteur doit remettre au sol la quantité
d'éléments nutritifs qui a été enlevée
par la culture. Une telle règle semble valable pour l'azote puisque,
pour certaines cultures comme le maïs, on remet approximativement
ce qui a été utilisé. Par contre, en Ontario, elle
s'applique rarement aux autres éléments nutritifs. En
effet, on trouve dans la province des argiles et des loams argileux
qui ont du potassium en réserve pour de nombreuses années;
un apport annuel de potassium constituerait donc une dépense
inutile et ne permettrait pas de tirer parti d'un des avantages que
présente ce type de sol par rapport aux sols de texture plus
grossière.
Les analyses de sol faites dans les laboratoires accrédités
par le MAAARO constituent, avec les analyses de tissus végétaux
et les symptômes de carence nutritionnelle, le meilleur moyen de
déterminer les besoins en engrais d'une culture dans un champ donné.
Programme d'analyse de sol du MAAARO
Le programme d'analyse de sol du MAAARO fournit des analyses adéquates
à l'appui des recommandations sur les besoins en azote, en phosphate,
en potasse et en magnésium, ainsi que des recommandations sur la
quantité et le type de chaux nécessaire. Les méthodes
d'analyse utilisées ont été sélectionnées
pour obtenir des résultats exacts pour toute gamme des sols que
l'on trouve en Ontario. Le tableau 9-1, Analyses de
sol reconnues par le MAAARO, dresse la liste des analyses de sol effectuées
par les laboratoires accrédités de l'Ontario.
La teneur en azote des nitrates peut être mesurée sur un
échantillon distinct, prélevé plus profondément.
Pour plus d'information, voir le chapitre
1, Maïs.
Tableau 9-1. Analyses de sol reconnues
par le MAAARO
|
Matériaux analysés
|
Résultats1
|
|
Sols de grandes cultures, de gazon commercial, etc.
|
Biodisponibilité du phosphore (bicarbonate de sodium extractible);
potassium, magnésium (acétate d'ammonium extractible),
manganèse et zinc (indice de pH du sol et élément
extractible); pH; besoin en chaux (pH tampon (SMP)
|
1 La teneur en matière organique peut être utile
pour formuler les recommandations d'herbicides, mais elle n'est pas évaluée
dans le cadre des analyses reconnues par le programme.
Unités utilisées dans les rapports
d'analyse de sol
Les résultats des analyses de sol pour les teneurs en phosphore,
en potassium et en magnésium sont donnés en milligrammes
par litre de sol (mg/L), ce qui est approximativement l'équivalent
des parties par million (ppm). Le phosphore biodisponible est mesuré
au moyen d'un extrait de bicarbonate de soude (aussi appelé extrait
Olsen). Le potassium et le magnésium biodisponibles sont mesurés
au moyen d'un extrait d'acétate d'ammonium. Le manganèse
et le zinc sont rapportés à titre d'indices qui tiennent
compte à la fois de la quantité d'éléments
nutritifs extraite du sol et du pH du sol. Le pH du sol a une incidence
énorme sur la quantité d'éléments nutritifs
assimilables par les plantes.
Ces analyses sont à ce jour les plus exactes quant aux éléments
nutritifs biodisponibles dans les sols de l'Ontario.
On obtiendra des rendements économiques maximaux si, en plus d'utiliser
les doses d'engrais recommandées dans la présente publication,
on adopte des techniques agronomiques allant de bonnes à supérieures
à la moyenne. La recherche a montré qu'on pouvait à
l'occasion hausser les rendements en utilisant une dose supérieure
aux recommandations du MAAARO, mais que cette hausse de rendement serait
probablement négligeable et peu profitable. Par ailleurs, les quantités
recommandées dépassent parfois quelque peu le seuil de rentabilité.
Une telle pratique est souhaitable pour maintenir une fertilité
élevée du sol et pour tenir compte des erreurs d'échantillonnage
dans un champ. Pour des cultures de grande valeur, telles que les tomates,
la dose à utiliser sera celle qui permettra le meilleur rendement
et la plus grande qualité. Par contre, pour les cultures de moindre
valeur, il se peut qu'on obtienne une légère augmentation
de rendement avec des doses d'engrais supérieures aux recommandations
visant un profit maximal. Cependant, des essais à la ferme sur
du maïs ont démontré que les rendements n'augmentaient
pas si l'on dépasse les doses d'engrais recommandées par
une analyse de sol reconnue. Pour des conseils concernant l'interprétation
des résultats d'analyses de sols, s'adresser à un conseiller
en cultures accrédité ou communiquer avec le Centre d'information
du MAAARO au 1 877 424-1300.
Se référer à l'annexe
C, Laboratoires accrédités pour les analyses de sol en Ontario,
pour la liste des laboratoires accrédités en Ontario.
Analyses de sol par des laboratoires non accrédités
Chaque année, un certain nombre de producteurs demandent au personnel
du MAAARO d'interpréter les résultats provenant d'autres
laboratoires. Les recommandations portant sur les besoins en phosphore
et en potasse sont valables, quel que soit le laboratoire, pour autant
que les méthodes d'analyse utilisées et les unités
servant à exprimer les résultats soient identiques à
celles qu'utilisent les laboratoires accrédités; rien ne
peut toutefois en garantir l'exactitude.
Les recommandations concernant la fertilisation ne devraient reposer
que sur les analyses de sol reconnues par le MAAARO. Pour obtenir l'accréditation,
chaque laboratoire doit utiliser les méthodes d'analyse reconnues
par le MAAARO, faire preuve d'une précision analytique et d'une
justesse considérées comme acceptables et faire ses recommandations
d'engrais selon les normes mises au point par le MAAARO.
Un certain nombre de laboratoires déterminent la capacité
d'échange cationique ainsi que la teneur du sol en aluminium, en
bore et en cuivre. Or, ces analyses ne sont pas reconnues par le MAAARO
parce que rien n'indique qu'elles contribuent à améliorer
l'exactitude des recommandations. La recherche a démontré
qu'en Ontario, l'utilisation de la capacité d'échange cationique
pour corriger la quantité de potasse à apporter peut aboutir
à des recommandations moins fiables que celles qui sont fournies
actuellement.
Prélèvement des échantillons
Prélever des échantillons de sol distincts dans chaque
champ ou dans chaque section de champ uniforme, à l'aide d'une
sonde ou d'une pelle. Prendre au moins 20 échantillons à
15 cm (6 po) de profondeur, par champ ou par superficie de 5 ha (12,5
ac) ou moins. Pour les superficies supérieures à 5 ha (12,5
ac), augmenter proportionnellement le nombre d'échantillons. Voir
la figure 10-1,
Schémas de dépistage, pour connaître le schéma
d'échantillonnage à respecter. Plus on prélève
d'échantillons, plus l'analyse sera précise et représentative
de la fertilité du champ. Aucun échantillon global ne devrait
représenter plus de 10 ha (25 ac).
Mettre un échantillon de sol dans un seau propre en plastique,
briser les mottes, bien mélanger la terre puis y prélever
un sous-échantillon et l'expédier au laboratoire aux fins
d'analyse. Prélever les échantillons à intervalles
réguliers le long d'un tracé en zigzag qui traverse tout
le champ. Les parties de champ qui diffèrent par l'aspect du sol
ou le type de culture envisagée ou qui n'ont pas reçu les
mêmes doses d'engrais, de fumier ou de chaux doivent être
échantillonnées séparément même si leur
superficie est trop petite pour qu'on puisse les traiter à part.
Éviter de prélever des échantillons dans les bandes
fertilisées depuis peu, les dérayures ou refentes, les abords
de chemins en gravier et les endroits où l'on a entassé
du fumier, du compost, de la chaux ou des résidus de récolte.
Moment et fréquence de l'échantillonnage
Chaque champ devrait être échantillonné au moins
une fois tous les deux ou trois ans. La teneur en potasse peut varier
rapidement dans les sols sableux utilisés pour des cultures comme
le foin de luzerne, le maïs d'ensilage, les pommes de terre et les
tomates, qui prélèvent une grande quantité d'éléments
nutritifs. Si tel est le cas, un prélèvement doit être
fait chaque année.
Compte tenu du délai requis pour l'envoi et l'analyse des échantillons,
prélever à l'automne précédent les échantillons
dans les champs qui seront ensemencés au printemps. Toutefois,
étant donné le surcroît de travail au moment des récoltes
et de la fréquence des pluies à cette époque de l'année,
il est plus pratique pour certains producteurs d'échantillonner
ces sols en été.
Boîtes à échantillons et feuilles de renseignements
On peut se procurer les boîtes à échantillons de
sol et les feuilles de renseignements ainsi que le prix des différentes
analyses auprès des laboratoires reconnus ou auprès de nombreux
fournisseurs d'engrais et de produits agricoles.
Les façons culturales comme l'épandage de fumier, l'enfouissement
de foin de légumineuses et la culture à fertiliser peuvent
avoir une incidence sur les doses d'engrais recommandées. Il est
impossible de faire des recommandations valables sans cette information.
Voilà pourquoi ces données doivent être inscrites
pour chaque champ, sur la feuille qui accompagne l'échantillon
de sol transmis au laboratoire.
Pour plus d'information sur l'échantillonnage et l'analyse de
sol, se référer à la fiche technique du MAAARO, Échantillonnage
et analyse de sol dans le cadre de la gestion des éléments
nutritifs, commande no 06-032, ou consulter le site Web du MAAARO
à www.ontario.ca/cultures.
Analyse portant sur les oligo-éléments
Les analyses de sol reconnues par le MAAARO peuvent aussi fournir la
teneur du sol en zinc et en manganèse. Dans le cas du zinc, pour
la culture du maïs, la meilleure méthode consiste à
associer les résultats d'analyse avec les symptômes de carence.
Pour ce qui est du manganèse, l'analyse des tissus, les symptômes
de carence et l'analyse du sol sont tous utiles. Par contre, les analyses
reconnues par le MAAARO ne révèlent pas les teneurs en bore,
en cuivre, en fer et en molybdène. Les analyses offertes pour ces
oligo-éléments n'ont pas fourni de bons résultats
sur leur biodisponibilité. En général, les analyses
des tissus végétaux donnent une meilleure indication des
carences en ces éléments.
Contamination
Certaines précautions s'imposent si on ne veut pas fausser les
résultats des analyses de sol par le contact des échantillons
avec des oligo-éléments, en particulier le zinc. C'est pourquoi
il ne faut pas utiliser de sondes à tube galvanisé (plaqué
de zinc) pour échantillonner un sol dans lequel on veut déterminer
les teneurs en oligo-éléments. Ne pas utiliser de contenants
en métal pour ramasser et mélanger les échantillons,
mais plutôt des contenants en plastique propres et en bonne condition.
Les échantillons qui sont entrés en contact avec des surfaces
galvanisées ne doivent pas être testés pour leur teneur
en zinc. Prendre soin de ne pas laisser entrer de poussière, entre
autres dans les boîtes à échantillons.
Échantillonnage du sol
Dans les champs, les carences en oligo-éléments se retrouvent
fréquemment en des endroits précis et peu étendus.
Si tel est le cas, les échantillons de sol ou de tissus végétaux
pris à la grandeur du champ ne permettront probablement pas de
déceler le problème. Prélever des échantillons
distincts dans les secteurs qui semblent présenter des carences
et dans ceux qui n'en présentent pas afin de pouvoir comparer les
résultats d'analyse.
Analyse des tissus végétaux
L'analyse des tissus végétaux permet de mesurer la teneur
en éléments nutritifs des tissus d'une plante. En comparant
les résultats obtenus par rapport aux valeurs « normales
» et « critiques » pour une culture quelconque, on peut
déterminer si l'apport en éléments nutritifs est
propice à la croissance optimale de la plante.
C'est sur l'analyse des tissus végétaux que reposent les
recommandations d'engrais pour les arbres fruitiers et la vigne. Par ailleurs,
l'analyse des tissus végétaux complète les renseignements
fournis par l'analyse du sol quand il s'agit d'évaluer le niveau
de fertilité d'autres cultures. Elle permet de vérifier
l'exactitude des teneurs en phosphore, potassium, magnésium et
manganèse, car elle est indépendante de l'analyse du sol.
Elle ne révèle pas toutefois de manière fiable les
teneurs du sol en azote et en zinc. Pour le bore et le cuivre, il n'existe
pas d'analyses de sol concluantes, donc l'analyse de tissus et l'observation
des symptômes de carence sur la plante restent les seuls moyens
de diagnostiquer de telles carences.
L'analyse des tissus végétaux a aussi ses limites. Il est
souvent difficile d'interpréter les résultats, car l'analyse
des tissus végétaux n'indique généralement
pas la cause de la carence ni la quantité d'engrais nécessaire
pour la corriger. Elle est surtout utile lorsqu'elle est combinée
à l'inspection visuelle de la culture et des caractéristiques
du sol, à la connaissance des pratiques culturales utilisées
antérieurement et à une analyse du sol récente qui
fournit les teneurs en éléments nutritifs et le pH du sol.
Il n'existe aucun processus officiel d'accréditation des laboratoires
d'analyse des tissus végétaux. Cependant, le rendement des
laboratoires accrédités en analyse de sol qui exécutent
des analyses de tissus est surveillé, et chaque laboratoire accrédité
en analyse de sol est en mesure d'effectuer une analyse valable des tissus
végétaux.
Échantillonnage
Le moment où l'on effectue le prélèvement des tissus
a une grande incidence sur les résultats, car les teneurs en éléments
nutritifs dans la plante varient considérablement avec l'âge
de celle-ci. Les résultats seront difficiles à interpréter
si les échantillons sont pris à des moments autres que ceux
qui sont recommandés. Échantillonner toutefois les plants
soupçonnés de carence en éléments nutritifs
dès que le problème se manifeste. Prélever de préférence
les échantillons aux endroits précis où il y a des
signes de carence plutôt que dans le champ tout entier, et recueillir
aussi des échantillons de plantes saines dans un secteur adjacent,
à des fins de comparaison.
Prélever des échantillons de tissus sur au moins 20 plants
répartis un peu partout dans la zone choisie. Chaque échantillon
doit se composer de 100 g (3,5 oz) de tissus frais. Échantillonner
les zones à problème séparément. Éviter
toute contamination des échantillons avec de la terre, car même
une infime quantité peut fausser les résultats, surtout
lorsque l'analyse porte sur les oligo-éléments.
Préparation de l'échantillon
Les échantillons de tissus végétaux fraîchement
cueillis doivent être expédiés rapidement au laboratoire.
Si l'expédition immédiate des échantillons est impossible,
faire sécher les tissus végétaux afin d'en empêcher
la détérioration. Faire sécher les échantillons
au four à 65°C ou moins, ou au soleil en prenant soin qu'aucune
particule de terre ou de poussière ne puisse les contaminer. Éviter
tout contact des tissus avec des contenants galvanisés (plaqués
de zinc) ou faits de cuivre ou de laiton.