Cultures de couverture à utiliser dans les champs non ensemencés

Les cultures de couverture, dans les champs non ensemencés, ont pour principaux avantages de diminuer les populations de mauvaises herbes, de protéger le sol contre le soleil et la pluie et d'augmenter la teneur en matière organique du sol. Ces cultures peuvent aussi représenter une source de fourrages et de litière pour les animaux.

Avant de choisir une culture de couverture en particulier, il est important de tenir compte de l'utilisation prévue des champs et des cultures, des herbicides et des engrais qui ont déjà été appliqués ainsi que des ressources directement utilisables. Ainsi, en Ontario, il n'est pas recommandé d'entreposer des semences de soya traitées, car elles risquent de présenter un taux de germination considérablement réduit. Il peut toutefois être utile d'ajouter des semences de soya traitées à un ensemencement de cultures de couverture.

Utilisation prévue des champs et des cultures

Champ qui sera ensemencé avec du blé d'automne à l'automne 2019

Choix de cultures de couverture

  1. Avoine à raison de 30 à 50 lb/acre. Semer à la limite supérieure du taux de semis recommandé dans le cas de semis à la volée et incorporer la semence. L'avoine risque moins que l'orge de transmettre des maladies à la culture de blé qui suivra.
  2. Combiner des semences d'avoine (30 à 50 lb/acre) avec les semences traitées de soya restantes. Répartir les semences de soya dans la superficie à ensemencer.
  3. Avoine (25 à 30 lb/acre) et radis daïkon (pas plus que 2 lb/acre).

Faucher ou éliminer la culture de couverture deux semaines avant les semis de blé d'automne.

On peut aussi ne rien semer et laisser la surface du sol dénudée. La lutte contre les mauvaises herbes se fera alors avec des herbicides ou en labourant le sol, mais ces deux méthodes sont coûteuses et ne protègent pas le sol contre les dommages associés à la pluie et au soleil, en plus d'être moins efficaces contre les mauvaises herbes que les cultures de couverture utilisées conjointement avec des herbicides.

Champ non destiné à être ensemencé avec du blé d'automne à l'automne 2019

Choix de cultures de couverture

  1. Avoine à raison de 30 à 50 lb/acre. Semer à la limite supérieure du taux de semis recommandé dans le cas de semis à la volée et incorporer la semence.
  2. Combiner des semences d'avoine (30 à 50 lb/acre) avec les semences traitées de soya restantes. Répartir les semences de soya dans la superficie à ensemencer.
  3. Avoine (25-30 lb/acre) et radis daïkon (pas plus de 2 lb/acre). Le radis daïkon (i.34e., radis Tillage, radis Nitro, etc.) prendra du temps à fleurir, mais doit être fauché ou détruit si des fleurs sont présentes afin de prévenir la production de semences.
  4. Avoine (25 à 30 lb/acre) et trèfle (3 lb/acre). Le trèfle incarnat va fleurir et survit rarement à l'hiver. Le trèfle rouge à deux coupes va survivre à l'hiver s'il n'est pas détruit.

Les parties aériennes des cultures de couverture semées au début de juillet peuvent être importantes à l'automne et, dans le cas du radis, il peut y avoir production de semences. Faucher ou éliminer les cultures de couverture de manière à éviter la production de semences et d'éventuels problèmes de mauvaises herbes l'année suivante.

Toutes ces options en matière de cultures de couverture répondent bien à un apport de fumier et permettent un bon piégeage des éléments nutritifs.

Cultures fourragères requises pour les animaux et semis printaniers impossibles

Volumes de fourrages requis

  • Tenter d'évaluer si l'été qui vient sera plutôt chaud et sec que frais et humide. Les conditions météo influent sur le choix des cultures susceptibles de donner les plus hauts rendements.
  • Le mois de juillet est habituellement chaud. Les graminées annuelles de saison chaude (sorgho, sorgho-soudan, sorgho herbacé, millet, etc.) poussent rapidement par temps chaud. Elles ont la réputation d'être de qualité inférieure, mais cela est habituellement associé au fait qu'on les fauche une seule fois. En effet, les rendements et la qualité sont supérieurs dans les systèmes à deux coupes. Les graminées annuelles de saison chaude peuvent être récoltées environ 60 jours après les semis, soit autour de la première semaine de septembre. Le rythme de croissance va ralentir à mesure que les températures baissent et les annuelles de saison chaude seront détruites par le gel. Il est possible qu'on ne puisse faire qu'une seule coupe lorsque la saison est avancée. L'application d'un engrais azoté sera nécessaire.
  • Après la première coupe d'une graminée de saison chaude (début septembre), on peut semer du seigle ou du triticale d'automne. Ces cultures peuvent être broutées sept semaines après les semis (fin octobre) ou au début du printemps, ou encore récoltées en mai au stade de sortie de la feuille de l'épi ou du gonflement. On peut ensuite semer du maïs à ensilage ou des cultures fourragères vivaces.
  • Si les prévisions à long terme laissent présager du temps frais et humide, le ray-grass d'Italie peut donner des rendements comparables à ceux du sorgho-soudan sous des conditions chaudes et sèches. Si les semis se font en sol humide, la première coupe aura lieu autour de 6 à 8 semaines plus tard, et les coupes subséquentes environ aux 28 jours.

Fibres digestibles et énergie requises

  • Les céréales peuvent être ensilées au stade du gonflement ou au stade pâteux mou. Semer l'avoine dès maintenant jusqu'en août. Récolter 45 à 60 jours plus tard. Les cultures récoltées au stade du gonflement sont utilisées comme de l'ensilage préfané, celles qui sont récoltées au stade pâteux mou sont davantage utilisées comme du maïs à ensilage.
  • Le ray-grass d'Italie semé en août donnera une première coupe en octobre.

Protéines requises

  • Des semis de pois combinés avec des semis de céréales peuvent augmenter la teneur en protéines des cultures. Les pois ne sont pas efficaces s'ils sont utilisés seuls, car ils ont tendance à s'affaisser ce qui complique la récolte. Idéalement, le nombre de jours avant la floraison devrait être le même pour la culture de pois et celle de la céréale. Toutefois, si la durée requise avant la maturité diffère entre les deux cultures (en raison des variétés ou de la température), on doit alors récolter les céréales au stade du gonflement pour une meilleure qualité.
  • Les semences de trèfle rouge sont habituellement peu coûteuses. Bien qu'il soit difficile de faire sécher le trèfle rouge pour en faire du foin, cette culture donne un bon ensilage d'une couleur un peu plus foncée que la luzerne. Semer en août pour une récolte en octobre.
  • Les trèfles annuels peuvent fournir les protéines requises. Le trèfle d'Alexandrie (berseem) convient en sols humides, alors que le trèfle incarnat pousse mieux dans un sol bien drainé. Semer en août.

Choix de cultures pour le pâturage

Presque toutes les cultures peuvent être utilisées en pâturage. Outre ce qui a été mentionné plus haut, on peut envisager d'ajouter des cultures fourragères de la famille des Brassicacées (colza, chou frisé, panais, radis, etc.) à un mélange, en vue d'augmenter la teneur en protéines. Les feuilles de Brassicacées ne sèchent pas bien et supportent mal l'entreposage. La plupart des producteurs ne possèdent pas le matériel pour récolter des cultures racines à entreposer. Les résidus de culture peuvent aussi procurer un bon pâturage aux animaux adultes ayant de plus faibles exigences nutritionnelles. Éviter la vesce velue, le sarrasin et les moutardes dans les mélanges offerts en pâturage.

Si l'on a besoin de paille pour la litière ou comme fibre dans les rations alimentaires, toute céréale de printemps peut produire de la paille. Le triticale ou le seigle de printemps vont donner plus de paille que l'avoine, alors que l'orge va en donner un peu moins. Les céréales de printemps semées tardivement ne tallent pas bien. Faire les semis à raison de 75 à 80 lb/acre. La culture aura besoin de 30 à 50 lb d'azote réel pour obtenir une bonne croissance. Planifier la déshydratation pour 10 jours après l'épiaison afin de prévenir la formation de grains et faciliter la mise en balles.

Autres points à prendre en compte

La manière de semer une culture de couverture est aussi associée à ce qu'on compte en faire. Si la culture de couverture est semée dans le but de donner des fourrages, il vaut mieux utiliser un semoir afin d'obtenir un placement uniforme et un établissement plus rapide et plus homogène. Si le but est de recouvrir rapidement la surface du sol, semer à la volée et travailler superficiellement le sol pour recouvrir la semence. Il peut sembler plus rapide de juste semer à la volée, mais de cette manière la germination dépend de l'humidité à la surface du sol, laquelle peut s'évaporer rapidement par temps chaud.

Les résidus d'herbicide peuvent causer des problèmes dans certains champs. Le lien suivant (en anglais) donne plus d'information sur la sensibilité des cultures aux résidus d'herbicide.

L'offre de semences de cultures de couverture peut varier selon les régions. Vérifier auprès des fournisseurs locaux ou trouver un fournisseur à l'adresse suivante.

La présente ficheINFO a été rédigée par Anne Verhallen, spécialiste de la gestion des sols, et Christine O'Reilly, spécialiste de la culture des fourrages et des animaux de pâturage, ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.


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Sans frais : 1 877 424 1300
Courriel :ag.info.omafra@ontario.ca