La maîtrise de l'érosion à l'aide de bermes en terre


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 751
Date de publication : 12/99
Commande no. 99-048
Dernière révision : 12/99
Situation : (En remplacement de la fiche no 95-060, qui porte le même titre)
Rédacteur : R.P. Stone - spécialiste de la gestion des sols/MAAARO; D. Hilborn - spécialiste de la gestion des sous-produits/MAAARO


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Table des matières

  1. Introduction
  2. Avantages
  3. Inconvénients
  4. Principes de conception
  5. Principes d'aménagement
  6. Entretien
  7. Aide technique

Introduction

Les bermes en terre font partie intégrante de nombreux systèmes de protection contre l'érosion. Elles peuvent servir de digue pour retenir temporairement les eaux de crue ou peuvent servir à recueillir et à canaliser les eaux de ruissellement.

Avantages

1. Les bermes en terre destinées à retenir les eaux de crue présentent les avantages suivants :

  • Donner les mêmes résultats qu'une voie d'eau gazonnée, sans toutefois nécessiter une aussi grande superficie, ni engendrer les problèmes associés à ce genre d'ouvrage;
  • Réduire la longueur de la pente afin d'atténuer l'érosion en nappe, tout en permettant le maintien de l'agriculture intensive;
  • Nécessiter un tuyau de sortie de drainage de dimensions réduites, mais qui fonctionne à pleine capacité pendant une plus longue période du fait que l'eau peut être retenue pendant un certain temps;
  • Diminuer le débit de pointe se formant en aval du bassin versant;
  • Réduire les risques d'obstruction de la grille d'entrée. Le stockage de l'eau en amont de la berme permet aux débris et aux sédiments de se déposer avant d'atteindre la grille.

2. Une berme en terre servant à recueillir et à canaliser les eaux de ruissellement offre les avantages que voici :

  • Détourner les eaux vers un endroit moins vulnérable à l'érosion;
  • Capter les eaux s'écoulant de divers points et les canaliser vers un même ouvrage de descente;
  • Offrir une capacité de retenue engendrant une hauteur de chute suffisante pour permettre à l'ouvrage de descente de fonctionner à pleine capacité.

Inconvénients

1. Tout débordement par-dessus la crête de la berme risque d'emporter l'ouvrage et d'avoir des conséquences désastreuses pour l'environnement et les ouvrages aménagés en aval du bassin versant. Aussi faut-il prévoir des dispositifs anti-érosifs pour parer à l'éventualité d'un tel débordement.

2. Les bermes (surtout les bermes à base étroite) sont vulnérables à l'action des rongeurs. Les galeries qu'ils y creusent peuvent en effet entraîner la ruine d'un ouvrage.

3. Les bermes cultivables ne peuvent normalement être cultivées que parallèlement à leur crête.

4. Un sytème de protection intégrant une berme peut parfois exiger un plus gros investissement initial qu'un système de protection comparable incluant une voie d'eau gazonnée, par exemple.

5. L'eau qui séjourne dans la retenue peut causer certains dommages aux cultures, particulièrement à proximité de l'exutoire.

Principes de conception

1. Voici les différentes étapes de la conception d'une berme en terre destinée à retenir les eaux de crue :

  • Calculer le débit de pointe et le volume total des eaux provenant du champ en amont à partir des caractéristiques du bassin versant.
  • Déterminer le maximum de superficie et de capacité de retenue possible en recourant à la cartographie par grille. Établir ensuite le volume de la retenue à l'aide de tableaux ou de calculs mathématiques. Tout déblai dans la zone de retenue vient augmenter la capacité de stockage des eaux.
  • À partir des données qui précèdent, déterminer les dimensions de la sortie de drainage ou de l'évacuateur de crues. Normalement, l'évacuateur de crues doit être dimensionné de façon à empêcher que les cultures restent inondées pendant plus de 24 heures, ce qui correspond à la durée d'inondation maximale que tolèrent la plupart des cultures.

2. Voici maintenant les différentes étapes de la conception d'une berme en terre destinée à dévier ou à capter les eaux de ruissellement :

  • S'assurer que les dimensions de l'ouvrage de descente ou de l'évacuateur de crues sont suffisantes pour les débits de pointe. Normalement, la hauteur d'eau maximale nécessaire au-dessus de l'évacuateur de crues ou de l'ouvrage de descente dicte la hauteur maximale de la berme.
  • Consolider la berme là où elle est soumise à l'érosion causée par l'eau s'écoulant à grande vitesse, à l'aide d'un enrochement ou d'une couverture végétale.

3. Voici les critères de conception à respecter pour les deux types de berme :

  • Protéger la berme contre les débordements éventuels. Il peut suffire d'une mesure bien simple comme veiller à ce que la crête de la berme soit parfaitement horizontale. Dans l'éventualité d'un débordement, le trop-plein pourrait ainsi s'épancher sur une grande surface. Pour les ouvrages de plus grandes dimensions ou plus vulnérables, aménager un évacuateur de crues. Celui-ci peut prendre la forme d'une voie d'eau gazonnée ou d'une chute enrochée doublée d'un matériau filtrant.
  • Déterminer les pentes des versants amont et aval de la berme. Si celle-ci doit être franchie par de la machinerie, la pente ne doit pas dépasser 1:10. Si la machinerie n'a pas à traverser la berme, la pente maximale est de 1:3 dans les sols sableux et de 1:2 dans les sols argileux.
  • Prévoir un accès pour les opérations telles que la tonte de la berme et l'entretien des autres ouvrages.

Principes d'aménagement

1. Situer la zone d'excavation d'où est extraite la terre destinée à l'édification de la berme, appelée banc d'emprunt, le plus près possible du futur emplacement de la berme. La profondeur des tuyaux de drainage peut constituer un facteur limitatif. Il importe de veiller à ce que l'emplacement du banc d'emprunt ne modifie pas sans qu'on le veuille le sens d'écoulement des eaux de surface.

2. Racler et mettre en dépôt la terre organique à proximité à la fois du banc d'emprunt et de la berme afin d'en recouvrir le sous-sol une fois les déblai et remblai terminés. Faire les vérifications nécessaires au fur et à mesure de l'avancement des travaux pour s'assurer que la berme a la hauteur voulue et qu'elle est bien horizontale.

3. Si le sous-sol ne renferme pas suffisamment d'argile, se procurer ailleurs la terre de remblayage. Des décisions de ce genre nécessitent souvent des conseils techniques.

4. Là où l'on craint les dégâts causés par les rongeurs, protéger la berme, surtout s'il s'agit d'une berme à base étroite, en installant un treillis métallique sous la surface du sol.

5. Ne jamais aménager une berme sur un sol potentiellement instable. Ainsi, au haut d'un ravin, on situera la berme suffisamment en retrait de la crête du ravin pour la protéger de tout tassement éventuel.

6. Tenir compte du tassement différentiel qui risque de se produire lorsqu'un tuyau de drainage passe sous la berme. Le tassement différentiel peut entraîner la formation d'un vide ou rendre la crête inégale.

On peut aussi installer le tuyau de drainage au moins un an avant l'édification de la berme. Le tassement a ainsi le temps de se produire et ne risque pas d'endommager l'ouvrage.

Entretien

1. Éviter de labourer les bermes cultivables. S'il se produit un tassement important, on peut toutefois labourer chacun des versants de la berme afin de la reconstituer. Le labour doit alors se faire dans le sens de la crête, en partant du pied de la berme et en projetant la terre vers la crête.

2. Laisser enherbées en permanence les bermes à base étroite non cultivables.

3. Inspecter régulièrement l'ouvrage afin de déceler toute brèche, tout tassement et toute obstruction des évacuateurs de crues, particulièrement si l'on prévoit de fortes précipitations. Il est beaucoup plus facile et plus économique de prendre des précautions que d'être confronté à des dégâts importants et à la ruine éventuelle de l'ouvrage. Ce principe s'applique également à la plupart des dispositifs de protection contre l'érosion.

4. Inspecter l'évacuateur de crues après de violents orages. S'il nécessite des réparations fréquentes, c'est peut-être que sa capacité a besoin d'être augmentée.

Aide technique

Aux étapes de la conception et de l'aménagement, on peut consulter des ingénieurs-conseils et des entrepreneurs compétents spécialisés dans les ouvrages de lutte contre l'érosion. Les offices de protection de la nature offrent aussi de l'aide technique et peuvent superviser les travaux dans certaines régions de la province. Pour de l'information ainsi que d'autres fiches techniques sur le sujet, composer le 1-888-466-2372.

Tout ouvrage de lutte contre l'érosion doit obligatoirement respecter les lois et règlements en vigueur, notamment la Loi sur l'aménagement des lacs et des rivières et la Loi sur les pêches.

Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca