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Gestion du sol - Pratiques de gestion optimales du sol

Auteur : Le personnel du MAAARO
Date de création : 15 janvier 2007
Dernière révision : 20 juillet 2009

Gestion du sol : Pratiques de gestion optimales du sol

Il existe souvent plusieurs pratiques de gestion optimales à utiliser seules ou ensemble pour régler un problème de gestion du sol.

Dans cette section, les pratiques de gestion optimales sont expliquées en détail et accompagnées d’une liste de sources d’information.

Bandes tampons

Les bandes tampons sont des bordures permanentes d’herbe autour des champs ou le long des cours d’eau qui aident à diminuer l’écoulement de sol dans les ruisseaux.

Les bandes tampons peuvent :

  • servir de filtre pour ralentir l’eau et attraper des particules de sol
    • elles devraient mesurer au moins de 3 à 6 mètres pour filtrer efficacement
    • elles réduisent la quantité de sédiments qui s’écoule dans les fossés et les ruisseaux
  • aider à maintenir la structure des sols dans les endroits où la circulation est intense
    • elles permettent de faire pousser des cultures au système radiculaire solide s’il y a beaucoup de circulation à cet endroit.

Les bandes tampons sont de mise le long de tous les cours d’eau et de tous les fossés afin de stabiliser la rive et de diminuer l’érosion. Une bande de 3 à 6 mètres n’exige pas beaucoup de terre de production à l’exploitation agricole moyenne.

Figure 1. Les bandes tampons sont de mise le long de tous les cours d’eau et de tous les fossés afin de stabiliser la rive et de diminuer l’érosion. Une bande de 3 à 6 mètres n’exige pas beaucoup de terre de production à l’exploitation agricole moyenne.

Pour obtenir d’autres renseignements sur la conception, les espèces de graminées et la gestion des bandes tampons, voir les fascicules Gestion de l’agroforesterie et de l’habitat, Bandes tampons et Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales».

Plantes couvre-sol

On fait pousser les plantes couvre-sol pour protéger le sol en jachère.
Les plantes couvre-sol :

  • permettent de maintenir la structure du sol
  • ajoutent de la matière organique
  • absorbent les éléments nutritifs en surplus
  • permettent de lutter contre les ennemis des cultures.

Une grande variété d’espèces végétales sont utilisées comme plantes couvre-sol. Lorsque vous
choisissez une plante couvre-sol, demandez-vous :

  • quel usage vous voulez en faire
  • comment vous allez la contrôler
  • si elle fournira des éléments nutritifs au sol ou si elle en utilisera
  • quels seront les coûts – semence, contrôle, plantation
  • si son arrière-effet sera de devenir une mauvaise herbe
  • quelle est sa place dans votre système de culture
  • quelles sont les implications en termes d’ennemis des cultures, comme les nématodes.

Les légumineuses comme le trèfle ont également une grande valeur comme plantes couvre-sol en raison de l’azote qu’elles produisent et de leur structure radiculaire différente. Cependant, il vous faudra songer aux mesures de contrôle nécessaires pour ces cultures.

Figure 2. Les légumineuses comme le trèfle ont également une grande valeur comme plantes couvre-sol en raison de l’azote qu’elles produisent et de leur structure radiculaire différente. Cependant, il vous faudra songer aux mesures de contrôle nécessaires pour ces cultures.

Consultez la fiche technique du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario intitulée Les plantes couvre-sol en agriculture durable, Agdex 537. Voir également les fascicules Cultures horticoles et Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales».

Rotation des cultures

La rotation des cultures consiste à alterner les récoltes de plantes fourragère et de céréales avec les cultures en ligne. Les plantes fourragères ou les céréales sont semées en pleine surface, tandis que les cultures en ligne exposent le sol pendant la majeure partie de l’année et y laissent peu de résidus.

Les plantes fourragères et les céréales ont un système radiculaire qui améliore la structure du sol et y laisse de la matière organique. De plus, certaines de ces cultures hivernent, ce qui produit un excellent couvre-sol à la fin de l’hiver et au printemps, périodes où l’érosion est le plus susceptible de se produire.

Pour obtenir d’autres renseignements, consultez les fascicules Cultures horticoles et Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales» et la publication 811F du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario intitulée Guide agronomique des grandes cultures.

Drainage

Certains sols de l’Ontario sont naturellement bas ou ont des nappes phréatiques élevées et doivent être drainés. Le drainage comporte de nombreux avantages pour les cultures et augmente la valeur des terres agricoles.

La terre peut être drainée de nombreuses façons. Consultez un entrepreneur en drainage expérimenté et titulaire d’un permis pour connaître les méthodes de drainage rentables pour vos champs.

Structures de lutte contre l'érosion

Les structures de lutte contre l’érosion sont des mesures que l’on prend pour aider à contrôler le ruissellement superficiel afin de diminuer l’érosion du sol. Ces mesures comprennent :

  • les bassins de captage (ou risbermes avec puisards)
  • les terrasses
  • les voies d’eau engazonnées
  • la stabilisation des berges des cours d’eau
  • les traverses de bétail et d’équipement.

Ces structures sont habituellement utilisées en combinaison avec des techniques de culture et des méthodes de travail de conservation du sol afin de diminuer l’érosion hydrique.

Certaines de ces structures font appel au génie agricole. Communiquez avec l’office local de protection de la nature (voir les pages blanches de l’annuaire) ou le bureau local du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.

Les pierres placées autour du ponceau aident à stabiliser le remblai du fossé et à empêcher le tourbillonnement de l’eau d’éroder le bord du champ.

Figure 3. Les pierres placées autour du ponceau aident à stabiliser le remblai du fossé et à empêcher le tourbillonnement de l’eau d’éroder le bord du champ.

Consultez la section «Travaux de conservation» du fascicule Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales», ainsi que les fiches techniques suivantes :

  • Cours d'eau enherbé, Agdex 573
  • Travaux de lutte contre l’érosion des ravins, Agdex 573
  • Bassins de sédimentation et de contrôle du débit, Agdex 751.

Engrais vert

L’engrais vert consiste en des récoltes à court terme de plantes couvre-sol que l’on utilise pour couvrir et protéger le sol entre les récoltes, surtout après les récoltes de courte saison comme les pois.

L’engrais vert est cultivé pour le matériel végétal qu’il produit, qui peut retourner dans le sol afin de maintenir les niveaux de matière organique. Il s’agit d’une excellente source alimentaire pour les formes de vie du sol.

Consultez la fiche technique du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario intitulée Les plantes couvre-sol en agriculture durable, Agdex 537. Voir également les fascicules Cultures horticoles et Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales».

Irrigation

L’irrigation consiste à ajouter de l’eau aux sols pauvres en humidité pour améliorer la production.

Une quantité adéquate d’humidité diminue les pressions sur les cultures et prévient les maladies. L’irrigation excessive peut entraîner le lessivage des éléments nutritifs et faire augmenter les maladies. Il faut que vous visiez juste lorsque vous planifiez un programme d’irrigation.

L’irrigation doit être effectuée correctement pour être rentable et pour ne pas être nuisible à l’environnement :

  • connaissez le type de sol et sa capacité de rétention
  • irriguez lorsque cela est essentiel pour la culture, et connaissez la profondeur de croissance des racines des plantes
  • surveillez les prévisions météorologiques
  • servez-vous d’une méthode à calendrier (p. ex. modèle à tensiomètre ou à évapotranspiration)
  • surveillez toujours le système pendant son usage – les bris sont coûteux
  • arrosez lorsque le temps est nuageux et lorsque la vélocité du vent est faible – évitez la chaleur du jour lorsque le taux d’évaporation est élevé
  • obtenez un permis du ministère de l’Environnement et de l’Énergie de l’Ontario si vous tirez plus de 50 000 litres (10 000 gallons) d’eau par jour d’une source d’eau.

Il existe de nombreux types de systèmes d’irrigation. Les principaux types sont l’irrigation par asperseur, l’irrigation goutte à goutte, l’irrigation superficielle ou l’irrigation souterraine. Les méthodes les plus couramment employées en Ontario sont l’irrigation goutte à goutte ou par asperseur. La méthode à choisir dépend de la méthode d’application, de la pente du terrain et de la culture à irriguer.

Les nouvelles technologies d’irrigation

Figure 4. Les nouvelles technologies d’irrigation (comme l’irrigation goutte à goutte) sont plus efficaces, localisent l’humidité près des racines et diminuent les pertes attribuables à l’évaporation.


Pour obtenir plus de renseignements, consultez les fiches techniques suivantes du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario :

  • Calendrier d’irrigation des cultures fruitières, Agdex 210-560
  • Irrigation du tabac par canon d’arrosage mobile ou à poste fixe, Agdex 181/565
  • Programme d’irrigation des tomates – Méthode du bilan hydrique, Agdex 257/560.

Le fascicule intitulé Gestion de l'irrigation, de la série Les pratiques de gestion optimales, examine en détail les systèmes d'irrigation et les calendriers d'arrosage, et fournit de bons conseils pratiques.

Gestion du fumier

L’épandage adéquat de fumier de bétail apporte les avantages suivants au sol :

  • il permet de rajouter au sol les éléments nutritifs extraits par les cultures
  • il fournit de la matière organique pour nourrir les formes de vie dans le sol, ce qui contribue à améliorer la structure du sol.

Pour plus de renseignements, consultez les fascicules Gestion des fumiers et Gestion des éléments nutritifs de la série «Les pratiques de gestion optimales», ainsi que les fiches techniques suivantes du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario :

  • Les caractéristiques du fumier, Agdex 538
  • Dimensions des installations d’entreposage des fumiers, 83-018, Agdex 400/721, et d’autres fiches techniques.

Autres matières organiques

Les matières comme le compost, les résidus de conserverie, les boues d’épuration et d’autres déchets organiques peuvent aider à former et à maintenir la structure du sol.

Un avertissement cependant : si vous prévoyez vous servir de matière venant de l’extérieur de l’exploitation, vous devez obtenir un permis d’amendement du sol organique du ministère de l’Environnement et de l’Énergie de l’Ontario.

Il est également sage de vous informer sur le contenu réel de la matière organique. Certaines matières peuvent contenir des polluants qui sont nuisibles aux plantes ou aux formes de vie dans le sol.

Les déchets de conserverie

Figure 5. Les déchets de conserverie comme le marc de pomme peuvent aider à améliorer la structure du sol en y ajoutant de la matière organique ainsi que des éléments nutritifs pour les formes de vie du sol.

Consultez le fascicule Gestion des éléments nutritifs de la série «Les pratiques de gestion optimales» et communiquez avec le bureau local du ministère de l’Environnement et de l’Énergie de l’Ontario (voir les pages bleues de l’annuaire).

Méthodes de travail déduit du sol

Les méthodes de travail réduit du sol comprennent toute une variété de systèmes aratoires, y compris le semis direct, le billonnage et le labour au chisel ou «déchaumage». Ces méthodes laissent une couche de résidus sur la surface du sol et contribuent à :

  • diminuer l’érosion hydrique ou éolienne du sol
  • diminuer l’érosion attribuable au travail du sol
  • améliorer la structure du sol (progressivement, avec une bonne gestion).

De nombreux changements de gestion sont requis pour que ces méthodes soient efficaces. Pour obteuir plus de renseignements, cousultez le fascicule Grandes cultures de la série «Les pratiques de question optimales».

Gestion des résidus

L’augmentation de la quantité de résidus de culture laissés à la surface du sol :

  • protège le sol contre l’érosion
  • améliore la structure du sol
  • ajoute de la matière organique.

Les résidus protègent le sol de deux façons :

  • ils interceptent les gouttes de pluie et diminuent l’impact du vent, ce qui empêche le ractionnement des particules du sol
  • ils créent des milliers de petits barrages et de petits brise-vents à la surface du sol, qui ralentissent le déplacement de l’eau, du vent et du sol à travers le champ.

Les résidus couvre-sol modèrent la température du sol et favorisent l’augmentation des populations de vers de terre, qui représentent un avantage pour la structure du sol.

Pour obtenir d’autres renseignements sur la gestion des résidus, consultez le fascicule Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales».

Culture en bandes alternantes

La culture en bandes alternantes consiste à varier la largeur des bandes de cultures en ligne avec des plantes fourragères et des céréales. Il existe quatre types de culture en bandes alternantes :

  • la culture en bandes isohypses
  • la culture en bandes en contre-pente
  • la culture en bandes en contre-pente avec bandes tampons
  • la culture en bandes contre le vent.

La méthode que vous choisissez dépend :

  • des cultures qui peuvent pousser dans ce champ
  • du genre d’érosion que vous voulez éliminer
  • de la topographie du champ et du type de sol.

La culture en bandes alternantes

Figure 6. La culture en bandes alternantes est une façon très efficace de réduire ou de prévenir l’érosion. Les bandes alternantes de plantes fourragères ou de céréales couvrent le sol et ralentissent le déplacement de l’eau à travers le champ.

Consultez le fascicule Grandes cultures de la série «Les pratiques de gestion optimales». Consultez également la fiche technique du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario intitulée La maîtrise de l'érosion hydrique par des cultures en bande, Agdex 573.

Moment opportun pour travailler le sol

Les sols ne doivent pas être travaillés au printemps avant que les conditions d’humidité de la terre tombent sous la «limite inférieure de plasticité». Il s’agit du point d’humidité minimum où le sol commence à former des flaques d’eau et le point maximum de friabilité du sol. Prenez le temps de vérifier les niveaux d’humidité du sol jusqu’à la profondeur de labour.

À part la méthode expliquée dans la légende ci-dessous, il y a le test de la «balle de golf», où le sol est façonné en boulette que l’on lance d’une main à l’autre (cette méthode convient le mieux aux sols à texture moyenne à grossière). Si la boulette demeure intacte, le sol n’est pas prêt à être travaillé.

Le travail d’un sol mouillé l’endommage. Cela cause souvent un lissage et un compactage. Les grosses mottes de terre qui se forment lors du premier passage sont souvent difficiles à briser lors du travail ultérieur du sol. Un grand nombre de passages peuvent être nécessaires pour préparer le lit de semence qui, malgré tout, peut ne pas fournir un contact sol-graine suffisant.

Pour les loams limoneux et les loams, un travail du sol superficiel au début du printemps permettra aux couches de surface du sol de sécher plus rapidement. Ce travail doit être fait avec soin pour éviter le compactage.

On doit permettre aux sols à texture fine comme les argiles et les loams argileux de sécher par eux-mêmes avant de commencer les opérations printanières.

Les sols à texture grossière sont sujets à l’érosion éolienne et à l’assèchement extrême; un travail du sol opportun permettra de diminuer leur effet.

Si vous attendez que le sol présente les conditions adéquates d’humidité, vous pouvez prévenir les dommages de longue durée. Si le sol est trop mouillé, un seul passage peut endommager considérablement sa structure.

Le sol est-il trop mouillé? L’une des façons de déterminer l’humidité du sol est de le rouler entre ses mains :

  • si un rouleau continu ou «boudin» se forme, le sol est trop mouillé pour être travaillé
  • si le sol s’effrite lorsque vous le roulez de cette façon, il est prêt à être travaillé.

Il faut des années pour obtenir une bonne structure du sol. Soyez patient, cela vaut la peine!

Figure 7. Il faut des années pour obtenir une bonne structure du sol. Soyez patient, cela vaut la peine!

À votre avis, ces deux champs sont-ils prêts à être travaillés?

Figure 8. À votre avis, ces deux champs sont-ils prêts à être travaillés?

Méthodes de lutte contre le vent

On se sert des méthodes de lutte contre le vent pour les cultures horticoles afin de protéger les jeunes plants. Ces méthodes consistent à insérer des bandes de céréales entre les lits ou les lignes de cultures. Ces bandes ralentissent le vent et le déplacement du sol. Les bandes de céréales peuvent également diminuer les dommages causés par les ennemis des cultures et améliorer la température du sol et de l’air au début du printemps.

On utilise actuellement de nombreuses méthodes. Pour obtenir d’autres renseignements, consultez le fascicule Cultures horticoles de la série «Les pratiques de gestion optimales».

Les rideaux-abris d’herbages

Figure 9. Les rideaux-abris d’herbages sont flexibles et peuvent être adaptés à la plupart des méthodes de culture. Les bandes d’herbages sont particulièrement utiles dans les régions où la valeur élevée des terres empêche l’utilisation d’arbres brisevent.

Les arbres brise-vent peuvent réduire les dommages causés par le vent et améliorer la production de cultures et l’élevage de bétail. Au début de la croissance, il faut replanter des arbres dans les espaces vides du brise-vent afin d’éviter les problèmes.

Figure 10. Les arbres brise-vent peuvent réduire les dommages causés par le vent et améliorer la production de cultures et l’élevage de bétail. Au début de la croissance, il faut replanter des arbres dans les espaces vides du brise-vent afin d’éviter les problèmes.

Brise-vents

La plantation d’arbres dans des endroits stratégiques de l’exploitation agricole est bénéfique à la production de cultures car les arbres servent de brise-vent, ce qui :

  • diminue l’érosion éolienne
  • protège les cultures
  • préserve l’humidité du sol, ce qui est particulièrement avantageux pour les sols qui ont tendance à s’assécher.

Pour obtenir d’autres renseignements, consultez le fascicule Gestion de l’agroforesterie et de l’habitat de la série «Les pratiques de gestion optimales»


Les pratiques de gestion optimales : Gestion du sol


 

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