Vous songez à donner une alimentation plus riche à vos animaux?

Étant donné que, depuis quelque temps, la demande vise surtout les petites carcasses, un persillé élevé et un abattage plus hâtif, les régimes plus riches, à base de céréales et de maïs, jouent un rôle de plus en plus important. Dans certains cas, les animaux sont soumis à un régime composé de maïs entier et de suppléments pendant 90 à 100 jours (sans fourrage). Toutefois, avant de choisir cette option, il faut tenir compte de certains facteurs.

Les signaux du marché

Le concept d’une alimentation plus riche repose sur le fait que cela devrait être rentable. Les éleveurs se plaignent souvent du fait que, même en respectant les demandes pour des carcasses plus légères et une meilleure qualité de finition, ils n’en retirent aucune compensation financière. Ainsi, avant d’adhérer à cette philosophie et aux risques qui y sont associés, assurez-vous qu’il existe vraiment un marché plus profitable pour ce type de production!

L’historique des animaux

Si vous prévoyez alimenter vos animaux selon un régime de finition à base de céréales, il est important de tenir compte de l’historique des génisses ou des bouvillons à nourrir. Les animaux dont le régime de semi-finition est composé de fourrage de qualité moyenne tendent à avoir des carcasses plus lourdes s’ils sont par la suite soumis au même régime de finition que les bêtes qui sont mises jeunes dans le parc d’engraissement. Chez l’animal ayant un régime de semi-finition, la ration à faible teneur en énergie permet une croissance musculaire, mais très peu de dépôts de gras. En outre, les races continentales prennent davantage de temps à devenir adultes et les dépôts lipidiques s’effectuent plus tard. Il en résulte que le veau de printemps, de race continentale, qui est soumis à un régime de semi-finition et nourri à l’herbe pendant un deuxième été, est trop lourd lorsqu’il est envoyé au parc d’engraissement et il ne pourra pas compléter l’étape de finition sans que sa carcasse ne devienne trop grande. Pour diminuer la taille de la carcasse des animaux qui arrivent au régime de finition trop gros mais tout en muscles, on leur donne un régime à haute teneur en énergie, autrement dit « riche en céréales ».

Au cours des dernières années, on a démontré qu’un régime à forte teneur en énergie, donné depuis le sevrage jusqu’au début de l’étape de finition, favorise les dépôts de gras. De plus, l’animal augmente son poids plus rapidement; moins il vit longtemps, moins l’on consacre d’énergie à en assurer la subsistance. La croissance rapide de l’animal permet d’économiser sur l’investissement, la nourriture et le fumier associés aux écarts prolongés entre la naissance et l’abattage, ainsi que sur les frais de subsistance connexes. En somme, deux principales options (décrites ci-dessous) s’offrent à l’éleveur.

  1. Inclure des céréales dans la ration de l’animal, depuis le sevrage jusqu’à l’abattage :
  • Ensilage de maïs, orge ou fourrage + grains, etc.

  1. Effectuer une gestion rigoureuse des fourrages :
  • Donner du foin ou de l’ensilage d’excellente qualité en hiver.
  • Effectuer une première coupe tôt en saison et à des intervalles réguliers par la suite!
  • Utiliser de l’herbe de première qualité durant l’été. Pas de pâturage continu!
  • Alterner les périodes d’expédition des animaux. Autrement dit, les vendre plus tôt en été au lieu de les garder toute la saison.

Si vous consacrez davantage d’énergie à la phase de croissance (étape de semi-finition intensive), vous pourrez utiliser du fourrage de plus grande qualité dans le régime de finition.

La surcharge par les céréales et l’acidose

Le régime d’un animal peut être composé à 90 % de maïs séché pendant un certain temps, et ce, pour une raison : la particule est suffisamment grosse et fournit assez de stimulation pour remplacer le fourrage grossier. Le bétail a besoin de fourrage grossier! L’orge n’est pas indiqué dans les rations composées uniquement de céréales. L’utilisation de maïs conditionné peut priver la ration de ses propriétés de fourrage grossier ou de « bonne fibre » (scratch factor). Par exemple, la cuisson à la vapeur des céréales fourragères, ou floconnage, en améliore la qualité, car le processus permet d’augmenter la surface des grains. D’autres procédés, comme le roulage du maïs, créent des particules fines. Dans un régime riche en grains, la présence de ces particules fines et le fait qu’on n’y retrouve pas de grains de maïs complets favorisent l’acidose! Lorsque le maïs présenté sous cette forme compose une grande part des rations, il faut ajouter une source de fibres au régime. Dans la RTM (ration totale mélangée), l’ensilage de maïs est tout indiqué. Les animaux souffrant d’acidose auront un rendement inférieur à leur potentiel et peuvent souffrir d’une perturbation de leurs habitudes alimentaires (consommation excessive suivie d’épisodes diarrhéiques). Ils peuvent également présenter d’autres problèmes de santé secondaires.

Quelques conseils pratiques

  • Assurez-vous que « la demande du marché » (le discours) correspond aux « signaux du marché » (l’argent) avant de poursuivre votre projet.
  • Sachez que le fait d’offrir des rations de semi-finition à forte teneur en énergie contribue à réduire la taille finale des carcasses et facilite ainsi le passage à l’étape de finition. À cette étape de semi-finition intensive, il est possible d’alimenter les animaux avec des rations de finition fortes en fourrage.
  • N’oubliez pas que les régimes alimentaires à haute teneur en céréales sont des régimes à haut risque. Il faut prendre en considération les facteurs comme les particules fines, les modèles d’alimentation et la forme des aliments, pour réduire le risque d’acidose et le piètre rendement chez les animaux.
 

 


Auteur : Christoph Wand - nutritioniste des bovines, ovins, et caprins
Date de création : 01 January 2000
Dernière révision : 08 July 2003

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