Allez, laissez-les manger de
la paille!
Prolonger l'approvisionnement des fourrages en hiver pour les vaches de
boucherie
Bon nombre de producteurs étirent leur approvisionnement de fourrages
en ajoutant de la paille à la ration des animaux. Étonnamment,
la paille de bonne qualité est une bonne source d'énergie
pour les ruminants. Avec autour de 45 % d'unités nutritives
totales (U.N.T.), la paille peut être beaucoup plus qu'un ingrédient
de remplissage et répondre en proportion importante aux besoins
énergétiques des animaux. La paille, cependant, contient
peu de protéines (de quatre à cinq pour cent seulement);
c'est pourquoi la ration doit comporter une source adéquate de
protéines, ainsi qu'un mélange approprié de minéraux
et de sel. La paille d'avoine a meilleur goût que la paille d'orge
et cette dernière a meilleur goût que la paille de blé.
Étant donné que la paille d'avoine est celle dont la teneur
en énergie est le plus élevée, il s'agit du meilleur
choix pour les rations destinées aux vaches, suivi de la paille
d'orge.
La paille convient le mieux aux vaches matures taries qui sont
en bonne forme, jusqu'à six semaines avant le vêlage. Ces
bêtes présentent les plus faibles exigences en matière
de nutrition que tout le reste du troupeau. Il est recommandé de
garder les meilleurs fourrages pour les génisses saillies et les
jeunes vaches gestantes qui attendent leur deuxième veau, ainsi
que pour les rations données après le vêlage. Les
vaches plus minces devraient être regroupées avec le groupe
des taures saillies afin qu'elles soient en mesure d'ingérer suffisamment
d'éléments nutritifs qui contribueront à faciliter
le vêlage et les prochaines saillies.
Si disponible, le foin de bonne qualité (16 pour cent de
protéines) peut être donné dans un mélange
contenant 60 % de paille et 40 % de foin qui offrira les quantités
d'énergie et de protéines requises. Avec du foin de qualité
moyenne (12 pour cent de protéines), il vaut mieux privilégier
un mélange 50/50 et avec du foin de qualité médiocre
(9 pour cent de protéines), il faut réduire la quantité
de paille à 30 % de la ration.
Il est facile de calculer les rations décrites plus en haut
avec une calculatrice, mais il n'est pas toujours évident de les
faire accepter par les vaches. Il n'est pas efficace de mettre la paille
et le foin dans des mangeoires différentes. Les vaches préfèrent
généralement le foin et seront en compétition pour
obtenir les fourrages les plus appétissants. Les vaches dominantes
vont réussir à se procurer leur portion de fourrages de
bonne qualité et les autres devront se contenter des rations de
moindre qualité. Si on a accès à un mélangeur,
le mieux est de mélanger ensemble des balles de qualité
différente. Ainsi, les vaches ne peuvent pas vraiment faire le
tri des fourrages et même si l'espace est restreint, les animaux
moins agressifs seront aussi bien nourris. À défaut de mélanger
la paille et le foin, on peut alterner chaque jour le type de fourrage
donné aux animaux. Si les mangeoires sont facilement accessibles,
toutes les vaches seront en mesure de consommer les quantités requises
de fourrages de bonne qualité une journée et tirer le meilleur
parti du fourrage de moins bonne qualité le lendemain. Afin de
prévenir le gaspillage, il vaut mieux donner la quantité
de nourriture qui correspond au niveau de consommation du groupe.
L'utilisation de différents types de fourrages, comme la
paille et les concentrés permettent aux éleveurs de vaches/veaux
de prolonger la durée de leurs approvisionnements de fourrages
habituels. Il est recommandé de calculer le coût des autres
méthodes afin d'avoir recours à la solution la plus rentable
pour l'exploitation.