Ce que le public voit

Avez-vous déjà pensé à ce que le public voit de l'Industrie du bœuf? Ou de ce qu'il pense au sujet de l'industrie du bœuf? Pas une semaine ne passe sans qu'une histoire sur le bien-être des animaux, ou plutôt un manquement au bien-être animal ne fasse partie d'un article de journal ou d'un bulletin de nouvelles. Nous avons eu de la chance en agriculture, notamment dans le secteur des pâturages, d'avoir un consommateur qui fait généralement confiance aux agriculteurs. Cependant, à chaque mauvaise nouvelle, cette confiance s'érode un peu plus. C'est pourquoi nous devons nous remettre en question et essayer de prendre du recul afin de voir notre industrie comme le public le ferait.

Photo d'un veau sortant la tête d'une barrière de contention

La première chose que le public semble ne pas voir est le sentiment de «bonheur» des vaches et des veaux quand ils sont dans un pâturage à l'extérieur. Cette scène se passe généralement dans un champ quelque part au loin. Là où le public voit réellement nos animaux, c'est lorsqu'on doit les transporter sur les routes, et ce n'est pas toujours la meilleure image qu'il voit. Nous avons tous déjà entendu un veau beugler de panique dans un camion arrêté à un feu rouge. Ce genre d'incident augmente le niveau d'anxiété chez les consommateurs, ainsi que chez le veau. En fait, c'est le problème numéro un que les consommateurs signalent au ministre de l'Agriculture.

Photo d'un groupe de bouvillons de finition à un encan d'animaux

L'autre endroit où le consommateur voit le bétail est dans les marchés aux enchères. Encore une fois, ce n'est généralement pas une image très reluisante pour l'industrie. Nous sommes devenus tellement habitués à nos agissements dans l'étable que nous n'avons plus conscience des gestes posés pour charger, décharger et déplacer le bétail dans les installations. Nous frappons les bovins qui sont déjà en mouvement et l'utilisation du bâton électrique est encore très répandue. Nous devons essayer de prendre du recul et regarder notre façon de faire avec les yeux du consommateur. Une autre suggestion est de demander à un voisin non agriculteur de vous accompagner afin d'avoir son opinion sur la manipulation des animaux. La plupart des modifications ne représentent vraiment pas grand-chose, mais un bon nombre consistent davantage en une prise de conscience de nos façons de faire et d'apprendre à regarder et à interpréter les réactions des animaux.

Photo du remplissage d'une seringue à partir d'une bouteille de médicament

À ce stade, de nombreux producteurs se demandent pourquoi ils devraient se soucier de ce que pensent quelques membres du public un peu naïfs (qui n'ont aucune expérience avec les animaux de ferme). La réponse est que nous voulons que le public continue de voir le bœuf comme un choix de protéines estimable. C'est pourquoi notre Code de pratiques en matière de bien-être du bœuf sera très important pour l'industrie. Ce sera également tout aussi important d'en connaître le contenu et de le mettre en pratique. Ce sera notre entente avec le public sur la façon d'élever les bovins de boucherie quand il ne peut pas voir ce qui se passe. Surveillez le document final à sa sortie cet automne.

Si nous choisissons d'ignorer le Code de pratiques, nous allons continuer à perdre des parts de marché. Les consommateurs vont davantage s'orienter vers les produits de marque et exiger des attributs « humains », que ceux-ci aboutissent ou non à des résultats bénéfiques pour les animaux. Certains systèmes de production vont intégrer très rapidement ces nouvelles pratiques à leur avantage en produisant du bœuf selon les différents protocoles, et en facturant en conséquence.

Bien que les mots que les agriculteurs utilisent soient différents de ceux que le public utilise, la bonne nouvelle est qu'ils ont une vision très équilibrée du bien-être des animaux et qu'ils s'adaptent bien aux opinions du public. Ce fait a été établi dans une étude menée par le Dr David Fraser dans le cadre du Programme de protection des animaux à l'Université de la Colombie-Britannique. Par conséquent, nous devons ébruiter la bonne nouvelle sur la façon dont les vaches et les veaux sont élevés et sur la façon dont la viande bovine est produite. Nous devons expliquer nos méthodes d'élevage comme la castration, l'écornage et la vaccination et les raisons pour lesquelles nous les faisons. Si nous ne pouvons pas les expliquer, alors nous devons prendre un autre regard sur nous-mêmes et nous demander pourquoi nous les faisons.

Même à l'étape finale concernant l'abattage du bétail, les consommateurs sont très tolérants si nous n'essayons pas de leur cacher des choses ou de manipuler de l'information, et si nous leur présentons les faits d'une manière très ouverte. L'American Meat Institute a récemment suivi ce conseil en créant une vidéo sur les procédures d'abattage intitulée Tour of a Beef Plant Featuring Dr. Temple Grandin. À voir sur YouTube.

Le bien-être des animaux et notre Code de pratiques font partie des perspectives d'avenir en vue d'améliorer la commercialisation d'un bœuf bien élevé. Nous avons juste besoin de prendre du recul et de voir ce que le public voit!


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