L'amélioration génétique dans le bovin de boucherie fait des avancées majeures Des outils plus puissants génèrent plus de progrès que prévu

Le secteur du bœuf, comme tout autre secteur, veut maintenir sa rentabilité, tout en réduisant les coûts. Les producteurs de bœufs ont accès à des outils de sélection génétique, comme l'Écart prévu dans la descendance (ÉPD) et la Valeur génétique estimée (VGE), mais c'est à eux que revient la décision finale de déterminer l'importance économique attribuée à chaque caractère. Bien que les objectifs économiques de l'amélioration génétique et des indices de sélections sont développés depuis longtemps, l'utilisation généralisée de ces outils dans le secteur du bœuf a récemment pris de l'ampleur. Dans une étude réalisée par Enns et Nicoll (2008), un changement génétique à long terme a été observé dans un programme d'élevage de bœuf commercial grâce à un indice de sélection conçu pour un objectif économique spécifique d'amélioration génétique.

Un noyau de géniteurs Angus situé en Nouvelle-Zélande a été utilisé pour l'étude. Ce troupeau était idéal puisque les données étaient disponibles pour toute la durée du programme de sélection et les objectifs de sélection n'avaient pas changé pendant la période de 17 ans. Le but de ce programme de sélection était de produire des taureaux pour la distribution et pour les utiliser dans les troupeaux d'élevage commerciaux de l'entreprise afin d'améliorer la rentabilité sur le plan génétique

Vaches de boucherie noires dans un pâturage à l'automne

Figure 1. Troupeau de géniteurs stabilisateurs dans le sud de l'Ontario.

L'objectif de sélection qui a été développé pour le troupeau en 1976 s'est poursuivi jusqu'à 1993. Cet objectif de sélection économique tenait compte du poids de la descendance en trop à 30 mois, du rendement de la carcasse en pourcentage de la descendance et des vaches de réforme, de la fertilité finale des vaches mesurée par le nombre de veaux sevrés/vache exposée à la saillie et du poids corporel de la vache à la réforme. La consommation alimentaire n'a pas été incluse dans l'étude, car les développeurs ont estimé qu'il n'y avait pas suffisamment d'informations disponibles dans les corrélations entre la consommation alimentaire du bétail au pâturage et les caractères susceptibles d'être inclus dans l'indice de sélection. Par conséquent, ils ont ajusté le revenu brut pour tenir compte du coût de l'alimentation supplémentaire associée aux animaux de plus grande taille, en utilisant une relation standard entre la taille de l'animal et la prise alimentaire.

Les caractères utilisés pour l'indice de sélection étaient les suivants :

  • fertilité de la mère
  • poids corporel moyen de la mère pendant sa vie
  • poids au sevrage
  • poids à un an.

Ces caractères ont été pondérés avec le nombre de descendants que la vache avait produit au moment où l'indice était calculé pour un individu. Contrairement aux indices de sélection précédents, cet indice comprend des caractères qui n'affectent pas directement la rentabilité comme le poids au sevrage et le poids à un an. L'analyse moderne qu'ont utilisée Enns et Nicoll pour réinterpréter les données comprenait des techniques additionnelles comme le calcul de l'environnement maternel direct et permanent et les effets résiduels pris séparément. La technologie de calcul actuelle a également permis l'utilisation de procédures comme le meilleur prédicteur linéaire sans biais (BLUP) pour calculer des estimations plus précises.

L'étude a révélé que le poids direct au sevrage (PDS), le gain post-sevrage, le poids de la progéniture et le poids à un an ont tous démontré des VGE moyennes qui ont augmenté considérablement au cours de la période 1976-1993. Aucune différence importante dans la VGE pour la contribution maternelle au poids au sevrage (CMPS) n'a été observée. C'est probablement dû au fait que la CMPS présentait une corrélation négative par rapport au poids direct au sevrage (PDS), et, comme la CMPS était davantage pondérée en ce qui concerne l'indice de sélection, il n'y a pas eu de changement significatif dans la VGE moyenne pour la CMPS. La VGE moyenne pour le poids corporel adulte n'a pas non plus changé de manière significative. C'était probablement dû au fait que les développeurs ont comptabilisé les coûts d'alimentation en ajustant le revenu brut en tenant compte des poids carcasses plus élevés. Cet ajustement indiquait que les pressions de sélection donnaient lieu indirectement à des poids adultes plus légers pour éviter les coûts supplémentaires associés à un poids carcasse plus élevé.

La réponse génétique obtenue pour le nombre de veaux sevrés a presque doublé par rapport à ce qui avait été prédit en 1976. C'est probablement dû au fait que les développeurs ont utilisé une valeur d'héritabilité présumée de 0,05, alors que la valeur d'héritabilité estimée réelle obtenue à partir de l'analyse des récentes données est de 0,20. Les évaluations obtenues à partir de l'analyse récente entraîneraient une intensification de la réponse à la sélection attribuable à une augmentation de la précision.

Vache de boucherie noire et son veau dans le pâturage

Figure 2. Vache et son veau d'un troupeau reproducteur stabilisateur.

Auparavant, les indices de sélection avaient été créés à l'aide d'ajustements des moindres carrés et des écarts de données ajustées à partir de moyennes de groupe contemporain. Ces données comprenaient les données propres à un individu, les données de la mère et les données répétées de la descendance de la mère. Actuellement, les indices de sélection sont créés en utilisant toutes les données disponibles, y compris les différentes composantes associées aux caractères comme l'environnement maternel direct et permanent et les composantes résiduelles. Celles-ci, ainsi que les informations généalogiques ont été entièrement prises en compte dans l'analyse de 2008. Il serait donc raisonnable de dire que la réponse à la sélection calculée en 1976 est moins précise par rapport à la réponse calculée au moment de l'étude.

La principale limite de l'objectif génétique développé en 1976 était le manque de technologie informatique. La technologie d'aujourd'hui nous permet de travailler avec de plus grands ensembles de données afin d'obtenir plus de résultats statistiquement significatifs. En outre, le manque d'informations sur les paramètres génétiques limitait également l'objectif génétique. Comme mentionné précédemment, les développeurs n'ont pas intégré directement la consommation alimentaire dans les objectifs génétiques. Nous avons maintenant de plus amples estimations sur les paramètres génétiques, et couplées à la technologie actuelle, ces estimations sont encore plus précises, permettant ainsi de réaliser des changements génétiques plus rapidement. Les estimations sont plus nombreuses et les hypothèses moins nombreuses, ce qui permet, comme on peut le voir dans les résultats, de considérablement changer le résultat d'un programme de sélection génétique. L'objectif génétique peut être défini de manière plus précise par la comptabilisation de coûts directs comme la consommation alimentaire. Ceci permet d'incorporer des caractères comme la consommation alimentaire et le poids corporel de façon indépendante, et permet ensuite de sélectionner un poids corporel élevé tout en maintenant ou en diminuant le coût de l'alimentation.

Actuellement, l'industrie du bœuf a des objectifs génétiques et des indices de sélection « généraux » développés d'après un système de production national. Les recherches futures devraient être réalisées selon le taux de variation génétique des systèmes utilisant ces objectifs génétiques et indices de sélection généraux en comparaison au taux de variation génétique d'objectifs génétiques et d'indices de sélection spécifiques destinés à la production spécifique de secteurs de commercialisation.

Caractères fonctionnels

Une étude plus récente a été menée en 2012 par Åby et coll. portant sur l'inclusion de caractères fonctionnels dans un modèle bio-économique, en plus des caractères de production réguliers. Voici un aperçu de ces caractères fonctionnels :

  • longévité de la vache au sein du troupeau
  • âge au premier vêlage
  • intervalle de vêlage
  • morts-nés
  • fréquence de naissances de jumeaux
  • difficulté au vêlage
  • problème de pattes ou d'onglons

Les résultats ont démontré que les caractères fonctionnels étaient tout aussi importants sur le plan économique que les caractères de production dans le modèle. Pour cette raison, il est tout aussi important d'inclure les caractères fonctionnels dans le modèle bio-économique, en plus des caractères de production.

En conclusion, un objectif génétique économique élaboré en 1976 avec un indice de sélection à caractères multiples a donné lieu à des gains génétiques à long terme dans le secteur du bovin de boucherie. Les simples objectifs génétiques et indices de sélection comme ceux développés en 1976 ont donné lieu à une base solide pour l'amélioration. C'est ce que l'on a pu constater en examinant la nouvelle analyse de 2008 des données de 1976-1993. Grâce aux techniques modernes, à l'accroissement des connaissances, à la puissance de la technologie et aux évaluations BLUP, on a pu calculer des évaluations plus précises. L'amélioration de la sélection génétique à des fins économiques se poursuit; comme en 2012, il a été démontré que les caractères fonctionnels seraient tout aussi importants sur le plan économique que les caractères de production. À mesure que la recherche progresse, de nouvelles idées verront le jour et renforceront la base qui servira à prendre des décisions de sélection plus efficaces.

Références

i Enns, R. M., & Nicoll, G. B. (2008). Genetic change results from selection on an economic breeding objective in beef cattle. Journal of animal science, 86(12), 3348-3357.


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