Amélioration continue

On entend de plus en plus souvent parler de production durable de viande bovine. Des sociétés comme McDonalds et Walmart s'orientent vers la mise en marché d'une viande de bœuf issue d'une production durable; voyons comment répondre à cette évolution. Pour que la production soit considérée comme durable, elle doit répondre à trois principaux critères : 1) la viabilité économique, 2) le volet environnemental et 3) l'acceptabilité sociale. À certains égards, tout cela est assez simple puisqu'il s'agit de la recherche en continu d'un équilibre entre la responsabilité environnementale, les débouchés économiques et la diligence sociale (National Cattlemen's Beef Association, NCBA).

« Pour définir la production bovine durable, on peut dire qu'elle doit répondre à demande actuelle et à venir pour des produits bovins sans danger et nourrissants tout en assurant le maintien à long terme de la durabilité commerciale et l'intendance des ressources naturelles, sans oublier les responsabilités à l'égard de la communauté, de la famille et des animaux eux-mêmes. L'équilibre optimal entre les volets économiques, environnementaux et sociaux de la production durable ne sera pas le même d'une exploitation à l'autre étant donné les différences qui existent entre les systèmes de production : climats, ressources disponibles (capital financier, capital humain, ressources naturelles) et jugements de valeur propres aux producteurs et aux consommateurs. » (Sarah Place, Oklahoma State University).

La production de viande bovine est très complexe et diversifiée. De la conception au consommateur, la chaîne d'approvisionnement comporte de nombreux liens et l'amélioration continue doit se faire à tous ces échelons. Voir Figure 1. Étant donné la diversité des exploitations, il n'y a pas de solution unique valable partout, mais tous les participants de la chaîne d'approvisionnement doivent faire leur part.

Tous les intervenants de la chaîne d'approvisionnement doivent faire leur part.

Figure 1. Tous les intervenants de la chaîne d'approvisionnement doivent faire leur part.

Lien descriptif pour la Figure 1 : Graphique représentant les éléments de la chaîne d'approvisionnement sur un cercle au centre duquel se trouvent deux vaches en train de brouter. Le cercle est formé de flèches qui vont dans le sens horaire. Autour du cercle sont inscrits les titres animal, fumier, sol, établissement, cultures végétales, récolte et entreposage, chacun étant illustré par une image.

Des études ont démontré qu'il y avait eu des améliorations dans le secteur de la production de viande bovine, ce qui est une bonne nouvelle. À partir de la simulation de données sur le système de production de viande bovine fournies par le Meat Animal Research Centre (MARC) du US Department of Agriculture, Rotz et al. (2013) ont constaté que l'empreinte carbone avait diminué de 6 % de 1970 à 2011. Capper (2011) estimait qu'aux États-Unis, l'empreinte carbone de la production bovine avait diminué de 16 % de 1977 à 2007. La production de viande bovine consomme moins de ressources et est donc devenue plus durable. Jude Capper indique qu'en 2007, pour produire la même quantité de viande bovine, il fallait quatre animaux contre cinq en 1977. L'élevage du bœuf de boucherie est donc devenu plus efficace. Dans la lutte pour la durabilité, l'optimisation de l'efficacité sur l'ensemble de la chaîne du bœuf sera cruciale.

Composantes de la durabilité.

Figure 2. Composantes de la durabilité.

Lien descriptif de la Figure 2 : Cercle divisé en trois secteurs égaux à l'extérieur desquels sont écrits les mots social, économique et environnemental. À l'intérieur de chacun de ces secteurs, on a énuméré les éléments de chacune de ces grandes composantes.

La National Cattlemen's Beef Association (NCBA) a effectué la première et la plus large évaluation de la durabilité dans le domaine de l'agriculture, sous la direction de Mme Kim Stackhouse-Lawson, PhD, directrice administrative de la durabilité globale. La production de viande bovine est très complexe parce qu'elle fait probablement intervenir davantage de processus biologiques que toute autre forme de production alimentaire, si l'on tient compte de tous les intrants et les extrants de l'ensemble du cycle biologique. Cette étude comparait les données de 2011 et celles de 2005, sur l'ensemble du cycle biologique.

Voici quelles en sont les principales conclusions :

  1. Diminution de la consommation d'énergie;
  2. Diminution de la consommation d'eau;
  3. Diminution de l'utilisation des terres;
  4. Diminution du nombre d'accidents du travail, de décès et de maladies liés aux activités liées à la production bovine;
  5. Amélioration du bien-être des animaux au parc d'engraissement et dans les secteurs vache-veau avec l'adoption de l'assurance de la qualité du bœuf, selon ce qui ressort d'une vérification des abattoirs effectuée par une tierce partie;
  6. Diminution des odeurs désagréables avec l'installation de bassins couverts;
  7. Reconnaissance de la nécessité de quantifier la valeur des espaces ouverts et des habitats fauniques;
  8. Là où une part significative de la quantité de fourrage destinée à la production bovine n'est pas propre à la consommation humaine, on doit prendre en compte la conversion de ce fourrage en protéines destinées à la consommation humaine. Il existe plusieurs autres productions telles que les aliments à base de gélatine, des médicaments et des aliments pour animaux de compagnie, qui découlent toutes de la production animale en agriculture, ce qui suggère que l'empreinte carbone demeure faible.

Ces améliorations ont été rendues possibles par :

  • L'amélioration des pratiques de production végétale et l'accroissement des rendements des cultures;
  • L'amélioration du rendement de la production animale avec l'accroissement de l'efficience alimentaire;
  • Le recours aux drêches de distillerie;
  • L'amélioration de l'efficacité de la consommation d'eau des abattoirs;
  • L'utilisation d'emballages de la bonne taille;
  • L'optimisation de la production de viande prête à emballer;
  • Le recours accru à la capture de biogaz;
  • La conversion du diésel au gaz naturel.

Savoir rester simple - Plan d'action

Voici quelques exemples de ce que vous pouvez faire pour rendre votre activité plus durable :

  1. Vous abonner à des bulletins tels que Le bœuf virtuel du MAAARO et le babillard de Beef Farmers of Ontario (BFO). Il existe une multitude d'autres publications de ce genre. Parcourir leurs articles pour chercher les idées que vous pourrez mettre en œuvre pour améliorer au moins l'un des trois piliers de la durabilité (le profit, l'environnement et le social);
  2. Assister à des ateliers de formation comme celui de Dylan Biggs sur la manutention des bovins et celui de Dan Ferguson de BFO sur le Code de pratique du bovin de boucherie;
  3. Améliorer l'efficience alimentaire de votre exploitation (sujet d'un article que je publierai dans le prochain numéro de Le bœuf virtuel);
  4. Planter des arbres là où ils vous apporteront le plus d'avantages. La plupart des exploitations gagneraient à avoir plus de brise-vent.

Références

Capper, J. L. 2007. The environmental impact of beef production in the United States: 1977 compared with 2007. J. Anim. Sci. 89:4249-4261.

Place, S. E. Sustainability: What does it mean and why does it matter? 2015 Beef Improvement Federation Annual Symposium.

Rotz, C. A., B. J. Isenberg, K. R. Stackhouse-Lawson, and E. J. Pollack. 2013. A simulation- based approach for evaluating and comparing the environmental footprints of beef production systems. J. Anim. Sci. 91: 5427-5437.

http://www.beefboard.org/news/files/FY2015/SustainabilityExecutiveSummaryWeb1.pdf


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