Quelles leçons les producteurs de vaches-veaux ont-ils tirées de l'enquête sur la tuberculose?

Le suivi de la première vache tuberculeuse (TB) au Canada détectée dans un abattoir aux États-Unis a été compliqué et coûteux, mais l'intervention rapide a réduit l'impact global en court-circuitant la propagation de la maladie.

Récemment, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a signalé que les tests réalisés sur les bovins après la découverte d'un cas positif à l'automne 2016 étaient terminés. Environ 11 500 animaux ont été abattus et environ 30 000 têtes ont été libérées de la quarantaine. Toutes les vaches du troupeau d'origine, plus celles de 18 autres troupeaux jugés à haut risque en raison du contact direct avec le troupeau d'origine, ont été incluses dans le groupe des animaux abattus sans cruauté. L'apparition d'une maladie aussi importante devrait encourager tous les producteurs à se pencher sur les programmes de contrôle des maladies infectieuses dans leurs fermes et leurs régions.

Les bovins sont exposés à de nombreuses maladies infectieuses qui peuvent causer des répercussions à divers niveaux et divers degrés. Heureusement, la tuberculose bovine est rare au Canada et n'est survenue que très sporadiquement. Toutefois, lorsqu'elle survient, c'est une des maladies des plus dommageables. Pour protéger la santé humaine et la santé du cheptel bovin de notre pays, le dépistage systématique de la tuberculose à l'abattage a pour but de détecter une maladie principalement subclinique et offre les meilleures chances de prévenir la propagation. Malheureusement, nous n'avons pas ce niveau de surveillance sur les fermes pour d'autres maladies infectieuses moins dramatiques, bien que certaines d'entre elles puissent avoir un impact négatif très significatif dans les troupeaux qui en sont infectés.

On a l'impression que les élevages vaches-veaux sont moins à risques de contracter des maladies infectieuses que d'autres types d'élevages, peut-être à cause que ces bovins sont élevés de façon extensive et principalement à l'extérieur. Cela peut donner aux producteurs un faux sentiment de confiance dans le niveau de biosécurité qu'ils pratiquent actuellement. L'enquête sur la tuberculose nous rappelle que les troupeaux de vaches-veaux peuvent également être confrontés à des problèmes infectieux importants. L'étendue de l'enquête sur la tuberculose a été considérablement accrue, car les bovins des 18 troupeaux étaient mélangés dans des pâturages communautaires. Le retour des bovins ou l'ajout de nouveaux animaux, comme des taureaux, dans le troupeau vaches-veaux, expose potentiellement de nombreux troupeaux à un risque plus élevé de maladies infectieuses que ce à quoi les producteurs peuvent s'attendre. En examinant les programmes actuels de biosécurité des troupeaux, nous pouvons évaluer si les programmes que nous avons en place peuvent protéger nos troupeaux de bovins contre les risques auxquels ils sont confrontés. La tuberculose est une maladie «qui fait les manchettes», mais d'autres maladies moins importantes peuvent être présentes dans les troupeaux de l'Ontario et avoir un impact négatif sur la productivité et la santé.

Le point de départ fondamental pour développer un bon programme de biosécurité spécifique à un troupeau est de connaître les maladies dont le propriétaire du troupeau devrait se préoccuper. Il peut s'agir de maladies qui sont déjà présentes dans le troupeau ou de maladies qui ont pu être introduites récemment.

Pour surveiller l'apparition d'une maladie, un examen post-mortem de tous les animaux qui meurent devrait être un élément essentiel du programme de biosécurité d'un troupeau vaches-veaux. Souvent, la raison pour laquelle un animal meurt n'est pas apparente ou la cause de la mort est quelque chose de différent de ce qui était suspecté lorsque l'animal était vivant. Un examen post-mortem peut être effectué à la ferme ou là où les cadavres sont stockés, tout dépendant de l'emplacement de la ferme. L'autopsie en soi fournira souvent des réponses, toutefois, on peut aussi procéder à des analyses d'échantillons en laboratoire si le vétérinaire le recommande et que le propriétaire le souhaite.

Le projet portant sur la surveillance de la santé des veaux, qui vient de prendre fin, a mis en évidence la valeur des examens post-mortem des veaux. Ces examens permettent de cerner plus précisément les causes des maladies infectieuses que les producteurs de bovins et leurs vétérinaires ne sont pas toujours en mesure de détecter. Par exemple, des veaux qui semblaient atteints d'une diarrhée infectieuse étaient en réalité atteints de la maladie du muscle blanc. Certains veaux sont morts d'une pneumonie aiguë. D'autres veaux trouvés morts ont été diagnostiqués comme ayant une septicémie due à des infections ombilicales non détectées. Environ un tiers de tous les veaux qui ont subi un examen post-mortem avaient été présumément morts de la diarrhée. À la suite des analyses en laboratoire, six différents agents infectieux responsables de la diarrhée ont été identifiés, dont des virus, des bactéries et des protozoaires. Bon nombre des maladies infectieuses diagnostiquées lors des examens post-mortem étaient accompagnées de mesures précises qu'un producteur pourrait prendre pour prévenir la maladie et les mortalités dans le troupeau. Des injections de vitamine E et de sélénium, des programmes de vaccination plus ciblés contre les maladies respiratoires et les diarrhées du veau, une gestion des aires de vêlage et une sensibilisation accrue aux infections ombilicales, pour permettre un traitement précoce, sont autant d'actions pratiques pouvant améliorer la santé et la survie des veaux, basées sur les résultats d'examens post-mortem.

Les examens post-mortem réalisés sur des bovins, particulièrement des veaux, peuvent prévenir des pertes éventuelles et devraient faire partie de tous les programmes de biosécurité de base, bien que ce service, que les vétérinaires peuvent offrir, semble sous-utilisé. Consacrer du temps sur un animal déjà mort peut ne pas ressembler à de la " médecine préventive ", mais si le diagnostic permet d'identifier des maladies infectieuses avec précision et que des changements de gestion constructifs sont apportés, alors on peut parler de médecine préventive.

Avec les vêlages de printemps qui approchent, pensez à discuter avec votre vétérinaire des examens post-mortem lorsqu'il y a des mortalités et de ce que cela pourrait apporter. Les veaux sont peut-être le moyen le plus facile de commencer et ils fournissent probablement les renseignements les plus utiles et les plus pertinents pour entamer des changements de gestion.

La détection de la tuberculose à l'abattage a été un moyen très efficace de surveiller une importante maladie à l'échelle nationale. L'examen post-mortem des veaux peut grandement contribuer à améliorer le programme de biosécurité de votre troupeau en vous permettant de mettre en place des pratiques de prévention des maladies infectieuses rentables et propres à votre troupeau.


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