L'importance d'un apport nutritif optimal pendant la gestation

L'équation la plus fondamentale enseignée à l'université était P = G + E; Phénotype = Génétique + Environnement. Le phénotype est ce qui est apparent, cela peut être le poids au sevrage, la musculature, les pieds, les pattes, etc. Ce que nous observons est une combinaison de la génétique et de l'environnement où E = alimentation et régie. Par conséquent, la meilleure des génétiques ne peut pas garantir une performance supérieure. Pour que les gènes puissent exprimer leur supériorité, les bovins doivent être nourris et élevés adéquatement.

Les deux derniers hivers ont affiché de façon continue des températures beaucoup plus froides à ce qui est considéré comme « normal ». Avec des températures plus froides, les vaches ont besoin d'éléments nutritifs supplémentaires pour l'entretien. Une bonne nutrition est également cruciale pour le développement du fœtus et peut avoir un effet durable pendant toute la vie du veau.

En ce qui concerne le développement du veau, beaucoup pensent que la nutrition et la régie ont une importance seulement à partir de la naissance. Cependant, la recherche semble indiquer que la nutrition et la régie sont importantes dans la vie d'un veau dès sa conception. On y réfère comme étant la « programmation fœtale » ou « la programmation du développement ». Le concept de la programmation du développement consiste en un stimulus ou en une contrainte à une période critique du développement fœtal qui aura des effets à long terme sur la progéniture. Parmi les contraintes possibles, mentionnons les restrictions nutritives, la suralimentation et l'hypothermie. Il a été démontré que la nutrition maternelle pendant la gestation programme la croissance et le développement du fœtus, à la fois pendant la gestation et plus tard dans la vie adulte. La nutrition maternelle affecte aussi la glande mammaire et le rendement en colostrum.

Il est bien connu que 75 % du développement fœtal a lieu au cours des 3 derniers mois de gestation. Par conséquent, certains éleveurs de bovins font attention à l'alimentation de leurs vaches au dernier trimestre. Il est important que les vaches de boucherie soient en forme au vêlage pour que les veaux viennent au monde facilement et avec vigueur, ainsi que pour une bonne production de colostrum et un retour rapide des chaleurs. Corah (1975) a signalé que l'alimentation de vaches gestantes à 70 % de leurs besoins énergétiques calculés au cours des 90 derniers jours de gestation a donné lieu à un taux de mortalité et de morbidité accru. Il semble que la restriction nutritive pendant la gestation peut augmenter la sensibilité des bovins aux maladies respiratoires plus tard dans leur vie.

Une mauvaise nutrition en début de gestation peut paraître sans importance en raison des besoins nutritifs limités du fœtus pour la croissance et le développement au cours de la première moitié de la gestation. Cependant, il y a des preuves de plus en plus nombreuses que la nutrition en début de gestation est critique. Cette période correspond aux stades précoces du développement du fœtus, à la croissance maximale du placenta et à la différenciation. Le premier battement de cœur se produit au 21e jour environ, suivi par le développement des autres organes vitaux : les testicules commencent à se développer au 45e jour, et chez les génisses, les ovaires commencent à se développer au 80e jour. Le développement musculaire a une priorité moindre comparativement à celui des organes et est très vulnérable aux carences nutritives, car le nombre de fibres musculaires se forme du deuxième au huitième mois de gestation. Zhu (2006) a constaté une réduction dans le nombre de fibres musculaires due à des restrictions nutritives du début à la mi-gestation. Du (2010) a constaté que le nombre de fibres musculaires et les sites de persillage sont influencés au cours du développement fœtal. Greenwood (2004) a démontré que les bouvillons issus de vaches nutritionnellement restreintes pendant la gestation avaient affiché un poids de carcasse réduit par rapport à ceux issus de vaches nourries de manière adéquate. Underwood (2010) a rapporté une augmentation de la tendreté chez les bouvillons issus de mères nourries de pâturages améliorés par rapport aux bouvillons issus de mères nourries de pâturages naturels en milieu de gestation.

D'autres études ont démontré l'impact d'un fœtus bien nourri sur un certain nombre de facteurs importants dans la production bovine, comme le poids au sevrage, le GPQ et le taux de gestation chez les génisses.

Tableau 1. Effet de la nutrition maternelle sur la performance de leur progéniture de bœufs de boucherie*

  PA1 PN2
Poids au sevrage 564 534
GPQ 3,65 3,28
Poids de la carcasse 768 726

Note de persillage

455 420

*Underwood et coll (2010)
1PA = mères nourries de pâturages améliorés du 120e au 180e jour de la gestation
2PN = pâturages naturels

Stalker (2006) a constaté qu'un apport supplémentaire en protéines augmentait le poids au sevrage et le pourcentage de veaux sevrés. Il va de soi qu'avec le prix actuel du veau de boucherie, l'augmentation du poids au sevrage pourrait facilement justifier le coût du supplément.

Martin (2007) a également rapporté une augmentation de 28 % pour ce qui est des génisses qui vêlent au cours des 21 premiers jours de la saison chez les génisses issues de mères nourries avec un supplément. Wu (2006) a déclaré que le régime alimentaire de la mère pendant la gestation peut influencer la mortalité néonatale, le dysfonctionnement intestinal et respiratoire, la croissance postnatale lente, des fibres musculaires de diamètres différents et la qualité de la viande.

Tableau 2. Effet de la supplémentation en protéine des mères sur la performance de leur progéniture de génisses*

  SUP1 NS2
Poids à 205 jours (lb) 467 456
Âge à la puberté (jours) 339 334
Gestation (%) 93 80

*Martin et coll (2007)
1SUP = mères ayant reçu un supplément protéique 3 fois par semaine à raison de 1 lb/jour de PB à 42 % en granules en même temps qu'elles pâturaient dans les collines inexploitées pendant le dernier trimestre de gestation.
2NS = mères n'ayant pas reçu un supplément protéique

Conclusion

Une régie adéquate de la nutrition des vaches pendant la gestation peut améliorer les performances et la santé de la progéniture. Il est conseillé de consacrer du temps en compagnie de votre nutritionniste pour assurer que vos vaches reçoivent une nutrition optimale tout au long de l'année.

Références

Corah, 1975, Influence of prepartum nutrition on the reproductive performance of beef females and the performance of their progen. Journal of Animal Science, 41:819

Du, 2010, Fetal programming of skeletal muscle development in ruminant animals. Journal of Animal Science, 88 (E Suppl) E51

Greenwood, 2004, Nutrition in utero and preweaning has long term consequences for growth and size of Piedmontese and Waygu sired steers. Journal of Animal Science, 78:50

Martin, 2007, Effects of dam nutrition on growth and reproductive performance of heifer calves. Journal of Animal Science, 85:841

Underwood, 2010, Nutrition during mid to late gestation affects growth, adipose tissue deposition and tenderness in cross-bred beef steers, Meat Science. 86:588

Stalker et coll, 2006, Effects of pre and postpartum nutrition on reproduction in spring calving cows and calf performance. Journal of Animal Science, 84:2582

Wu et coll, 2006, Intrauterine growth retardation: implications for the animal sciences. Journal of Animal Science, 84: 2316

Zhu, 2006, Maternal nutrient restriction affects properties of skeletal muscle in offspring. Journal of Physiology, 575:241


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