Surveillance et biosécurité - Implication active à l'égard de Salmonella Dublin - Programme du réseau de surveillance des bovins 2016

À ce jour, en 2015 et 2016, le Laboratoire de santé animale de Guelph a trouvé près de 40 isolats de Salmonella Dublin dont la source était des troupeaux bovins de l'Ontario. Jusqu'en 2012, l'infection n'avait jamais été détectée dans les élevages de bovins de l'Ontario. Les animaux visés par les échantillons positifs étaient des veaux morts provenant de dix élevages de veaux de boucherie environ et de deux fermes laitières. Cela peut sembler peu, mais, à en juger par ce qui est arrivé dans l'état de New York et au Québec au cours des 10 dernières années, cela pourrait être le début d'une invasion plus grande.

Les épidémies d'infections à S. Dublin sont très sévères. En général, ce sont les veaux âgés de 2 semaines à 4 mois qui sont les plus touchés. Dans certains rapports, 40 % à 50 % des veaux exposés sont morts. Dans la plupart des cas de l'Ontario, le signe le plus visible était la pneumonie. La diarrhée est beaucoup moins importante, comparativement à ce que l'on pourrait s'attendre. Chez les jeunes veaux, la bactérie S. Dublin pénètre dans le flux sanguin et circule dans plusieurs organes, comme les poumons, le foie, la rate, les articulations et les muqueuses de l'estomac. Une faible réponse aux traitements antibiotiques ou une augmentation de la mortalité des veaux incitent les éleveurs et leurs vétérinaires à soumettre des échantillons à des fins d'analyse en laboratoire.

Un aspect préoccupant au sujet des isolats actuels de S. Dublin est la résistance de la souche actuelle à plusieurs médicaments. Jusqu'à présent, les isolats de l'Ontario, comme ceux de New York et du Québec, sont résistants à la plupart des antibiotiques offerts sur le marché pour le traitement des veaux. Quelques veaux malades seulement pendant une invasion de S. Dublin sont traités avec succès.

S. Dublin s'introduit dans les élevages de bovins laitiers, de bovins de boucherie ou de veaux de boucherie avec le déplacement du bétail. De façon générale, ce sont les animaux porteurs qui propagent l'infection d'une ferme à l'autre, soit les bovins semi-finis ou adultes infectés qui ne présentent aucun signe de la maladie ou les jeunes veaux déjà infectés, mais sans signes immédiats de la maladie. Comme plus de 70 % des producteurs laitiers de l'Ontario ont mentionné avoir introduit des bovins dans leurs troupeaux au cours des cinq dernières années, nous présumons qu'il y a plus de troupeaux infectés que ceux où la maladie a été détectée jusqu'à présent par des échantillons envoyés au laboratoire.

S. Dublin peut infecter l'homme aussi bien que les bovins. Et tant chez l'homme que chez les bovins, l'infection à S. Dublin est invasive et multirésistante aux médicaments. Dans les fermes où S. Dublin pourrait être présente, toutes les personnes qui s'occupent du bétail devraient observer les précautions de biosécurité de base pour éviter l'infection. Les pratiques de biosécurité devraient être révisées. Le nettoyage fréquent des mains, les gants et les vêtements de protection conservés à l'étable, l'assainissement du matériel d'alimentation et de manutention, etc. contribueront à protéger les personnes et les veaux. Les enfants et les personnes âgées ou immunodéficientes sont plus sensibles à l'infection. L'entrée de la zone des veaux devrait être restreinte, particulièrement si les veaux sont malades.

Dans le cadre de la stratégie provinciale de surveillance des maladies, un groupe en réseau pour la santé bovine a été formé afin de communiquer à l'industrie, au gouvernement, aux chercheurs et aux services de laboratoire les questions importantes concernant les maladies du bétail. Le groupe a récemment lancé un programme visant à étudier la santé des veaux, notamment les infections à S. Dublin. Le programme comporte deux volets. Dans le premier volet du programme, le producteur laitier peut demander à ce que le lait de son réservoir soit analysé pour la présence d'anticorps à S. Dublin, afin de vérifier s'il a des vaches porteuses. L'analyse du lait prélevé dans le réservoir est une première étape vers l'évaluation de la prévalence de S. Dublin au sein des troupeaux laitiers de l'Ontario.

Dans le deuxième volet, des veaux d'exploitations laitières, de boucherie ou de vache-veau pourront être soumis à un examen post-mortem. Le financement du programme compensera les frais vétérinaires. L'examen post-mortem peut être fait à la ferme par le vétérinaire du troupeau; des échantillons ou encore le veau entier peuvent être soumis au Laboratoire de santé animale de Guelph ou Kemptville.

Si vous souhaitez participer au volet de l'analyse post mortem, veuillez communiquer avec votre vétérinaire pour savoir comment vous inscrire à ce programme de surveillance. Les détails du programme sont aussi disponibles auprès de Ann Godkin (ann.godkin@ontario.ca ou 519 846-3409).

Ce programme est financé par le Partenariat de recherche MAAARO - Université de Guelph, dans le cadre du Programme de surveillance des maladies, qui est un programme conjoint fédéral-provincial de Cultivons l'avenir 2.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca