Le bien-être pour une vache, c'est quoi?

On entend beaucoup parler dans les médias de bien-être des animaux, vous êtes-vous déjà demandé ce que le bien-être veut dire pour une vache? Récemment lors de l'International Beef Cattle Welfare Symposium, le Dr K.C. Olsen de Kansas State University a répondu en partie à cette question.

Les exploitations vache veau attirent moins souvent l'attention des représentants des droits des animaux que de nombreux autres systèmes agricoles. Après tout, ordinairement les veaux restent avec leurs mères et courent dans l'herbe tout l'été. Ils correspondent à la vision idyllique que plusieurs en ont. Dans notre industrie, les enjeux relatifs au bien-être touchent les éléments suivants :

  • la météo/l'abri;
  • la nutrition;
  • les pratiques de gestion;
  • le traitement/la prévention des maladies;
  • la dystocie/les difficultés de vêlage;
  • les animaux réformés, blessés/âgés.

Pour de nombreuses personnes non familières avec les bovins, la météo/l'abri relèvent de la nécessité. Dans les faits si on lui laisse le choix, la vache préfère être à l'extérieur la majeure partie du temps. Il en va de même quand il fait froid en hiver du moment qu'elle dispose de beaucoup d'aliments, d'un bon pelage et possiblement de brise-vent.

La nutrition est l'un des éléments qui doit le plus souvent être reconsidéré pour faire concorder les cycles du vêlage et nutritionnel. Chaque année est différente, nous sommes vigilants les années de sécheresse quand les herbages sont plus courts. Sommes-nous aussi attentifs aux changements plus subtils qui s'opèrent lentement dans le troupeau avec le temps? Nous avons souvent entendu répéter qu'il faut élever la vache en conformité avec le milieu. C'est probablement ce que vous faisiez il y a 15 ans, ou au début quand vous avez commencé l'élevage des vaches. Ou vous êtes-vous procuré les mêmes vaches que chacun sans penser à ce que votre terre produisait? Si vous aviez la bonne quantité d'aliments pour les vaches à ce moment-là, qu'est-ce qui est différent? Nombre d'entre nous élevons des vaches dont le poids est plus élevé avec les années. La plus grande partie de la littérature parlent de vaches d'un poids d'environ 544,0 kg (1 200 lb), pourtant la moyenne en Ontario se situe autour de 680,0 kg (1 500 lb) de nos jours. Aussi, avec le temps nous avons obtenu plus de lait de nos vaches, ce qui est une bonne chose, du moment que nous faisons des ajustements aussi aux aliments.

Si l'on augmente le poids d'une vache de 90,7 kg (200 lb), alors la quantité d'aliments d'entretien augmente de 20 %. Si l'on hausse le potentiel de production de lait de 4,5 kg (10 lb), les besoins en aliments d'entretien augmentent de 20 %.

Le Dr Olsen a affirmé que nous devrions apparier les vaches aux ressources de la région. Dans le milieu rude du Dakota du Nord, les données du CHAPS (système d'évaluation de la performance du troupeau) de 2008 (programme d'évaluation de la performance du troupeau) ont indiqué que des vaches de 544,0 kg (1 200 lb) et moins sevraient des veaux de 280,0 kg (617 lb) et que des vaches de 726,0 kg (1 600 lb) et plus sevraient des petits de 197,0 kg (434 lb). Il est clair que les besoins nutritionnels des vaches plus grosses étaient plus grands que les ressources de base, créant un problème de nutrition, peut-être de bien-être et sûrement un problème financier.

Parfois le déficit en matière de ressources ou de nutrition devient évident d'autres façons. Grâce à l'élevage sélectif, à la Kansas State University les vaches de boucherie sont passées d'un poids de 617,0 kg (1 360 lb) en 2005 à 544,0 kg (1 200 lb) en 2010. C'est l'équivalent de 27 200,0 kg (60 000 lb) de poids corporel de moins pour les mêmes ressources disponibles. On constate maintenant une plus grande longévité des vaches parce qu'il y a plus de ressources disponibles pour ces animaux, même si on ne pensait pas auparavant qu'elles en étaient privées.

Des vaches et des veaux au pâturage donnent une image idyllique de la ferme.

Figure 1.  Des vaches et des veaux au pâturage donnent une image idyllique de la ferme.

Des pratiques de gestion comme la castration et l'écornage ont toujours suscité une certaine controverse. Elles représentent ce que l'on appelle un mal pour un bien. Un certain mal (douleur, stress), est nécessaire pour le bien global ou à plus long terme (accouplements non planifiés et blessures causées par les cornes). Certaines technologies d'atténuation de la douleur ou d'anesthésie des nerfs peuvent alors favoriser un bien-être et leur application est de plus en plus possible à mesure que de nouveaux médicaments sont approuvés pour ce faire. En attendant, plus tôt on procède dans la vie du veau moins il semble y avoir de réaction de la part de l'animal. La vaccination serait un autre exemple d'un mal pour un bien, le stress et la douleur à court terme sont compensés par le bien que représente la prévention des maladies.

La difficulté de vêlage ou dystocie est un problème que tous souhaitent éviter, mais dans quelle mesure y avons-nous consacré du temps? C'est un problème de bien-être qui affecte non seulement la vache mais aussi le veau concerné. C'est aussi le rendement qui au bout du compte sera grandement menacé. Les vaches qui ont des vêlages difficiles mettent plus de temps à s'accoupler de nouveau, réduisant le poids de marché de la prochaine année. Pour le veau en cause, il existe une multitude d'enjeux de bien-être possibles. Quand le vêlage est difficile le veau a plus de risque d'être mort-né, d'avoir des problèmes respiratoires plus tard, et qu'il risque beaucoup plus aussi d'en mourir par la suite. Ces enjeux sont peut-être dus en partie au stress de la naissance difficile qui empêche le veau de se lever et de s'allaiter rapidement, ce qui nuit à sa capacité de bénéficier du transfert d'immunité passive par le biais du colostrum. En cas de manque de transfert d'immunité passive, ces veaux présenteront trois fois plus de tendance à des traitements pour état maladif au parc d'engraissement. À nouveau, c'est un enjeu de bien-être à la fois pour le veau et pour le parc d'engraissement. Certains de ces enjeux sont mitigés au moyen d'une bonne PRÉPARATION des veaux au sevrage, contrairement aux pratiques courantes dans l'industrie. Le veau peut-il manger et boire dans une cour d'élevage? Envisagez-vous des mangeoires le long d'une clôture ou le sevrage en deux étapes, pour éviter au veau les inconvénients du stress du sevrage d'un seul coup?

Enfin nous leur devons bien ça, nous devons encore plus assurer le bien-être des bovins d'élevage vers la fin de leur vie ou de leurs « années de service ». Il vaut mieux prendre ces décisions bien avant que l'animal ne soit très malade. La vache peut-elle marcher librement et supporter le transport par camion sans problème? S'il s'agit de carcinome oculaire il faut l'enlever du troupeau dès que vous vous en apercevez. C'est pour son bien-être et à nouveau pour la rentabilité de votre élevage, et il y a moins de risque de devoir enlever la carcasse. Si la vache a atteint un état très maladif, prenez vos responsabilités et faites-la abattre. Comme le mentionne le Dr Jan Shearer, « il vaut mieux euthanasier une semaine trop tôt qu'un jour trop tard ». Le bien-être des animaux y gagne, de même que l'industrie.

Arrêtez-vous pour réfléchir à vos pratiques agricoles et à ce que les enjeux de bien-être pourraient être du point de vue de vos vaches et aussi des consommateurs. Selon vous certaines choses devraient-elles être changées? Par chance, si vous procédez à un grand nombre de ces changements votre rentabilité en sera aussi améliorée.


Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca