L'alimentation minérale des vaches de boucherie

L'hiver dernier (2016), plusieurs éleveurs de vaches-veaux ont découvert les dangers de la sous-alimentation, ou de ne pas servir un apport minéral à leurs vaches de boucherie gestantes. Cela peut sembler un sujet étrange au mois de juillet, néanmoins, une planification à ce temps-ci permettra de subvenir aux besoins de gestion ou d'installation pour améliorer l'alimentation minérale des vaches dans le futur.

En Ontario, les problèmes de santé associés à une alimentation minérale déficiente sont généralement rares chez les vaches de boucherie. Ces cas passent peut-être inaperçus, dû au fait que les symptômes sont légers ou lents à se développer. L'hiver dernier, plusieurs cas sont survenus alors que des propriétaires de troupeaux ont éprouvé des problèmes extrêmes qui les ont amenés à travailler avec leur vétérinaire ou leur conseiller en alimentation local pour avoir un diagnostic de leur troupeau. Dans un des cas, des échantillons pour fins d'analyse ont été prélevés sur des vaches décédées ou euthanasiées, et dans d'autres cas, des veaux ont été soumis au Laboratoire de santé animale de Guelph pour une analyse post-mortem. Ces situations mettent en évidence l'importance d'évaluer et d'améliorer l'alimentation minérale des vaches de boucherie.

Dans un troupeau, le problème rencontré était une forte proportion de vaches en très mauvais état avec un pelage très rude, ainsi qu'un grand nombre de vaches non gestantes au début de l'hiver. Le taux de mortalité des vaches a également été supérieur à celui des dernières années. Les analyses d'échantillons de foie provenant de vaches décédées ont démontré une carence en cuivre. L'analyse des fourrages a démontré que le foin servi en exclusivité avait une teneur très élevée en molybdène. Dans d'autres troupeaux, les problèmes concernaient principalement les veaux. Dans un des troupeaux, environ 25 % des veaux nés au printemps avaient des membres déformés (rachitisme), en raison d'une carence en manganèse. La carence en manganèse est associée à une ration qui inclut de l'ensilage, mais pas de grains ni de supplément minéral. Trois autres troupeaux avaient des veaux avec une carence en sélénium. Dans deux troupeaux, les veaux étaient atteints de la maladie du muscle blanc. Les veaux atteints étaient faibles et mouraient environ deux semaines après la naissance. Dans un troupeau, les veaux au pâturage ont contracté une maladie respiratoire environ trois semaines après la naissance. L'analyse post-mortem des veaux de ce troupeau a démontré une bronchopneumonie et des lésions de la maladie du muscle blanc, ce qui suggère que la pneumonie a pu être aggravée en raison d'une carence simultanée en sélénium. Dans l'un des troupeaux où les veaux avaient la maladie du muscle blanc, plusieurs d'entre eux avaient également un goitre congénital, ce qui indique probablement une carence en iode chez les mères. Dans tous les cas, l'historique sur la gestion de la ferme recueilli par le vétérinaire du troupeau ou du laboratoire a indiqué que l'alimentation minérale était soit, absente ou déficiente, ou qu'elle était servie à volonté, mais d'une manière qui empêchait probablement une partie du troupeau d'en recevoir un apport adéquat.

Ce sont des exemples de problèmes qui pourraient être évités avec une meilleure gestion nutritionnelle et un apport adéquat en minéraux. Les problèmes liés à l'alimentation minérale ne sont pas tous aussi graves, mais il se peut qu'à l'heure actuelle, ils ne soient pas diagnostiqués, à moins qu'un taux élevé de problèmes n'exige des analyses et diagnostics supplémentaires. Des pertes de productivité et de performance plus subtiles sont probablement présentes dans d'autres troupeaux à gestion similaire, mais où les graves problèmes de santé n'ont pas affecté une grande partie du bétail. Dans une étude d'alimentation minérale menée dans l'ouest du Canada, les foies de 129 veaux (105 troupeaux) décédés entre 3 jours et 3 mois ont été analysés pour identifier des carences minérales. Les résultats ont démontré que 32,5 %, 5,4 %, 6,2 %, 7,7 %, 35,3 % et 75,6 % de ces veaux présentaient des carences en sélénium, en cuivre, en zinc, en manganèse, en vitamine A et en vitamine E, respectivement. Les carences réelles peuvent varier selon la région, mais les résultats suggèrent fortement que, dans l'ensemble, les pratiques d'alimentation minérale des vaches sont très mauvaises.

Tous les bovins nourris de pâturages et d'aliments servis en hiver nécessitent une certaine quantité d'un supplément minéral. Les besoins en minéraux peuvent varier en fonction de l'emplacement géographique (en particulier pour les problèmes liés au molybdène et au cuivre), du type de fourrage, de la qualité du fourrage et de la saison. Un point essentiel est de garantir un apport adéquat et suffisant de minéraux sur une base régulière, de préférence sur une base quotidienne, ou tout au moins une fois par semaine. La plupart des minéraux et des vitamines ne sont pas bien emmagasinés dans le corps de l'animal et ne durent pas très longtemps, donc une alimentation continue et régulière est requise.

Dans tous les cas de l'Ontario, le diagnostic post-mortem et les échantillons soumis au laboratoire ont été une étape importante pour obtenir un diagnostic approprié et trouver un remède spécifique au problème. Les dossiers de laboratoire montrent que ce service est sous-utilisé, peut-être en raison de la difficulté d'acheminer des veaux au laboratoire ou en raison du manque d'appréciation de la valeur d'un examen post-mortem. Il se peut aussi que, lorsque des symptômes communs comme la diarrhée ou la pneumonie sont observés, un diagnostic présomptif soit établi et aucun échantillon ou veau n'est soumis au laboratoire. Il s'ensuit que l'impact potentiellement négatif des carences en minéraux sur le système immunitaire reste inconnu.

L'analyse des fourrages est le seul moyen de déterminer si une région géographique particulière produit des fourrages ou d'autres aliments avec des carences minérales spécifiques. Parfois, une zone a déjà été identifiée comme ayant une carence particulière et les conseillers en nutrition ou les vétérinaires peuvent émettre des conseils sur des besoins spécifiques. Cependant, les analyses de fourrage visant à déterminer les teneurs en minéraux sont le premier pas dans la mise en place d'un programme de supplémentation minérale. Pour savoir comment prélever des échantillons d'aliments et quelles analyses demander, vous pouvez consulter un conseiller en nutrition animale, un laboratoire d'analyse ou des sites Web. Si un animal meurt, le vétérinaire peut fournir un diagnostic post-mortem à la ferme ou aider à acheminer des échantillons de foie (ou des carcasses entières là où la géographie le permet) au laboratoire de diagnostic.

Des recherches menées dans l'ouest du Canada ont indiqué que seulement environ le tiers des producteurs de vaches-veaux questionnés dans le cadre d'une grande étude ont indiqué qu'ils servaient régulièrement des minéraux à leurs vaches. La collecte d'informations par le biais d'un sondage similaire est actuellement en cours en Ontario. Lorsque les données seront compilées, elles pourront aider à cibler l'alimentation minérale comme étant un domaine de la gestion qu'il faudra considérer dans les fermes de vaches-veaux, afin d'améliorer la santé et la productivité du bétail, prévenir les maladies et réduire le recours aux antibiotiques dans ce secteur.


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