Décoder le Code -Chapitre 3 - Santé animale

Le nouveau Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins de boucherie a été publié en 2013. C'est la déclaration de l'industrie sur la conception collective des pratiques recommandées en matière de soins aux animaux. Donc, si vous faites partie de l'industrie, ce document s'adresse à VOUS et vous devez en connaître le contenu. Vous pouvez télécharger le document à partir du site https://www.nfacc.ca/ Faites abstraction du fait qu'il s'agit d'un document de 60 pages. Le code, en tant que tel, se résume dans la première moitié du document. Le texte est réparti et très espacé pour en faciliter la lecture. La seconde moitié contient des références, un glossaire, des contacts et des informations de vulgarisation.

En divisant le Code en chapitres et en les étudiant un à un, il est beaucoup plus facile de le comprendre et de le mettre en pratique. Son objectif n'est pas de prescrire COMMENT obtenir un résultat, mais de faire en sorte d'y PARVENIR. Les exigences que les producteurs doivent mettre en application sont mises en évidence dans des encadrés jaunes pour une lecture rapide et facile. Il y a ensuite des recommandations qui font presque toujours partie des Pratiques de gestion optimales (PGO) pour l'élevage des bovins de boucherie.

Le chapitre 3 traite principalement de la santé animale (3.1) Il précise que «La douleur et l'inconfort causés par les problèmes de santé influencent le bien-être des animaux de sorte que le bien-être animal exige une bonne santé animale». La prévention de la maladie est extrêmement importante. La gestion de la santé des troupeaux et les protocoles de biosécurité (songez à suivre le cours sur la biosécurité dans les élevages de bœuf offert dans le cadre de Cultivons l'avenir 2) contribuent à prévenir et à contenir les maladies. Les producteurs doivent être en mesure de reconnaître et de traiter rapidement les problèmes de santé pour optimiser le bien-être des animaux.

Le vétérinaire joue un rôle essentiel en aidant le producteur à remplir ses obligations en matière de santé animale. Bien que la réglementation varie d'une province à l'autre, pour qu'un vétérinaire puisse prescrire certaines classes de médicaments et de vaccins, il doit avoir une relation vétérinaire-client-patient (RVCP) valide. C'est le cas en Ontario. Un programme de gestion de la santé du troupeau efficace contribue également au bien-être des bovins et fournit une stratégie pour la prévention des maladies, un diagnostic rapide et un traitement efficace.

Le résultat souhaité est que les bovins jouissent d'une santé optimale. Donc, en matière de Gestion de la santé du troupeau, les exigences des producteurs sont ...

Exigences

Établir une relation de travail permanente (RVCP) avec un vétérinaire accrédité en exercice et monter une stratégie de prévention de la maladie et de santé du troupeau.

Pratiques recommandées

a. maintenir des registres précis de gestion et de santé des animaux.

De sorte que ce soit facile à comprendre et logique que notre objectif est d'avoir des bovins productifs et, espérons-le, rentables.

La section 3.2 fait référence aux animaux malades, blessés et de réforme

Ainsi, les «exigences» disent que vous devez surveiller les animaux en général et les animaux malades, fournir les soins et les traitements appropriés, puis poursuivre la surveillance pour voir si les traitements fonctionnent et, dans le cas contraire, en parler de nouveau avec votre vétérinaire. Ensuite, si l'animal ne réagit pas au traitement, ne semble pas récupérer et éprouve une douleur et une détresse chroniques au point où il est incapable de manger ou de boire, alors vous devrez poser le geste humain nécessaire et l'euthanasier. Si l'animal malade présente quelque chose de vraiment différent, il faut alors vérifier auprès du vétérinaire s'il s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire. Les pratiques recommandées sont également très sensées.

Exigences

Surveiller continuellement la santé des bovins pour assurer un traitement ou des soins rapides.
Fournir sans délai des soins, une convalescence ou un traitement aux bovins malades, blessés ou boiteux.
Surveiller la réaction des animaux au traitement ou aux soins; si le premier traitement ne fonctionne pas, évaluer les options de traitement ou demander conseil à un vétérinaire.

Euthanasier ou réformer* sans délai les bovins qui :

  • ne récupéreront sans doute pas
  • ne réagissent pas au traitement ou aux protocoles de convalescence
  • vivent une douleur ou une détresse chronique, grave ou débilitante
  • ne peuvent se rendre aux aliments et à l'eau ou les consommer ou
  • affichent une perte de poids constante ou une émaciation.

* En cas de réforme, il faut respecter les exigences en matière de transport des animaux fragilisés (voir la section 5 - Transport). Tout soupçon de maladie à déclaration obligatoire telle que définie par la Loi sur la santé des animaux (www.laws.justice.gc.ca./fra/lois/H-3.3/) et diverses lois provinciales doit être signalé à l'attention d'un vétérinaire.

Pratiques recommandées

a. consulter un vétérinaire pour gérer toute maladie nouvelle, inconnue ou suspecte ou toute mortalité importante;

b. consulter un vétérinaire si l'incidence d'une maladie connue augmente subitement;

c. consulter un vétérinaire pour connaître les traitements possibles les mieux appropriés à la maladie d'un animal;

d. surveiller les progrès de tout animal traité;

e. éliminer les animaux morts conformément aux règlements provinciaux et municipaux.

Donc, si vous ne reconnaissez pas la maladie, vous pouvez demander l'aide de votre vétérinaire. Vous pourriez questionner votre voisin George et il pourrait savoir de quel problème il s'agit, mais votre vétérinaire saura vous donner la bonne réponse, ainsi que le traitement à administrer. Ensuite, vous pouvez surveiller l'état de guérison de l'animal. Si, par hasard, il ne va pas mieux et qu'il meurt, alors vous devez éliminer le cadavre de l'animal conformément aux règles provinciales et municipales (après tout, si vous avez déjà décidé d'assumer les coûts de perdre l'animal, la dernière chose dont vous avez besoin, ou que vous souhaitez, c'est une accusation et (ou) une amende pour une élimination inadéquate).

Section 3.3 traite spécifiquement de l'état de santé des bovins en parc d'engraissement.

La section débute en discutant de la Gestion du risque de complexe respiratoire bovin. Les facteurs de risque sont les suivants :

  • les bovins non vaccinés
  • le sevrage récent
  • le transport et la manipulation
  • les changements de température soudains ou extrêmes, et
  • le mélange d'animaux de sources diverses.

Cela ressemble à un automne assez typique pour la plupart des parcs d'engraissement! Alors la détection et le traitement rapides réduiront la chronicité et la mortalité... les exigences sont :

Exigence

Surveiller le comportement des bovins nouvellement arrivés en parc d'engraissement pour faciliter la détection rapide des maladies.

Les pratiques de gestion optimales recommandées (PGO) qui s'ensuivent sont :

Pratiques recommandées

A. classer les animaux nouvellement arrivés selon leur risque de complexe respiratoire bovin et d'autres maladies, et appliquer les protocoles de réception appropriés;
B. lorsque c'est possible, acheter des veaux de source, à antécédents de vaccination et à état de santé connus.

Encore une fois, il s'agit d'idées tenant du bon sens qui devraient aider les exploitants de parcs d'engraissement à réduire la mortalité des veaux et accroître le potentiel de rentabilité.

La section 3.3.2 traite de la BOITERIE que ce soit des suites d'une blessure, d'une infection ou de la nutrition. Même si nous sommes dans la section du bœuf de boucherie, la présente section s'applique aussi aux troupeaux de vaches et de bœufs semi-finis. Les exigences sont :

Exigences

Fournir sans délai des soins, une convalescence ou un traitement aux bovins boiteux.
Surveiller la réaction des animaux au traitement ou aux soins; si le premier traitement ne fonctionne pas, évaluer les options de traitement ou demander conseil à un vétérinaire.

Réformer ou euthanasier rapidement les bovins dont les chances de récupération sont mauvaises ou qui ne répondent pas traitement ou aux soins (voir l'annexe E).

Pratiques recommandées

a. voir les annexes D, E et F pour la prise de décision en matière de réforme ou d'euthanasie;

b. gérer les conditions des enclos de façon à minimiser la boue et l'eau stagnante;

c. avec le vétérinaire, détecter et régler l'augmentation soudaine des cas de boiterie.

La section 3.3.3 traite des maladies nutritionnelles associées à l'alimentation avec des concentrés

Exigences

Concevoir, mettre en œuvre, évaluer et ajuster le programme d'alimentation pour réduire le risque de troubles liés à la nutrition et consulter le vétérinaire ou le nutritionniste le cas échéant.

Faire passer graduellement les bovins des rations à base de fourrage aux rations à base de concentrés pour éviter tout changement de régime abrupt.

Pratiques recommandées

a. surveiller les mangeoires pour évaluer la consommation antérieure et ajuster l'alimentation en conséquence;

b. inclure du fourrage à particules de longueur effective dans toutes les diètes pour réduire l'acidose ruminale subaiguë;

c. penser à ajuster les rations pour prévenir les troubles digestifs lorsque la prise d'aliments est interrompue (à cause d'un orage, d'une panne d'électricité, d'un bris d'équipement, etc.).

Donc encore une fois, une grande dose de bon sens - les bovins coûtent cher, les aliments aussi, et le profit réside dans l'optimisation de ces deux composantes, en générant une prise de poids.

La section 3.3.4 traite du syndrome du bouvillon taurelier (Buller-Steer Syndrome)

Le syndrome du bouvillon taurelier est un problème de comportement occasionnel des bouvillons en parc d'engraissement par lequel un bouvillon (taurelier) est fréquemment monté par un groupe d'autres bouvillons. S'il n'est pas rapidement retiré de l'enclos, le bouvillon taurelier peut s'épuiser, réduire sa consommation d'eau et d'aliments et subir des traumatismes.

Exigence

Les taureliers qui risquent d'être blessés doivent être rapidement retirés de l'enclos.

Pratique reommandée

A. surveiller de près toute récidive d'un bouvillon taurelier qui a été réintroduit dans son enclos.

La section 3.3.5 traite de la gestion des génisses en gestation dans le parc d'engraissement

Ce problème provient des troupeaux de vaches-veaux, mais doit être traité par le secteur des parcs d'engraissement. C'est une autre bonne raison de connaître le producteur vache-veau et son exploitation quand vous achetez et engraissez des génisses. Cependant, une fois que vous avez le problème dans votre parc d'engraissement, vous pouvez choisir d'appliquer une stratégie pour mettre fin à toute gestation indésirée des génisses ou de créer une aire de mise bas appropriée (dans un cas comme dans l'autre, votre vétérinaire saura vous conseiller). Cependant, comme il s'agit de VOTRE parc d'engraissement, ce problème est le VÔTRE!

Les pratiques recommandées sont destinées aux producteurs vaches-veaux, car ils sont à la source du problème et peuvent donc le résoudre.

Exigence

Consulter le vétérinaire du troupeau pour monter un programme de gestion des génisses en gestation dans le parc d'engraissement.

Pratiques recommandées

a. prévenir la grossesse des génisses destinées au parc d'engraissement. Si possible, informer les acheteurs du parc d'engraissement qu'il y a des chances que les génisses aient été exposées à un taureau;

b. consulter un vétérinaire si on considère l'ovariectomie pour empêcher la gestation des génisses destinées à un parc d'engraissement. L'ovariectomie est une pratique peu fréquente, mais elle doit être exécutée par un vétérinaire avec une gestion de la douleur appropriée.

La section 3.4 traite de la sécurité et des situations d'urgence

Des situations d'urgence peuvent survenir et compromettre le bien-être des humains et des animaux d'élevage. Une certaine planification préparatoire aidera les producteurs à faire face à de tels événements d'une manière opportune et efficace. Le problème avec les situations d'urgence est que nous pensons (et espérons) qu'elles ne se produiront jamais. Mais parfois, elles surviennent. Il est toutefois plus facile de les surmonter si nous y avons pensé d'avance et que nous avons préparé une planification au préalable. Pour bon nombre d'éleveurs de l'Est du Canada, la tempête de verglas peut leur rappeler de telles situations d'urgence. L'eau était devenue un PROBLÈME MAJEUR. Même si vous aviez de la nourriture, les bovins ne pouvaient manger sans avoir accès à de l'eau. Alors, assurez-vous d'abord que tout le monde est en sécurité, puis songez au bétail. De nombreux services d'incendie peuvent apporter de l'eau à la ferme, mais de nombreux producteurs ont constaté qu'ils n'avaient aucun moyen de contenir l'eau. C'est à ce moment qu'avoir quelques bacs à eau vides dans l'herbe fauchée peut s'avérer une assurance plutôt bon marché (encore une fois, espérons que vous n'aurez jamais besoin d'eux, sauf peut-être comme bacs à glaces ou à rafraîchissements lors des grillades d'été). De même, une réserve de petites balles carrées (qui peuvent se transporter manuellement à l'endroit requis) peut demeurer pendant des années et se révéler une valeur inestimable quand Dame Nature décide de prouver que c'est ELLE LA PATRONNE!

Exigences

Disposer d'un plan d'intervention d'urgence pour fournir des aliments, de l'eau et des soins aux bovins en situation d'urgence. Examiner ce plan avec tout le personnel responsable pour le mettre en œuvre. S'assurer que les coordonnées des personnes à contacter en cas d'urgence sont facilement accessibles et à jour.

Donc, à TOUS les producteurs de bœuf ...

Si, en tant que producteur de bœuf, ces exigences et recommandations vous semblent nouvelles ou extrêmes, alors vous devez avoir une conversation avec votre vétérinaire, une association provinciale de producteurs de bœuf ou le personnel de vulgarisation sur l'élevage du bœuf de la région. Cette conversation doit porter sur la façon dont vous pouvez modifier vos méthodes d'exploitation afin de répondre aux exigences du Code. Votre ferme tout comme l'ensemble de l'industrie seront jugés par le respect que vous portez au Code.

Cela conclut le chapitre 3 du Code de pratique sur les bovins de boucherie, et rien dans ce Code n'est trop extrême. Il s'agit essentiellement d'observer ou de surveiller votre troupeau pour détecter s'il y a un problème, de parler avec votre vétérinaire et de prendre ensuite des mesures adéquates. La plupart des producteurs de bœuf de l'Ontario et du reste du Canada mettent déjà en œuvre ces pratiques. Le défi pour la plupart sera d'avoir une trace écrite, ou de créer une trace documentaire, qui pourra prouver aux consommateurs que nous prodiguons des soins de qualité à nos bovins.


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Sans frais : 1 877 424-1300
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Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca