Se protéger par des contrats à terme - Une protection de prix pour les producteurs de bovins

On peut se servir d'une technique de commercialisation pour fixer le prix d'un produit à terme afin de se protéger contre les fluctuations. L'article porte sur les rudiments de la couverture dynamique au moyen d'un contrat à terme de bovins sur pied, au Chicago Mercantile Exchange (CME), par la vente de couverture, dont le but est de se protéger contre une éventuelle baisse de prix. Il traite uniquement des opérations de couverture du bovin et non de la valeur du dollar canadien par rapport au dollar américain.

Commençons par définir la terminologie communément employée dans la négociation de contrats à terme.

  • Position à découvert - vendre un contrat sur le marché à terme
  • Position en compte - acheter un contrat sur le marché à terme
  • Opérations de couverture - assumer une position sur le marché à terme qui est équivalente et opposée à une position sur le marché au comptant
  • Vente de couverture - vendre un contrat à terme pour se protéger contre le risque de baisse du prix d'un produit sur le marché au comptant à une date ultérieure
  • Achat de couverture - acheter un contrat à terme pour se protéger contre le risque de hausse du prix d'un produit à acheter sur le marché au comptant à une date ultérieure
  • Compenser - assumer la position opposée au contrat à terme initial pour le même mois de livraison, c'est à dire un vendeur de contrat à terme (position vendeur) est compensé par l'achat (position acheteur) du même nombre de contrats pour le même mois de livraison
  • Base - différence entre le prix au comptant local et le prix à terme correspondant au mois de livraison le plus proche
  • Prix à terme le plus proche - prix du mois de livraison le plus proche; parfois appelé " échéance mois en cours "
  • Marge - argent déposé par les vendeurs et acheteurs comme garantie que les conditions du contrat seront exécutées.

Qu'est ce qu'un contrat à terme?

Un contrat à terme est une entente normalisée faisant état du produit, de la quantité, de la qualité, de la date d'échéance et de la nature de la transaction, et si ce dernier sera livré ou réglé au comptant. Les contrats à terme sont négociés (vendus ou achetés) en bourse (par ex. CME) pour fixer un prix.

À la CME, un contrat pour bovins sur pied est de 40 000 livres. Ainsi, le nombre de têtes qu'il comprend est fonction du poids des animaux sur pied sur le marché. Pour des bovins mis en marché, par exemple, à 1 450 livres, le contrat à terme représenterait environ 27 têtes. Les contrats sont disponibles aux mois de février, d'avril, de juin, d'août, d'octobre et de décembre. Ils s'éteignent le dernier jour ouvrable du mois contractuel. Ainsi, le contrat de bovins sur pied de décembre 2011 viendra à échéance le 30 décembre 2011. Les contrats à terme de bovins sur pied sont livrables à la date d'échéance. Pour supprimer l'obligation d'effectuer ou de prendre livraison du des bovins, le contrat à terme doit être compensé avant la date d'échéance. En fait, très peu de contrats à terme font l'objet d'une livraison car il y a compensation. De façon générale, la négociation de contrats à terme ne vise pas l'échange de produits en soi, mais plutôt l'échange d'obligations. Toutes les modalités de contrat portant sur les bovins sur pied (et autres contrats à terme) se trouvent sur le site Web du CME Group (www.cmegroup.com).

Qui achète ou vend des contrats à terme?

Il y a deux types de négociants sur le marché à terme, les opérateurs de couverture et les spéculateurs. Les opérateurs de couverture produisent ou utilisent (producteurs et emballeurs) la marchandise (bovins sur pied) et échangent des contrats à terme dans le but de fixer un prix ou de diminuer les risques que les prix changent. Quant aux spéculateurs, ils n'échangent ni n'utilisent généralement pas la marchandise proprement dite. Ils achètent ou vendent des contrats à terme pour tirer un profit de l'évolution des prix sur le marché à terme. N'oublions pas que pour chaque vendeur il y a un acheteur, et vice versa.

Il y a deux types d'opérateurs de couverture : l'opérateur de couverture vendeur dont le but est de se protéger contre une baisse de prix et l'opérateur de couverture acheteur qui veut se protéger contre une hausse de prix. Un opérateur de couverture vendeur serait, par exemple, un producteur effectuant la finition des bovins et voulant se protéger contre une éventuelle chute des prix. Il commencerait par vendre un contrat à terme pour des bovins sur pied. Un opérateur de couverture acheteur serait un producteur de bovins qui a besoin de maïs fourrager et qui veut se protéger contre une future augmentation du prix du maïs. Pour s'assurer une protection, il achèterait un contrat à terme de maïs.

En quoi consiste une opération de couverture par contrat à terme?

Une opération de couverture consiste à prendre une position sur le marché à terme qui est équivalente et opposée à une position sur le marché au comptant. L'objet est de contrer le risque d'un changement de prix défavorable. La couverture dynamique fonctionne parce que les prix à terme et au comptant réagissent tous les deux aux forces sous jacentes de l'offre et de la demande. Cela signifie qu'ils ont tous les deux tendance à changer ensemble et dans le même sens sur une certaine période. En outre, les dispositions de livraison (ou livraison imminente) des contrats à terme font en sorte que les prix à terme et au comptant finissent par évoluer dans le même sens.

  • Exemple d'une vente de couverture pour des bovins
    Le bétail a été acheté à la fin de mars 2011 et engraissé pour la mise en marché à la fin de septembre 2011.
  • À la fin mars, les contrats à terme du bétail d'octobre 2011 ont été évalués à 125 $US le quintal (q). Le risque était que le prix des bovins baisse avant que le bétail ne soit prêt à être vendu sur le marché. De plus, un profit potentiel pourrait être réalisé à ce prix.
  • Pour se protéger des prix à la baisse, on a inscrit un contrat vendeur à la CME par la vente d'un contrat à terme pour des bovins sur pied livrables en octobre 2011 à raison de 125 $US/q. Le prix estimatif du marché était de 111,35 $CAN/q. Ce cours était basé sur la valeur du dollar canadien à l'époque de 1,03 $US et une base historique de moins 10 $US/q à la fin septembre (125 $US ÷ 1,03 - 10 $).
  • Le bétail a été engraissé et vendu à un emballeur à la fin septembre pour 106,66 $CAN/q au poids de 1 450 livres. Au même moment, un contrat de bovins sur pied d'octobre 2011 a été compensé par l'achat d'un contrat d'octobre 2011 pour 120 $US/q.
  • Le contrat à terme a été vendu à 125 $US et acheté à 120 $US, pour un gain de 5 $US le quintal. Le cours du dollar canadien étant à 97 cents US, le profit pour le contrat à terme s'est donc soldé à 5,15 $CAN/q.
  • Un prix de 111,81 $CAN/q a été obtenu grâce à une opération de couverture, c'est à dire 106,66 SC/q du marché au comptant et 5,15 $/q du marché à terme. Ceci était basé sur un contrat à terme pour quelque 27 têtes de bovins à 1 450 livres (40 000 livres par contrat ÷ 1 450 par tête).
  • Les autres coûts dont il faut tenir compte sont les frais de courtage (12,5 cents/q, si l'on suppose des frais de 50 $/contrat) et les frais de détention (coût de détention du compte sur marge qui, dans cet exemple, serait minime ou nul).

Une vente de couverture procure une protection contre une baisse de prix. Si, dans l'exemple ci dessus, les prix avaient grimpé, la valeur réalisée d'une protection à terme aurait baissé mais le prix au comptant aurait dû augmenter puisque les deux prix évoluent généralement dans le même sens (pas forcément du même montant) sur une certaine période. La différence entre le prix au comptant local et le prix à terme constitue la base.

Qu'est ce que la base?

  • La base est la différence entre le prix au comptant local et le prix à terme correspondant au mois de livraison le plus proche.
  • Base = prix au comptant local en $CAN/q - (prix à terme à la CME des bovins sur pied livrables le mois de livraison le plus proche en $US/q x taux de change)
  • Supposons, par exemple, que le cours des bovins en Ontario est de 106,66 $CAN le quintal, que le cours des contrats à terme à la CME pour le mois de livraison le plus proche est de 120 $US le quintal et que le taux de change est de 1,03 $
    • Base = 106,66 $ - (120 $ X 1,03) = 106,66 $ - 123,60 $ = 16,94 $/q
  • De nombreux facteurs peuvent influer sur la base, mais il s'agit le plus souvent des fluctuations de l'offre et de la demande au niveau local et des coûts de transport.

Qu'est ce que la marge?

Les transactions à terme se font au moyen d'un compte sur marge. Lorsqu'un négociant inscrit une position à terme, il doit afficher une somme initiale sur marge, comme le prescrit la bourse des opérations à terme.

  • À l'heure actuelle, il faut inscrire à la CME une marge initiale de 1 650 $US pour les opérations à terme de bovins sur pied. À la fin de chaque jour de transactions, les positions à terme sont indiquées comme " inscrites au marché ".
  • Si vous avez vendu un contrat à terme pour des bovins sur pied au prix de 125 $ et si à la fin de la journée le contrat a été négocié à 124 $, il faut verser au compte sur marge la somme de 1 $ par quintal ou 400 $ par contrat. (Par contre, si vous aviez vendu le contrat à terme pour 125 $ et compensiez en l'achetant pour 124 $, vous réaliseriez un gain de 1 $ le quintal. Le compte sur marge afficherait donc 1 $ le quintal de plus.)
  • Inversement, si le contrat a été négocié pour 126 $, on soustrairait 1 $ le quintal ou 400 $ par contrat de votre compte sur marge. (Par contre, si vous vendiez le contrat à terme pour 125 $ et compensiez en l'achetant pour 126 $, vous perdriez 1 $ le quintal et le compte sur marge serait réduit en conséquence.)
  • L'argent est déposé de bonne foi dans le compte sur marge pour acquitter les changements de valeur des contrats.
  • Si le solde du compte sur marge est inférieur à la marge de maintien spécifiée, l'opérateur de couverture reçoit un " appel de marge " et doit y déposer des fonds. Ceci doit être fait sans tarder pour éviter de perdre sa position à terme.
  • Il est donc important d'être conscient des flux de trésorerie qui pourraient en résulter.
  • Le coût du compte sur marge pour une position de couverture est le coût de détention du compte (frais d'intérêt cumulés).

En bref, la protection par contrats à terme est une technique de commercialisation qui permet de fixer un prix futur pour une marchandise afin de se protéger contre une évolution défavorable des prix. Essentiellement, on se sert d'un contrat à terme comme substitut provisoire pour une transaction qu'on a l'intention de faire plus tard. Vous pouvez ainsi prolonger votre horizon de commercialisation et tenter de réduire au minimum les risques de prix défavorables grâce à une bourse où il est relativement facile d'entrer et de sortir. N'oubliez pas de tenir compte des fonds sur marge, de la quantité (40 000 livres) prévue par le contrat, de la base et du risque lié au taux de change. Le présent article donne un aperçu de la manière d'utiliser les contrats à terme par vente de couverture pour se protéger contre les risques d'évolution défavorable des prix. On trouvera plus de détails dans la fiche intitulée Self Study Guide to Hedging with Livestock Futures and Options (en anglais seulement) sur le site du CME Group à www.cmegroup.com.

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