Applications pratiques des recherches sur la photopériode auprès des vaches tariesUne étude menée récemment par A.R.E. Miller, R.A. Erdman, L.W. Douglass et G.E. Dahl à l'université du Maryland, et publiée dans le Journal of Dairy Science, volume 83, numéro 5, apporte un éclairage différent à la recherche sur la photopériode, réalisée antérieurement auprès de vaches en lactation. Si l'interprétation répandue de cette étude est exacte, il faudra reconsidérer le mode de logement des vaches taries et des vaches en lactation. Le présent article résume les conclusions de l'étude et explore les moyens pratiques d'appliquer ces dernières. Depuis les 20 dernières années, de nombreuses études
auprès des vaches en lactation ont porté sur les réactions
de ces dernières à différentes durées
quotidiennes d'exposition à la lumière. Ces études
ont toutes démontré que la production de lait augmentait
de 2 à 3 kilogrammes lorsque la durée d'exposition quotidienne
à la lumière était prolongée en hiver
jusqu'à 16 heures. À la suite de l'étude, on
a donc recommandé de manière générale
que les vaches soient exposées chaque jour à 16 heures
de lumière suivies de 8 heures d'obscurité, pour une
production de lait optimale. Bon nombre de producteurs laitiers ont
donc installé des minuteries dans les étables pour offrir
aux vaches ce mode d'éclairage 365 jours par année.
Cette étude auprès des vaches taries ainsi que deux
autres recherches similaires ont cependant semé de sérieux
doutes quant à l'efficacité de cette pratique. Les vaches,
dans l'étude en question, provenaient du troupeau de l'université
et ont été taries durant l'automne et l'hiver, 60 jours
avant la date de vêlage prévue; elles ont été
divisées en deux groupes selon les dates de tarissement et
assignées au hasard à l'un des deux traitements de photopériode
pour toute la durée du tarissement. Une vache de chaque groupe
a été logée dans une étable où
un éclairage fluorescent complétait la durée
d'exposition à la lumière naturelle de manière
à fournir une photopériode de 16 heures suivies de 8
heures d'obscurité. Les autres vaches ont été
logées dans une étable identique, dont les fenêtres
étaient voilées et où les lumières s'éteignaient
en milieu d'après-midi de manière à ce que les
vaches soient exposées à 8 heures de lumière
suivies de 16 heures d'obscurité. Des rations identiques ont
été servies aux vaches pendant la période de
tarissement et après le vêlage. Toutes les vaches ont
été logées et traites ensemble, après
le vêlage, dans une étable où entrait la lumière
naturelle hivernale du Maryland (environ 10 heures de lumière
suivies de 14 heures d'obscurité). L'exposition prolongée à la lumière au cours
de la période de tarissement a-t-elle modifié la production?
Certainement, mais peut-être pas de la manière prévue.
On a enregistré la production de lait pendant les 120 premiers
jours de lactation. Les vaches exposées à 16 heures
de lumière et 8 heures d'obscurité durant la période
de tarissement ont produit en moyenne 34,9 kilogrammes de lait par
jour. Cette production équivaut à 3,2 kilogrammes de
MOINS que la moyenne de 38,1 kilogrammes produite par les vaches gardées
dans l'obscurité pendant 16 heures par jour durant la période
de tarissement. Bien qu'il soit nécessaire de poursuivre les recherches pour
mieux comprendre cette réaction, les auteurs croient que l'augmentation
de la production est attribuable à un accroissement de la longueur
des jours plutôt qu'à la durée absolue de la période
d'éclairage. Lors d'essais antérieurs auprès
de vaches en lactation, le traitement consistait toujours à
prolonger la durée du jour des vaches, durant l'automne et
l'hiver au moment où les jours raccourcissent naturellement.
L'effet sur la production de lait était positif à n'importe
quel stade de la lactation. Dans ces essais, on a allongé la
durée du jour par l'apport d'éclairage additionnel pour
les vaches en lactation. Dans l'essai au Maryland, la durée
du jour durant la période de lactation a été
allongée au moment du vêlage, mais par une diminution
cette fois de la durée d'exposition à la lumière
durant la période de tarissement. Comme dans toutes les recherches, un certain nombre de questions
sont demeurées sans réponse. Est-ce que les vaches taries
gardées dans l'obscurité ont été stimulées
à produire plus de lait, ou est-ce que celles qui étaient
exposées à plus de lumière ont produit moins
que la normale? L'essai n'était pas conçu pour permettre
de répondre à cette question. Toutefois, la production
de lait au cours des lactations précédentes et subséquentes
suggère que les vaches ont produit davantage. Mais à
quel point l'étable était-elle obscure, ou en d'autres
mots quelle quantité de lumière peut filtrer dans l'étable
sans modifier la réaction des vaches ? Cet essai, pas plus
que les autres, ne définit la quantité de lumière
requise pour qu'une période soit considérée "
éclairée " ou " obscure ". Combien de
temps doit durer la période de jours courts pour déclencher
une réaction? Dans cet essai, les vaches ont été
gardées à l'obscurité pendant les 58 jours du
tarissement, mais il se peut qu'une période plus courte suffise.
Combien de temps les vaches doivent-elles être exposées
à des jours plus courts? La recherche ne donne pas de réponse
précise à cet égard non plus. Des études
sur l'ampleur des réactions semblent indiquer que les vaches
réagissent au prolongement des jours assez rapidement après
le changement. Si seule une courte période est nécessaire,
il pourrait être acceptable de loger les vaches taries dans
la zone obscurcie seulement durant les deux ou trois dernières
semaines avant le vêlage. Alors, gardons l'il ouvert sur
les recherches qui seront effectuées à ce sujet et qui
pourront peut-être répondre aux nombreuses questions
en suspens.
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