Santé des pieds des chevaux


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 460/10
Date de publication : 03/12
Commande no. 12-020
Dernière révision : 03/12
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Table des matières

  1. Soins adéquats
  2. Vérification quotidienne
  3. Entretien et nettoyage quotidiens
  4. Parage et ferrage réguliers
  5. Traitment des maladies et blessures des pieds
  6. Introduction à l'anatomie du pied
  7. Conseils utiles

Soins adéquats

Afin de prévenir la boiterie chez les chevaux, des soins réguliers et une gestion appropriée de la santé de leurs pieds sont essentiels. L'entretien des pieds est un travail d'équipe, et l'équipe doit se composer du propriétaire du cheval, de toute personne qui s'en occupe régulièrement, d'un maréchal-ferrant et d'un vétérinaire.

L'entretien des pieds du cheval doit faire partie des soins quotidiens au même titre que l'alimentation et l'approvisionnement en eau. Or, certains soins des pieds ne doivent pas être effectués par n'importe qui. La présente fiche technique comprend des recommandations quant aux situations où consulter un maréchal-ferrant ou un vétérinaire.

Une introduction à l'anatomie de base du pied, soit les structures et leur nom, est incluse à des fins de référence à la fin de cette fiche technique.

Structure de base du pied - Les membres antérieurs (gauche) et postérieurs (droit) sont semblables
Figure 1. Structure de base du pied - Les membres antérieurs (gauche) et postérieurs (droit) sont semblables

Vérification quotidienne

Vérifier les pattes et les sabots du cheval tous les jours afin de pouvoir y déceler toute nouvelle égratignure, coupure ou bosse, et passer ses mains sur l'os du canon et le paturon à la recherche de bosses inhabituelles ou de tout signe de pyodermite (figure 1). Il faut aussi être à l'affût de toute fissure ou de toute ébréchure dans le sabot. En cas de boiterie ou encore de blessure ou de vice qui semble grave, consulter un vétérinaire.

Entretien et nettoyage quotidiens

Les organismes pathogènes se concentrent dans les endroits où les animaux sont confinés. Ces organismes peuvent causer des infections externes (comme la pourriture de la fourchette) qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent se transformer en infections internes. Les pieds des chevaux gardés dans une stalle ou en loge (box) doivent être nettoyés quotidiennement.

Le nettoyage des sabots consiste à retirer les gros débris incrustés au moyen d'un cure-pieds, en nettoyant du talon vers la pince et en insistant bien sur les lacunes latérales situées de chaque côté de la fourchette ainsi que sur la saillie de la fourchette elle-même (figure 2). Utiliser une brosse métallique à poils doux et une solution à base de savon doux pour enlever les autres débris de la sole, de la fourchette et de la muraille du sabot. Il est important d'éviter d'endommager le bourrelet périoplique en exerçant une trop grande pression sur la brosse métallique.

S'assurer d'enlever tout gravier, ou autre corps étranger, qui pourrait s'être logé dans les dépressions naturelles de la sole. Un clou, du gravier, une petite branche ou tout autre débris peut adhérer au pied et causer un abcès ou de la boiterie. On a déjà vu des cas où un débris incrusté dans le pied y était resté pendant une longue période avant de ressortir, finalement par le talon ou le long de la couronne. Ces protubérances sont très douloureuses et s'accompagnent souvent de graves infections exigeant une attention médicale, c'est pourquoi il est préférable de les prévenir.

Base du pied
Figure 2. Base du pied

Les conditions environnementales peuvent influer considérablement sur l'hydratation du sabot et ainsi réduire sa force et sa souplesse. Dans des conditions toujours sèches, les sabots doivent maintenir une hydratation saine, étant donné que la majeure partie de l'humidité nécessaire à un sabot sain provient du pied lui-même. Dans des conditions toujours humides, le taux d'humidité des sabots est habituellement élevé. Toutefois, l'alternance de conditions humides et boueuses favorise le séchage rapide de la muraille du sabot.

Une muraille du sabot extrêmement sèche ou humide est faible et susceptible de fendiller. Des sabots secs présentent des propriétés de contraction et d'expansion limitées, alors que des sabots humides sont mous et ne peuvent résister aux chocs violents. Par conséquent, il est souhaitable d'adapter l'hydratation des sabots aux conditions au sol (sabots humides dans des conditions humides et sabots secs dans des conditions sèches).

Il faut régulièrement appliquer un apprêt à sabots contenant un conditionneur naturel comme de la lanoline ou de l'aloès. On peut aussi masser tout apprêt qui n'est pas un dérivé du pétrole dans la couronne, la fourchette et la sole, aussi bien que dans la muraille, pour le faire pénétrer. L'apprêt aide à conserver la souplesse de la sole et à éliminer les tissus morts autour de la fourchette et du talon. De plus, le massage de la couronne stimule la croissance d'une nouvelle muraille saine.

Utiliser un apprêt à base de pétrole pour imperméabiliser les sabots, au besoin. Il vaut mieux appliquer l'apprêt à base de pétrole avant le bain, plus particulièrement si le cheval est ferré. L'eau peut entraîner l'expansion de la muraille du sabot et ainsi faire ressortir les clous. Lorsque le sabot sèche, les rivets retenant le sabot ont du jeu. Un maréchal-ferrant peut donner d'autres conseils pour assurer un entretien et un nettoyage adéquats, au besoin.

Parage et ferrage réguliers

Il faut faire régulièrement parer les sabots du cheval par un maréchal-ferrant qualifié. S'il est mal fait, le parage peut entraîner une boiterie. C'est pourquoi il est important de choisir une personne ayant reçu la formation adéquate pour le faire.

Le but principal du parage est de conserver un pied d'une forme et d'une longueur saines. Le parage doit veiller à ce que la base du pied puisse se poser d'aplomb au sol et à ce que les parois intérieures et extérieures du sabot soient gardées de la même longueur.

La fréquence du parage des sabots dépend de plusieurs facteurs, notamment les suivants :

  • l'âge - la croissance peut être plus rapide chez les jeunes chevaux;
  • la saison - la croissance peut être plus rapide durant les mois chauds de l'été;
  • la santé - la croissance peut être plus rapide chez les chevaux en santé qui ont une bonne alimentation et font beaucoup d'exercice;
  • la surface - l'usure peut être plus rapide chez les chevaux non ferrés que l'on garde ou entraîne sur des surfaces dures ou abrasives.

Il faut adapter la fréquence de parage aux besoins de chaque cheval. Des moyennes sont fournies dans le tableau 1 à des fins de référence.

Tableau 1. Fréquences moyennes de parage des sabots

État Fréquence
Non ferré et pas au travail De 8 à 12 semaines
Non ferré et au travail De 5 à 7 semaines
Ferré De 5 à 6 semaines

Avec des tenailles coupantes, on retranche d'abord de la muraille du sabot la corne superflue. Ensuite, on râpe la base pour l'adoucir et l'égaliser. Chaque coup de râpe doit être uniforme et dans le même sens, soit du talon vers la pince, ou l'inverse, selon la préférence, pour éviter la création de rugosités sous la muraille.

Le parage de la sole a pour but premier de veiller à ce que le poids du cheval repose sur la muraille du sabot plutôt que sur la sole, étant donné que les tissus sensibles situés juste au-dessus de la sole sont facilement sujets aux meurtrissures lorsqu'ils entrent en contact avec le sol. En fait, si l'on enlève trop de sole, des contusions, des abcès et même la fourbure peuvent survenir. Il faut seulement enlever les tissus morts et écaillés et laisser intacte le reste de la sole solide et hydratée. Le parage de la sole sert aussi à éliminer les bactéries associées aux tissus morts excédentaires.

Comme la fourchette doit entrer en contact avec le sol à chaque pas, la taille se résume au retrait des tissus morts et au maintien d'une rainure adéquate et uniforme le long de la ligne séparant la sole de la fourchette.

Après le râpage de la surface d'appui en un plan uniforme et de longueur convenable, il faut arrondir le rebord de la muraille si le cheval n'est pas ferré de nouveau. Cette opération empêche l'éclatement et l'écaillement.

Le parage devrait maintenir l'angle approprié de la muraille du sabot par rapport à l'appui au sol et à l'inclinaison du paturon. Dans la mesure du possible, l'angle de la muraille du sabot devrait s'approcher de celui formé par l'épaule et le paturon, soit un angle de 45 à 54 degrés.

Des fers laissés en place trop longtemps altèrent l'alignement du pied et du paturon, et il peut en résulter de la boiterie. De plus, à mesure que le sabot pousse, les parois du talon dépassent les limites du fer. Lorsque le fer s'appuie sur les barres du talon, des bleimes peuvent apparaître. Le parage et l'ajustement réguliers des fers sont des opérations essentielles qui permettront d'éviter de tels problèmes.

Il faut retirer les fers désajustés, vieux et trop petits afin d'éviter que le cheval ne se blesse. D'abord, le maréchal-ferrant redresse ou enlève les rivets des clous au moyen d'un brochoir ou d'une râpe afin d'éviter d'endommager la muraille du sabot au moment d'enlever les clous. Pour enlever le fer, il introduit les tricoises sous le fer, au niveau d'un talon et pousse légèrement de la base du pied vers la pince. Il répète ensuite l'opération sur le talon opposé, en travaillant toujours vers la pince, jusqu'à ce que le fer soit complètement libre. Plutôt que d'être utilisées tout au long de cette opération, les tricoises peuvent seulement servir à soulever le fer légèrement, avant d'enlever les clous un par un.

Il est important de noter qu'il faut toujours éviter d'enlever le fer de côté en forçant vu les risques d'endommager la muraille du sabot par la torsion des clous, ce qui blesserait le cheval aux tendons et pourrait provoquer une entorse au pied.

De nombreux propriétaires envisagent de ne pas ferrer leur cheval. L'usure rapide des sabots et les risques de boiterie à la suite de blessures au sabot constituent les principales choses à considérer avant de prendre la décision d'enlever ou de laisser les fers. Les chevaux qui ne sont pas soumis à de gros travaux peuvent s'en sortir sans fer, tout comme certains qui sont soumis à des pénibles. Il faut évaluer chaque cas individuellement en consultation avec un maréchal-ferrant. Les pieds d'un cheval non ferré doivent être inspectés fréquemment afin d'éviter tout problème, comme des blessures ou une usure excessive.

Comme pour le parage, l'opération du ferrage doit être confiée à un maréchal-ferrant, à moins d'avoir reçu une formation adéquate. Il est fortement recommandé de ne jamais tenter le ferrage correctif soi-même. La section suivante est fournie à titre d'information seulement.

Parage et ferrage correctifs

Le parage ou le ferrage correctif peut résoudre certains problèmes de conformation et de mouvement, plus particulièrement lorsqu'un cheval est jeune et en croissance. Bien que certaines corrections soient efficaces à tout âge, d'autres réussissent mieux ou seulement à un jeune âge. Peu importe l'âge, il vaut mieux faire appel à un maréchal-ferrant pour ces pratiques.

Voici certains problèmes que le parage ou le ferrage correctif peut résoudre :

Le genou brassicourt. Le genou est dévié vers l'avant.

Le genou creux. Le genou dévie vers l'arrière, plaçant ainsi une tension excessive sur les ligaments.

Le forger. La pince du pied postérieur vient heurter la base du pied antérieur du même côté, au moment où celui-ci lève du sol.

Le buter. Le cheval heurte une partie de la face intérieure d'un membre avec le pied ou le fer du pied opposé.

Le croiser. La pince du pied antérieur frappe le pied postérieur du même côté, au niveau de la couronne ou au-dessus de celle-ci.

Le jarret coudé. Vu de profil, la patte, à partir des jarrets, est trop vers l'avant.

Le cagneux. Vu de face, l'animal pointe ses pinces vers l'intérieur.

Le panard. Vu de face, l'animal pointe ses pinces vers l'extérieur.

Traitment des maladies et blessures des pieds

Il faut laisser le traitement au vétérinaire, qui consultera le maréchal-ferrant au besoin. Les renseignements suivants sont simplement fournis à titre de guide des causes courantes de la boiterie, étant donné qu'une intervention professionnelle sera requise dans la plupart des cas.

Causes courantes de la boiterie

Il existe de nombreux types de boiteries et de nombreuses causes. Un diagnostic précis est nécessaire pour déterminer les besoins en matière de soins ou de ferrage. Pour poser un diagnostic, on peut procéder à un examen physique et avoir recours à des tests d'anesthésie des nerfs, à des radiographies, à l'imagerie ultrasonore ou à l'imagerie par résonance magnétique. Les traitements possibles comprennent le repos, le parage et le ferrage correctifs, les médicaments anti-inflammatoires, les bandages, les douches froides, l'acupuncture, la thérapie par ondes de choc et même l'intervention chirurgicale.

Vue latérale du pied, sous le genou, montrant les détails internes
Figure 3. Vue latérale du pied, sous le genou, montrant les détails internes

Tendon claqué

S'ils sont surmenés, le tendon du fléchisseur profond des phalanges, le tendon du fléchisseur superficiel des phalanges et le ligament suspenseur du boulet (figure 3) sont susceptibles de subir des blessures. Ces blessures s'accompagneront d'une inflammation causée par la cambrure de la peau recouvrant le tendon. Le processus de guérison d'un tendon blessé est long, et du repos est souvent requis. Consulter un vétérinaire si le cheval boite en raison d'un tendon claqué.

Suros

Il y a suros lorsque le ligament retenant un métatarsien latéral (figure 4) s'enflamme en raison d'un surmenage ou d'une fracture de l'os à la suite d'un coup. Habituellement, la région enflammée reste chaude et enflée pendant plusieurs jours, mais la chaleur devrait s'estomper dans les deux à trois semaines suivantes. L'enflure peut persister, mais sera causée par la croissance d'un nouvel os rattachant le métatarsien latéral à l'os du canon, ce qui n'est pas préoccupant.

Vue arrière du pied avant
Figure 4. Vue arrière du pied avant

Cailloux au pied

Des cailloux se logent souvent entre le fer et la fourchette, causant ainsi un malaise considérable. Il s'agit d'un problème inattendu survenant habituellement lorsque l'animal est au travail, en particulier sur les routes gravelées. On doit enlever immédiatement ces cailloux afin de réduire au minimum les blessures causées au pied.

Contusion de la sole

Les contusions résultent d'une blessure causée directement à la partie plate du sabot (sole) par des cailloux, un terrain irrégulier ou la pression exercée par le fer. Habituellement, le repos et le ferrage correctif suffisent pour résoudre un tel problème. Dans le cas contraire, il faut consulter le vétérinaire.

Bleimes

Les bleimes résultent de contusions affectant la partie de la sole comprise entre la barre et la muraille du sabot. Elles sont souvent dues à une ferrure inadéquate ou trop ancienne. On traite les bleimes « sèches » (non infectées) simplement en supprimant la pression anormale. Il faut alors enlever le fer, curer le pied en profondeur et remettre un fer bien ajusté, ou encore laisser le cheval au repos et sans fers, si possible. Pour leur part, les bleimes infectées semblent « humides » et du pus s'en écoule. Dans un tel cas, le vétérinaire doit être consulté.

Piqûre au pied

Les piqûres au sabot sont fréquentes et peuvent causer une boiterie grave pouvant entraîner l'incapacité permanente ou même la mort si elles ne sont pas traitées convenablement. Comme toute autre plaie servant de voie de pénétration aux bactéries, elles constituent un grave danger d'infection prédisposant à certains troubles, tel le tétanos, et requièrent conséquemment l'intervention vétérinaire.

Il est souvent difficile de déterminer l'endroit précis de la piqûre par simple examen visuel : une rénette ou un couteau à sabot, un vérificateur de sabot et des radiographies peuvent faciliter la localisation et l'évolution de la blessure. S'il s'agit d'une piqûre par un gros objet, comme un clou, des radiographies sont essentielles pour déterminer la gravité et la profondeur de la blessure.

La plaie peut former un abcès (cavité pleine de pus) en moins de deux jours. La gravité d'une lésion dépend de la région affectée du pied, du genre d'objet responsable de la piqûre et de la présence éventuelle d'infections secondaires. Si l'objet demeure incrusté, il ne faut pas l'enlever, mais plutôt appeler un vétérinaire qui déterminera la gravité de la blessure avant le retrait. Pour toutes les plaies de ce type, seule la visite immédiate du vétérinaire permettra d'établir la gravité des blessures et d'éviter des torts subséquents.

Seimes - fissures du sabot

Les seimes près de la face inférieure résultent surtout d'un parage négligé ou encore de la sécheresse ou de l'humidité excessive de la corne. Les seimes près de la couronne sont causées soit par une blessure à cette dernière, soit par une pression excessive inégale d'un sabot mal ajusté. Une boiterie grave apparaîtra si des bactéries s'infiltrent dans les fissures et s'étendent aux tissus sensibles du pied, en causant ainsi l'infection.

Il faut d'abord nettoyer et traiter la fissure, puis pratiquer un parage et un ferrage appropriés pour apporter quelque soulagement jusqu'à ce que la muraille du sabot repousse. Il peut falloir attendre jusqu'à un an avant qu'une fissure commençant à la couronne ou l'atteignant disparaisse. Les maréchaux-ferrants et les vétérinaires obtiennent d'excellents résultats en enduisant la muraille du sabot d'une matière réparatrice (comme l'acrylique ou la résine époxyde). Un entretien approprié parvient souvent à prévenir les seimes.

Pourriture de la fourchette

La pourriture de la fourchette est le résultat de l'action des bactéries qui pénètrent dans les surfaces externes du sabot. En plus des bactéries qui causent une odeur nauséabonde et un exsudat noir ou gris, la région affectée devient spongieuse. Si elle n'est pas traitée ou qu'elle pénètre dans les tissus sensibles du sabot, elle peut causer une boiterie difficile à éliminer et nécessiter un traitement de longue durée.

Le nettoyage et le parage adéquats du pied, ainsi qu'une bonne hygiène, élimineront la cause topique de l'infection. Le traitement consiste à curer et à parer le pied, puis à le désinfecter avec une solution de phénol ou d'iode. On peut aussi panser le pied avec du coton imbibé d'une solution à base de sulfate de cuivre.

Le but ne consiste pas à éliminer complètement les bactéries, puisqu'une concentration normale de bactéries sert à détacher les tissus morts excédentaires de la sole et du sabot. Cependant, le traitement de la pourriture de la fourchette décrit ci-dessus, ainsi que la gestion de l'humidité environnementale, peut contribuer à atteindre une concentration saine de bactéries sur le sabot.

Fourbure

La fourbure est une inflammation du podophylle, tissu reliant la muraille du sabot et l'os du pied (troisième phalange). Les causes de la fourbure sont variables et souvent obscures. La fourbure chronique constitue un stade de la fourbure où le podophylle a été affaibli au point où l'os du pied n'est plus relié à la muraille, ce qui entraîne la rotation ou l'affaissement de l'os.

Les syndromes métaboliques représentent la cause la plus courante de fourbure. Les chevaux obèses, suralimentés et qui ne bougent pas assez sont les plus à risque. Une quantité excessive d'hydrates de carbone dans le proctodeum peut provoquer la fourbure chez les chevaux au système métabolique affaibli.

Les autres causes comprennent notamment les suivantes :

  • un coup direct causant de grandes contusions, comme le fait de travailler ou de marcher sur des surfaces dures (aussi souvent appelé « fourbure par surmenage » );
  • la rétention du placenta après la parturition;
  • une blessure à un autre membre causant un stress mécanique au membre d'appui principal pendant une période de repos;
  • l'ingestion de plantes toxiques, comme le noyer noir ou l'érable rouge;
  • toute maladie qui élève la température du cheval pour une longue période.

Quelle qu'en soit la cause, les symptômes sont similaires. En début de maladie et au stade aigu, tant le sabot que la couronne deviennent chauds; le plus souvent, le cheval sue et refuse de bouger. On peut détecter un pouls numérique tout juste au-dessus du boulet, à côté du tendon du fléchisseur profond des phalanges. Comme les membres antérieurs lui causent habituellement le plus de douleur, le cheval est « campé du devant » (membres antérieurs poussés vers l'avant) et « sous lui du derrière » (membres postérieurs avancés sous son corps). Dans les cas où les quatre membres sont atteints, le cheval rapproche ses quatre pattes sous le corps, comme s'il tentait de se tenir en équilibre sur un baril.

La fourbure chronique se caractérise par une croissance inégale de la muraille du sabot (qui ressemble à des sillons) et par un affaissement de la sole (affaiblissement de sa courbure). Dans les cas graves, il arrive que l'os du pied transperce la sole. Le cheval affecté peut passer la majeure partie de son temps en position couchée. En cas de fourbure, le cheval en mouvement fera des efforts marqués pour poser son talon en premier.

Le traitement précoce de la fourbure varie selon la cause. Dès qu'on soupçonne une affection de fourbure, il est important d'appeler sans tarder le vétérinaire et le maréchal-ferrant, puis de veiller à garder le cheval calme et de mettre de la glace sur son pied afin de contrôler l'inflammation jusqu'à l'arrivée des professionnels. Il faut demander au vétérinaire si des premiers soins s'imposent avant son arrivée.

Dans tous les cas, mieux vaut prévenir :

  • Adapter l'alimentation au programme d'exercice du cheval.
  • S'assurer de répondre à tous les besoins nutritionnels en consultant un nutritionniste.
  • Soumettre les chevaux obèses à des analyses sanguines.
  • Éviter le travail excessif sur des surfaces dures.
  • Conserver le placenta après la parturition à des fins d'inspection par le vétérinaire.
  • Éviter les pâturages où l'on trouve des plantes toxiques.
  • Avoir recours au ferrage préventif pour les chevaux aux prises avec une fièvre de longue durée.

Les cas de fourbure ne se terminent pas tous bien. Cependant, des progrès dans les soins ont augmenté le taux de survie et l'utilité des survivants. Grâce à de bons soins vétérinaires, à un bon service du maréchal-ferrant et à une bonne gestion par le propriétaire du cheval, ce dernier peut souvent reprendre le service.

Syndrome naviculaire

Le syndrome naviculaire désigne une boiterie des pieds antérieurs due à une blessure à l'os naviculaire ou aux tissus mous environnants, ou encore à un stress sur ces derniers. Cette boiterie très courante frappe surtout les races portant des vices de conformation (génétiques). Tous les vices de conformation tels les paturons abrupts, les épaules trop droites et les pieds trop petits affectent le mécanisme d'amortissement des chocs des membres antérieurs et prédisposent le cheval à des problèmes naviculaires. Pour cette raison, de longues pinces, causant de la tension durant la bascule, ou l'exercice intensif du cheval sur une piste dure augmentent sa probabilité d'être atteint du syndrome.

Les chevaux qui en souffrent boitent généralement des deux membres antérieurs. Ils ont tendance à pointer les pieds en alternance, c'est-à-dire à s'appuyer sur chaque pied avancé à tour de rôle, afin d'alléger la pression exercée sur chacun et de réduire la douleur. Au début de la maladie, la mise au repos du cheval peut chasser les symptômes, mais la boiterie recommence dès la reprise des activités. Un trouble mécanique en est habituellement la cause, et il est alors essentiel d'aligner l'os du pied au paturon si l'on souhaite minimiser les dommages. Il est souvent difficile de diagnostiquer la maladie, mais des radiographies, des anesthésies tronculaires et des professionnels expérimentés permettront de le faire. Un ferrage correctif, des analgésiques et une névrectomie (sectionnement des nerfs desservant le talon) prolongent l'utilité du cheval.

Introduction à l'anatomie du pied

Pour offrir des soins adéquats, il faut comprendre la structure du pied et les fonctions de ses différentes parties. Le terme « pied » fait référence, dans son sens anatomique propre, au membre, du genou ou des jarrets au sabot. Le terme « sabot » se rapporte, quant à lui, à la protubérance cornée à l'extrémité du doigt, ainsi qu'aux os et aux tissus mous qui la composent. Les principales parties externes du pied sont le genou, le canon, le paturon et le sabot, alors que le sabot comme tel comprend la muraille, la couronne, la sole et la fourchette. Les os, les cartilages, les tendons et le tissu conjonctif constituent les principales structures internes du sabot.

Os et tendons du pied

Du genou (carpe) et du jarret (tarse) vers le bas, les membres antérieurs et postérieurs présentent une anatomie semblable. Chacun se compose d'un os du canon et de métatarsiens latéraux, d'un os du paturon et d'un os de la couronne, d'un os du pied et d'un sabot, ainsi que d'un certain nombre de grands tendons.

Os du canon et métatarsiens latéraux

L'os du canon (troisième métacarpien) est un os droit et robuste assez solide pour supporter le poids du cheval. À sa surface postérieure se rattachent deux métatarsiens latéraux, qui sont des métacarpiens atrophiés (deuxième et quatrième). Les métatarsiens latéraux se prolongent jusqu'au genou ou à la pointe du jarret, mais rétrécissent pour disparaître bien au-dessus du boulet.

Os du pied

L'os du pied (troisième phalange ou os du sabot) est l'os du membre le plus bas. Rattaché à la surface intérieure de la muraille du sabot et reposant légèrement sur la sole et la fourchette, il donne à la base du pied sa forme et procure la stabilité nécessaire au membre pour supporter le poids du cheval.

Os du paturon et os de la couronne

Il s'agit des première et deuxième phalanges. Ces os correspondent aux premier et deuxième os de votre majeur.

Os naviculaire

L'os naviculaire (ou os petit sésamoïde) est un petit os arrondi à l'arrière de l'articulation, au point de rencontre de la deuxième phalange et de l'os du pied. Il sert de pivot et de point d'appui au tendon du fléchisseur profond, qui est responsable de la flexion du pied dans la foulée. Comme l'os naviculaire est soumis à une tension constante, son équilibre mécanique et son point de bascule sont essentiels à sa santé.

Os sésamoïdes proximaux

Il s'agit de deux petits os triangulaires recouverts de tissus mous sur la face postérieure du boulet. Ils jouent un rôle important dans l'orientation des grands tendons, qui se trouvent à leur surface.

Tendons et ligaments

Le long de la face postérieure du pied se trouvent de grands tendons et ligaments qui représentent des ressorts importants que le cheval au galop utilise pour absorber les chocs et conserver son énergie. La peau recouvre le tendon du fléchisseur superficiel des phalanges, qui repose sur le tendon du fléchisseur profond des phalanges. Le ligament suspenseur du boulet, le plus profond de tous, est un muscle qui sert de ressort.

Le ligament suspenseur du boulet s'étend de l'arrière du genou (ou jarret) aux os sésamoïdes. Il donne lieu à de petites ramifications, visibles à l'avant du paturon. Le tendon du fléchisseur profond des phalanges provient d'un muscle qui s'étend de l'os de l'avant-bras (rayon) jusqu'à l'os du pied en passant derrière le membre.

Le tendon du fléchisseur superficiel des phalanges provient aussi d'un muscle qui se transforme en tendon derrière l'os du pied pour se rattacher de chaque côté de l'articulation, entre l'os du paturon et l'os de la couronne.

Structures externes du sabot

Muraille du sabot

La muraille du sabot est composée de tissu cornéen formé de fibres parallèles appelées tubules qui descend de la couronne (naissance des poils). La partie de la muraille du sabot qui touche au sol est plus épaisse à la hauteur de la pince qu'au quartier et au talon.

La muraille du sabot est recouverte d'une sorte de vernis qui la protège contre sa déshydratation. Le « vernis » est produit par le bourrelet périoplique, tissu mou à la naissance des poils qui prend une couleur blanchâtre une fois mouillé. Comparable à la cuticule d'un ongle, ses cellules meurent à mesure qu'elle pousse, formant ainsi la couche de vernis sur la paroi.

La muraille du sabot doit être épaisse, lisse, sans fissures ni crevasses. La muraille présente, en moyenne, un degré d'humidité de 25 %, mais cela varie grandement selon les conditions environnementales. Les principales fonctions de la muraille du sabot sont de fournir une surface d'appui qui ne s'use pas facilement et de protéger les structures internes du sabot contre la force des impacts et du mouvement.

Barres

Les barres constituent le prolongement de la muraille du sabot, qui encadre la fourchette et forme le talon. Ces barres servent de ressorts pour maintenir la forme semi-circulaire de la muraille. Elles doivent être de niveau avec la sole, formant une rampe de l'extrémité de la fourchette jusqu'au talon. Des barres verticales droites forment un ressort solide, alors que des barres moins inclinées procurent une structure plus souple et légèrement plus faible.

Couronne

La muraille croît à partir de la couronne. La couronne est située directement au-dessus de la muraille du sabot et est protégée par une épaisse couche de peau et une multitude de poils drus. La pousse de la corne d'un pied en santé est d'environ 1 cm par mois. La vitesse de croissance peut varier selon l'exercice, l'alimentation, l'hydratation et l'état de santé de l'animal. Une blessure à la couronne peut causer une croissance irrégulière de la muraille et l'affecter de façon permanente.

Sole

La sole du pied, tout comme la muraille du sabot, est constituée d'une plaque de corne qui protège les parties internes sensibles du pied, mais qui est légèrement plus molle. Elle doit être résistante, légèrement concave, de texture uniforme et plus épaisse au niveau de la pince et du talon. Lorsque le pied est au sol, la sole devrait former un genre de dôme offrant appui et solidité à la muraille du sabot. Le cheval n'a aucune sensibilité à la surface de la sole (extérieure), mais la sole intérieure peut ressentir les différentes températures et surfaces du sol. Les chevaux présentant un dôme inférieur (pied plat) sont plus sensibles aux contusions sur des surfaces dures ou recouvertes de gravier. Un dôme supérieur dans la sole peut retenir plus de saleté, ce qui donne lieu à une grande quantité de bactéries et nuit au bon fonctionnement de la fourchette, qui perd toute son efficacité ou, du moins, une bonne partie.

Fourchette

La fourchette se situe entre les talons, formant un « V » au centre de la sole. Elle est constituée d'une masse de tissu spongieux et élastique, en plus de servir de surface d'appui en tant qu'organe intermédiaire entre le coussinet plantaire et le sol. Les branches écartées de la fourchette délimitent la sole par deux lacunes latérales. Ces lacunes latérales sont des crevasses profondes de chaque côté de la fourchette, qui sont bordées par les barres du côté extérieur. L'état de la fourchette est un bon indicateur de la santé du pied. Une fourchette saine possède des qualités suffisantes d'élasticité, d'expansion et de bon appui sur le sol pour stimuler la circulation sanguine et favoriser l'absorption des chocs.

Structures internes du sabot

Coussinet plantaire

Le coussinet plantaire est une structure caoutchouteuse et sensible située au-dessus de la fourchette, à l'intérieur du sabot. Sa forme et sa densité contribuent à amortir les chocs et favorisent la circulation de par sa dilation et sa contraction.

Tissu podophylleux

Le tissu podophylleux forme une couche de tissu contenant de nombreux vaisseaux sanguins qui alimentent le reste du sabot. Ce tissu sert aussi à l'adhérence de la muraille à l'os du pied; il est étroitement entrelacé avec le tissu cornéen sur la muraille interne du sabot. La ligne blanche visible sous le sabot constitue la marque externe du tissu podophylleux. La santé du tissu podophylleux, qui sert de structure d'appui, peut être un bon indicateur de tout déséquilibre inhabituel ou de maladie du sabot.

Conseils utiles

  • Commencer l'entretien des pieds dès que le poulain est à peine âgé de quelques jours, soit dans les trois semaines suivant sa naissance.
  • Exercer le poulain pour favoriser une usure naturelle.
  • Si le poulain est gardé en stalle, râper les pieds à toutes les deux à trois semaines.
  • Nettoyer régulièrement les soles et les fourchettes, y compris avant et après tout exercice.
  • Ne pas peler la sole, seulement la nettoyer.
  • À moins d'un excès évident, ne pas tailler la fourchette si elle est saine.
  • Garder le pied dans le prolongement et la même inclinaison que le paturon.
  • Râper le bord tranchant de la muraille (excédent de corne) pour lisser et arrondir la surface d'appui afin d'éviter tout risque d'éclatement.
  • Ne pas râper la partie extérieure de la muraille.
  • Râper le sabot de façon à obtenir un sabot plat aux bords arrondis.

Il existe de nombreuses ressources utiles sur l'entretien des pieds. Consulter un maréchal-ferrant, un vétérinaire ou un propriétaire de magasin de harnachement pour obtenir des recommandations.