L'hiver et ses risques pour les chevaux

 

L'hiver vient toujours avec son lot de risques et de désagréments. Les propriétaires de chevaux et les chevaux eux-mêmes doivent affronter bon nombre d'embûches, qu'il s'agisse d'abreuvoirs gelés ou d'enclos glacés. Henry, un quarter horse castré de 7 ans, y a goûté lorsqu'il s'est retrouvé au Collège vétérinaire de l'Ontario pour hypothermie (abaissement anormal de la température du corps).

On a découvert Henry en train de nager dans un étang, le 18 janvier 2004. Personne ne savait depuis quand il s'y trouvait. Après avoir été sorti de l'étang, Henry restait couché, mais il a tout de même essayé de se lever. Le vétérinaire traitant a administré à Henry une solution intraveineuse, des anti-inflammatoires et des relaxants musculaires et l'a fait transporter au Collège vétérinaire de l'Ontario, à l'Université de Guelph, pour qu'il reçoive d'autres traitements. À l'arrivée, sa température rectale était très basse (32,2 °C alors que la normale se situe entre 37,5 et 38,5 °C). Il était encore incapable de se lever, frissonnait beaucoup et ne réagissait pas au contact ou aux manipulations, mais il semblait conscient de son environnement. Sa respiration était rapide et peu profonde et son rythme cardiaque élevé. Ses muqueuses étaient anormalement pâles et son pouls presque absent en raison de l'importante vasoconstriction associée à l'hypothermie.

On a lui a donné de l'oxygène par les narines. Les analyses de laboratoire ont démontré la présence de blessures musculaires et d'une mauvaise circulation. Une solution intraveineuse lui a été administrée afin de rétablir la circulation et tenter de le réchauffer. Lorsque la circulation s'est améliorée, on lui a donné des bains chauds et des lavements pour augmenter sa température interne. Sa température rectale a augmenté lentement au cours de l'après-midi et les frissons ont diminué. Au milieu de l'après-midi, il s'est levé et on l'a amené dans un box. Il a évacué des urines très foncées attribuables à la déshydratation et à l'affaissement musculaire. On a continué à lui administrer une solution intraveineuse et des anti-inflammatoires. Il a également reçu des antibiotiques pour lutter contre la pneumonie ou contre toute autre infection qui aurait pu affecter son système digestif. La journée suivante, l'ensemble de son corps présentait une enflure œdémateuse. Le sérum a commencé à suinter à partir des plaies sous la mâchoire et sur ses biceps, mais il avait bon appétit et devenait graduellement plus éveillé et plus alerte. Son rythme respiratoire et cardiaque demeurait élevé et sa température redevenait normale. Le sifflement des poumons était plus perceptible et plus rauque.

Au cours de la semaine qui a suivi, l'œdème de Henry a commencé à se résorber et les concentrations d'enzymes musculaires dans le sang sont devenues peu à peu normales. Le 23 janvier, Henry a commencé à suer légèrement, probablement en raison de la revascularisation de la peau, ce qui était considéré comme un bon signe. Il a obtenu son congé de l'hôpital huit jours après y avoir été admis et a poursuivi sa convalescence chez ses maîtres. Il a repris depuis ses activités normales.

Chapeau au personnel du Collège vétérinaire de l'Ontario!

À retenir

  • L'accès aux étangs et aux cours d'eau comporte de nombreux risques pour les chevaux.
  • Les accès aux étangs et aux cours d'eau devraient toujours être clôturés afin d'éviter l'érosion et les dommages aux bandes riveraines par les chevaux.
  • Les berges des cours d'eau et des étangs sont souvent très glissantes et sont donc à risque pour les chevaux.
  • Les chevaux peuvent chuter et faire le " grand écart " en marchant sur la glace et risquent de se blesser aux pattes et aux tendons avec des morceaux pointus de glace.

Les chevaux doivent toujours avoir accès à de l'eau propre et fraîche à partir d'un abreuvoir, d'un bassin ou d'un seau. La neige n'est pas un bon substitut d'eau fraîche. Un cheval devra consommer jusqu'à dix fois le volume de neige comparativement au volume d'eau, pour répondre à ses besoins. Cette façon de faire est tout à fait inefficace et exige énormément d'énergie la part du cheval. De plus, les chevaux qui ont un accès restreint à l'eau peuvent souffrir de coliques dues à une surcharge intestinale.


Auteur : Dr Bob Wright - scientifque vétérinaire,élevage des cheaux et d'animaux non traditionnels/MAAARO; Dr Dan Kenney - Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario/Université de Guelph
Date de création : 01 janvier 2005
Dernière révision : 01 janvier 2005

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