Recommandations pour la gestion
d'ânes et de mules


Table des matiéres

  1. Introduction
  2. Terminologie
  3. Différences anatomiques entre les chevaux et les ânes
  4. Comportement
  5. Nutrition et gestion de pâturage
  6. Abris ouverts
  7. Soin des sabots
  8. Génétique et reproduction
  9. Parasites
  10. Vaccination
  11. Résumé
  12. References

Introduction

On estime à 50 millions la population mondiale d'ânes (Equus asinus). Et il y a autant de mules. Ils peuvent servir à de telles tâches que les voyages, la conduite, la protection des troupeaux, la compagnie, la reproduction et la formation des petits. Les ânes et les mules ne sont pas de petits chevaux. Ils ont des différences anatomiques et physiologiques qui les différencient des chevaux. De plus, leur soin nécessite des considérations particulières. La preuve de ces différences structurelles en comparaison avec les chevaux est qu'ils ont besoin de selles et de harnais spéciaux pour la promenade et la conduite (1).

Terminologie

Jack : âne mâle;
Jennet ou Jenny (les deux sont prononcés de la même façon) : âne femelle;
Âne hongre : âne mâle castré;
Mule : progéniture issue de l'accouplement d'un Jack et d'une jument (cheval femelle);
Bardot : la progéniture issue de l'accouplement d'un étalon (cheval mâle) et d'une jennet;

Les animaux adultes peuvent de plus être désignés dans les classifications suivantes en fonction de leur hauteur mesurée au garrot :
Miniature : moins de 91,5 cm;
Standard petit : de 91,5 cm à 1,22 m;
Standard grand : plus de 1,22 m et moins que 1,37 m pour les femelles; plus de 1,22 m et moins que 1,4 m pour les jacks et les mâles castrés :
Mammoth : 1,37 m et plus pour la femelle et 1,42 m et plus pour le mâle.www.equistation.com
Pour plus d'informations sur les directives d'enregistrement, contactez www.equistation.com.

Différences anatomiques entre les chevaux et les ânes

Un certain nombre de différences anatomiques peuvent poser un défi pour le propriétaire dont il s'agit du premier âne et son vétérinaire. En voici deux :

  • Un sillon jugulaire caché l'endroit où sont prélevées les prises de sang et administrés les tranquillisants). Le muscle cutané du cou est beaucoup plus épais que chez le cheval et cache le tiers supérieur de la jugulaire. Il est plus facile de trouver le tiers supérieur de la veine jugulaire.
  • Le conduit nasolacrimal de l'âne est situé sur la narine plutôt que sur la base de la narine comme chez le cheval (2).

Comportement

On connaît les ânes et les mules comme des animaux très stoïques qui tardent à montrer la douleur et le malaise. Même si ces caractéristiques peuvent être désirables dans de nombreux cas, elles peuvent mener à des difficultés de diagnostic d'un animal malade.

Les attributs que nous assignons à un âne, par exemple qu'il est têtu et manque d'intelligence, sont en réalité leurs réponses naturelles à de nouvelles expériences et leur interprétation logique d'une situation. Animal robuste, il donnera un coup de pied facilement et vite (2). Les ânes et les mules sont des animaux très sociaux et profiteront énormément de la compagnie d'autres animaux, comme le cheval, le bétail, le mouton ou la chèvre.

Nutrition et gestion de pâturage

Les ânes et les mules peuvent survivre dans des pâturages plus rudes mieux qu'un cheval. Les pâturages luxuriants appropriés pour les chevaux peuvent être trop riches en protéine et en énergie et, donc, peu convenables pour les ânes. Leur consommation de matière sèche devrait se situer entre 1,75 % et 2,25 % du pourcentage de leur poids corporel pour satisfaire leurs demandes métaboliques, et ce, pour la plupart des ânes et des mules. Les bêtes enceintes, qui allaitent, en pleine croissance ou utilisés pour du travail difficile, auront des exigences alimentaires additionnelles (flocons d'avoine, grain, foin ou pâturage) à leurs besoins (1).

Les ânes pouvant brouter librement dans des pâturages riches sont sujets à l'obésité, à la laminite (le " founder ") et à l'hyperlipidémie (excès de lipides dans le sang). En calculant les demandes d'énergie de votre âne, sachez que son poids corporel ne peut pas être évalué au moyen d'une mesure du tour de taille concue pour les chevaux. L'évaluation de la condition corporelle d'un âne requerra une approche différente que celle utilisée pour les chevaux puisque les ânes entreposent la graisse un peu différemment que les chevaux.

On peut alterner entre les ânes, le bétail et le mouton sur le pâturage. Cette gestion aide à maximiser l'utilisation du pâturage et réduit la présence de parasites, puisque les parasites ne sont pas généralement les mêmes d'une espèce à l'autre (1,3). Les moutons et/ou le bétail, broutant dans les pâturages, après les ânes, peuvent consommer l'herbe qui reste ainsi que les larves écloses qui ont émigré des amas de bouse jusqu'aux brins d'herbe. Les ânes créent habituellement une zone où ils peuvent prendre des bains de poussière et/ou de sable pendant les temps chauds (4).

Les ânes et les mules doivent toujours avoir accès à de l'eau propre et à du sel. Le sel en grain est préférable à des blocs de sel puisqu'ils en consommeront un volume plus grand, particulièrement à des températures sous la barre de zéro degré Celsius. La plupart des animaux consomment entre 10 et 25 litres d'eau par jour. La neige ne fournira pas à ces animaux assez d'eau pour répondre à leurs besoins. On doit prendre soin d'assurer à ces animaux une source d'eau liquide en cas de températures ambiantes sous la barre de 0° C.

Abris ouverts

Les ânes et les mules étaient initialement des animaux de désert. Ils sont bien adaptés aux climats plus chauds. Ils peuvent bien faire aussi dans des climats froids, mais ils ont vraiment besoin d'abris ou de granges à des températures encore plus froides et humides. Les logements intérieurs ou les abris ouverts sont nécessaires pendant les périodes météorologiques extrêmes, tout spécialement pour les jennets et leurs poulains. La fourrure d'un âne ne fournit pas une protection adéquate et les poulains peuvent geler facilement. Les ânes ont tendance à avoir une fourrure plus longue et plus drue à laquelle fait défaut la couche de fond protectrice que les chevaux ont en hiver (4).

Soin des sabots

Le soin des sabots chez les ânes et les mules est requis toutes les 6-8 semaines. Il y a des différences entre le sabot de l'âne et celui du cheval. En général, les sabots sont plus verticaux, plus rudes et plus élastiques que ceux d'un cheval. Les glones d'âne sont moins développés et la fusion des bulbes du talon est moins complète. Les talons sont naturellement longs. Les angles du paturon sont plus grands que chez le cheval. La fourchette du sabot de l'âne n'a pas été conçue pour porter du poids (5). En général, les mules auront différents points de ressemblance avec les ânes ou les chevaux (6).

Génétique et reproduction

Les chevaux ont 64 chromosomes, tandis que les ânes en ont 62. Quand les chevaux et les ânes sont accouplés, le mulet possède 63 chromosomes. La période de gestation des ânes est de 12 mois en moyenne, mais elle peut varier de 11 à 14 mois. Même si elles sont généralement stériles, les mules et les hinny auront des cycles d'oestrus. Ces cycles peuvent être périodiques, ou irréguliers et variables. Les bardots et les mules femelles peuvent être utilisés comme des réceptrices de transfert embryonique, mais on doit veiller à la compatibilité du donneur et du destinataire. Il y a eu des cas documentés de fertilité chez les mules femelles, mais aucun chez le bardot femelle (7). Un rapport du Maroc indique qu'une mule jument a conçu un poulain à 62 chromosomes. Les cellules de la mule jument étaient une mosaïque, certaines avec 63 chromosomes et d'autres avec 62. Le poulain en a 62 et on croit qu'il a été engendré par un âne. C'est la quatrième mule femelle fertile recensée (8).

Des ânes et des mules mâles intacts peuvent agir tout à fait " comme des étalons " ou se comporter avec agressivité. S'ils ne sont pas utilisés pour élever à des fins de reproduction ou comme souffleur, on recommande fortement qu'ils soient castrés. La castration doit être effectuée par un vétérinaire.

Parasites

Les ânes et les mules peuvent aussi être infestés par des ectoparasites (parasites de la peau) comme les mouches, les poux, les punaises, les mites et les larves d'Hypoderma. Pour de plus amples renseignements sur les poux chez les chevaux, veuillez vous référer à http://www.omafra.gov.on.ca/english/livestock/horses/facts/info_lice.htm.
Les parasites internes qui touchent les ânes et les mules sont les mêmes que pour d'autres espèces équines et, donc, les recommandations pour le contrôle et le traitement sont les mêmes que ceux utilisés pour les chevaux. Cependant, on indique que les vers parasites du poumon sont plus fréquents chez les ânes que chez les chevaux. Un programme complet de contrôle parasitaire devrait inclure la gestion de pâturage l'assainissement de l'environnement et l'administration périodique d'un vermifuge. L'exécution routinière d'un compte d'œufs fécaux aidera à déterminer l'efficacité du traitement et des programmes de contrôle. Les vermifuges devraient être choisis consciencieusement et leur utilisation devrait faire l'objet d'une rotation lente pour diminuer l'occurrence d'une résistance. On recommande une rotation lente des vermifuges (soit le même pendant un an ou plus). Votre vétérinaire vous aidera à déterminer le programme de contrôle parasitaire qui sied à vos bêtes.

Vaccination

L'utilisation de vaccins de chevaux pour les ânes et les mules est nécessaire parce qu'il n'y a aucun vaccin spécifiquement conçu pour ceux-ci. Les protocoles pour un programme de vaccination sont habituellement adaptés à partir de ceux recommandés pour les chevaux. On estime que les chances de réactions négatives sont les mêmes que pour les chevaux. Il est important que les ânes et les mules soient vaccinés pour aider à contrôler la propagation de maladies.

Résumé

Les susdites recommandations sont destinées à présenter des concepts de base de gestion d'ânes ou de mules. Pour plus d'information sur les soins des ânes, des mules et des chevaux et leur gestion, veuillez vous référer à http://www.omafra.gov.on.ca/english/livestock/index.html

References

  1. Svendsen ED. The Professional Handbook of the Donkey. England: Sovereign Printing Group, 1989.
  2. Burnham SL. Anatomical differences of the donkey and mule. Proceedings of the 48th Annual AAEP Convention 2002: 102-109.
  3. Peregrine A. (2003) Personal communication.
  4. The Donkey. Alberta Agriculture, Food and Rural Development http://www1.agric.gov.ab.ca/$department/deptdocs.nsf/all/agdex598
  5. Fowler J. Trimming donkey feet. Equine Veterinary Education 1995; 7: 18-21.
  6. Jackson J. Naturally shaped hooves. Mules and More 1998; 8 (12): 68-69.
  7. Taylor TS, Matthews NS, Blanchard TL. Introduction to Donkeys in the US, Elementary Assology. Texas A&M University College of Veterinary Medicine http://www.donkeyandmule.com
  8. Kay G. A foal from a mule in Morocco. Vet Record 2003;152 (3): 92.

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Auteur : Heather McClinchey - Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario/Université de Guelph;Jeffrey Sankey - Collège de médecine vétérinaire de l'Ontario/Université de Guelph; Dr. Bob Wright - Prévention des maladies/Chevaux et animaux non traditionnels/ MAAARO
Date de création : 01 décembre 2003
Dernière révision : 01 décembre 2003

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