La lutte contre les mauvaises herbes dans les pâturages de chevaux

Table des matières

  1. Introduction
  2. Espèces indicatrices
  3. Plantes toxiques
  4. Plantes fourragères

Introduction

Dans la plupart des pâturages, aucun programme de lutte contre les « mauvaises » herbes n'est nécessaire si l'on a déjà de bonnes pratiques de gestion. Une mauvaise herbe est toute espèce végétale indésirable qui apparaît dans une récolte donnée. La plupart des plantes habituellement considérées comme des mauvaises herbes sont en fait très savoureuses et nourrissantes lorsqu'elles poussent dans un pâturage maintenu dans un état végétatif et qui n'a pas atteint un état de maturité trop avancé. Par exemple, les pissenlits, dont la présence n'est pas souhaitable dans le foin et les autres récoltes, sont très riches en protéines brutes et ont très bon goût lorsqu'ils sont jeunes et au stade végétatif.

Espèces indicatrices

En présence d'espèces indésirables, le propriétaire de chevaux devra envisager de modifier le mode de gestion de son pâturage. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela :

  1. Si la pression de broutage n'est pas suffisante (faible charge de bétail), les espèces végétales moins souhaitables ne seront pas consommées, elles atteindront un stade de maturité trop avancé et seront de moins en moins appétissantes pour les chevaux. Elles deviendront également plus vigoureuses et plus agressives que les espèces désirables, ce qui leur permettra d'accaparer une plus grande partie du pâturage.

  2. En présence d'une charge de bétail trop élevée, trop longue, trop précoce au printemps ou trop tardive en automne, l'excès de broutage peut également favoriser l'apparition de mauvaises herbes. Les pratiques de gestion inadéquates entraînent la disparition des espèces désirables, une diminution de la force et de l'épaisseur du gazon ainsi qu'une perturbation du sol. Il finit par se former des zones de sol dénudé où les graines d'espèces plus vigoureuses et moins désirables parviennent à germer. Certaines plantes toxiques comme les prêles peuvent alors s'établir dans les endroits bas et humides.

  3. La présence de certaines plantes ou mauvaises herbes peut refléter un problème lié à la fertilité du sol. Par exemple, l'épervière orangée pousse sur les sols pauvres en phosphore. Si les légumineuses ont du mal à s'établir et à survivre, il est possible que le pH soit trop bas. L'apparition de mousse est peut-être le signe d'un manque d'azote ou d'un drainage insuffisant, ou des deux à la fois. Pour savoir quelles mesures correctives sont nécessaires, il faut commencer par faire tester le sol en question.

Plantes toxiques

Certaines mauvaises herbes peuvent être toxiques pour les chevaux qui les broutent. On trouvera une description de leurs effets toxiques dans les feuillets d'information du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario intitulés Mauvaises herbes vénéneuses pour le bétail au pâturage - Section A, Mauvaises herbe vénéneuses pour le bétail au pâturage - Section B et Poisoning of Livestock By Plants.

La publication Plantes toxiques du Canada (publication 1842/F, ISBN 0-660-92850-7) est un excellent ouvrage qu'on peut se procurer au Centre d'édition du gouvernement du Canada, Ottawa, K1A 0S9. On peut trouver la même information sur le site sis.agr.gc.ca/poison. Dans la plupart des cas, même si des plantes toxiques sont présentes dans un pâturage, les chevaux n'y touchent pas à moins de ne disposer d'aucune autre nourriture.

Mauvaises herbes des pâturages

Les chardons, notamment le chardon des champs et la bardane, sont souvent difficiles à éliminer et compliquent le nettoyage des crinières et des queues. Pour pouvoir prendre des mesures efficaces contre ces espèces, il faut d'abord pouvoir identifier celles-ci et comprendre les différences concernant leur croissance. La publication 505 intitulée Ontario Weeds est très utile lorsqu'on tente de procéder à une identification. On peut classer les mauvaises herbes qui poussent dans les pâturages en annuelles, bisannuelles ou vivaces.

Les mauvaises herbes annuelles ne sont habituellement présentes que la première année (ensemencement du pâturage). Le sol contient une multitude de graines de plantes annuelles à l'état de dormance qui germent lorsqu'il est remué. La moutarde sauvage est la plus problématique de ces mauvaises herbes annuelles, et elle peut être toxique lorsqu'elle est consommée en grande quantité.

La petite bardane, le chardon vulgaire, l'acanthe sauvage et le chardon penché sont des plantes bisannuelles, c'est-à-dire que la première année (germination), elles forment une rosette basale comportant plusieurs feuilles et qui reste très basse. Ce n'est que la deuxième année que ces plantes forment une tige qui produit des graines.

Le chardon des champs et l'asclépiade commune sont des mauvaises herbes vivaces, qui peuvent donc vivre et former des graines pendant plusieurs années. Les moyens de lutte mécanique comme la tonte des pâturages empêchent certaines espèces de produire des graines, mais ils ne tuent pas toujours la plante même; dans ce cas, il devient donc nécessaire de tondre plusieurs fois par année. La tonte de certaines plantes vivaces telles que l'asclépiade commune stimule même l'apparition de nouvelles pousses. L'emploi d'une pelle n'est efficace que si l'on creuse le sol jusqu'à une profondeur de deux ou trois pouces pour couper la racine au-dessous du collet, notamment dans le cas de la bardane.

Si l'on choisit les moyens chimiques, il faut savoir quel type de mauvaises herbes on veut viser et choisir l'herbicide et la méthode d'épandage qui conviennent. L'emploi d'un herbicide non sélectif comme le Roundup fera apparaître des zones de sol nu. Si l'on opte pour un herbicide sélectif comme le 2-4D qui s'attaque aux plantes à feuilles larges on tuera du même coup les légumineuses dont la présence est souhaitable.

On élimine généralement les mauvaises herbes annuelles au moment des semis par l'emploi d'une culture de couverture. Cependant les annuelles germeront si l'on procède à un semis direct ou si l'on perturbe le sol. On peut les empêcher de produire des graines en les tondant la première année. Les années suivantes, elles n'apparaîtront de nouveau que si le sol est remué.

Dans le cas des plantes vivaces (chardon des champs et asclépiade commune), il est préférable d'appliquer un produit tel que le Roundup à la fin du stade de bourgeon ou au début du stade de floraison. En effet, c'est à ce moment-là que ces plantes accumulent des réserves dans leurs racines, ce qui leur permet de repousser et de produire des graines les années suivantes; l'herbicide est donc mieux absorbé par les racines, d'où une meilleure efficacité.

Pour ce qui est des bisannuelles, le meilleur moment pour procéder à un épandage d'herbicide est la première année, quand la plante est au stade de rosette. Lorsque ces plantes ont atteint leur deuxième année, elles se reproduisent; les racines se vident donc de leurs éléments nutritifs, et par conséquent les méthodes de lutte chimique ne sont pas très efficaces.

Dans les endroits totalement envahis, il peut être nécessaire de procéder à un épandage par points. Lorsque les mauvaises herbes ont été éliminées par cette méthode, il faut réintroduire les plantes fourragères désirables (légumineuses et herbacées).

Avec d'autres espèces de bétail, l'épandage d'herbicide par applicateur à mèche donne aussi de bons résultats. La mèche dépose un mélange concentré d'eau et d'herbicide sur les feuilles des mauvaises herbes sans toucher les espèces fourragères. On peut appliquer cette méthode après le passage des animaux dans le pâturage; les espèces désirables ont alors été broutées et seules les mauvaises herbes sont touchées par la mèche. Dans les zones où la végétation ressemble à la pelouse d'un terrain de golf, l'épandage d'un herbicide par applicateur à mèche peut être utile. Dans les parties des pâturages de chevaux qui sont à l'état brut, cette méthode éliminerait les herbacées autant que les mauvaises herbes. En présence de plantes telles que le chardon des champs, il peut être souhaitable d'effleurer la plante dans au moins deux directions pour assurer une couverture plus complète et une meilleure absorption de l'herbicide.

Pour plus de renseignements sur les produits et les quantités à employer, voir la publication 75/F intitulée Guide de lutte contre les mauvaises herbes. Une partie de cet ouvrage est également consacrée aux méthodes de lutte mécanique et chimique pour les pâturages.

Si vous prévoyez d'éliminer les mauvaises herbes, vous devrez également prendre des mesures pour les remplacer par des espèces dont la présence est plus souhaitable. Une bonne gestion du pâturage constitue la meilleure stratégie de lutte contre les mauvaises herbes, et aussi la plus économique. Elle permet en effet d'empêcher ces espèces indésirables de s'implanter.

On pourra également consulter le feuillet d'information du MAAO intitulé La gestion des pâturages de chevaux. Vous trouverez d'autres renseignements et des exemplaires des publications du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales en vous adressant au bureau ce ministère qui se trouve dans votre localité.

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Auteur : Dr. Bob Wright - scientifique vétérinaire, chevaux et animaux non traditionnels/MAAO; et Scott Banks - Spécialiste des cultures au stade levée/MAAO
Date de création : 26 mai 1998
Dernière révision : 26 mai 1998

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