Donner d'abord du foin

Les moutons sont des animaux ruminants, ce qui leur permet de consommer et d'utiliser le fourrage grossier ou des aliments hautement fibreux. Les animaux dotés d'estomac simple (cochons ou chiens) sont incapables de digérer entièrement les plantes fibreuses comme le foin. Par contre, l'animal ruminant peut digérer des glucides plus complexes, comme la cellulose qui est le composant principal de la fibre du foin. Les microbes qui vivent dans la panse du mouton peuvent transformer la fibre et mettre l'énergie, la protéine et les autres constituants de la plante à la disposition du mouton. Il est très important de maintenir la flore microbienne dans la panse à un niveau qui assure la transformation efficace du fourrage grossier (foin) consommé par le mouton. De plus, la protéine absorbée par le mouton est en grande partie sous forme de protéine microbienne. Par conséquent, la flore microbienne est continuellement remplacée dans la panse. La proportion de foin par rapport au grain influencera la croissance des microbes dans la panse et la capacité de la flore microbienne à transformer la fibre et fournir la protéine microbienne à la brebis.

De grandes quantités de salive sont sécrétées quand la brebis mange du foin. Cette salive est basique (pH haut) et crée un milieu dans la panse qui favorise la croissance de la flore microbienne qui digèrera la fibre du foin. La salive agit aussi comme tampon pour contrôler le pH dans la panse et l'empêcher de descendre trop bas. Quand le pH de la panse devient acide, les microbes nécessaires à la bonne digestion du fourrage sont tués. Si le pH de la panse descend trop bas, la brebis devient malade et souffre d'acidose, communément appelée surcharge de la panse ou surcharge par le grain.

Quand la brebis mange du grain, il se crée dans la panse un milieu acide (pH bas). Une acidose ou une surcharge par le grain peut se produire si trop de grain est donné en même temps ou si le grain arrive dans une panse qui n'a pas été tamponnée par la salive de la brebis. Quand de grandes quantités de grain sont données à manger à la brebis, il importe que la panse soit bien tamponnée. Plus d'une livre par ration constitue une grande quantité de grain. On peut adéquatement tamponner la panse en donnant à manger à la brebis une partie de la quantité totale de foin avant de lui donner du grain. Je suggère que les brebis consomment du foin pendant environ 30 à 45 minutes avant de recevoir du grain. On peut éviter une baisse du pH dans la panse en permettant à la brebis de manger du foin avant le grain. En donnant d'abord du foin, la transformation du fourrage dans la panse est plus efficace parce que le pH est maintenu à un niveau adéquat pour promouvoir la régénération de la flore microbienne. Les glucides contenus dans le grain fournissent l'énergie nécessaire à la régénération microbienne.

En améliorant la transformation de la fibre, on peut augmenter l'ingestion totale de matières sèches (IMS). Quand l'IMS augmente, il en va de même pour les protéines brutes et les MDT (énergie). Cette augmentation des nutriments entraîne une plus grande production. Cet accroissement de la production joue un rôle important à la fin de la gestation et durant la lactation. L'amélioration de l'IMS en fin de gestation aide à prévenir la toxémie de gestation et réduire le nombre d'agneaux mort-nés. Si l'IMS peut être augmentée durant la lactation, la production de lait s'intensifie, ce qui se traduit par un meilleur poids de l'agneau à 50 jours. Il est aussi plus facile de maintenir la forme physique durant la lactation; ceci peut améliorer les taux de conception des brebis soumises à un programme d'agnelage accéléré parce qu'il faut moins de temps pour amener la brebis en condition d'accouplement après le sevrage.

Le fait de donner d'abord du foin crée dans la panse un milieu qui favorise une bonne croissance microbienne, améliore la transformation de la fibre, augmente l'ingestion de matières sèches et réduit le risque de surcharge par le grain. La consommation d'une plus grande quantité de nutriments par la brebis améliorera la production d'agneau et de laine et, espérons-le, le profit annuel par brebis.


Auteur : Bill McCutcheon - spécialiste des moutons/MAAARO
Date de création : 01 mars 1991
Dernière révision : 11 février 2010

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