La maladie de Johne chez les ovins

Table des matières

  1. Introduction
  2. Répartition à l'échelle mondiale
  3. Johne et les humains?
  4. L'agent
  5. La maladie clinique
  6. Propagation de la maladie dans le troupeau
  7. Autres méthodes de transmission
  8. Diagnostic
  9. Autres tests de diagnostic
  10. Contrôle et éradication
  11. Le coût de la maladie
  12. Prévenir l'introduction
  13. Alors que faisons-nous à partir d'ici?
  14. Pour de plus amples renseignements

Introduction

La maladie de Johne (prononcé yonee) est une maladie des ruminants, caractérisée par le dépérissement et, en phase terminale, par la diarrhée. Elle est causée par une bactérie nommée Mycobacterium avium sous-espèce paratuberculosis. La maladie de Johne est observée au Canada chez les bovins depuis plusieurs décennies. Bien qu'elle ait été aussi observée chez les ovins pendant de nombreuses années, nul n'est certain de l'importance de son étendue ou des dommages précis qu'elle cause à notre industrie ovine.

Répartition à l'échelle mondiale

La maladie de Johne a été diagnostiquée chez les bovins (laitiers et de boucherie), les chèvres, les cerfs (daims, cerfs nobles, cerfs de Virginie et nombreuses autres espèces sauvages et d'élevage), les lamas, les chameaux, et d'autres ruminants sauvages (orignaux, chèvres sauvages des montagnes Rocheuses, bisons, antilopes, mouflons d'Amérique) ainsi que chez les ovins. La maladie chez les ovins a été observée partout en Amérique du Nord et en Europe (y compris en Islande). Elle a été une importante maladie infectieuse chez les ovins en Nouvelle-Zélande et en Australie. Des rapports d'infection expérimentale d'espèces non ruminantes, telles que les souris et les lapins ont mené à une hypothèse qu'il pourrait y avoir des non ruminants réservoirs de maladie, particulièrement dans la population de lapins au Royaume-Uni.

Johne et les humains?

Dans les dernières années, il y a eu aussi l'hypothèse que M. avium sous-espèce paratuberculosis pourrait aussi être liée à la maladie de Crohn chez les humains. Celle-ci est une maladie caractérisée par l'ulcération de l'intestin causant des douleurs extrêmes et l'affaiblissement. Bien qu'elle soit une maladie auto-immune, des tests spéciaux qui détectent l'ADN (tests de réaction en chaîne de la polymérase) ont dépisté des signes indiquant la présence de l'organisme chez certaines personnes atteintes de la maladie de Crohn. M. avium sous-espèce paratuberculosis a été prélevé dans une certaine proportion des cas humains. Toutefois, à ce jour, la recherche n'a pas confirmé une association de cause à effet entre les deux maladies. De plus, la maladie de Crohn a été observée dans des parties du monde où la maladie de Johne n'est pas présente. Les discussions à ce sujet se poursuivent.

L'agent

Il y a trois souches principales de cette bactérie (différentes, mais liées à Mycobacterium avium sous-espèce avium, une maladie chez les oiseaux et rarement chez les humains [avium tuberculosis]). Il y a une souche bovine, une souche ovine et une souche intermédiaire. Bien que les bovins soient vulnérables aux trois souches, ils ne sont généralement pas infectés de la souche ovine. Les ovins contractent normalement seulement la souche ovine, mais peuvent aussi succomber à la souche intermédiaire. Les chèvres contractent normalement la souche bovine.

La maladie clinique

La maladie de Johne : Un véritable iceberg

La maladie de Johne : Un véritable iceberg

La maladie de Johne dans un troupeau se comporte de façon très semblable à un iceberg. La maladie qu'un berger peut observer dans son troupeau représente seulement une faible proportion des ovins qui sont réellement contaminés. L'âge auquel la maladie devient visuellement évidente (c.-à-d. dépérissement) reflète probablement la quantité de contamination dans le troupeau. Si les brebis sont âgées de deux ans lorsqu'elles deviennent malades (par contraste à l'âge de quatre ans ou plus), cela indique qu'il y a une prévalence d'infection assez élevée dans le troupeau, et donc une charge environnementale importante de bactéries.

Les ovins peuvent être contaminés à tout âge, mais s'ils le sont lorsqu'ils sont agneaux ou foetus, la maladie peut alors se manifester dès l'âge de 18 mois. Un berger perspicace peut remarquer rien de plus qu'une brebis qui semble un peu plus maigre que le reste du troupeau. Parfois un autre agent physique, tel que l'agnelage ou la mammite accélérera la première apparition d'une maladie clinique plus grave. La brebis fait preuve d'apathie, est pâle et très maigre, et environ 20 p. 100 des cas contractent la diarrhée. La diarrhée indique que l'ovin est près de la fin et mourra bientôt. Les ovins maigres sont habituellement éliminés ou enterrés (s'ils meurent ou tombent en raison de faiblesse) plutôt qu'autopsiés par un vétérinaire. Ainsi, la maladie peut suivre son cours pendant de nombreuses années sans qu'elle soit remarquée.

Une autopsie à ce point révélerait une importante tuméfaction des ganglions lymphatiques de l'intestin, qui sont remplis de la bactérie de Johne. Les changements intestinaux peuvent être de faibles à modérés avec un épaississement de la paroi intestinale. Souvent, les lésions sont assez subtiles, et il faut l'oeil perçant d'un pathologiste exercé pour en détecter les signes. Un grand nombre de producteurs et de bouchers ne remarqueront pas les lésions.

La difficulté à diagnostiquer la maladie est la raison pour laquelle plusieurs cas se produisent souvent dans le troupeau avant que la maladie ne soit détectée. À ce moment-là, l'environnement et plusieurs générations d'ovins ont été exposés à la bactérie souvent en grandes doses.

La maladie de Johne peut aussi être confondue avec d'autres maladies qui causent le dépérissement. De mauvaises dents en raison de la perte d'incisives (bouche brisée) ou une usure irrégulière des molaires et une gingivite peuvent causer des pertes considérables de poids. La maedi-visna peut causer le dépérissement. Les parasites peuvent entraîner même une brebis adulte, et la diarrhée embrouillera davantage le diagnostic. Des abcès internes en raison de la lymphadénite caséeuse peuvent aussi causer le dépérissement, en plus de quelques autres signes cliniques. Naturellement, une alimentation faible périodique (p. ex. pâturage ou foin maigres) ou une concurrence excessive peut amener le producteur à chercher à justifier la maigreur de certaines brebis.

Propagation de la maladie dans le troupeau

Généralement, les ovins sont infectés en mangeant des aliments contaminés par des matières fécales. La bactérie envahit l'intestin et les ganglions lymphatiques intestinaux où elle s'établit et entrave l'absorption d'éléments nutritifs, d'où la perte de poids. Cependant, cette maladie peut progresser pendant deux à sept ans avant la mort de l'animal atteint, dépendant du nombre de bactéries qui contaminent l'ovin et l'âge de l'ovin au moment de sa contamination.

Lorsqu'ils sont initialement contaminés, les ovins n'excrètent pas la bactérie. Cette période de grâce peut être courte, comme une année, ou plus longue comme cinq ans, mais elle dure souvent de deux à trois ans. Éventuellement, l'infection progresse au point où la bactérie est excrétée dans les excréments, bien que l'ovin semble toujours en santé et productif. Cette période d'excrétion bactérienne sans maladie clinique peut durer un an ou plus. Un animal excréteur contaminé peut, temporairement, être la brebis la plus productive du troupeau.

Les bactéries ont une paroi cellulaire très épaisse et peuvent survivre dans l'environnement pour peut-être aussi longtemps qu'une année. Elles ont une résistance aux désinfectants et au séchage par le soleil. Les ovins infectés sur le lieu de pâture contamineront ce lieu de pâture utilisé par d'autres animaux au pâturage. Les ovins contaminés dans une bergerie peuvent déféquer dans les nourrisseurs ou les abreuvoirs. Les agneaux nés dans ces milieux contaminés sont plus exposés à l'infection. Les pis sales et des fragments de laine, les enclos de ferme, les litières, etc. sont tous des foyers d'infection pour l'agneau curieux. Le labourage de la terre du lieu de pâture contaminé affaiblira les bactéries et aidera à les éradiquer. Un couvert de neige favorisera leur survie alors que la lumière du soleil, le séchage ou l'exposition au froid intense réduiront le nombre de bactéries. Les désinfectants doivent être efficaces contre les mycobactéries afin de combattre la bactérie de Johne. Peu de désinfectants fonctionnent bien s'ils sont utilisés en présence de matière organique.

Autres méthodes de transmission

Pendant la grossesse

Bien que la maladie de Johne soit principalement une maladie de l'intestin, durant les stades avancés de la maladie, l'agent peut se propager dans tout le corps. Les fœtus sont très vulnérables à l'infection lorsqu'ils sont encore dans l'utérus. Les agneaux peuvent être nés contaminés (chez les bovins, jusqu'à 60 p. 100 des veaux nés de vaches dont la maladie est à un stade avancé, étaient infectés), et ces animaux peuvent contracter la maladie clinique à un âge précoce. Cela signifie que même le fait de retirer les agneaux à la naissance ne garantira pas l'absence d'infection si la mère est contaminée. Le lait et le colostrum ont parfois de petits nombres d'organismes présents, mais on ne connaît pas l'importance du lait en tant que foyer d'infection.

Semence

Chez les bovins, la bactérie a été isolée de la semence des taureaux dont la maladie de Johne est à un stade avancé. À ce jour, il n'y a aucun rapport d'infection d'une vache ou d'un veau par de la semence contaminée, bien que les taureaux soient triés dans les unités d'IA. Un taureau atteint dans une ferme est plus susceptible de propager la maladie à d'autres animaux à cause de l'environnement contaminé que par la semence. Chez les ovins, le risque est probablement faible, particulièrement avec l'utilisation de l'IA puisque la semence est diluée.

Embryons

Les embryons sont exempts de la bactérie de Johne. Dans un troupeau gravement contaminé, la récolte des embryons peut fournir l'une des meilleures occasions pour la conservation d'une génétique de grande valeur, même si la brebis ou le bélier donneurs sont grandement malades.

Diagnostic

Examen direct

Le premier diagnostic est souvent fait au moment de l'autopsie. Tel que mentionné auparavant, les ganglions lymphatiques intestinaux se tuméfient, et la paroi intestinale peut paraître épaissie. Les signes chez les ovins sont plus subtils que chez les bovins, chez lesquels le gros intestin s'épaissit de façon assez importante et devient ondulé comme du carton. Les bactéries peuvent être colorées et visibles au microscope. Parfois, la bactérie peut être observée dans un frottis fécal, particulièrement chez les animaux qui ont atteint le stade de diarrhée. Cependant, pour faire un diagnostic, un grand nombre de bactéries doivent être observées et des tests de suivi doivent être effectués.

Culture bactérienne

Cette méthode ne connaît pas beaucoup de succès chez les ovins. Chez les bovins et les chèvres, la bactérie peut faire l'objet d'une culture environ 60 p. 100 du temps lorsqu'elle est présente dans les fèces. Cependant, la bactérie croît très lentement et prend de 2 à 16 semaines pour croître. Cela signifie que des résultats négatifs prennent au moins 4 mois et aussi un résultat négatif peut seulement signifier un échec de la croissance ou que l'animal en est encore dans les premiers stades de la maladie. La situation chez les ovins est encore pire. Même si les techniques pour faire croître la bactérie ont connu des avancées, il est encore difficile d'y arriver avec la culture bactérienne chez les ovins. Il en résulte que l'on n'a très peu souvent recours à la culture bactérienne chez les ovins.

Test sérologique

Un grand nombre de tests sérologiques sont utilisés pour détecter des anticorps à M. avium sous-espèce paratuberculosis. Le test le plus communément utilisé chez les ovins est une épreuve d'immunodiffusion sur gélose (IDG). Alors qu'un test positif est généralement correct, les animaux dans les premiers stades de la maladie ou dans les stades avancés auront souvent des résultats négatifs. Cela signifie que l'épreuve d'IDG désigne rarement un ovin en santé comme étant contaminé (quelques faux positifs), mais peut faire une classification erronée de nombreux ovins contaminés et les désigner en santé (un grand nombre de faux négatifs).

Les ovins excrètent la bactérie dans les fèces pendant de trois à neuf mois avant d'avoir un résultat positif à l'épreuve d'IDG. La sensibilité des animaux subcliniques est inférieure à 30 p. 100 (3 sur 10 animaux contaminés classés comme étant contaminés) et de seulement 50 p. 100 (5 sur 10 animaux contaminés classés comme étant contaminés) chez les animaux atteints cliniquement. Les animaux dont la maladie est à un stade avancé perdent parfois la capacité de réagir aux maladies en raison de leur affaiblissement.

Un grand nombre de tests ELISA (dosage immunoenzymatique) ont été élaborés dans le but d'améliorer la capacité du test à détecter les animaux malades. Cependant, des animaux contaminés se faufilent encore, et parfois des animaux contaminés avec l'espèce Mycobacterium non pathogène auront des résultats positifs, ce qui embrouille davantage la situation.

Autres tests de diagnostic

Les sondes d'ADN sont des tests de diagnostic qui détectent un ADN particulier. Les organismes vivants n'ont pas à être présents, seuls les résidus d'ADN. La spécificité peut être assez bonne avec ces tests, c.-à-d. qu'il n'y a pas de réaction croisée avec d'autres types d'ADN, et la sensibilité peut être variable. Lorsque des sondes d'ADN pour M. avium sous-espèce paratuberculosis sont utilisées dans les fèces, approximativement de 1 000 à 10 000 bactéries par gramme de fèces sont requises pour détecter la bactérie de façon fiable, comparativement à seulement 100 bactéries par gramme pour la coproculture (données relatives aux bovins). On ne connaît pas l'efficacité de ce test chez les ovins, mais il peut aider à détecter les cas pré-sérologiques positifs. Ce ne sont pas tous les laboratoires de diagnostic vétérinaires qui possèdent l'équipement adéquat et le test est coûteux.

Il y aussi des tests qui détectent l'immunité à médiation cellulaire (par opposition aux anticorps). Un des tests est un test cutané utilisant l'hypersensibilité retardée, comme le test cutané de dépistage de la tuberculose utilisé chez les humains. Le second test est une épreuve de stimulation lymphocytaire. Le test d'hypersensibilité retardée connaît des problèmes relativement à la réaction croisée avec d'autres espèces M. avium qui ne sont pas pathogènes. Un type de test de stimulation lymphocytaire (appelé épreuve d'interféron gamma) est en cours d'étude comme test commercial pour les bovins, mais n'a pas encore été évalué pour les ovins. Chez les bovins, la sensibilité semble être entre 70 et 94 p. 100 avec une excellente spécificité (presque 100 p. 100). Bien qu'il y ait un grand nombre de tests de diagnostic disponibles, ils présentent tous d'importants désavantages, ce qui rend difficile la détection précoce fiable d'animaux contaminés.

Contrôle et éradication

Tous les programmes de ce genre sont fondés sur la capacité de détecter et de retirer les animaux malades et de prévenir la propagation de la maladie au sein du troupeau. Comme vous pouvez le constater, c'est difficile avec la maladie de Johne en raison de la faible précision des tests de diagnostic. Jusqu'au printemps de 1995, le gouvernement canadien avait un programme d'éradication volontaire fondé sur les tests sérologiques. Il a été abandonné pour de nombreuses raisons, mais principalement parce que le programme ne disposait pas d'outils de diagnostic adéquats. Depuis l'été de 2011, la maladie de Johne n'est pas une maladie à déclaration obligatoire, c.-à-d. que le gouvernement ne s'occupe pas de la déclaration, du contrôle ou de l'éradication de cette maladie. Les estimations de prévalence sont donc faibles et elles sont limitées au nombre de diagnostics d'autopsie positifs dans les laboratoires de diagnostic provinciaux. Plusieurs projets de recherche sur les petits ruminants, dont deux liés à la maladie de Johne, ont été récemment financés au Canada et devraient préciser des informations de base sur la prévalence et des recommandations pour les tests de diagnostic.

Puisque les producteurs d'ovins soumettent rarement les brebis maigres à une autopsie, choisissant au lieu de les commercialiser et d'empocher jusqu'à 60 $ pour une brebis de réforme, de nombreux diagnostics sont négligés. Les troupeaux que l'on sait contaminés auront probablement une prévalence de maladie élevée. Cela rend l'idée de l'éradication assez intimidante.

Les programmes sont généralement fondés sur des tests sérologiques annuels ou semestriels (normalement IDG) sur tous les ovins âgés de plus de 12 mois. Les ovins positifs sont immédiatement envoyés à l'abattage et les descendants sont commercialisés. Aucun animal ne devrait être vendu lorsqu'il y a un risque de les vendre pour un élevage souche (p. ex. ventes aux enchères). Le troupeau doit demeurer fermé afin d'éviter la réintroduction de la maladie. Souvent, entre trois et cinq tests annuels négatifs sont requis avant que le troupeau soit déterminé comme présentant un faible risque de maladie. Dans un troupeau de 100 brebis adultes âgées de plus de 12 mois, à 8 $/échantillon (un prix minimum) plus les coûts pour saigner l'ovin (probablement pas moins que 200 $), les coûts annuels de sérologie à eux seuls seront de 1 000 $.

Le coût de la maladie

Le coût de la maladie n'est pas bien défini, car il varie selon le type de troupeau (race pure contre commerciale ou laitière contre viande de boucherie), mais un montant estimé d'environ 90 $ par cas clinique a été rapporté. Cela semble peu pour un troupeau de race pure si les ventes d'écoulement sont perdues en raison de l'état pathologique du troupeau. Des cas de bovins ont été estimés à 2 500 $ US par cas clinique.

Prévenir l'introduction

Puisque l'éradication est un processus long, difficile et coûteux, il est préférable de prévenir l'introduction de la maladie dans le troupeau. Comment cela se produit-il? Presque toujours, cela se produit par l'achat de reproducteurs, soit un bélier ou des brebis de remplacement. Les pâturages collectifs de pacage pour ovins pourraient aussi être contaminés. Le fumier des ruminants d'autres fermes épandu sur les pâturages ou sur les champs de foin est un foyer potentiel d'infection, bien que cette pratique soit inhabituelle. Les ruminants sauvages peuvent être une source, mais cela n'a pas été documenté. Un bélier de race pure d'un troupeau contaminé d'élevage souche excrétant la bactérie pourrait se reproduire avec succès pour une saison ou même deux avant de succomber à la maladie, mais son héritage sera laissé au sein du troupeau. La maladie de Johne pourrait ne pas être diagnostiquée dans ce troupeau pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans, à la fin de laquelle il est possible que la source ait été oubliée.

Il n'y a actuellement aucun programme national ou provincial pour certifier les troupeaux exempts de la maladie de Johne. Cela signifie que l'éducation représente notre meilleur outil contre cette maladie. Une biosécurité améliorée, qui inclut la fermeture du troupeau ou l'achat auprès de producteurs réputés de reproducteurs, qui répondront de la santé de leur troupeau, est un premier pas pour ralentir la propagation de cette maladie. L'Amérique du Nord n'a pas de vaccin breveté, mais des pays contaminés de façon endémique, comme la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Espagne, se fient sur la vaccination pour contrôler les pertes causées par la maladie clinique. Les États-Unis sont préoccupés par le contrôle interne, mais il y a d'énormes variations d'un État à un autre en ce qui concerne le contrôle et l'éradication. En ce moment, il est surtout avisé de se conduire en acheteur averti, comme c'est le cas ici au Canada, bien que certains producteurs auxquels ont été vendus des bovins contaminés tâtent le terrain quant à la responsabilité.

Alors que faisons-nous à partir d'ici?

Il y a des producteurs d'élevage source d'ovins contaminés au Canada et aux États-Unis. Aucun programme n'identifie ces producteurs ou ne protège d'autres producteurs contre l'achat de stocks contaminés. Il ne tient qu'à l'industrie de se préoccuper de la maladie de Johne et d'autres maladies contagieuses silencieuses qui peuvent priver un troupeau de sa productivité et qui peuvent être acquises dans des ovins apparemment en santé. Pour empêcher la propagation de cette maladie ainsi que d'autres maladies, il faut mettre l'accent sur l'éducation des producteurs, une biosécurité améliorée et éventuellement un programme qui peut certifier un troupeau comme présentant un faible risque de maladie.

Auteur : Dr Paula Menzies - Professor Department of Population Medicine/University of Guelph/Dr Jocelyn Jansen - Scientifique vétérinaire, ruminants/MAAARO

Date de création : 01 mai 1998
Dernière révision : 11 juillet 2011

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