Le lin, aliment santé pour le porc

Le lin est une plante à fleurs bleues qui est cultivée en abondance au Canada dans les Provinces des Prairies (voir figure 1). La graine de lin est aplatie et ovale, avec l'une des extrémités qui est pointue; sa couleur va de jaune doré à brun rougeâtre. Plus de 40 % de la production mondiale de lin provient du Canada. En 2001, un peu plus de 700 milliers de tonnes de lin étaient produites au Canada, dont la plus grande partie (70 %) était cultivée en Saskatchewan.

Figure 1. Carte de l'Ouest du Canada illustrant les zones de culture traditionnelles du lin
Figure 1. Carte de l'Ouest du Canada illustrant les zones de culture traditionnelles du lin

Source : Flax Council of Canada

Selon la Commission canadienne des grains, les résultats des analyses de la récolte de 2001 indiquaient des teneurs de 24 % en protéines, de 44 % en huile polyinsaturée, dont 56 % d'acides gras oméga 3 et 15 % d'acides gras oméga 6 dans l'huile (voir tableau 1). Comme de nombreuses cultures, la composition en éléments nutritifs du lin varie beaucoup selon ses caractéristiques génétiques, les conditions de culture, le traitement des semences et les méthodes d'analyse.

 

Table 1. Données sur la qualité du lin Canada de classe 1

Paramètre de qualité 2001 2000 Moyenne 1991-2000
Teneur en huile1, %
44,4
44,1
44,1
Teneur en protéines2, %
24,1
22,4
22,5
Acides gras, % dans l'huile
56,3
58,9
58,4


1 Matière sèche,
2 N x 6,25; matière sèche
Source : Commission canadienne des grains


Le lin est reconnu comme la source naturelle la plus riche en acides gras oméga 3. C'est aussi l'une des sources naturelles les plus riches en lignanes, fournissant de 75 à 800 fois plus de lignanes que la plupart des autres sources végétales. Des études sur ses propriétés pour la santé humaine ont indiqué que grâce à ses caractéristiques exceptionnelles, le lin a un effet bénéfique sur le taux de cholestérol, le système auto-immune, les maladies du cœur et il peut aussi jouer un rôle dans la prévention du cancer. D'autres plantes oléagineuses comme le maïs, le tournesol et l'arachide contiennent des acides gras oméga 6, mais le lin est surtout connu pour ses teneurs élevées en acides gras oméga 3.

L'ajout de lin aux rations du bétail vise deux objectifs principaux - la production d'aliments à plus haute valeur nutritive destinés à l'alimentation humaine, en plus de favoriser une meilleure santé, une plus grande productivité et un rendement du bétail plus élevé. Le lin a été incorporé avec succès aux aliments pour les poules pondeuses, qui ont produit des œufs enrichis d'oméga 3. Le Flax Council of Canada rapporte que ces œufs à plus haute valeur nutritive représentent maintenant 4 % du marché canadien des œufs. Les chercheurs ont aussi inclus du lin dans les rations des bovins laitiers pour tenter d'influer sur la composition des matières grasses du lait. La recherche se poursuit sur la question et il devrait y avoir bientôt sur le marché du lait contenant des omégas 3. Le lin est aussi bien considéré dans l'industrie des aliments pour animaux familiers depuis que les chercheurs ont signalé que son inclusion dans les aliments pour animaux de compagnie était bénéfique pour leur santé, tout comme elle favorise celle de leurs maîtres.

Il y a douze ans, une recherche sur de jeunes porcs en croissance a montré que l'ajout de 5 % de lin à leur ration était une façon d'augmenter les acides gras oméga 3 dans la viande de porc. En 1995, les chercheurs de la South Dakota State University ont effectué des essais où l'on ajoutait 5 %, 10 % et 15 % de lin à une ration maïs soya donnée aux porcs les 25 derniers jours d'engraissement. Les résultats ont révélé un plus haut niveau d'acides gras oméga 3 dans le produit fini. Lors d'un essai de dégustation, les consommateurs n'ont noté aucune différence de goût dans la longe ou dans la pâtisserie cuisinée au lard, cependant des différences ont été notées dans le bacon quand les rations contenaient plus de 5 % de lin.

À l'Université du Manitoba les chercheurs ont ajouté 5 % de lin aux rations des truies en gestation et en lactation, pour remplacer en partie le tourteau de soya et le suif. Les truies qui ont consommé du lin avaient des niveaux plus élevés de progestérone, ce qui améliorait les taux de survie des embryons dans l'utérus. Dans une exploitation commerciale, les truies qui avaient reçu la ration avec 5 % de lin ont accouché d'un porcelet de plus par litière par rapport au groupe témoin (11,5 comparé à 10,4) et les porcelets étaient plus gros à la naissance (1,27 par rapport à 1,18 kg). Le lait des truies ayant consommé du lin avait une teneur plus élevée en acides gras non saturés, avec un poids au sevrage plus élevé (4,6 kg comparé à 4,3 kg). De plus, les truies qui avaient reçu du lin ont perdu moins de poids et ont maintenu un gras dorsal plus épais pendant la période de lactation que celles qui avaient reçu les rations ordinaires. En conséquence, l'intervalle entre le sevrage et la reproduction a diminué de trois jours pour les truies ayant consommé du lin par rapport au groupe témoin (4,8 comparé à 7,5 -8 jours).

Ces résultats positifs ont incité le fabricant international d'alimentation animale Ridley Inc., à mettre le lin à l'essai dans leurs installations de production porcine américaines. Le Flax Council of Canada collabore avec Ridley Inc. dans des essais sur des aliments pour animaux avec une teneur de 5 % de lin dans des rations de maïs soya. Les essais, commencés en décembre 2001, visent à savoir si les truies qui consomment des rations contenant du lin peuvent avoir un rendement équivalent à celui obtenu lors des recherches effectuées avec de l'orge au Manitoba et à augmenter le nombre moyen de porcelets par litière dans l'industrie porcine américaine. Depuis longtemps, les États-Unis ont été l'un des plus importants marchés d'exportation du lin canadien, mais les livraisons de lin ont connu une baisse ces cinq dernières années à mesure que la production de lin augmente outre frontière. Le Flax Council of Canada y voit un potentiel immense. Avec les États-Unis qui mettent plus de 100 millions de porcs en marché chaque année, même si l'on n'ajoutait que de petites quantités de lin dans les rations destinées aux porcs des exploitations américaines, il en résulterait une importante augmentation de la demande de lin sur le marché canadien.

Visitez le site Web du Flax Council of Canada.

 

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Auteur : Greg Simpson - Spécialiste de la nutrition des porcs/MAAARO
Date de création : 6 novembre 2002
Dernière révision : 29 février 2012

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