Rapport de l'IGN traitant du logement collectif des truies tariesOn se préoccupe de plus en plus des incidences sur le bien-être des truies de la retenue dans des cases de gestation ou de l'immobilisation au cours de longues périodes. En Europe, plusieurs pays ont interdit l'emploi des cases de gestation et l'immobilisation en faveur de logements collectifs. De nombreux rapports mettent l'accent sur le bien-être accru que procure aux animaux l'usage de logements collectifs. Il faut toutefois se demander si ces installations se traduisent invariablement par une telle amélioration. Un rapport publié récemment par l'International Society
of Livestock Husbandry (IGN) traitait du bien être des truies
au sein de seize systèmes distincts de stabulation libre. On
y précise que treize spécialistes des logements des
porcs possédant des compétences pratiques en matière
d'utilisation de divers systèmes de stabulation libre de l'Autriche,
du Danemark, de l'Allemagne, de la Suisse, des Pays-Bas et du Royaume-Uni
se sont réunis pour échanger au sujet des avantages
et des inconvénients des 16 systèmes existants. On a
ainsi procédé parce le coût du lancement d'un
projet de recherche similaire aurait été trop élevé.
La mission de l'IGN, qui a été créé en
1978, est de promouvoir les pratiques de traitement sans cruauté
et les méthodes d'élevage qui satisfont aux exigences
biologiques des animaux de ferme. L'IGN joue le rôle de médiateur
entre les scientifiques et les praticiens, et il se sert de divers
moyens pour traiter des nombreux volets de l'élevage. Les caractéristiques
de chacun des 16 systèmes de logement collectif étaient
très variées. On a pu y observer des logements pour
de petits groupes (pouvant accueillir de 4 à 20 truies) dotés
de distributeurs d'aliments à commande manuelle ou mécanique
ainsi que des logements pour des groupes importants (pouvant accueillir
de 4 à 100 truies) munis de postes de distribution électronique
des aliments. Les logements collectifs destinés tant au petits
qu'aux importants groupes comportaient une combinaison d'installations
intérieures et extérieures, et certains d'entre eux
prévoyaient l'approvisionnement en fourrage grossier. Ils permettaient
le classement des animaux selon trois types de comportement social
: groupes stables (dans lesquels le rang social de chaque porc était
bien établi), groupes de porcs qui doivent être transférés
à un autre système selon leur cycle de reproduction)
et groupes dynamiques (comptant certains porcs affectés à
d'autres systèmes plus ou moins régulièrement).
On a fourni aux spécialistes des renseignements détaillés
au sujet de chaque système avant la tenue de leur rencontre
en face à face qui a eu lieu en septembre 1998. Chaque système
avait fait été étudié ou observé
par au moins un participant au cours d'un certain nombre d'années.
Au cours de la tenue des rencontres qui ont duré trois jours,
les conférenciers ont traité de façon détaillée
des mesures de gestion tout en se servant des plans d'implantation.
Les participants ont élaboré une méthode d'évaluation
reposant sur 7 catégories de comportement (p. ex., comportement
social, comportement pendant l'alimentation, etc.) et comportant des
cotes de 1 (partiellement satisfaisant ou médiocre) à
5 (supérieur à excellent). Les évaluations reposaient
sur l'hypothèse que dans chaque exploitation, on utilisait
des critères appropriés et comparables relativement
à la gestion, à l'hygiène, à la nutrition
et à l'administration de soins. L'équipe de spécialistes
a attribué la meilleure cote au système extérieur
(no 6), ce qui n'est pas étonnant puisque les installations,
qui accueillaient un groupe stable de 8 truies, comptaient une aire
d'activité d'une superficie de 500 m² (ce qui représente
une densité d'environ 8 truies par acre), des loges de repos
garnis de paille, des mares bourbeuses, des zones abritées
par des arbres (ombragées) et des clôtures électriques
à deux fils et ne comportaient aucun fourrage grossier excédentaire.
Les systèmes pouvant accueillir les importants groupes possédaient
tous des postes de distribution électronique des aliments :
dans les grands systèmes qui se sont classés deuxième
à l'évaluation, on donnait aux porcs du fourrage grossier
à volonté ou de la paille fraîche ainsi qu'un
concentré granulé pour réduire la compétition.
Dans l'ensemble, le groupe de travail de l'IGN a conclu que la substitution
de logements collectifs aux logements particuliers (où les
truies sont retenues dans des cases de gestation ou immobilisées)
n'entraîne pas nécessairement un niveau de bien-être
uniforme chez les animaux. Comme certains systèmes permettent
d'accroître le bien-être des truies, leur emploi doit
être encouragé. Il faut cependant évaluer les
systèmes de logement de façon distincte en tenant compte
du comportement des truies taries. Lorsqu'on étudie les systèmes
de stabulation libre, il faut aussi examiner les conditions de travail
ainsi que les avantages et les inconvénients d'ordre technique,
structural, environnemental et économique propres à
chacun.
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