Gestion des cochettes et des truies avec une première portée


Ces dernières années les techniques de programmation génétique ont grandement progressé pour augmenter le nombre de cochonnets nés vivants; à mesure que ce nombre augmentait, le taux de mortalité des truies était aussi plus élevé et leur longévité diminuait de beaucoup. Devant cette réalité les éleveurs ont voulu améliorer la gestion des jeunes truies avant la reproduction, donc revoir les secteurs touchant la nutrition, le milieu d'élevage et la gestion.

Le milieu est l'espace de vie où les jeunes animaux croissent et se développent. Au fil du temps, c'est un élément qui n'a reçu que peu d'attention et il était admis dans l'industrie de ne se préoccuper que de l'encombrement et des enjeux liés aux températures. De nos jours les jeunes truies sont plus maigres, avec moins de gras corporel et de gras dorsal, elles ont été sélectionnées pour leur indice de consommation et leur taux de croissance; les éleveurs ont réalisé qu'il fallait adopter une approche différente quant au logement et à la gestion. Les logements des cochettes doivent être pourvus de planchers avec des surfaces antidérapantes de préférence. La possibilité de perte de jeunes truies soigneusement sélectionnées à cause d'atteintes physiques dues à un plancher glissant ne correspond pas à une gestion économique saine. De même, il faut prévoir pour les murs et les cloisons des coins ou des poteaux arrondis pour protéger les animaux et réduire les risques de diverses blessures, contusions et éraflures lors des manœuvres courantes dans les enclos. L'enclos doit offrir l'espace suffisant pour les distributeurs d'aliments, de sorte que tous les animaux puissent manger en même temps, ce qui élimine les comportements agressifs lors de la prise d'aliments. Il faut inspecter régulièrement les réseaux d'approvisionnement en eau pour s'assurer qu'ils offrent à la fois une distribution et un accès uniforme dans tout l'enclos. Les tétines suspendues à une chaîne conviennent très bien pour fournir de l'eau en abondance, sans la présence d'objets fixes où un animal pourrait se blesser.

La température de la salle est un autre élément souvent négligé du logement des cochettes. Il faut maintenir ces températures autour de 21 ºC (70 ºF) quand c'est possible. Si les températures de l'air sont plus fraîches l'animal doit consommer plus de ration pour avoir chaud. Les températures chaudes sont plus supportables si de grandes quantités d'air sont agitées, ce qui a un effet refroidissant pour l'animal.

La nutrition joue un rôle très important dans le développement des cochettes et des jeunes truies. De nos jours on a tendance à ne pas suralimenter les cochettes en gestation pour améliorer la prise alimentaire à la première lactation. Cette technique exige un contrôle strict de la quantité d'aliments qui est offerte et à quels animaux. Dans ce cas les distributeurs automatiques électroniques ou les stations d'alimentation constituent la meilleure approche.

La formulation des aliments est un autre secteur qui mérite que l'on s'y arrête. L'éleveur y verra avec le concours de son fournisseur d'aliments et de son consultant en génétique. Divers caractères génétiques sont différents, de même pour les aliments pour animaux. Si c'est possible il faut augmenter la teneur en lysine des aliments des jeunes truies pendant la période de lactation. C'est devenu une pratique acceptée d'ajouter des produits à saupoudrer ou des aliments complémentaires aux rations des cochettes et des truies en lactation à des taux entre 0,5 et 1,0 kg/jour. Ces aliments sont d'ordinaire offerts à un moment dans la journée où le distributeur d'aliments est vide. Ce sont des produits formulés avec soin pour fournir de l'énergie, des protéines, des lipides ou des huiles et des vitamines et des minéraux. En petites quantités, ces produits seront consommés et n'interféreront pas avec les rations régulières. Ils sont souvent fournis à la main, ce qui donne l'occasion au responsable principal de jeter un coup d'œil aux animaux dans les cases de mise bas et de constater si certains auraient besoin d'aide ou s'ils ne s'alimentent pas. En essayant d'adopter certaines de ces stratégies, l'éleveur s'assure d'avoir de jeunes truies en santé, productives jusqu'aux troisième à sixième périodes de parité, tout en réduisant les pertes de réforme, les pertes par mortalités inattendues et en améliorant la vigueur et le nombre de porcelets par truie. Ces données sont aussi valables pour les truies des groupes de la troisième à la sixième période de parité.

 

 


Auteur : Ed Barrie - spécialiste de l'élevage des porcs, truies et pouponnières /OMAFRA

Date de création : 16 février 2011
Dernière révision : 16 février 2011

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