Discussion sur l'alimentation de la truie

Avec le prix des céréales fourragères en hausse, les producteurs porcins recherchent des façons de réduire les coûts de l'alimentation animale. Quand il s'agit de rations de gestation, les gérants de troupeaux et les éleveurs porcins doivent bien comprendre les principes à respecter dans l'alimentation des truies, et pour quelles raisons. Dans un article publié en 2006 sur Centralia Swine Research Update (www.centraliaswineresearch.ca), le Pr Mike Tokach a traité de la gestion des rations. Avec l'alimentation des truies, il faut atteindre trois buts principaux :

  1. les préparer à atteindre un état de chair adéquat au moment du cochonnage;
  2. maximiser le taux de mise bas et le nombre de naissance par mise bas;
  3. satisfaire aux besoins quotidiens en éléments nutritifs au coût le plus bas possible.

L'un des principaux défis est d'obtenir des truies avec une bardière entre 15 et 24 mm au moment du cochonnage. Le principal sujet abordé est la meilleure façon d'établir des niveaux d'alimentation permettant d'y arriver. L'une des suggestions présentées est le simple procédé de diviser la ration quotidienne par le nombre de truies taries dans la porcherie (on présume que toutes les cases de mise bas sont occupées). Le résultat devrait se situer entre 2,1 et 2,5 kg de ration de gestation par truie par jour, ce qui équivaut entre 7,2 et 7,8 Mcal d'énergie métabolisable par truie par jour. Dans les discussions sur le poids des truies, on sait qu'il n'est pas possible de peser les truies régulièrement. La technique suivante, regrouper les truies par catégorie de poids, fonctionne assez bien. Des mesures du flanc sont prises à l'avant des pattes arrière, sur le dos de la truie, puis au même point du flanc sur l'autre côté de l'animal. Ces mesures sont relativement faciles à prendre dans les cases de mise bas.

Ces mesures sont mises en corrélation avec les poids corporels réels (pesée de la truie), ce qui permet d'établir un rapport poids mesures. Les mesures du gras dorsal sont d'ordinaire effectuées avec toute machine qui est disponible à la ferme; elles sont confiées à un opérateur expérimenté et qui a reçu une formation.

Établir les niveaux d'alimentation

Les truies sont scannées une fois par semaine pour le gras dorsal et la catégorie de poids. Les mesures de gras dorsal sont consignées sur la fiche de la truie et le niveau d'alimentation est rajusté à l'aide d'un tableau adapté pour la porcherie, en se basant sur la densité énergétique de la ration puis la distribution des aliments est réglée en conséquence. Sept semaines après la mise à la reproduction les truies sont scannées pour mesurer le gras dorsal. Si les résultats n'atteignent pas les niveaux ciblés, on augmente l'apport alimentaire de 0,5 kg/jour. Ces niveaux sont maintenus jusqu'au 100e jour de gestation. Au jour 100 on augmente les quantités d'aliments de 1 kg/jour pour les deux dernières semaines avant la mise bas. Voici des éléments critiques :

  1. il faut une personne expérimentée pour effectuer le scan et évaluer le poids;
  2. la quantité d'énergie de la ration de gestation est connue;
  3. la quantité d'aliments (en kg) donnée à chaque truie par jour est aussi connue.

Exposé


Dans cette recherche la science démontre clairement que la suralimentation est plus dommageable pour les jeunes truies pendant la période qui va du jour de la mise à la reproduction jusqu'à deux jours après. La recommandation la plus prudente à l'heure actuelle est de limiter l'apport alimentaire jusqu'à 12 jours après. L'état de chair de la truie influe sur la réaction à des niveaux élevés d'aliments après l'accouplement. Le nombre de mort d'embryons augmente quand on donne des quantités d'aliments plus grandes aux truies dont l'état de chair est bon. Les morts d'embryons diminuent quand on donne des aliments supplémentaires à des truies dont l'état de chair est faible pendant les trente premiers jours après la mise à la reproduction à cause de faibles prises de rations de lactation. Par conséquent il importe d'alimenter la truie selon l'état de chair pendant les premiers 30 jours de gestation pour réduire la mort d'embryons.

L'autre moment où il importe de gérer l'apport alimentaire se situe entre le 75e jour et le 90e jour de gestation. Cette période est critique pour le développement mammaire. Un apport énergétique excessif pendant ce temps augmente les dépôts de gras et réduit le nombre de cellules sécrétoires, d'ADN et d'ARN dans la glande mammaire. Il en résulte une baisse de la production de lait pendant la lactation.

En résumé, sur le plan pratique, les méthodes d'alimentation importent moins que d'assurer un niveau d'énergie total pendant toute la gestation, ce qui évite un trop grand gain de gras ou des réserves corporelles inadéquates à la mise bas. Nourrir les truies selon le développement de leur gras dorsal et leur catégorie de poids au moment de la mise à la reproduction est une méthode qui permet aux producteurs d'atteindre ce but.




 

 


Auteur : Ed Barrie, spécialiste de l'élevage des porcs, truies et pouponnières /OMAFRA

Date de création : 27 octobre 2011
Dernière révision : 27 octobre 2011

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